jeudi , 12 décembre 2019
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Assassinat de Khashoggi : L’administration Trump fait le ménage pour le compte de l’Arabie saoudite

Donald Trump a pour la première fois admis jeudi que le journaliste saoudien disparu Jamal Khashoggi était très probablement mort. Mike Pompeo s’est entretenu mardi dans la capitale saoudienne avec le roi Salmane et avec le prince héritier, considéré comme l’homme fort du royaume. Le Washington Post, pour lequel écrivait parfois Jamal Khashoggi, résident américain permanent, a accusé Donald Trump et son gouvernement de mener une « opération de nettoyage diplomatique » pour préserver MBS, en épinglant « le large sourire » de Mike Pompeo lorsqu’il a rencontré le prince. « Pourquoi l’administration Trump fait-elle le ménage pour le compte de l’Arabie saoudite? », s’est demandé le quotidien.

Le président des Etats-Unis Donald Trump a pour la première fois admis jeudi que le journaliste saoudien disparu Jamal Khashoggi était très probablement mort, menaçant Ryad de « très graves » conséquences si sa responsabilité était confirmée.

« Cela me semble bien être le cas. C’est très triste », a déclaré M. Trump, interrogé sur le possible décès de ce journaliste porté disparu depuis qu’il s’est rendu au consulat saoudien à Istanbul le 2 octobre. « C’est mauvais, très mauvais », a-t-il ajouté.

Ces déclarations marquent un net changement de ton de la part du locataire de la Maison Blanche.

Ces derniers jours, il avait opté pour une posture moins tranchée et avait mis en avant les énormes intérêts stratégiques liant son pays au royaume sunnite, citant la lutte contre le terrorisme, la nécessité de contrer l’influence de l’Iran chiite mais aussi les contrats d’armement et leurs retombées économiques.

Les Etats-Unis ont cependant décidé d’accorder un délai supplémentaire à l’Arabie saoudite pour expliquer la disparition de ce journaliste connu pour son franc-parler, qui s’était exilé aux Etats-Unis en 2017 après être tombé en disgrâce à la cour du prince héritier Mohammed ben Salmane.

« Nous devons leur donner quelques jours de plus pour mener à bien (les investigations) afin que nous ayons une bonne compréhension des faits », a affirmé le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo, de retour d’un déplacement à Ryad.

Nouvelles images

Un peu plus tôt dans la journée, le secrétaire américain au Trésor, Steven Mnuchin, avait annoncé qu’il ne se rendrait pas à une conférence économique organisée à Ryad et boycottée par un nombre croissant de personnalités, dont le ministre français de l’Economie Bruno Le Maire.

Selon le New York Times, la monarchie saoudienne envisagerait de faire porter le chapeau de l’affaire Khashoggi à un haut responsable des services de renseignement, le général Ahmed Assiri, qui est aussi est un conseiller de « MBS », surnom du prince héritier.

La publication de nouvelles images tirées des caméras de vidéosurveillance retraçant les mouvements à Istanbul d’un officier des services de sécurité proche du prince héritier saoudien a fait encore monter d’un cran la pression sur Ryad.

L’homme en question, Maher Abdulaziz Mutreb, qui avait été identifié par les autorités turques comme l’un des membres d’une équipe de 15 agents envoyée par Ryad pour « assassiner » le journaliste, fait partie de l’entourage de « MBS », selon le New York Times.

La presse turque, affirmant s’appuyer sur des enregistrements sonores réalisés sur place, avait déjà publié mercredi de nouvelles informations accablantes, selon lesquelles Jamal Khashoggi aurait été torturé et assassiné dans le consulat dès le jour de sa disparition.

Enquête de l’ONU ?

Le Washington Post a publié mercredi ce qu’il présente comme la dernière contribution de Jamal Khashoggi, un texte dans lequel le journaliste évoque le manque de liberté de la presse dans le monde arabe. « Hélas, cette situation ne changera probablement pas », déplore le journaliste dans cette tribune transmise au quotidien par son traducteur au lendemain de sa disparition.

