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Achoura : Anniversaire du martyre de l’imam Hussein

Chaque année, autour du 10e jour du mois musulman de Moharram, les chiites, majoritaires en Iran, célèbrent le deuil d’Achoura qui marque l’anniversaire du martyre de l’imam Hussein, le troisième successeur du prophète, vénéré par les musulmans chiites. Hussein, petit-fils du prophète Mahomet, a été tué en 680 par les troupes du calife omeyyade Yazid lors d’une bataille dans le désert de Kerbala.

Dans le Grand Bazar de Téhéran, en pleine célébration d’Achoura, une foule habillée de noir regarde une pièce de théâtre retraçant un chapitre clé de l’histoire des chiites. Ailleurs, des jeunes arborant tatouages et jeans déchirés assistent à une procession en hommage à l’imam Hussein.

Chaque année, autour du 10e jour du mois musulman de Moharram, les chiites, majoritaires en Iran, célèbrent le deuil d’Achoura qui marque l’anniversaire du martyre de l’imam Hussein, le troisième successeur du prophète, vénéré par les musulmans chiites.

Hussein, petit-fils du prophète Mahomet, a été tué en 680 par les troupes du calife omeyyade Yazid lors d’une bataille dans le désert de Kerbala.

Achoura, la plus importante fête chiite, fait l’objet de rassemblements à travers l’Iran, des drapeaux noirs accompagnant les commémorations et les hommes se frappant la poitrine en signe de deuil.

« Chaque nation reste en vie grâce à sa culture, ses croyances et rituels », note Rahim Khastou, professeur d’études culturelles à l’université Azad de Karaj (ouest de Téhéran). « L’Achoura, qui joue un rôle dans (…) l’identité iranienne, en est un exemple. »

La chaleur écrasante n’a pas dissuadé de nombreux spectateurs, retraités, femmes au foyer ou enfants, d’assister à la pièce de théâtre dans le Grand Bazar.

« Combattre l’oppression »

La plupart des hommes sont habillés en noir, et se frappent la poitrine de façon saccadée. Les femmes aussi sont en noir, vêtues de tchadors.

Les acteurs jouent l’histoire de Hussein, et des derniers jours de sa vie, lorsqu’il a refusé le droit du calife Yazid à gouverner le monde musulman.

Beaucoup voient dans les évènements mis en scène dans cette pièce une source d’inspiration à leur foi.

Pour Azam Ardestani, une employée de maison de 49 ans, Achoura « montre que nous devons seulement suivre la vérité et la vertu, et être préparés à défendre ce qui est vertueux ».

Sajjad Teymoori, un ingénieur civil de 28 ans, considère Achoura comme un symbole de lutte contre les persécutions.

« Nous attachons une grande valeur à l’imam Hussein car il a donné tout ce qu’il avait à Dieu, afin de combattre l’oppression et la tyrannie », affirme-t-il.

Non loin du spectacle, des hommes et des femmes font la queue séparément devant des stands de nourriture.

Ailleurs dans la capitale, les commémorations peuvent accueillir un public bien différent, comme dans le quartier d’Aryashahr (ouest), où résident des Iraniens de la classe moyenne.

Là assistent à une procession de jeunes Iraniens et de jeunes Iraniennes, vêtus de jeans déchirés, et parfois tatoués. Certaines femmes portent des chemises au col légèrement ouvert.

« Question de goût »

Sous l’oeil de la police, hommes et femmes se mélangent et se parlent, le temps que la procession passe.

Bien que peu répandu, ce type de scènes est de moins en moins exceptionnel et, pour les plus conservateurs, de tels comportements ne sont pas acceptables.

Ehsan Hesabi, qui a assisté au spectacle du Grand Bazar, estime que ces rassemblements sont l’oeuvre des ennemis de l’islam.

« Ils veulent nous éloigner de l’imam Hussein, nous faire oublier le sang qu’il a versé. L’ennemi veut nous séparer culturellement du deuil traditionnel, qui suppose de pleurer pour l’imam Hussein », assure ce cordonnier de 34 ans, sans spécifier à qui le mot « ennemi » se référait. Des responsables iraniens reprochent souvent à l’Occident de vouloir imposer sa culture aux autres.

Mehran Hosseini, qui assistait à la procession dans le quartier d’Aryashahr, pense que « tout le monde peut faire son deuil à sa manière ».

« La façon de s’habiller est juste une question de goût. Ce n’est pas une indication de ce qu’une personne croit au plus profond d’elle », indique cet homme de 34 ans.

L’universitaire M. Khastou juge qu’une évolution est inévitable: « Tout comme les cérémonies d’aujourd’hui sont différentes de celles d’il y a 30 ans, ces dernières étaient tout aussi différentes des cérémonies d’il y a 60 ans ».Pour lui, le risque c’est surtout qu’Achoura « perde sa substance et sa signification essentielle ». « Il existe le risque que le rituel devienne un carnaval qui, même si le sujet est le chagrin et la douleur, devienne dans la pratique un passe-temps amusant », indique-t-il.

(avec Afp)

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