mardi , 18 juin 2019
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Fusillade à Pittsburgh : Attaque antisémite la plus meurtrière des USA

Un Américain de 46 ans a été inculpé samedi de crimes fédéraux après avoir abattu onze personnes et en avoir blessé six dans une synagogue de Pittsburgh, commettant la plus grave attaque antisémite de l’histoire récente des Etats-Unis.

Le tireur, identifié par les autorités comme étant Robert Bowers, a fait irruption peu avant 10h00 heure locale (14h00 GMT) dans la synagogue Tree of Life (Arbre de Vie) de Pittsburgh, une grande ville de Pennsylvanie, Etat du nord-est des Etats-Unis.

Il a crié « Tous les juifs doivent mourir », selon des médias, et a commencé à tirer sur les fidèles réunis en ce jour du chabbat, le repos hebdomadaire juif, pour une cérémonie marquant la naissance d’un enfant.

Interpellé après un échange de tirs avec la police, Bowers a été transféré à l’hôpital.

Il sera poursuivi, entre autres, pour crime antisémite et sera passible de la peine de mort, a déclaré le ministre américain de la Justice, Jeff Sessions.

La justice fédérale a peu après inculpé le tireur de 29 chefs d’accusation, dont 11 chefs d’utilisation d’une arme à feu pour commettre un meurtre et 11 chefs d’obstruction de l’exercice d’une religion ayant entraîné la mort.

« Meurtre de masse »

Le président Donald Trump a dénoncé « une action maléfique de meurtre de masse », et sa fille Ivanka, qui est convertie au judaïsme, a déclaré: « l’Amérique est plus forte que les actes d’un antisémite pervers et sectaire ».

« Il ne doit y avoir aucune tolérance pour l’antisémitisme ou pour n’importe quelle forme de haine religieuse », a dit M. Trump.

« Nous devons nous tenir aux côtés de nos frères et soeurs juifs pour vaincre l’antisémitisme et les forces de la haine », a encore déclaré le président lors d’un rassemblement électoral dans l’Illinois en vue des élections de mi-mandat du 6 novembre.

M. Trump a annoncé qu’il se rendrait bientôt à Pittsburgh. Et il a ordonné la mise en berne des drapeaux américains jusqu’au 31 octobre en signe de « respect solennel » pour les victimes.

« Le service était en cours quand on a entendu un grand bruit », a raconté un membre de la congrégation, Stephen Weiss, 60 ans, au journal Tribune Review. « J’ai reconnu des tirs d’arme à feu ».

Outre les 11 morts, six personnes ont été blessées, dont quatre parmi les forces de l’ordre. Aucun enfant n’a été tué.

L’Anti-Defamation League (ADL), grande organisation américaine de lutte contre l’antisémitisme, a déclaré qu’il s’agissait « probablement » de « l’attaque contre la communauté juive la plus meurtrière de l’histoire des Etats-Unis ».

A son arrivée sur les lieux, la police a dû ouvrir le feu pour appréhender Bowers, qui disposait d’un fusil d’assaut et d’au moins trois armes de poing quand il est entré dans la synagogue, selon les autorités.

Une scène « terrible »

« La scène est terrible à l’intérieur », a confié devant les caméras le directeur de la sécurité publique de Pittsburgh, Wendell Hissrich, visiblement très ému.

« C’est l’une des pires scènes de crime sur laquelle je me sois rendu, et j’ai été sur des accidents d’avion », a-t-il déclaré.

Des veillées d’hommage se sont organisées à proximité de la synagogue. Bougies à la main, des dizaines d’habitants de Pittsburgh se sont recueillis, ont constaté des journalistes de l’AFP.

Des habitants du quartier sont sortis de chez eux pour apporter du café aux policiers qui tenaient sous la pluie des barrages empêchant l’accès au lieu de l’attaque.

