vendredi , 14 décembre 2018
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RDC : La porte est ouverte vers une grave crise post-électorale

Il y a des signaux qui suscitent des interrogations. Un rapport publié, lundi, par le gouvernement britannique, avec des interrogations qu’il soulève, relance au plus haut point le débat, notamment sur l’usage de la machine à voter et la fiabilité du fichier électoral. À cela, s’ajoute le climat politique, déjà tendu, qui n’augure pas des lendemains meilleurs. Et si, par malheur, la Commission électorale nationale indépendante (Céni) ne parvenait pas à organiser les élections dans le délai, il faudra craindre le pire. 

À quelque 94 jours des élections du 23 décembre 2018, le doute persiste et l’incertitude s’installe dans les esprits des électeurs congolais. Vont-ils prendre réellement le chemin des urnes ou devraient-ils encore prendre leur mal en patience, avec l’hypothèse d’un éventuel glissement ? Chat échaudé a horreur d’eau froide. Après avoir été roulé en décembre 2016 et 2017, le peuple craint de revivre les mêmes travers et les mêmes mésaventures qui éloignent l’alternance au sommet de l’État.

Il y a des signaux qui suscitent des interrogations. Un rapport publié, lundi, par le gouvernement britannique, avec des interrogations qu’il soulève, relance au plus haut point le débat, notamment sur l’usage de la machine à voter et la fiabilité du fichier électoral. À cela, s’ajoute le climat politique, déjà tendu, qui n’augure pas des lendemains meilleurs.

Et si, par malheur, la Commission électorale nationale indépendante (Céni) ne parvenait pas à organiser les élections dans le délai, il faudra craindre le pire. Il en est de même si les élections sont mal organisées ou contestées d’avance, faute d’inclusivité tant souhaitée dans l’Accord de la Saint-Sylvestre.

En effet, au lieu de continuer à prendre les populations pour des dindons de la farce, les ambitions des hommes politiques aux élections devraient plutôt s’appuyer sur des programmes qui incitent des politiques courageuses et des mesures sociales, répondant aux besoins de la population. Pour ce faire, la Céni devra donc faire diligence afin de permettre aux électeurs d’opérer, dans l’urne, un choix responsable et utile. Car, le vote est un pacte social entre les électeurs et les élus. C’est à la Centrale électorale qu’incombera toute la responsabilité en cas de la non-tenue des élections et son corolaire de violence qui s’ensuivra.

À l’approche de la date du 23 décembre, la Céni doit marquer des signaux qui rassurent. Surtout autour de la machine à voter et du fichier électoral fortement contestés par d’aucuns. Il y a des remous dans tous les sens qu’il convient bien de dissiper afin d’aboutir à un climat apaisé. Sinon, le rendez-vous du 23 décembre ne restera qu’un repère chimérique.

Réagissant coup sur coup aux interprétations faites sur le rapport signé par les experts « internationaux » notamment de la Fondation britannique Westminster pour la démocratie, la CENI à travers un document, livre ses observations ainsi qu’actions correctives prises. La Commission Électorale Nationale Indépendante que coiffe Corneille Nangaa passe au scalpel la rationalité de l’étude des experts et de sa valeur ajoutée ainsi que les éclairages du document bilan des vérifications des experts pour livrer dans une conclusion l’économie de ses idées. « En ultime instance, le rapport des experts indique qu’un effort conjugué de la CENI avec toutes les parties prenantes permettrait d’informer et de former les candidats, les électeurs et le public sur l’usage de la machine et sur les dispositions prises pour assurer la transparence ; afin de maximiser la confiance dans cet appareil et de se conformer aux meilleures pratiques en la matière sur le plan international », clame la CENI.

(avec lePotentiel)

LES RECOMMANDATIONS DE LA FONDATION WESTMINSTER SUR LA MACHINE A VOTER

1. désactiver les communications externes (carte sim et Wifi) jusqu’au moment où celles-ci sont nécessaires ;

2. recouvrir tous les ports externes (soit modifier les volets de production, soit boucher les ports USB exposés) ;

3. limiter le nombre maximum de bulletins par machine à 660 pour empêcher un excès de vote ;

4. supprimer la fonction d’impression de code QR ;

5. veiller à ce que les bulletins de vote insérés de façon incorrecte ne produisent pas de vote manuel invalide ;

6. limiter les données sur l’USB à l’échelon provincial ;

7. réviser le processus de confirmation du code pour éliminer la fonction permettant d’enregistrer de vote lorsque l’électeur touche la photo du candidat ;

8. élaborer et diffuser les directives procédurales claires concernant le rôle des machines à voter, en plus de protocole concernant leur maniement, configuration et administration ;

9. réexaminer le processus de distribution pour réduire la période de temps pendant laquelle la machine est sous la garde du personnel du bureau de vote ;

10. inviter les représentants des partis politiques et observateurs au centre de distribution ;

11. impliquer les témoins des partis politiques et les observateurs dans le contrôle préalable ;

12. préparer des plans opérationnels détaillés pour remplacer les matériels et les disques externes ;

13. organiser les simulations pour permettre aux personnels des bureaux de vote d’acquérir de l’expérience dans l’utilisation des machines ;

14. se préparer aux files d’attente et s’engager à laisser voter les électeurs encore dans la file d’attente à la clôture du scrutin ;

15. créer un fichier long, distinct pour permettre un audit.

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