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Ghana : Dernier hommage à Kofi Annan

De nombreux Ghanéens en deuil ont rendu hommage mardi à l’ancien secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan, l’un des fils les plus célèbres de ce pays d’Afrique de l’Ouest, se présentant devant son cercueil exposé à Accra.

Le corps du diplomate a été rapatrié lundi de Suisse, où il résidait, avant les funérailles nationales et l’enterrement privé qui se dérouleront jeudi dans la capitale ghanéenne.

Première personnalité d’Afrique sub-saharienne a avoir dirigé l’instance internationale et lauréat du prix Nobel de la paix en 2001, Kofi Annan est décédé à l’âge de 80 ans le 18 août, après une courte maladie.

Dans le Centre international de conférences d’Accra, des officiers de l’armée en uniforme gardaient son cercueil, drapé dans le drapeau rouge, vert et or du Ghana, sous les chants d’un choeur de musique traditionnelle et le battement des tambours.

La plupart des personnes venues rendre un dernier hommage à M. Annan faisaient la queue dans des habits de deuil noirs.

Fritz Kitcher, Ghanéen retraité des Nations unies où il a travaillé au côté de M. Annan à ses débuts, a confié à l’AFP que ce dernier lui avait enseigné « l’humilité, le bénéfice de l’honnêteté et de la détermination en diplomatie ».

Son rôle en tant que premier dirigeant noir africain des Nations unies « est un honneur pour le Ghana », selon lui.

« C’était merveilleux à nos yeux, c’était au-delà de ce dont nous pouvions rêver », poursuit le retraité. « Il a mis l’Afrique sur le devant de la scène et a montré que nous sommes capables de faire de grandes choses ».

Akwo Kwame Johnson, agent d’entretien originaire de Côte d’Ivoire, est lui aussi venu se recueillir devant le cercueil de son « grand-père ».

A chaque fois qu’il le regardait à la télévision, dit-il, il avait le sentiment de voir un membre de sa famille. « Il était président du monde entier »

« Nous l’avons tous aimé. Il a joué un rôle majeur pour notre pays, il a fait de son mieux », explique Joyce Atiase, retraitée ghanéenne.

Des dizaines de leaders du monde sont attendus à Accra pour les funérailles jeudi. Un service funéraire privé sera ensuite organisé dans le cimetière militaire de la capitale.

UN HOMME D’UN « OPTIMISME TENACE »

Famille et dirigeants du monde entier ont rendu un dernier hommage à l’ancien secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, homme « d’un optimisme tenace », comme l’a qualifié sa famille, lors des funérailles nationales qui se sont déroulées jeudi matin au Ghana, son pays natal.

« Nous avons perdu un frère, un mari, un père, un grand-père et un oncle, un homme aux convictions profondes déterminé à nous inculquer les valeurs d’honnêteté, de justice et de bonté, de la même manière qu’il promouvait la paix et les droits de l’homme dans le monde », a déclaré son frère Kobina.

« C’était un homme d’un optimisme tenace », a approuvé sa fille Amma Annan.

António Guterres, actuel secrétaire général de l’ONU et « ami personnel » de M. Annan, comme il l’a rappelé lors de son discours, a honoré un homme « digne », « courageux » et « moral ».

« Kofi Annan était les Nations Unies et les Nations Unies, c’était lui », a assuré M. Guterres, devant la veuve de Kofi Annan, la diplomate suédoise Nane Maria Annan, très émue.

Son fils, Kojo, a rappelé les idéaux d’unité, d’égalité et de paix de son père. « Le plus bel hommage que l’on peut lui rendre est de suivre son exemple », a-t-il conclue à la fin de cette cérémonie, sobre et religieuse, dans le Centre international de conférences d’Accra.

Pendant plus de trois heures, les discours des proches ont alterné avec des chants religieux anglicans interprété par l’orchestre national ou des choeurs de musique classique.

Seule la famille et les plus proches se sont ensuite rendus au cimetière militaire d’Accra, où M. Annan sera mis en terre, mettant fin à un deuil national de trois jours.

« Plus illustre » de sa génération

« Aujourd’hui, une page de l’histoire se tourne au Ghana. Nous rendons grâce à Dieu pour avoir utilisé Kofi Annan pour son oeuvre en faveur de la paix et de l’humanité. Aujourd’hui, il a fini sa mission », a déclaré monseigneur Daniel Sarfo, évêque de Kumasi, ville d’origine de M. Annan.

Depuis lundi, des posters immenses avec son portrait ont été installés dans Accra pour rappeler que cet enterrement est avant tout « la célébration de la vie » de celui que le président ghanéen avait qualifié d’un des hommes « les plus illustres de sa génération ».

Lors de la cérémonie, Nana Akufo-Addo, l’a désigné comme une « icône des temps modernes ».

« L’avalanche des réactions que nous avons reçu de partout dans le monde donne la mesure de qui était cet homme: un homme qui a donné sa vie à faire la paix où il y avait des conflits, et à défendre les sans-voix », a ajouté le président ghanéen.

Le cercueil de Kofi Annan, recouvert du drapeau vert, jaune, noir et rouge du Ghana, était présenté devant quelques centaines de personnes, dont, au premier rang, sa famille proche ainsi que le président ghanéen, le président ivoirien Alassane Ouattara et António Guterres.

Tous habillés de noir, trois anciens présidents ghanéens étaient également présents, ainsi que des chefs d’Etat d’Afrique de l’Ouest et des représentants de l’Union Européenne et la princesse Beatrix, ancienne reine des Pays-Bas, qui est une amie proche de la famille Annan.

Prix Nobel de la Paix

M. Annan, que certains considéraient comme une « rock star diplomatique » dans les cercles diplomatiques internationaux, a dirigé l’ONU de 1997 à 2006 et a été le premier originaire d’Afrique subsaharienne à parvenir à ce poste.

Il est décédé le 18 août à l’âge de 80 ans à son domicile en Suisse, où il a passé la majeur partie de sa vie, après une brève maladie.

Né à Kumasi, deuxième ville du pays et capitale de la région d’Ashanti, M. Annan a consacré quatre décennies de sa vie à l’ONU, où il a eu à affronter notamment les défis des guerres en Afghanistan et en Irak.

Annan a reçu le prix Nobel de la paix, après les attaques du 11 septembre 2001 aux États-Unis, conjointement avec l’ONU. Après avoir quitté son poste de secrétaire général en 2006, il a continué son travail diplomatique, menant des médiations dans plusieurs conflits, en Birmanie ou au Kenya ou il est intervenu en tant que négociateur et initiateur d’un gouvernement de coalition entre le gouvernement et l’opposition après les violences électorales de 2007.

(avec Afp)

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