Accueil / Afrique / Hold up électoral au Cameroun par Paul BIYA

Hold up électoral au Cameroun par Paul BIYA

Présidentielle 2018 au Cameroun, le Président Paul Biya réélu Avec 71,28% des suffrages. Au pouvoir depuis 35 ans, la réélection de Paul Biya à la tête du Cameroun était perceptible. Ce lundi 22 octobre 2017, il a été proclamé vainqueur du scrutin du 7 octobre, après plus de quatre heures de proclamation des résultats, département par département. Les candidats de l’opposition ont dénoncé des fraudes électorales. Le Mandela Center International, branche Cameroun, dénonce un hold up électoral.

A 85 ans, le chef de l’Etat camerounais, qui décroche un septième mandat, fait un peu moins bien qu’en 2011, quand il avait été réélu avec 78% des suffrages. Plusieurs candidats de l’opposition ont dénoncé des fraudes électorales.

Les violences liées au mouvement séparatiste dans les régions anglophones de l’ouest du pays y ont par ailleurs perturbé le déroulement des élections.

Fraudes électorales : Large vainqueur presque partout

Dans les régions qu’il a remportées, le président sortant s’est largement imposé, que ce soit dans l’Adamoua (79,77%), le Centre (71,10%), l’Est (90,43%), l’Extrême-Nord (89,21%), le Nord (81,62%), ou encore dans l’Ouest (48,19%).

Dans le Nord-Ouest, et le Sud-Ouest, les deux régions anglophones contestataires, Paul Biya a aussi été largement réélu puisqu’il a obtenu 81,74% et 77,69% des voix.

Mais cette victoire est relativisée par le faible taux de participation : 5,36% dans le Nord-Ouest et 15,94% dans le Sud-Ouest.

Maurice Kamto, candidat de l’opposition qui avait revendiqué la victoire au lendemain du scrutin du 7 octobre, est deuxième avec 14,23% des votes. Seule la région du Littoral (qui a pour chef-lieu Douala, la capitale économique du pays) est allée aux mains d’un autre candidat, en l’occurence Maurice Kamto.

Le leader du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) y a obtenu 38,6% des suffrages exprimés, contre 35,95% à Paul Biya.

Coups de feu à Buea

Paul Biya n’était pas présent à la cérémonie durant laquelle les résultats ont été annoncés région par région. Le président sortant était représenté par Jean Nkuete, le secrétaire général du RDPC (Rassemblement démocratique du peuple camerounais), le parti au pouvoir.

À noter également l’absence de Maurice Kamto et de presque tous les autres candidats à l’élection présidentielle.

Seul Frankline Ndifor Afanwi, le chef du Mouvement citoyen national du Cameroun (MCNC) se trouvait aujourd’hui au palais des congrès de Yaoundé.

En marge de la proclamation des résultats, des coups de feu ont par ailleurs éclaté à Buea, la capitale de la région du Sud-Ouest, frappée depuis un an par un conflit meurtrier entre des séparatistes anglophones et l’armée.

« Mandela center international » dénonce un hold up électoral

Mandela Center International, branche Cameroun, dénonce un hold up électoral après la proclamation des résultats officiels de la présidentielle du 7 octobre dernier qui ont donné vainqueur le président sortant Paul Biya avec 71,28% de voix.

Dans son communiqué du 21 octobre, dont une copie est parvenue à notre Rédaction, Mandela Center International, ensemble avec ses partenaires nationaux et internationaux, rejette de la manière la plus catégorique les résultats de la présidentielle du 7 octobre dernier.

« Les résultats proclamés par le Conseil Constitutionnel sont complètement contraires aux conventions internationales auxquelles la République du Cameroun a librement souscrites et à la volonté exprimée par le peuple camerounais », explique le communiqué de cette Organisation non gouvernementale qui milite pour la justice et le respect des droits de l’Homme.

Juste dans le premier paragraphe de son communiqué sous forme d’un réquisitoire contre le régime de Yaoundé, Mandela Center dit avoir plusieurs fois tiré la sonnette d’arme pour prévenir conte le mascarade électoral, affirmant par ailleurs détenir des preuves suffisantes et irréfutables d’un scrutin qui devrait être ni libre, ni juste, ni transparent.

Craignant le déferlement de la situation dans un pays déjà en proie aux violences, notamment dans la partie anglophone, Mandela Center, tout en appelant à l’intervention de la Communauté internationale, recommande, selon les termes de son document, au président Biya d’éviter d’être la risée pour la jeunesse ou l’enfer pour son pays et de laisser comme héritage pour la postérité un pays miné par une division tribale et en lambeaux.

Paul Biya, au pouvoir depuis plus de 30 ans, s’est fait élire pour la septième fois consécutive lors d’un scrutin très critiqué par la majorité des Camerounais.

(avec agence)

A lire aussi

RDC : Hommage à l’artiste sculpteur Alfred LIYOLO LIMBE M’PUANGA

L’illustre artiste sculpteur, fils de M’PUANGA Albert et de BONKUMU Céline, est né le 30 …

Laisser un commentaire