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Fatshi et Vika, candidats président de la république.
Fatshi et Vika, candidats président de la république.

Fatshi – Vika : Le dernier verrou de l’Opposition pour résister à la vague du FCC de « Kabila »

Dernière mise à jour, le 26 octobre 2018 à 10:59

L’un évolue dans l’ombre de son défunt père, dont il a hérité le parti au terme d’un congrès organisé à Kinshasa. L’autre est sorti du moule de la Majorité au pouvoir dont il a été l’un des plus grands chantres, avant d’être banni de la cour. Le premier, c’est Félix Tshisekedi, dit Fatshi, président de l’Udps et candidat à la présidentielle du 23 décembre 2018. Le second, c’est Vital Kamerhe, dit Vika, président de l’UNC, également prétendant au trône présidentiel. Dans l’opinion, on les considère comme le dernier verrou de l’Opposition pour résister à la vague du FCC qu’incarne aujourd’hui Emmanuel Ramazani Shadary, dauphin désigné du chef de l’Etat. Si Fatshi et Kamerhe sont les deux pions majeurs de l’enjeu politique du moment, le plus important est plutôt de parvenir à une candidature commune pour ne pas disperser les précieuses voix de l’électorat de l’Opposition. Si tous n’aspirent qu’à un tel scenario, l’on craint cependant que l’un ou l’autre ne se laisse emporter par son égo, au point de faire échouer ce plan.

Contre les oiseaux de mauvais augure, les principaux leaders de l’Opposition, en interne, pensent relever le défi en alignant un candidat commun le 23 décembre 2018. La dernière bataille pour réaliser ce rêve se joue entre l’Udps Félix Tshisekedi et l’Unc Vital Kamerhe, lesquels ont eu à un moment donné offert une belle béquille au pouvoir chancelant de Kinshasa. À deux mois des élections prochaines, ces deux leaders n’ont plus droit à l’erreur.

L’un évolue dans l’ombre de son défunt père, dont il a hérité le parti au terme d’un congrès organisé à Kinshasa. L’autre est sorti du moule de la Majorité au pouvoir dont il a été l’un des plus grands chantres, avant d’être banni de la cour.

Le premier, c’est Félix Tshisekedi, dit Fatshi, président de l’Udps et candidat à la présidentielle du 23 décembre 2018. Le second, c’est Vital Kamerhe, président de l’UNC, également prétendant au trône présidentiel. Tous deux se disent opposants, alors que bien des choses les séparent. À l’avantage du second, le premier n’a jamais participé à la chose publique, à coté du président Joseph Kabila depuis son arrivée au pouvoir en 2001. Il a plus évolué dans l’ombre de son père, avant de se voir propulsé à la tête du parti à la mort du Sphinx e Limete.

Aujourd’hui, les deux leaders concourent à l’élection présidentielle de décembre prochain. Dans l’Opposition, Fatshi et Kamerhe incarnent le dernier espoir d’une probable candidature commune. Dans l’opinion, on les considère comme le dernier verrou de l’Opposition pour résister à la vague du FCC qu’incarne aujourd’hui Emmanuel Ramazani Shadary, dauphin désigné du chef de l’Etat.

Si Fatshi et Kamerhe sont les deux pions majeurs de l’enjeu politique du moment, le plus important est plutôt de parvenir à une candidature commune pour ne pas disperser les précieuses voix de l’électorat de l’Opposition. Si tous n’aspirent qu’à un tel scenario, l’on craint cependant que l’un ou l’autre ne se laisse emporter par son égo, au point de faire échouer ce plan.

En face, le FCC s’organise et compte sur son emprise sur l’appareil de l’Etat pour le grand sacre de son candidat en décembre prochain. À l’opposé, l’opposition n’a qu’une seule issue : s’unir en alignant un candidat commun porteur d’un programme tout aussi commun. Et de ce point de vue, la bataille finale se joue entre Fatshi et Kamerhe. Mais, compte tenu de leur passé où chacun en ce qui concerne a eu un moment à s’approcher du pouvoir, ils devront rassurer ceux qui redoutent que la passion l’emporte sur la raison de s’unir.

