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Migrants congolais d'Angola se rassemblent près de la ville frontalière de Kamako, le 12 octobre 2018.
Migrants congolais d'Angola se rassemblent près de la ville frontalière de Kamako, le 12 octobre 2018.

Expatriés Congolais chassés de l’Angola avec ou sans documents

Dernière mise à jour, le 23 octobre 2018 à 11:10

Les expulsés de l’Angola font état de pillage, d’incendie de leurs maisons, de personnes blessées ou tuées par les forces de l’ordre et des civils angolais. Une dame, arrivée à Kamako au Kasaï jeudi dernier après avoir a vécu en Angola pendant 12 ans, relate avoir vu trois expatriés Congolais tués par balle par des militaires angolais à Lukapa : « Les soldats nous ont expulsés par surprise. C’était des bérets rouges. Ils étaient habillés en rouge. Ils entraient des maisons et prenaient les biens. Nous nous sommes dispersés. Ils lançaient des gaz. Ils tiraient des coups de feu. C’était comme une guerre. Quand ils tiraient, nous nous enfuyions. Et ils profitaient pour emporter les biens qu’il y avait dans nos maisons ».

RDC menace d’expulser de son sol tous les expatriés

L’annonce a été faite, vendredi 12 octobre 2018 à Lubumbashi, par le vice-ministre des Affaires étrangères, Agée Matembo qui a accordé un délai de deux mois à tous les pays dont les ressortissants ont trouvé refuge sur le sol congolais en vue de leur rapatriement, rapporte Radio Okapi.

« Œil pour œil, dent pour dent », dit-on. Ou encore, « coup sur coup », tel est le langage courant à Kinshasa comme pour répondre à une provocation d’une tierce personne. Ainsi en a décidé le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) qui a vu ses fils et filles être expulsés violemment comme des bêtes par ses voisions.

A part la vague des refoulés du Congo-Brazzaville que Kinshasa a accueillis dans les larmes, c’est le tour de l’Angola d’emboîter les pas. L’Israël a aussi annoncé récemment annoncé sa décision d’expulser des congolais vivant sur son sol. Que se passe-t-il au juste ? Le congolais est-il devenu cette bête noire qu’il faudrait à tout prix abattre ? Des questions ne cessent de se multiplier dans l’opinion.

Alors que la RDC accueille sur son sol près de 250 000 réfugiés rwandais, 185 000 burundais, 700 000 centrafricains et près de 300 000 sud-soudanais, plus de 180 000 congolais ont été refoulés de l’Angola ces derniers jours dans des conditions inhumaines. Selon Agée Matembo, de retour de Kampala où il a assisté au sommet des chefs des Etats membres du CIRGL, plusieurs Etats ne respectent pas l’accord d’Addis-Abeba sur la paix et la sécurité, a déclaré.

« Aujourd’hui, il était question d’aller évaluer. Cinq ans après, nous venons de nous rendre compte que parmi les signataires, il y a des Etats hypocrites. Les Etats qui ont compris que la fin de l’insécurité à l’Est du pays, ce sera la chute économique de leurs Etats respectifs », a-t-il accusé. Il ajoute que, ces Etats agissent « en complicité avec leurs frères qui viennent pour insécuriser le pays en pillant nos minerais, en violant nos mamans, nos sœurs et ne prenant tout sur leur passage », note Radio Okapi.

La même source renseigne que le vice-ministre des Affaires étrangères a annoncé une « riposte sans pareil, d’ici deux mois ». Kinshasa a par ailleurs appelé chaque pays, qui avait signé à Addis-Abeba l’accord-cadre sur la paix et la sécurité en RDC et dans la région, à respecter ses engagements.

« Avec ou sans documents, ils nous chassent »

Les expulsés de l’Angola font état de pillage, d’incendie de leurs maisons, de personnes blessées ou tuées par les forces de l’ordre et des civils angolais. Une dame, arrivée à Kamako au Kasaï jeudi dernier après avoir a vécu en Angola pendant 12 ans, relate avoir vu trois Congolais tués par balle par des militaires angolais à Lukapa :

« Les soldats nous ont expulsés par surprise. C’était des bérets rouges. Ils étaient habillés en rouge. Ils entraient des maisons et prenaient les biens. Nous nous sommes dispersés. Ils lançaient des gaz. Ils tiraient des coups de feu. C’était comme une guerre. Quand ils tiraient, nous nous enfuyions. Et ils profitaient pour emporter les biens qu’il y avait dans nos maisons », rapporte Radio Okapi.

Selon cette dame, il était alors impossible pour les Congolais de rester là-bas, après incendie de leurs maison et pillage systématique de leurs biens.

« Ce n’est pas une question de document. Avec ou sans documents, ils nous chassent. Les gens ont perdu beaucoup de choses. Des marchandises, de l’argent. Nous sommes sortis bredouilles. Ils nous ont transporté [à bord des camions de marque] Kamaz jusqu’à la frontière. C’est la souffrance ! », a témoigné cette femme.

Sanctionner les responsables militaires angolais

Ces expulsions massives et inhumaines ont suscité l’indignation de l’ambassadrice des enfants, Solange Ngondha. Elle demande aux dirigeants de ce pays de respecter les droits de l’homme, à la communauté internationale de sanctionner les responsables militaires angolais et au mouvement citoyen Débout Congolais de Sindiki Dokolo de dénoncer à haute voix ces actes barbares et inhumains.

(Stanislas Ntambwe avec Radio Okapi)

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