La congrégation Tree of Life a été fondée il y a 150 ans à Pittsburgh. La synagogue se situe dans le quartier de Squirrel Hill, où se trouve le coeur de l’importante communauté juive de cette ville de Pennsylvanie.

Posts antisémites

Le FBI a indiqué que Bowers n’était pas connu jusqu’alors des services de police. Mais il est apparemment l’auteur d’une série de posts antisémites en ligne, notamment sur le site Gab.com, lancé en 2016 et prisé de la mouvance d’extrême droite américaine « alt-right ». Le réseau social a annoncé être contraint d’interrompre son activité, son fournisseur d’accès internet mettant fin à ses services à compter de lundi.

Une citation en haut de la page de Bowers déclarait ainsi: « Les juifs sont les enfants de Satan », selon des captures d’écran de son compte, à présent suspendu, réalisées par le groupe SITE, qui surveille les mouvements extrémistes.

L’attaque de Pittsburgh est intervenue dans un climat très tendu aux Etats-Unis, tant dans le débat politique que dans la société.

Dans la semaine précédente, le pays a été angoissé par l’envoi de colis potentiellement explosifs à des personnalités démocrates, tandis que Donald Trump est régulièrement accusé par ses détracteurs de souffler sur les braises en employant une rhétorique de division.

La tuerie de Pittsburgh a suscité de nombreuses réactions à l’étranger. Le Premier israélien Benjamin Netanyahu a déploré une attaque « antisémite horrible ». Berlin, Ottawa, Paris et l’ONU ont aussi condamné l’attentat.

FUSILLADE DANS LA SYNAGOGUE

Robert Bowers s’est introduit vers 10H00 (14H00 GMT) dans la synagogue « Arbre de vie » (Tree of Life) où des fidèles étaient rassemblés pour le jour de repos juif du chabbat. Selon les médias locaux, il a alors crié: « Tous les Juifs doivent mourir ».

« Le service était en cours quand on a entendu un bruit lourd dans l’entrée », a raconté un membre de la congrégation, Stephen Weiss, au journal Tribune review. « J’ai reconnu le bruit d’une arme à feu », a ajouté ce fidèle de 60 ans, qui s’est immédiatement enfui.

La police a alors déployé d’importantes forces dans le quartier et appelé la population à rester chez elle. « Il y a un tireur dans la zone de Wilkins et Shady. Evitez le quartier », ont tweeté les services de sécurité publique de la ville.

Peu après, la police a expliqué que l’auteur des tirs s’était rendu.

La synagogue Tree of Life avait été fondée il y a 150 ans à Pittsburgh et elle se situe dans le quartier de Squirrel Hill, où bat le coeur de la communauté juive de cette grande ville de l’Etat de Pennsylvanie.

« Le coeur lourd »

Cette attaque intervient dans un climat très tendu aux Etats-Unis, tant dans le débat politique que dans la société.

Au cours de la semaine écoulée, le pays avait été tenu dans l’angoisse par l’envoi de colis contenant des engins explosifs à des personnalités démocrates, tandis que le président républicain est régulièrement accusé de souffler sur les braises en employant une rhétorique de division.

« Je suis juste triste. Je ne sais pas quoi vous dire (…) ça ne devrait pas arriver, point. Ca ne devrait pas arriver dans une synagogue », a déclaré sur CNN, Jeff Finkelstein, le président de la « Jewish Federation of Greater Pittsburgh ».

Le président Trump, qui avait un temps envisagé d’annuler un meeting électoral prévu samedi en vue des élections législatives de mi-mandat du 6 novembre, a finalement décidé de le maintenir. « Nous allons y aller le coeur lourd, mais on y va », a-t-il déclaré à la presse.

Il avait auparavant estimé que « quelque chose devait être fait » pour empêcher ce type de crime, proposant de renforcer la législation sur la peine de mort contre les auteurs d’attaques sur des lieux de culte.

« Pervers et sectaire »

Sa fille Ivanka Trump, convertie au judaïsme, a jugé que l’Amérique était « plus forte » que les actes d’un « antisémite pervers et sectaire ».