Or, dans les rangs de la Majorité au pouvoir, on y travaille. Sur les antennes de la télévision nationale, Justin Bitakwira a révélé ce qui se trame déjà dans le FCC. « Un candidat commun de l’Opposition, a-t-il dit, c’est un rêve qui ne va se réaliser… à moins que Jésus revienne ». Sur quoi ce cadre du comité stratégique du FCC fonde-t-il ses assurances ? Sans doute, sur la machine à voter que la Majorité au pouvoir a mise en place pour étouffer toute initiative allant dans le sens de favoriser l’émergence au sein de l’Opposition d’une candidature unique.

Ne pas tomber dans le piège du pouvoir

Félix Tshisekedi et Vital Kamerhe sont donc prévenus. En effet, le FCC a une peur bleue d’une candidature commune de l’Opposition. La candidature unique de l’Opposition passe pour un cauchemar. Et la Majorité au pouvoir est prête à tout pour faire échec au projet de l’Opposition. Elle en a d’ailleurs la certitude. Ce qui justifie les assurances de Bitakwira.

C’est dire combien l’Opposition doit se tenir sur ses gardes. Car, les officines du FCC peaufinent au jour le jour des stratégies pour décourager tout ce qui va dans le sens d’une candidature commune de l’Opposition. Sans doute, Fatshi et Kamerhe vont être courtisés – de la plus belle manière d’ailleurs. Qui veut aller loin ménage sa monture, dit-on. Leur deal avec la MP en son temps s’est malheureusement terminé en eau de boudin.

Pour le cas de Fatshi, on l’a vu, sur instruction de son défunt père, entreprendre des contacts avec la Majorité au pouvoir aussi bien à Ibiza en Espagne, qu’à Sant ‘Egidio en Italie, tout comme à Paris et Bruxelles dans l’éventualité d’une cohabitation. Aucune de ses initiatives n’a abouti. Bien au contraire, c’est l’Udps qui est passée à côté d’une désintégration avec la grande machine de débauchage lancée contre elle. Samy Badibanga, Bruno Tshibala, Joseph Kapika et bien d’autres cadres de l’Udps ont été vite happés par l’appât leur tendu par le pouvoir.

Après un divorce tambour battant avec la Majorité au pouvoir, Kamerhe a été jeté dans la rue comme un mal propre. Le mal aimé reviendra dans les grâces du pouvoir à la faveur de la tenue en 2016 du dialogue politique de la Cité de l’Union africaine, supervisé par le Togolais Edem Kodjo. La Majorité au pouvoir va se servir de Kamerhe qui promettait d’ailleurs une pêche miraculeuse pour attirer vers la cité de l’UA l’aile dure de l’Opposition. Il n’y parviendra jamais. En fin de compte, il sera payé en monnaie de singe – lui qui rêvait d’une place dorée dans la transition convenue dans l’accord du 18 octobre 2016. Tout comme Fatshi avant lui, Kamerhe n’a pas trouvé gain de cause en s’approchant du pouvoir. Bien au contraire, c’est son statut d’Opposition qui a plutôt pris des rides qu’il a encore du mal à éponger.

Au moment où on amorce la dernière ligne droite pour la présidentielle et que, dans l’opinion, on s’attend avec impatience à une candidature commune, Fatshi ou Kamerhe se laissera-t-il tenter par une nouvelle aventure avec le pouvoir ?

« Quand le passé n’éclaire plus l’avenir, l’esprit marche dans les ténèbres », a écrit Alexis de Tocqueville. Félix Tshisekedi et Vital Kamerhe jouent non seulement leur avenir politique mais ils ont entre leurs mains les espoirs de tout un peuple.

Devant eux se dresse la route de l’alternance démocratique. Et une candidature commune de l’Opposition augmentera sensiblement les chances de l’Opposition de gagner le jackpot le 23 décembre 2018. Fatshi et Kamerhe sont le dernier rempart en vue d’un candidat commun de l’Opposition. Ils peuvent y parvenir à condition de se surpasser et d’éviter d’approcher un pouvoir qui corrompt. Vivement la candidature commune ! C’est le souhait de tout un peuple.

(avec lePotentiel)

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