Amnesty International, Human Rights Watch, Reporters Sans Frontières et le Comité de protection des journalistes ont de leur côté appelé la Turquie à demander une enquête de l’ONU sur l’affaire Khashoggi.

« L’implication des Nations unies est la meilleure garantie contre un blanchiment saoudien ou contre les tentatives d’autres gouvernements de passer sous silence le problème afin de préserver des relations commerciales lucratives avec Riyad », a déclaré Robert Mahoney, directeur exécutif adjoint du Comité de protection des journalistes, dans un communiqué.

« Compte tenu de la possible implication des autorités saoudiennes dans la disparition forcée de Khashoggi et de son assassinat, ainsi que du manque d’indépendance du système de justice pénale saoudien, l’impartialité de toute enquête menée par les autorités saoudiennes serait remise en question », ajoute le communiqué.

Le parquet d’Istanbul a publié jeudi un texte affirmant qu’il informerait le public des avancées de l’enquête « en cas de nécessité ».

LE RÔLE D’UN PROCHE DE « MBS » AU COEUR DE L’ENQUÊTE

La presse turque a publié jeudi des images retraçant les mouvements à Istanbul d’un officier des services de sécurité proche du prince héritier saoudien et présenté comme le chef de « l’équipe d’exécution » soupçonnée d’avoir assassiné le journaliste Jamal Khashoggi.

La publication de ces nouvelles images tirées des caméras de vidéosurveillance survient au moment où la pression monte sur Ryad pour dévoiler le sort du journaliste critique, porté disparu depuis qu’il s’est rendu au consulat saoudien à Istanbul le 2 octobre.

Le New York Times avait affirmé mardi que l’homme en question, Maher Abdulaziz Mutreb, qui avait été identifié par les autorités turques comme l’un des membres d’une équipe de 15 agents envoyée par Ryad pour « assassiner » le journaliste, faisait partie de l’entourage du prince héritier et homme fort d’Arabie saoudite Mohammed ben Salmane.

Selon le journal, qui a publié plusieurs photos pour appuyer ses dires, Maher Abdulaziz Mutreb a notamment accompagné le prince lors de déplacements aux Etats-Unis en mars 2018 ainsi qu’à Madrid et à Paris en avril 2018.

Sur les nouvelles images publiées jeudi par le quotidien progouvernemental turc Sabah sous le titre de « Voici le chef de l’équipe d’exécution », on peut voir un homme présenté comme étant Mutreb arriver à 06H55 GMT au consulat saoudien, et à 13H53 devant la résidence du consul.

Une grande valise

M. Khashoggi était entré au consulat autour de 10H15 GMT et n’en est jamais sorti.

Mutreb peut ensuite être vu sur les images quittant un hôtel d’Istanbul muni d’une « grande valise » et accompagné d’un groupe d’hommes à 14H15 GMT. Il arrive 45 minutes plus tard à l’aéroport d’Istanbul pour prendre un vol.

La présence de Mutreb, ainsi que d’autres membres de services de sécurité rattachés à ben Salmane, parmi le commando saoudien présent à Istanbul le 2 octobre met à mal la version officielle de Ryad affirmant tout ignorer du sort du collaborateur du Washington Post.

La presse turque, affirmant s’appuyer sur des enregistrements sonores réalisés sur place, avait déjà publié mercredi de nouvelles informations accablantes, selon lesquelles Jamal Khashoggi aurait été torturé et assassiné dans le consulat dès le jour de sa disparition.

En dépit d’indices croissants impliquant Ryad, les Etats-Unis, dont le chef de la diplomatie Mike Pompeo a effectué mardi et mercredi des visites en Arabie saoudite et en Turquie, semblent chercher à ménager leur allié saoudien.

