lundi , 24 septembre 2018
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Élections RDC : Éviter à jeter de l’huile au feu !

Le peuple congolais et la communauté internationale devraient redoubler de vigilance pour que rien ne puisse dérailler le train des élections. Ceci impose que la Majorité au pouvoir et l’Opposition politique s’affranchissent de leur guéguerre en privilégiant l’intérêt supérieur de la nation congolaise. Les leaders de deux camps, ceux de la Majorité et l’Opposition, devraient cultiver la tolérance qui reste une vertu démocratique surtout en ce moment très critique de l’histoire politique de la RDC. La dernière sortie médiatique de Jean-Pierre Bemba sur RFI a été suivie par une réplique d’un cadre du FCC. Les joutes verbales et autres invectives par médias interposés devraient être proscrites pour donner la chance à l’atterrissage en douceur du processus électoral qui a connu jusque-là un parcours tumultueux, s’il faut compter tous les morts tombés suite aux différentes manifestations politiques de protestation de l’Opposition. Les parties prenantes au processus électoral ont le devoir de hisser leur culture politique au plus haut niveau et se refuser à jeter de l’huile au feu pour ne pas envenimer la situation politique assez tendue.

Les élections de décembre 2018 sont un rendez-vous à ne pas rater pour la RDC.

Ces scrutins, déjà retardés depuis deux ans, sont attendus par tout un peuple et la communauté internationale. Tout a été investi pour l’aboutissement heureux de ce processus électoral. Tant, l’enjeu de l’alternance démocratique est indispensable pour la survie et la sauvegarde de la jeune démocratie congolaise.

Après la désignation, il y a presque un mois, du dauphin de l’actuel président sortant, toutes les parties prenantes à ces élections devraient s’engager résolument pour la tenue effective de ces scrutins.

Plus rien ne devrait barrer la route au succès de ce processus électoral. L’Etat congolais s’est engagé à financer seul ces élections. Ce qui est normalement un acte de maturité politique pour un pays qui a accédé à son indépendance nationale depuis 58 ans déjà.

Pour les observateurs, le peuple congolais et la communauté internationale devraient redoubler de vigilance pour que rien ne puisse dérailler le train des élections. Ceci impose que la Majorité au pouvoir et l’Opposition politique s’affranchissent de leur guéguerre en privilégiant l’intérêt supérieur de la nation congolaise.

Les leaders de deux camps, ceux de la Majorité et l’Opposition, devraient cultiver la tolérance qui reste une vertu démocratique surtout en ce moment très critique de l’histoire politique de la République démocratique du Congo. La dernière sortie médiatique de Jean-Pierre Bemba sur RFI a été suivie par une réplique d’un cadre du FCC, la plateforme électorale dont le chef de l’Etat est autorité morale. Les joutes verbales et autres invectives par médias interposés devraient être proscrites pour donner la chance à l’atterrissage en douceur du processus électoral qui a connu jusque-là un parcours tumultueux, s’il faut compter tous les morts tombés suite aux différentes manifestations politiques de protestation de l’Opposition.

Le monde entier regarde les Congolais et la RDC qui s’apprêtent à donner sens à leur devoir citoyen de se choisir des dirigeants à tous les niveaux. Les parties prenantes au processus électoral ont le devoir de hisser leur culture politique au plus haut niveau et se refuser à jeter de l’huile au feu pour ne pas envenimer la situation politique assez tendue.

INVITÉ AFRIQUE SUR RFI : JEAN-PIERRE BEMBA ASSURE QU’IL VA CONTINUER DE LUTTER POUR SES DROITS LÉGALEMENT. IL DÉNONCE ÉGALEMENT UN PROCESSUS ÉLECTORAL BIAISÉ QUI CONDUIT TOUT DROIT LA RDC VERS LE CHAOS

RFI : La Cour constitutionnelle du Congo vient d’invalider définitivement votre candidature à la présidentielle. Quelle est votre réaction ?

