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Un médecin exhibe le flacon de vaccination pour Ebola.
Un médecin exhibe le flacon de vaccination pour Ebola.

RDC : Ebola touche la ville de Kisangani

Dernière mise à jour, le 18 septembre 2018 à 01:25

Ce que l’on craignait depuis un mois est finalement arrivé. Contenue jusque-là dans la province du Nord-Kivu, et plus précisément à Mangina, dans le territoire de Beni, la fièvre hémorragique à virus Ebola vient de franchir les frontières de cet espace géographique pour toucher la ville de Kisangani, dans la province de la Tshopo. Alors que le ministre de la Santé Publique, Dr Oly Ilunga Kalenga, venait de livrer les dernières statistiques des cas des personnes atteintes ainsi que de celles déjà décédées, de même que le bilan du premier mois de la riposte contre cette épidémie, à l’occasion d’un point de presse tenu le week-end dernier à Kinshasa, le nouveau cas enregistré à Kisangani devrait constituer un sérieux souci pour le gouvernement.

Des sources concordantes ont fait état, hier lundi 10 septembre 2018, du cas d’une fille âgée d’une quinzaine d’année morte après avoir présenté des symptômes similaires à ceux des malades atteints d’Ebola. A en croire le médecin-chef de zone de l’Hôpital  Général de Référence de Makiso, à Kisangani, Dr Lolo Ofoili, qui a confirmé la nouvelle aux médias, la victime résidait sur la 9ème Rue, dans la commune de la Tshopo. Selon la même source, elle revenait des vacances à Mambasa, pratiquement à la frontière entre les provinces de la Tshopo et du Nord-Kivu. On laisse entendre qu’elle est arrivée à Kisangani le mercredi 05 septembre 2018, avec les signes cliniques suivants : céphalées, asthénie, douleurs abdominales, diarrhée, etc.

Peu après son admission à l’Hôpital Général de Référence de Makiso, elle était tombée dans le coma de 4 à 7 heures du matin. Et au bout de trois heures, elle a connu une hémorragie sous-conjonctivale. Le personnel a eu juste le temps de faire un prélèvement de sang avant que la fille ne rende l’âme.

Conformément au protocole de prise en charge des cadavres, le corps de la fille a été désinfecté et placé dans un sac mortuaire. On a procédé aussi à la désinfection du bâtiment et des membres du personnel soignant.

Outre cela, tous les membres de famille, les « contacts » du domicile de la victime ainsi que les quatre infirmiers qui étaient à son chevet ont été mis en quarantaine. Il leur est interdit tout déplacement avant la sortie des résultats des examens des échantillons expédiés à Beni. Toutes les dispositions ont été prises pour un enterrement sécurisé. Pour le médecin-chef de zone de l’Hôpital Général de Référence de Makiso, la surveillance doit être impérativement renforcée au niveau des ports, d’aéroports, parkings, du pont Tshopo, du Pk 23, de Bafwasende et d’Avakubi afin d’éviter la propagation du virus.

Malheureusement, jusqu’hier, rien n’était encore fait au niveau du ministère provincial de la Santé. D’ores et déjà, un appel est lancé aussi bien en direction du ministère de la Santé Publique, de différents partenaires impliqués dans cette lutte épidémiologique ainsi que des équipes de riposte et de suivi des contacts, sans oublier les populations congolaises ainsi que celles des 9 pays voisins de la RDC, afin que la vigilance soit de mise face à la menace, qui reste non seulement forte pour la capitale Kinshasa, principale porte d’entrée du pays, mais aussi les provinces.

(avec Melba Muzola)

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