Le président Donald Trump a toutefois nié mercredi chercher à « couvrir » Ryad. « Je veux juste savoir ce qui se passe », a-t-il dit, affirmant s’attendre à ce que la vérité éclate « d’ici à la fin de la semaine ».

« Rapport complet »

Un prochain indice de la position américaine devrait venir de la décision du secrétaire au Trésor Steven Mnuchin, qui a promis de décider jeudi, « sur la base du rapport du secrétaire d’Etat Mike Pompeo » de retour d’Arabie saoudite, s’il se rend ou non à une conférence économique organisée à Ryad et boycottée par un nombre croissant de personnalités, dont le dernier en date est le ministre français de l’Economie Bruno Le Maire.

M. Trump a déclaré qu’il aurait jeudi « un rapport complet » de M. Pompeo, qu’il doit rencontrer à partir de 10H00 heure locale (14H00 GMT), et que cela lui permettrait d’évaluer ce qui s’est réellement passé.

Signe de la complexité du dossier pour les Etats-Unis, Donald Trump a souligné les énormes intérêts stratégiques qui lient les Etats-Unis à l’Arabie saoudite, notamment dans la lutte contre le terrorisme et l’influence de l’Iran chiite ainsi que la coopération militaire et sa dimension économique.

Le Washington Post a publié mercredi ce qu’il présente comme la dernière contribution de Jamal Khashoggi, un texte dans lequel le journaliste évoque le manque de liberté de la presse dans le monde arabe. « Hélas, cette situation ne changera probablement pas », déplore le journaliste dans cet éditorial transmis au quotidien par son traducteur au lendemain de sa disparition.

Les autorités turques ont fouillé mercredi la résidence du consul saoudien à Istanbul. Et une partie des enquêteurs s’est rendue dans la soirée au consulat tout proche pour une nouvelle fouille, la deuxième cette semaine.

A la résidence, les enquêteurs ont notamment examiné le jardin, et certains pouvaient être vus sur le toit du bâtiment. Un drone a également été utilisé pour survoler la zone à deux reprises, selon une journaliste de l’AFP sur place.

TRUMP NIE COUVRIR LES SAOUDIENS

Le président Donald Trump a nié mercredi chercher à couvrir les alliés saoudiens des Etats-Unis dans l’affaire Jamal Khashoggi, ce journaliste qui aurait été assassiné à Istanbul par des tueurs envoyés par Ryad.

« Je ne couvre pas du tout » les Saoudiens, a assuré M. Trump à des journalistes à la Maison Blanche. « Je veux juste savoir ce qui se passe », a-t-il ajouté, disant s’attendre à ce que la vérité éclate « d’ici à la fin de la semaine », alors que sont publiés dans la presse des détails effroyables sur le possible assassinat.

Un prochain indice de la position américaine devrait venir de la décision du secrétaire au Trésor Steven Mnuchin, qui a promis de décider jeudi, « sur la base du rapport du secrétaire d’Etat Mike Pompeo » de retour d’Arabie saoudite, s’il se rend ou non à une conférence économique organisée à Ryad et boycottée par un nombre croissant de personnalités.

Signe de la complexité du dossier pour les Américains, Donald Trump , dont le mandat a été jusqu’ici marqué par un resserrement des relations avec la monarchie saoudienne, a souligné les énormes intérêts stratégiques qui lient les Etats-Unis à l’Arabie saoudite.

Il a déclaré que Washington avait besoin du royaume sunnite dans la lutte contre le terrorisme et contre l’Iran chiite. Et insisté une nouvelle fois sur la coopération militaire et sa dimension économique, soucieux, dit-il, de ne pas perdre « un énorme contrat » d’armement qu’il chiffre à 110 milliards de dollars – même si l’essentiel des ventes ne s’est pas encore concrétisé.

« Relations importantes »

« Les Saoudiens sont d’excellents partenaires » sur beaucoup de sujets, « et il faut bien garder à l’esprit qu’on a beaucoup de relations importantes, de relations financières entre des sociétés américaines et saoudiennes, des relations gouvernementales », a renchéri Mike Pompeo.