Jean-Pierre BEMBA : Je dirais que malheureusement, c’est sans surprise parce que, que ce soit la Cour constitutionnelle, que ce soit la Commission électorale indépendante (Céni), les deux sont inféodées et vraiment aux ordres du pouvoir à Kinshasa. Donc, tout ceci indique une suite malheureuse pour les élections qui font que le pouvoir en place ait choisi les candidats qu’’il souhaite voir pour opposer leur propre candidat du pouvoir au niveau des élections.

Est-ce qu’on peut dire aujourd’hui que vous avez épuisé toutes les voies de recours pour votre candidature, ou comptez-vous mener d’autres actions en justice ?

Jean-Pierre BEMBA : Non. Bien sûr, il y a toujours moyen de mener d’autres actions en justice, et ce sera fait d’ailleurs. Ce que nous regrettons, c’est qu’on va vers une phase d’élection qui n’est ni démocratique, ni transparente et qui, avec la question de la machine à voter électronique contestée par tant la communauté internationale que nationale, et les six millions d’électeurs fictifs font que malheureusement ces élections s’annoncent comme des élections qui veulent directement déterminer qui est le candidat qui doit gagner les élections demain.

Vous parlez d’autre recours, devant quelle chambre ?

Jean-Pierre BEMBA : Vous pouvez toujours aller au niveau de l’Union africaine, les chambres qui tranchent ces questions également, puis bien sûr la procédure au niveau de la CPI [Cour pénale internationale] n’est pas terminée.

Le Mouvement de libération du Congo (MLC) annonce la création d’un comité de crise avec d’autres forces citoyennes pour élaborer un agenda d’action commune. De quelles forces s’agit-il ?

Jean-Pierre BEMBA : Bien sûr, nous allons continuer à défendre les intérêts de la population. On ne peut pas abandonner la population face à un gouvernement qui veut imposer un Etat de non-droit. Donc, nous nous tenons près de la population et nous allons défendre les intérêts de la population, absolument.

Les discussions en ce sens ont-elles déjà débuté et avec qui ?

Jean-Pierre BEMBA : Elles n’ont pas simplement débuté, mais elles sont toujours en cours et n’ont pas commencé aujourd’hui. Donc l’opposition discute régulièrement sur les actions à mener et sur les positions et les stratégies communes. Bien sûr.

Pourquoi n’appelez-vous pas les militants à manifester comme ils le réclamaient hier matin devant le siège de votre parti, ou tout simplement à une sortie pure et simple du processus électoral ?

Jean-Pierre BEMBA : Cela fait partie de toutes les discussions qu’il y a à l’heure actuelle et donc ce sont les actions communes. C’est justement ça, les actions communes, qui vont être prises. Et bien sûr, la population a le droit de pouvoir défendre ses intérêts d’une manière pacifique et correspondant aux lois de ce pays.

Justement, le MLC a annoncé qu’il va évaluer le processus électoral avant de décider d’y prendre part ou non. Combien de temps vous donnez-vous avant de décider ?

Jean-Pierre BEMBA : Compte tenu de la situation quand même, vous avez une Commission électorale qui n’est pas indépendante du tout, qui est sourde à tout appel et recommandation de l’opposition. A un moment donné, il est question quand même que nous prenions des décisions. Je ne veux pas anticiper là-dessus. Ceci dépendra également des autres partenaires et des réunions qu’il y a aura justement avec les autres partenaires.

Est-ce que la décision qui est attendue à la Cour pénale internationale (CPI) le 17 septembre peut encore changer quelque chose ?

Jean-Pierre BEMBA : Mais bien sûr (rires). C’est justement une des erreurs que la Cour constitutionnelle a faites. Attendez et voyez.

Envisagez-vous de vous rallier à un autre candidat de l’opposition dont la candidature est maintenue, Félix Tshisekedi par exemple ?

Jean-Pierre BEMBA : Pour l’instant en tout cas, ce processus n’est ni équitable, ni transparent et ni démocratique. Nous ne pouvons que soutenir et aller vers les élections pour autant que ce processus montre une clarté, ce qu’il ne montre absolument pas.

Dans ces conditions, que va-t-il se passer maintenant ?

Jean-Pierre BEMBA : Je pense que, à l’heure où nous parlons, ces élections risquent vraiment d’être contestées au lendemain du vote puisque les élections, c’est fait pour que la population puisse choisir les dirigeants. Mais lorsque vous avez un pouvoir qui décide de qui sera voté au préalable, cela pose un sérieux problème de crédibilité des élections.

