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Vital KAMERHE (tete tournée a gauche) et Moise KATUMBI (tete tournée a droite), lors d'une reunion de l'opposition, le 12 sep 2018, Bruxelles.
Vital KAMERHE (tete tournée a gauche) et Moise KATUMBI (tete tournée a droite), lors d'une reunion de l'opposition, le 12 sep 2018, Bruxelles.

RDC : On se prépare à la guerre ou à une transition sans « Kabila » ?

Dernière mise à jour, le 22 septembre 2018 à 01:05

Bruxelles, la capitale belge, a abrité mercredi 12 septembre 2018, une grande messe politique de l’Opposition, à laquelle ont pris part Jean-Pierre Bemba Gombo MLC (Mouvement de Libération du Congo), Moise Katumbi de l’Ensemble pour le Changement, Félix Tshisekedi de l’UDPS (Union pour la Démocratie et le Progrès Social), Adolphe Muzito d’Unis pour la République (URep), Vital Kamerhe de l’Union pour la Nation Congolaise (UNC) et Antipas Mbusa Nyamwisi du Rassemblement Congolais pour la Démocratie- Kisangani – Mouvement de Libération (RCD-K-ML). Après de longs échanges, ces grosses pointures de la scène politique congolaise ont signé et rendu publique une déclaration en rapport avec le processus électoral, qui suscite des interrogations.

On retient de celle-ci que les signataires sont foncièrement opposés à une mascarade électorale en préparation dans les laboratoires de la majorité au pouvoir, avec la complicité de la CENI (Commission Électorale Nationale Indépendante). Ils ont rappelé, comme préalables à la tenue d’élections inclusives et crédibles, le rejet de la machine à voter, la libération immédiate des prisonniers politiques et le retour au pays de ceux en exil, la participation des « exclus » et « invalidés » au processus électoral, l’appui politique financier et matériel de la communauté internationale à la Ceni, la sécurisation des élections par une force de la SADC, la restructuration et l’audit de la CENI.

Bemba et ses pairs ont prévenu que dans l’hypothèse du non-respect de ces préalables, le gouvernement et la CENI seraient tenus pour responsables du chaos qui pourrait découler d’élections non transparentes et non apaisées.

Par ailleurs, le groupe des « six » a pris l’engagement de dégager rapidement un consensus autour du « candidat commun » à l’élection présidentielle de décembre 2018, sous réserve de la transparence et de la crédibilité de ce scrutin.

C’est le lieu de signaler que la réunion d’hier à Bruxelles a rappelé à beaucoup celle de Genval initiée par feu Etienne Tshisekedi en juin 2016, mais cette fois en format réduit. Si chacun des partenaires politiques respecte les engagements pris, on peut affirmer, sans peur d’être contredit, qu’une nouvelle « union sacrée de l’Opposition » est née, avec la ferme intention d’obtenir le changement de gouvernance en République Démocratique du Congo, par des voies démocratiques. Selon des sources généralement bien organisées, les opposants comptent, après Bruxelles, se retrouver à Jobourg, en Afrique du Sud, à la mi-septembre, en vue de formaliser le choix du candidat commun ou unique, c’est selon.

[avec Kimp]

COMMUNIQUE CONJOINT DES LEADERS DE L’OPPOSITION DE LA REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO (RDC)

Ce Mercredi 12 septembre 2018, les leaders de l’Opposition se sont réunis à Bruxelles afin de dresser l’évaluation du processus électoral en cours.

Ils ont réaffirmé la nécessité que ce processus aboutisse le 23 décembre 2018 à la tenue d’élections libres, démocratiques, transparentes et inclusives conformément à l’Accord de la Saint Sylvestre et au calendrier éIectoral, facteur essentiels pour arriver à un résultat admis par tous et a une paix durable en RDC.

Cependant, face aux manoeuvres du régime visant à organiser une fraude massive en vue de conserver le pouvoir, les leaders de l’Opposition ont réaffirmé leur refus de cautionner toute parodie d’élections.

Prenant à témoin le peuple congolais qui a le droit de choisir librement ses dirigeants à la faveur d’élections démocratiques dont les résultats seront opposables à tout le monde, les leaders de l’Opposition exigent de la CENI et du Gouvernement le respect des points ci-après, posés comme autant de préalables:

  1. Le rejet de la machine à voter Imposée par la CENI en violation de la loi électorale ;
  2. Le nettoyage du fichier électoral afin d’Identifier et extraire les plus ou moins dix millions d’électeurs enrôlés sans empreintes digitales ;
  3. La mise en oeuvre immédiate des mesures de décrispation politique conformément aux dispositions de l’Accord de la Saint Sylvestre (libération des prisonniers politiques le retour des personnalités politiques exilées, notamment les cas emblématiques traités dans le rapport sur la décrispation politique conduit par les évêques de la CENCO, réouverture des médias et l’accès aux médias publics, liberté de manifestation, fin des tracasseries policières et administratives contre les opposants) ;
  4. La participation effective des candidats exclus ou Invalidés pour des raisons politiques afin d’assurer la tenue d’élections inclusives ;
  5. L’accréditation et le déploiement des observateurs des instances Internationales UN, UE, SADC, OIF et autres ;
  6. L’assistance de la communauté internationale, à savoir les Nations Unies, l’Union Européenne, l’Union Africaine, la SADC et la CIRGL, sur le plan politique, financier et matériel pour organiser des élections Inclusives dans la paix ;
  7. Le déploiement d’une force régionale de la SADC pour sécuriser le processus électoral, les candidats et la population ;
  8. La participation effective de la MONUSCO au processus électoral pour le transport du matériel et la logistique ;
  9. La restructuration el l’audit de la CENI conformément au prescrit de l’accord de la Saint Sylvestre ;

Faute de respecter ces préalables, la CENI et le Gouvernement seront tenus responsables du chaos et des conséquences auxquelles conduira l’organisation d’une parodie d’élection.

Les leaders de l’opposition ont convenu de s’accorder en vue de la désignation irréversible, dans les meilleurs délais, sur une vision partagée et un programme harmonisé du candidat commun de l’Opposition à une élection présidentielle crédible. Dans le souci de maximiser les chances de la gagner et répondre aux attentes de la population de vivre une véritable alternance.

En vue d’arracher au régime dictatorial la mise en oeuvre de toutes les exigences reprises ci-haut, les leaders de l’Opposition ont décidé de mettre en commun leurs efforts. ainsi que ceux de la Société Civile pour obtenir fa tenue des élections crédibles, transparentes et inclusives que le peuple congolais attend depuis décembre 2016 avec la tenue effective.

Fait à Bruxelles, le mercredi 12 septembre 2018

Les leaders de l’Opposition

Antipas Mbusa Nyamwisi
Jean-Pierre Bemba Gombo
Moïse Katumbi Chapwe
Adolphe Muzito Fumutshi
Félix Tshisekedi
Tshilombo
Vital Kamerhe
LwaKanyinginyi

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