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"M.B.S.", Mister Bone Saw, the crown prince of Saudi Arabia.
"M.B.S.", Mister Bone Saw, the crown prince of Saudi Arabia.

Jamal Khashoggi : Mohammed Ben Salman, un meurtrier de sang-froid

Dernière mise à jour, le 21 octobre 2018 à 01:49

Le secrétaire d’Etat Mike Pompeo a rencontré mardi à Ryad les principaux dirigeants saoudiens pour tenter de dénouer l’affaire du journaliste disparu Jamal Khashoggi, des responsables américains affirmant la disposition du royaume à mener une « enquête approfondie ». Sans l’ombre d’un doute, les observateurs persistent et signent : C’est le prince Mohammad Bin Salman Al Saud [alias M.B.S.] et ses sbires qui sont derrière l’assassinat brutal du journaliste saoudien au sein de l’Ambassade de l’Arabie Saoudite en Turquie.

Dépêché par le président Donald Trump face au retentissement international de l’affaire, M. Pompeo a rencontré le roi Salman puis le prince héritier Mohammed ben Salman qui a souligné devant son interlocuteur les liens « forts et anciens » entre Washington et Ryad.

« Nous sommes des alliés » et « nous faisons face ensemble aux défis, que ce soit dans le passé, aujourd’hui ou demain », a ajouté le prince, 33 ans, considéré comme l’homme fort du royaume, premier exportateur mondial de pétrole.

Mike Pompeo et Mohammed ben Salman exhibaient un large sourire lors de ce premier des deux entretiens de crise prévus entre eux mardi.

Dissident et journaliste saoudien qui collaborait notamment avec le Washington Post, Jamal Khashoggi, 59 ans au moment des faits, est entré le 2 octobre au consulat saoudien à Istanbul et n’est pas réapparu depuis.

Selon des responsables turcs, ce journaliste exilé aux Etats-Unis depuis 2017 et « bête noire » du prince héritier saoudien, a été tué au consulat par des agents saoudiens venus de Ryad. Les autorités saoudiennes ont jusqu’ici fermement démenti.

Une enquête approfondie, transparente

Selon la porte-parole du département d’Etat Heather Nauert, qui accompagne M. Pompeo, ce dernier a également discuté avec son homologue saoudien Adel al-Jubeir et les deux hommes sont d’accord sur « l’importance d’une enquête approfondie, transparente » et dans un délai raisonnable.

Des médias américains ont ensuite affirmé que l’Arabie saoudite envisageait de reconnaître la mort du journaliste lors d’un interrogatoire qui aurait mal tourné au consulat.

Selon la porte-parole du département d’Etat Heather Nauert, qui accompagne M. Pompeo, ce dernier a également discuté avec son homologue saoudien Adel al-Jubeir et les deux hommes sont d’accord sur « l’importance d’une enquête approfondie, transparente » et dans un délai raisonnable.

M. Trump, qui a renforcé ses relations avec Ryad, est très embarrassé par l’affaire Khashoggi. Lundi, après s’être entretenu au téléphone avec le roi Salmane, il a suggéré que la disparition de Jamal Khashoggi « pourrait être le fait de tueurs hors de contrôle ».

Des médias américains ont ensuite affirmé que l’Arabie saoudite envisageait de reconnaître la mort du journaliste lors d’un interrogatoire qui aurait mal tourné au consulat.

Selon CNN, le pouvoir saoudien préparerait un rapport dans lequel il tenterait de minimiser son implication dans sa disparition. Et Pour le Wall Street Journal, cela permettrait à la famille royale de « se dédouaner d’une implication directe » dans l’éventuel décès de Jamal Khashoggi.

Echantillons

Dans la nuit de lundi à mardi, des policiers turcs, certains en uniforme et d’autres en civil, ont fouillé pendant huit heures le consulat saoudien à Istanbul. Ils ont été précédés au consulat d’un groupe de responsables saoudiens censés participer à la fouille.

A l’issue de cette perquisition sans précédent, l’équipe a emporté des échantillons, notamment de la terre du jardin du consulat, selon un responsable présent sur place.

Mardi, une source diplomatique en Turquie a indiqué que la police turque allait aussi fouiller la résidence du consul saoudien à Istanbul.

La fouille est intervenue après un appel téléphonique dimanche entre le roi Salmane et le président turc Recep Tayyip Erdogan qui a pressé maintes fois, en vain, les autorités saoudiennes de présenter des images prouvant que M. Khashoggi avait bel et bien quitté le consulat.

L’éditorialiste saoudien s’était rendu au consulat pour des démarches administratives en vue de son prochain mariage avec une Turque, Hatice Cengiz.

Selon l’agence de presse étatique turque Anadolu, après sa visite à Ryad, Mike Pompeo doit se rendre en Turquie mercredi.

Menaces et contre-menaces

Mardi, Michele Bachelet, Haut-Commissaire de l’ONU pour les droits de l’Homme, a réclamé la levée « immédiate » de l’immunité de responsables saoudiens qui pourraient être impliqués dans la disparition du journaliste.

A Paris, le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a martelé que l’Arabie saoudite devait faire toute la lumière sur la disparition de Jamal Khashoggi et qu’il faudrait « en tirer les conséquences » si sa mort était confirmée.

Samedi, M. Trump avait pour la première fois estimé possible une implication du royaume et l’avait menacé d' »un châtiment sévère ».

L’Arabie saoudite avait promis le lendemain de riposter à d’éventuelles sanctions.

Alors que les investisseurs s’enthousiasmaient encore il y a peu des pharaoniques projets du prince héritier, l’affaire Khashoggi semble en avoir refroidi certains.

Le milliardaire britannique Richard Branson a gelé plusieurs projets dans le royaume. Des partenaires prestigieux se sont retirés de la deuxième édition de la grande conférence « Future Investment Initiative », prévue du 23 au 25 octobre à Ryad.

Les derniers en date sont les PDG des sociétés de gestion d’actifs Blackrock et Blackstone, respectivement Larry Fink et Steve Schwarzman, selon des personnes familières du dossier.

Cher au prince héritier, l’événement est aussi boudé par des médias comme le Financial Times, le New York Times et The Economist, et par le patron d’Uber.

Lundi, Ari Emanuel, patron d’Endeavor, une grande agence de célébrités à Hollywood, s’est dit « troublé » par l’affaire Khashoggi, alors que des informations circulent concernant de possibles conséquences sur un accord de plusieurs centaines de millions de dollars avec le Fonds public d’investissement saoudien.

(avec Afp)

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