samedi , 17 novembre 2018
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Ukraine : La mort de Zakhartchenko va aggraver les tensions dans la région

Le Kremlin a qualifié samedi de « provocation » l’assassinat du principal dirigeant séparatiste prorusse de l’est de l’Ukraine, Alexandre Zakhartchenko, jugeant qu’il allait entraîner une aggravation des tensions dans la région. « C’est sans aucun doute une provocation », a déclaré à des journaliste le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, cité par les agences de presse russes. « La mort de Zakhartchenko va certainement aggraver les tensions dans la région » et miner l’instable processus de paix lancé par les accords de Minsk, signés en février 2015 par la Russie, l’Ukraine, la France et l’Allemagne, a-t-il poursuivi.

Alexandre Zakhartchenko, 42 ans, était le « président » de la République populaire autoproclamé de Donetsk, du nom de la principale ville rebelle de l’est de l’Ukraine. Il y a été tué vendredi par une explosion dans un café. Son garde du corps a également été tué et douze personnes blessées.

D’ores et déjà, alors que la France et l’Allemagne ont cherché ces derniers mois à relancer le très fragile processus de paix, le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a écarté samedi de futures réunions avec Berlin, Paris et Kiev.

« C’est une situation préoccupante qui doit être analysée », a-t-il déclaré, cité par des agences de presse russes.

A Donetsk, l’assassinat d’Alexandre Zakhartchenko a mis en état d’alerte les troupes rebelles, le commandant séparatiste Edouard Bassourine assurant que Kiev prévoyait de lancer une offensive mi-septembre, des affirmations démenties par les autorités ukrainiennes.

De son côté, le représentant spécial des Etats-Unis pour l’Ukraine, Kurt Volker a affirmé au journal britannique The Guardian que Washington pourrait fournir plus d’armes à Kiev pour renforcer les forces navales ukrainiennes ainsi que celles de l’armée de l’air.

Les autorités rebelles et Moscou soupçonnent Kiev d’être à l’origine de l’explosion tandis que l’Ukraine attribue cet assassinat aux querelles internes au mouvement rebelle, « pantins soutenus et financés » par Moscou selon les mots d’une porte-parole du ministère des Affaires étrangères.

Dès vendredi soir, quelques heures après l’assassinat, le président russe Vladimir Poutine a présenté ses condoléances aux habitants de Donetsk, qualifiant M. Zakhartchenko de « véritable leader populaire » et de « personne courageuse et déterminée ».

« L’assassinat perfide d’Alexandre Zakhartchenko est une preuve de plus que ceux qui ont choisi la voie de la terreur, de la violence, de la peur ne cherchent pas un règlement pacifique et politique du conflit », a-t-il ajouté, faisant allusion aux autorités ukrainiennes.

Processus de paix en danger

« Ce qui s’est passé aujourd’hui met un grand point d’interrogation sur tout le processus » de paix, a réagi, vendredi soir, la porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova. Elle avait auparavant estimé qu’il y avait « toutes les raisons de croire » que le gouvernement ukrainien était responsable de cette explosion.

Alexandre Zakhartchenko avait été partie prenante en 2015 des accords de paix de Minsk, qu’il avait signés avec l’autre chef rebelle Igor Plotnitski, alors « président » de la République autoproclamée de Lougansk, voisine de Donetsk.

Nommé président de la région par intérim, Dmitri Trapeznikov a déclaré dès vendredi à la presse que plusieurs suspects ont été arrêtés et reconnu, selon lui, que l’explosion « était un acte de sabotage de la part de l’Ukraine ».

Les autorités rebelles ont annoncé trois jours de deuil national et repoussé le début de l’année scolaire à mardi. « C’est une tragédie pour le Donbass », la région de Donetsk et Lougansk, a déclaré à l’AFP Alexandre Grigoriev, 61 ans. « Il aurait pu être longtemps le leader de notre pays », a-t-il ajouté.

Ancien électricien qui avait pris part au soulèvement rebelle dès ses débuts, Alexandre Zakhartchenko avait été élu président des territoires séparatistes en novembre 2014. Ce chef de guerre au discours musclé, aimant apparaître en tenue kaki, assurait avoir vendu son entreprise pour financer les rebelles.

Sa mort, après le limogeage d’Igor Plotnitski en novembre 2017 et l’assassinat de plusieurs chefs de guerre, marque la fin des dirigeants historiques des territoires séparatistes arrivés au pouvoir à la faveur de ce conflit, qui a fait plus de 10.000 morts depuis son déclenchement au printemps 2014.

Deuil de trois jours après l’assassinat de Zakhartchenko

Les autorités prorusses de l’est de l’Ukraine ont décidé d’un deuil de trois jours après l’assassinat de leur principal dirigeant séparatiste, Alexandre Zakhartchenko, un « acte de sabotage » de Kiev selon elles, et plusieurs suspects ont été arrêtés.

La période de deuil s’étendra jusqu’à lundi et le début de la nouvelle année scolaire a été repoussé à mardi.

« Plusieurs personnes ont déjà été arrêtées » à la suite de la mort d’Alexandre Zakhartchenko, le « président » de la République populaire de Donetsk, a précisé vendredi soir le dirigeant intérimaire de la région, Dmitri Trapeznikov.

La République populaire de Donetsk a été autoproclamée par les insurgés prorusses.

Selon Dmitri Trapeznikov, plusieurs des personnes arrêtées ont permis d’affirmer qu’il s’agit d’un « acte de sabotage » de la part de Kiev.

