lundi , 24 septembre 2018
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Idleb : Mis en garde de Trump à la Syrie, la Russie et l’Iran

Le président américain Donald Trump a mis en garde lundi la Syrie contre une offensive à Idleb, la dernière région syrienne contrôlée par la rébellion, déclarant qu’une telle opération pourrait provoquer une « tragédie humaine ». « Le président de la Syrie Bachar al-Assad ne doit pas attaquer imprudemment la province d’Idleb. Les Russes et les Iraniens commettraient une grave erreur humanitaire en prenant part à cette potentielle tragédie humaine », a tweeté Donald Trump. « Des centaines de milliers de personnes pourraient être tuées. Ne laissons pas cela se produire! », a-t-il ajouté.

Les Nations Unies et des ONG ont averti qu’une attaque d’envergure sur Idleb pourrait entraîner une catastrophe humanitaire d’une ampleur inédite depuis le déclenchement du conflit syrien en 2011.

Depuis plusieurs semaines, le régime syrien a amassé des renforts aux abords de la province d’Idleb, située dans le nord-ouest du pays, à la frontière avec la Turquie. La province est dans le collimateur du régime et de son allié russe qui visent particulièrement les jihadistes de Hayat Tahrir al-Cham, une groupe dominé par les combattants de l’ex-branche syrienne d’Al-Qaïda.

La Turquie, parrain de certains groupes rebelles, a également déployé des troupes dans la région et cherche, de son côté, à éviter un assaut qui provoquerait un nouvel afflux massif de réfugiés sur son territoire.

Depuis début 2017, Téhéran, Moscou et la Turquie ont soutenu des négociations dans la capitale du Kazakhstan, Astana, pour tenter de faire cesser les hostilités en Syrie.

L’Iran et la Russie ont apporté un soutien politique, financier et militaire régulier à Bachar al-Assad tout au long du conflit.

Déclenchée en 2011 avec la répression par le régime de manifestations pro-démocratie, le conflit syrien s’est transformé au fil des ans en une guerre meurtrière qui a fait plus de 350.000 morts et des millions de déplacés et de réfugiés.

DE NOUVEAUX BOMBARDEMENTS SYRIENS ET RUSSES SUR IDLEB

Le régime syrien et son allié russe ont bombardé dimanche à coup de missiles et de barils d’explosifs la province d’Idleb, ultime bastion rebelle dans le nord-ouest de la Syrie, tuant deux enfants, selon une ONG.

Samedi, les avions de chasse russes avaient mené les frappes les « plus intenses » en un mois contre cette province, tuant au moins neuf civils, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

Ces bombardements interviennent après l’échec, vendredi, d’un sommet tripartite entre la Russie et l’Iran d’un côté qui soutiennent le régime de Bachar al-Assad, et la Turquie, marraine des rebelles, pour tenter d’éviter un assaut des forces de Bachar al-Assad sur Idleb.

Dimanche, « des hélicoptères du régime ont lâché plus de 60 barils d’explosifs sur la localité de Hbit et ses environs, dans le sud de la province, tuant au moins deux enfants », a déclaré à l’AFP le directeur de l’OSDH, Rami Abdel Rahmane. Six autres personnes ont été blessées.

En parallèle, d’après la même source, « plus de dix raids » ont été effectués par l’aviation russe sur la ville de Latamné, dans le nord-ouest de (la province de) Hama », zone adjacente à Idleb et qui est contrôlée également par des rebelles et des jihadistes.

Ces frappes ont visé un hôpital, désormais inopérant. Une autre infrastructure hospitalière, près de la localité de Hass, située dans le secteur sud d’Idleb, avait déjà été sévèrement endommagée samedi par un raid aérien.

Les bombardements ont baissé en intensité à partir de dimanche en fin d’après-midi, a indiqué l’OSDH.

La peur reste toutefois « immense » parmi les habitants et le personnel médical, a affirmé à l’AFP à Genève le chef des services de santé de la province, Munzer Al-Khalil, disant craindre « la crise la plus catastrophique de (la) guerre » en Syrie, où plus de 350.000 personnes ont péri en sept ans de conflit.

Depuis jeudi, des centaines de familles ont fui leurs foyers dans les secteurs bombardés par le régime et la Russie.

Quelque trois millions de personnes, dont la moitié sont des déplacés d’autres régions de Syrie affectées par de violents combats, vivent dans la province d’Idleb et les poches insurgées des provinces voisines de Hama, Alep ou Lattaquié, selon l’ONU.

Idleb est contrôlée en majeure partie par le groupe jihadiste Hayat Tahrir al-Cham (HTS), issu de l’ex-branche d’Al-Qaïda en Syrie, mais d’autres groupes rebelles y sont également présents.

Les Nations unies disent craindre une nouvelle « catastrophe humanitaire » et le déplacement de 800.000 personnes en cas d’assaut du régime.

la guerre en Syrie a débuté en 2011 après la répression sanglante par le régime Assad de manifestations pacifiques réclamant des réformes démocratiques dans la foulée du Printemps arabe.

(avec Afp)

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