Quel est l’avenir de la RDC au regard de la manière dont le processus électoral est mené jusqu’ici ?

Jean-Pierre BEMBA : Le pouvoir a peur d’abandonner ses privilèges, de pouvoir aller aux urnes et du verdict populaire. Voilà pourquoi tout ce qui est mené aujourd’hui est en vue de pouvoir distraire la population. La population doit rester vigilante et nous allons rester très vigilants et donner à la population toutes les informations en temps voulu.

Mais que peut faire la population dans ces conditions ?

Jean-Pierre BEMBA : Tout est fait pour mettre et amener le chaos dans le pays au lendemain des élections. Il est évident que dans l’état actuel de la situation, avec ces machines à voter qui sont contestées mais qui ont été mises et faites à dessein, et ensuite les 6 millions d’électeurs qui n’ont aucune empreinte digitale, tout ceci est fait en sorte pour pouvoir amener des élections tronquées. Ce que je veux dire simplement là-dessus, c’est que le pouvoir a peur, c’est pour cela que toutes ces manœuvres ont été mises en place et le contrôle de toutes les institutions de ce pays aux ordres du pouvoir font que voilà vers quelle situation on se tend. Mais nous allons continuer à défendre les intérêts de la population.

L’opposition congolaise semble avoir privilégié jusqu’ici la voie légale. Est-ce que cela va continuer ainsi ?

Jean-Pierre BEMBA : Les choses ne peuvent aller que dans les voies légales dans lesquelles l’opposition s’insère et continuera à s’insérer, dans cette voie légale, jusqu’au moment où elle va revendiquer ses droits et faire en sorte qu’il y ait des élections crédibles dans ce pays. Bien sûr.

Diffusion : mercredi 5 septembre 2018

RÉPLIQUE DE FÉLIX KABANGE NUMBI, LE PORTE-PAROLE PAR INTÉRIM DU GOUVERNEMENT CONGOLAIS

« Nous ne sommes pas une République bananière où, pour des raisons d’inclusivité, les personnes qui ne remplissent pas les conditions d’éligibilité soient tout simplement validées parce qu’il faut être inclusif. Ce n’est pas seulement qu’il faut être obligatoirement, impérativement candidat à l’élection présidentielle. Si ce n’est pas possible, pour des raisons de droit, il faut être sportif et accepter », a-t-il déclaré sur RFI. 

Pour Félix Kabange Numbi, le président de la République, Joseph Kabila, a donné un exemple en respectant la Constitution. Il est demandé à tous les acteurs politiques de faire de même. 

Il demande également à l’ancien Vice-président de la RDC de « se rappeler qu’il y a aussi une vie en dehors de la présidence », avant de l’inviter à faire la part des choses entre l’inclusivité et le respect de la Constitution et des lois de la République. « J’ai l’impression que lorsque les décisions d’une certaine juridiction, les décisions de la Céni, sont en faveur d’une personne, à ce moment-là nous sommes dans un Etat de droit. Lorsque ce n’est pas en faveur de quelqu’un, nous sommes dans un Etat de non-droit… », déplore le porte-parole par intérim du Gouvernement. 

Contre une éventualité de boycott des élections par les candidats disqualifiés, Félix Kabange Numbi souhaite voir l’opposition participer au processus électoral mais prévient que le train ne va pas s’arrêter si cette opposition se retire d’elle-même. 

On rappelle que vingt quatre heures après l’invalidation de l’ancien Vice-président de la République, le Mouvement de Libération du Congo (MLC) a tenu une réunion dite de « crise » au cours de laquelle le parti cher à Jean-Pierre Bemba et ses alliés se sont engagés à « évaluer, dans un bref délai, l’ensemble du processus électoral en vue de communiquer la décision de leur participation ou non au processus en cours ». En des termes voilés, le MLC est tenté par l’option du boycott. 

Kabange Numbi rappelle, « en 2006, l’UDPS n’a pas participé au processus mais cela n’a pas empêché les élections d’avoir lieu ».

(avec lePolitique, Didier KEBONGO)

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