samedi , 17 novembre 2018
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Taxes illégales : Bras de fer entre Matata – Musimbi au Maniema

Le Premier ministre honoraire, Augustin Matata Ponyo, en séjour à Kindu, dans la province du Maniema, a fait enlever toutes les barrières routières y dressées par des agents de la DGRMA (Direction Générale des Recettes du Maniema), en vue du recouvrement forcé des taxes fiscales, administratives et autres. L’ancien chef du gouvernement de 2012 à 2016 a estimé qu’il s’agissait là, en réalité, de tracasseries administratives visant à rançonner automobilistes et taxi-motos et engraisser leurs commanditaires, au premier rang desquels il a cité le gouverneur de cette province, Jérôme Bikenge Musimbi. L’homme à la cravate rouge a justifié son action par le caractère illégal des taxes que l’autorité provinciale crée de toutes pièces et la non traçabilité des recettes qu’il prétend percevoir pour financer des projets de développement de la province.

Le gouverneur de province est naturellement entré dans une grande agitation, et a réuni d’urgence le Conseil provincial de sécurité pour condamner cet acte de « rébellion ». Un message alarmant a été envoyé au Vice-Premier ministre de l’Intérieur afin que celui-ci prenne des mesures requises contre Matata.

Mais l’on a appris, aux dernières nouvelles, que les fameuses barrières ont disparu des principales artères de Kindu, au grand soulagement des exploitants du transporte en commun et autres usagers de la route. La victoire de Matata sur l’autorité provinciale du Maniema est perçue par les observateurs comme un acte civique de vigilance qui mérite d’être relayé dans d’autres provinces, où les autorités administratives se sont précipitées à créer des « régies financières » sans fondement légal, alors que la DGI (Direction Générale des Impôts) et la DGRAD (Direction des Recettes Administratives, Domaniales et de Participation) y disposent d’antennes provinciales pour la collecte et, le cas échéant, le recouvrement forcé des recettes fiscales et autres.

Même si l’ancien Premier ministre a péché par la forme, en faisant évacuer les barrières routières de force, sans se référer aux autorités compétentes, il aura au moins eu le mérite d’avoir agi dans le sens des desiderata des populations du Maniema, plus que jamais fatiguées d’être saignées à blanc par des gouvernants qui se remplissent les poches au détriment des intérêts de la collectivité.

La pratique des barrières illégales dénoncée et cassée par Matata est courante dans toutes les provinces de la République, où le coulage des recettes publiques permet à une poignée de profiteurs de vivres dans l’opulence, pendant que la multitude croupit dans la misère noire. Et il s’observe, un peu partout aux quatre coins de la République, des opérations suspectes de collecte des fonds de campagne électorale par des autorités provinciales et locales candidates à la députation nationale ou provinciale, sous prétexte de recouvrement des taxes publiques. Face à ces gouverneurs, vice-gouverneurs, maires, administrateurs de territoires et chefs de secteurs transformés en « marchands » de vignettes, impôts et autres taxes administratives, la réponse appropriée est le refus de pays, comme l’a fait Augustin Matata, chaleureusement applaudi par les masses laborieuses du Maniema.

Voici un communiqué signé par le Gouverneur de la province du Maniema et adressé au vice-Premier Ministre et ministre de l’Intérieur et Sécurité, pour dénoncer les actes posés par l’ancien premier ministre Augustin Matata Ponyo. Curieusement, il n’y a  aucune réaction, ni de l’actuel Premier ministre ni de la Présidence de la République pour remettre les choses à l’ordre.

« L’ancien premier ministre Matata à la tête d’une foule des bandits armés des couteaux, haches et bâtons, a agresse hier des agents de la Régie financière du Maniema ( DGRMA) et vient de récidiver aujourd’hui avec une barbarie inouïe, contre les mêmes agents qui procédaient paisiblement au recouvrement forcé des vignettes après avoir épuisé toute la procédure y afférente.

Bilan : qinq hommes blessés avec des couteaux et une Dame grièvement blessée au doigt qui risque d’être amputé. Sur le passage, il s’est mis à dénigrer le Dauphin et à nous injurier, tout en demandant aux assujettis de ne plus payer la vignette car la voirie de Kindu était construite par lui et non par le Chef de l’Etat. Nous avons tous les supports électroniques de ce dossier et comptons vous les faire parvenir prochainement.

Qu’il vous plaise de faire parvenir ce rapport à Son Excellence, Mr le

VPM. Profonds respects »

Me BIKENGE MUSIMBI Jérôme

Gouv/ Maniema(Kimp)

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