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Meeting de l'Opposition, Kinshasa.
Meeting de l'Opposition, Kinshasa.

Kinshasa : Bastion de l’opposition

Dernière mise à jour, le 16 octobre 2018 à 02:11

Sous la modération de Jean-Bertrand Ewanga, Martin Fayulu, surnommé « soldat du peuple », a ouvert le bal des communications, essentiellement faites en lingala. Cet orateur a démonté l’impératif d’aller aux élections le 23 décembre mais fait état du respect de certains préalables. Pour le candidat de la Dynamique de l’opposition, la machine à voter est synonyme de mauvaises élections. « Il faut rejeter cet outil et radier les électeurs sans empreintes digitales », a-t-il martelé.

L’Opposition congolaise a gagné son test de popularité en mobilisant plusieurs dizaines des milliers des Kinoises et Kinois lors de son méga-meeting du samedi 29 septembre 2018 à l’esplanade du boulevard Triomphal, dans la commune de Kasa-Vubu. Ce rendez-vous politique vient de confirmer, une fois de plus, que la capitale reste, comme en 2006 et 2011, le bastion de l’opposition.

En dépit de la suspension du trafic par la direction de la société Transco pour, semble-t-il, des raisons d’entretien du charroi, la foule s’est rabattue sur les taxis-motos pour arriver sur le lieu du meeting.

Dans une véritable démonstration de force, Félix Tshisekedi, Vital Kamerhe, Martin Fayulu et Delly Sesanga ont improvisé des caravanes motorisées pour rallier le site de la manifestation.

Sur le podium, les 5 candidats présidents de l’opposition présents à Kinshasa, à savoir Félix Tshisekedi, Vital Kamerhe, Martin Fayulu, Adolphe Muzito et Freddy Matungulu se sont partagés le temps de parole.

Moise Katumbi et Jean-Pierre Bemba, absents du pays pour des raisons connues de tous, étaient représentés respectivement par Pierre Lumbi (G 7/Ensemble) et  Fidèle Babala (MLC et Alliés).

Les cinq intervenants ont, à l’unanimité, pris l’engagement, devant leurs militants et sous la forme de serment, de travailler à l’unisson dans une coalition électorale pour mettre démocratiquement fin au régime en place.

A cet effet, une réunion sera convoquée dans les tout prochains jours pour la désignation d’un candidat commun. L’oiseau rare qui sera plébiscité portera le programme commun de l‘ensemble de l’opposition.

Les 7 candidats de l’opposition à la présidentielle, aussi bien ceux invalidés que ceux validés par la Cour Constitutionnelle, ont réaffirmé, tel un seul homme, leur rejet en bloc de la machine à voter, et exigé le nettoyage du fichier électoral corrompu avec plus de 10 millions d’électeurs sans empreintes digitales.

Sous la modération de Jean-Bertrand Ewanga, Martin Fayulu, surnommé « soldat du peuple », a ouvert le bal des communications, essentiellement faites en lingala.

Cet orateur a démonté l’impératif d’aller aux élections le 23 décembre mais fait état du respect de certains préalables. Pour le candidat de la Dynamique de l’opposition, la machine à voter est synonyme de mauvaises élections. 

« Il faut rejeter cet outil et radier les électeurs sans empreintes digitales », a-t-il martelé.

Abondant dans le même sens, Vital Kamerhe a déclaré, dans les quatre langues nationales, qu’il pleuve ou qu’il neige, il y aura élections le 23 décembre 2018. Il a rappelé, à cet effet, les valeurs sur lesquelles devrait s’appuyer l’opposition pour espérer conquérir démocratiquement le pouvoir, notamment l’amour du prochain, la sincérité, la générosité, l’amour du Congo, etc.

Aussitôt après, Jean-Pierre Bemba a pris le relais pour s’adresser aux militants de l’opposition depuis Bruxelles, par téléphone.

« Nous devons mettre fin à ce régime qui a amené la désolation au pays durant 17 ans. L’unique moyen d’y parvenir, c’est de soutenir un candidat commun », a-t-il déclaré en sustance.

S’agissant de la machine à voter, le « Chairman » a rappelé l’urgence de s’en débarrasser, au risque de voir l’Opposition être conduite tout droit à l’abattoir de la Ceni (Commission Electorale Nationale Indépendante).

Tout en accusant l’actuel président de cette institution d’appui à la démocratie, Corneille Nangaa, de planifier des fraudes électorales, le candidat du MLC exclu définitivement de la course présidentielle, a invité ses pairs de l’opposition à la vigilance, pour ne pas cautionner l’holdup up électoral en préparation dans les laboratoires de la majorité au pouvoir.

Intervenant pour sa part par vidéo-conférence, Moise Katumbi a appelé à l’unité de l’opposition pour chasser les ennemis du Congo du pouvoir et libérer le pays le 23 décembre 2018.

Dans un lingala châtié, expressément utilisé pour prouver sa congolité, le président de l’Ensemble a rappelé l’article 64 de la Constitution, qui autorise le peuple de défendre sa volonté qui sera exprimée dans les urnes le 23 décembre 2018.

Freddy Matungulu a, quant à lui, plaidé pour l’appui financier de la communauté internationale au processus électoral, afin de favoriser des élections crédibles, inclusives et transparentes en République Démocratique du Congo.

Adolphe Muzito s’est appesanti, en ce qui le concerne, sur la nécessité d’un accord de gouvernance de toute l’opposition, en prévision de sa victoire finale dans les urnes. L’ancien Premier ministre a estimé que l’opposition devrait remporter non seulement la présidentielle mais également les législatives nationales, pour mettre en application son programme commun qui sera porté par son candidat commun.

Pour clôturer, Félix Tshisekedi a demandé aux militants de l’opposition de soutenir le candidat commun qui sera désigné pour gagner la bataille électorale du 23 décembre 2018. Le président de l’UDPS e exhorté candidats, cadres et militants de l’opposition à éviter des attaques entre eux dans les réseaux sociaux ou ailleurs, ainsi que des discours de nature à diviser les leaders de l’opposition, désormais unie pour regarder dans la même direction. Pour ce candidat à la magistrature du pays, « nous n’avons plus de temps à perdre étant donné que nous avons tous un destin commun ».

(avec Eric WEMBA)

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