A cet égard, des sénateurs démocrates ont réclamé que le président Trump rende publics ses éventuels liens financiers avec le géant pétrolier, s’inquiétant d’éventuels « conflits d’intérêts ».

Sous une pression croissante, les autorités saoudiennes nient avoir connaissance du sort de Jamal Khashoggi, qui s’est installé aux Etats-Unis en 2017 après être tombé en disgrâce à la cour.

De nouvelles informations de presse accréditent la thèse d’un assassinat du journaliste au consulat saoudien d’Istanbul, où sa trace s’est officiellement perdue le 2 octobre.

Des informations du New York Times, photos à l’appui, renforcent les soupçons à l’encontre de Ryad.

Selon le quotidien, l’un des hommes identifiés par les autorités turques comme faisant partie du commando de 15 agents dépêchés par Ryad et suspectés de l’avoir tué fait partie de l’entourage du prince hériter saoudien Mohammed ben Salmane, dit « MBS ».

Trois autres appartenaient aux services de sécurité rattachés au jeune dirigeant, selon le quotidien.

« Nettoyage diplomatique »

Washington continue malgré tout de ménager Ryad, qui nie toute implication. Mike Pompeo s’est entretenu mardi dans la capitale saoudienne avec le roi Salmane et avec le prince héritier, considéré comme l’homme fort du royaume.

Le Washington Post, pour lequel écrivait parfois Jamal Khashoggi, résident américain permanent, a accusé Donald Trump et son gouvernement de mener une « opération de nettoyage diplomatique » pour préserver MBS, en épinglant « le large sourire » de Mike Pompeo lorsqu’il a rencontré le prince.

« Pourquoi l’administration Trump fait-elle le ménage pour le compte de l’Arabie saoudite? », s’est demandé le quotidien.

Le Washington Post a publié mercredi ce qu’il présente comme la dernière contribution de Jamal Khashoggi, un texte dans lequel le journaliste évoque sur le manque de liberté de la presse dans le monde arabe. « Hélas, cette situation ne changera probablement pas », déplore le journaliste dans cet éditorial transmis au quotidien par son traducteur au lendemain de sa disparition.

Mercredi, le chef de la diplomatie américaine a notamment rencontré à Ankara le président turc Recep Tayyip Erdogan, qui s’est également gardé à ce stade d’incriminer ouvertement les Saoudiens.

Pressé de questions sur sa mission, Mike Pompeo a assuré vouloir laisser « quelques jours » aux deux pays pour boucler leurs enquêtes.

Les autorités turques ont fouillé mercredi la résidence du consul saoudien à Istanbul et une partie des enquêteurs s’est rendue dans la soirée au consulat tout proche, la deuxième fouille cette semaine. Elle s’est poursuivie dans la nuit, selon un photographe de l’AFP.

A la résidence, les enquêteurs ont notamment examiné le jardin, et certains pouvaient être vus sur le toit du bâtiment. Un drone a également été utilisé pour survoler la zone à deux reprises, selon une journaliste de l’AFP sur place.

Informations accablantes

La presse turque a publié de nouvelles informations accablantes pour les Saoudiens, selon lesquelles Jamal Khashoggi aurait été torturé et assassiné dans le consulat dès le jour de sa disparition.

Le journal progouvernemental turc Yeni Safak, affirmant s’appuyer sur des enregistrements sonores réalisés sur place, écrit mercredi que le journaliste y a été torturé avant d’être « décapité » par des agents saoudiens.

Le site Middle East Eye, se basant sur les mêmes bandes sonores, a affirmé que l’assassinat avait duré sept minutes et que les agents saoudiens avaient commencé à découper le journaliste en morceaux alors qu’il était encore en vie.

Les Etats-Unis ont demandé à avoir accès à cet enregistrement « s’il existe », a déclaré Donald Trump.

(avec Afp)

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