La sécurité a été renforcée et la région a été fermée, ce qui signifie que personne ne peut gagner le territoire contrôlé par Kiev ou la Russie voisine, a-t-il ajouté.

Alexandre Zakhartchenko, 42 ans, a été tué vendredi dans une explosion dans le centre de Donetsk, dernière victime en date d’une série d’assassinats visant des chefs rebelles.

Son garde du corps a également été tué et douze personnes ont été blessées dans l’explosion, selon le site internet de la région séparatiste.

Moscou et les autorités séparatistes pointent Kiev du doigt. Les autorités ukrainiennes rétorquent que cet assassinat est lié à des luttes internes entre séparatistes et au souhait de la Russie de contrôler le territoire.

La mort d’Alexandre Zakhartchenko, ainsi que le limogeage en novembre 2017 d’Igor Plotnitski, le « président » de la République autoproclamée de Lougansk, voisine de Donetsk, et l’assassinat de plusieurs chefs de guerre, marquent la fin des dirigeants historiques des territoires séparatistes, arrivés au pouvoir à la faveur du conflit avec l’armée ukrainienne, qui a fait plus de 10.000 morts depuis son déclenchement en 2014.

Kiev et les pays occidentaux accusent la Russie de fournir aux séparatistes des hommes et des armes depuis la frontière. Moscou dément ses accusations.

DONETSK REND HOMMAGE À ALEXANDRE ZAKHARTCHENKO

Applaudissements, larmes et des « merci! » lancés en direction du cortège funéraire: des dizaines de milliers de personnes ont rendu hommage dimanche à Donetsk au principal dirigeant séparatiste prorusse de l’est de l’Ukraine, Alexandre Zakhartchenko, tué vendredi dans une explosion.

Zakhartchenko, 42 ans, « président » de la République populaire autoproclamée de Donetsk (DNR), est la personnalité la plus prééminente parmi les insurgés prorusses tués en quatre ans de conflit. « Un héros » et un « frère », selon un proche du président russe Vladimir Poutine.

La foule d’admirateurs, dont de nombreux en larmes, une fleur à la main, s’était massée dans les rues pour voir passer le cercueil, en route vers le cimetière. Il avait été exposé plus tôt, durant quelques heures, dans un théâtre.

Selon les autorités locales, une centaine de milliers de personnes se sont déplacées pour ce dernier hommage. Parmi elles, se trouvait le président de la république séparatiste d’Ossétie du Sud, Anatoli Bibilov, et Alexandre Zaldostanov, patron des « Loups de la nuit », club de motards pro-Poutine dont des membres ont combattu dans l’est de l’Ukraine.

Dans un communiqué diffusé par l’agence de presse officielle de DNR, un proche conseiller de M. Poutine, Vladislav Surkov, a parlé du séparatiste comme d’un « frère ».

« Tu es un vrai héros et c’est un honneur immense d’être ton ami », a également déclaré M. Surkov, appelant Zakhartchenko « Sacha », le diminutif de son prénom.

Vladimir Poutine avait présenté ses condoléances vendredi à la famille de Zakhartchenko et aux habitants de l’est de l’Ukraine.

Les transports publics ont été temporairement suspendus dans la ville, où un deuil de trois jours a été proclamé, et des hommes armés en treillis coordonnaient la circulation dans le centre de Donestk.

D’énormes pancartes ont été érigées avec des portraits de Zakhartchenko et sur l’une d’elles, l’un de ses slogans: « Nous avons une mère patrie: la Russie ».

« Ils nous ont pris une partie de notre âme », lâche Oksana, une femme de 41 ans qui refuse de révéler son nom. « Il était comme un membre de la famille. C’est une perte personnelle pour moi ».

Dans la foule, nombreux sont ceux à accuser l’Ukraine de la mort de leur leader.

« Nous n’oublierons jamais cette tragédie, nous ne pardonnerons jamais », assure Sergueï Kapustin, 35 ans.

A Kiev, on célèbre

A Kiev, plusieurs dizaines de militants politiques ont eux célébré la mort de l’ennemi juré des autorités pro-occidentales, en dressant une table devant l’ambassade de Russie.

Ils y ont bu du vin pétillant et mangé du poulet devant des portraits de Vladimir Poutine, Zakhartchenko, et l’idole de la chanson soviétique, Iossif Kobzon, décédé également cette semaine. Ils leur ont ensuite jeté des os de poulet.

Les autorités rebelles et Moscou soupçonnent Kiev d’être à l’origine de l’explosion, tandis que l’Ukraine attribue cet assassinat aux querelles internes au mouvement rebelle, « pantins soutenus et financés » par Moscou selon les mots d’une porte-parole du ministère des Affaires étrangères.

Alexandre Zakhartchenko était devenu un chef de guerre dès le début du conflit entre les séparatistes et l’armée ukrainienne. En novembre 2014, quelques mois après que les territoires rebelles de l’est de l’Ukraine eurent proclamé leur indépendance, il était élu président de la DNR avec plus de 81% des suffrages.

Sa mort marque la fin des dirigeants historiques des territoires séparatistes.

Moscou a qualifié cet assassinat de « provocation », estimant qu’il allait entraîner une aggravation des tensions dans la région.

Le conflit entre séparatistes prorusses et armée ukrainienne a fait plus de 10.000 morts depuis son déclenchement en 2014.

Kiev et les Occidentaux accusent la Russie de soutenir militairement les séparatistes de l’Est de l’Ukraine, ce que Moscou dément avec véhémence.

(avec Afp)

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