Le Premier israélien Benjamin Netanyahu, lui, a déploré une attaque « antisémite horrible ». Berlin, Ottawa, Paris et l’ONU ont aussi condamné cette attaque.

Elle survient alors que les Etats-Unis ont enregistré en 2017 une hausse des attaques à caractère antisémite avec quelque 1.986 incidents (harcèlement, vandalisme, agressions) sur l’année en hausse de 57% par rapport à 2016, selon l’Anti-defamation league. Mais les attaques très violentes contre les Juifs y sont très rares.

La police de New York a de son côté fait savoir qu’elle renforçait la sécurité autour des lieux de culte de la ville, avec notamment des patrouilles supplémentaires.

SUSPECT DE LA FUSILLADE DE PITTSBURGH

Robert Bowers, arrêté et accusé d’être l’auteur de la fusillade dans la synagogue de Pittsburgh, vociférait des insultes antisémites sur un réseau social proche de l’extrême droite américaine et était inconnu des services de police avant de pénétrer, lourdement armé, dans ce lieu de culte.

C’est à l’intérieur de la synagogue « Tree of Life » que cet homme blanc de 46 ans a abattu onze personnes et blessé six autres dont quatre policiers avant d’être interpellé.

Le suspect « est dans un état stable avec de multiples blessures par armes à feu », a précisé le directeur de la sécurité publique de Pittsburgh Wendell Hissrich, au cours d’un point presse tenu dans cette ville de l’est des Etats-Unis.

« A ce stade, nous pensons que Bowers n’était pas connu des forces de l’ordre avant aujourd’hui », a indiqué l’agent du FBI en charge de l’enquête, Bob Jones.

Les autorités ont indiqué penser que le résident de cette ville de Pennsylvanie était équipé d’un fusil d’assaut et d’au moins trois pistolets lorsqu’il a ouvert le feu sur les fidèles en ce samedi matin, jour de chabbat.

Selon la chaîne CNN, qui cite un responsable, l’homme avait une licence pour détenir légalement des armes à feu et s’en était procurées au moins six depuis 1996.

« Enfants de Satan »

Le suspect a posté de virulents commentaires antisémite sur les réseaux sociaux selon SITE, un groupe d’experts qui surveille les organisations extrémistes.

Adepte de Gab, réseau social connu pour être un refuge pour de nombreux internautes de la droite dure, Robert Bowers y avait posté peu avant d’ouvrir le feu dans la synagogue un message ciblant l’organisation juive HIAS de défense des réfugiés.

« HIAS aime amener des envahisseurs pour tuer les nôtres. Je ne peux pas rester assis et voir les miens se faire massacrer, j’y vais », a-t-il écrit.

Robert Bowers s’est introduit vers 10H00 (14H00 GMT) dans la synagogue « Arbre de vie » (Tree of Life) où des fidèles étaient rassemblés pour le jour de repos juif du chabbat.

Selon les médias locaux, il a alors crié: « Tous les Juifs doivent mourir ». Il est resté « approximativement vingt minutes » à l’intérieur de la synagogue avant d’être arrêté selon les autorités.

D’après son compte sur Gab, l’homme ne semblait guère apprécier le président américain Donald Trump le qualifiant de « mondialiste, pas de nationaliste », d’après le Post-Gazette.

« Les juifs sont des enfants de Satan », indiquait sa biographie sur ce même réseau, son compte ayant été suspendu peu de temps après la fusillade.

Gab, site populaire parmi les suprématistes blancs et les membres de l’alt-right, l’extrême droite américaine, a publié un communiqué expliquant qu’il condamnait « tous les actes de terrorisme et de violence », se disant « attristé » par ce qu’il s’est passé à Pittsburgh.

« Nous sommes prêts et disposés à travailler avec les forces de l’ordre pour faire en sorte que justice soit faite », a-t-il précisé.

(avec Afp)

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