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RDC : 1er jour de la rentrée scolaire 2018 – 2019 réussi ?

Dernière mise à jour, le 16 septembre 2018 à 11:42

Kinshasa, la capitale de la République Démocratique du Congo (RDC), a vibré lundi au rythme de la rentrée scolaire. Les bleu et blanc de la capitale n’ont pas dérogé à la règle. Ils étaient au rendez-vous répondant ainsi à l’appel du gouvernement par le biais du ministre de l’Enseignement primaire, secondaire (EPS), M. Gaston Musemena.

La rentrée scolaire 2018-2019 a bel et bien été effective lundi 03 septembre dans la commune de Kintambo. Les élèves du Lycée Bolingani, du Collège Frère Alingba et du Collège Saint Georges ont signé leur come-back en venant nombreux en ce premier jour de l’année scolaire. Ce, après plus de deux mois des vacances.

La commune de Kintambo a vibré hier au rythme de la rentrée scolaire. Les bleu et blanc de ce coin de la capitale n’ont pas dérogé à la règle. Ils étaient au rendez-vous répondant ainsi à l’appel du gouvernement par le biais du ministre de l’Enseignement primaire, secondaire (EPS), M. Gaston Musemena.

Des salles prises d’assaut

Les collégiens d’Alingba ont répondu massivement à l’événement. Tout a commencé par l’hymne national et l’hymne à l’honneur de Jean-Baptiste de la Salle, le saint patron des éducateurs.

« Les cours ont repris. Les enseignants et les élèves sont là. J’ai d’ailleurs introduit mon cours de mathématique. J’ai donné aux élèves quelques directives qu’ils devront suivre tout au long de l’année », a affirmé le professeur de mathématique de 2ème CO, Mike Nsomwe.

En allant en face de la paroisse Saint François de Sales, le collège Saint Georges également a surfé sur cette dynamique. Quand bien même certains travaux de construction ne sont pas encore parachevés, cela n’a pas perturbé le bon déroulement des cours. A l’avant-midi, les collégiens étaient visibles dans les salles de classe et sous les arbres de cette école de la Congrégation des Frères des écoles chrétiennes (Fec).

Une reprise effective

Au Lycée Bolingani, à côté de la maternité et de l’hôpital de Kintambo, les Bleu et blanc ont accouru au premier appel. Les choses sérieuses ont commencé, par des rounds d’observation dans le chef des enseignants. Le plan du cours et l’introduction proprement dite des chapitres de plusieurs matières dans différentes classes sont de mise.

Plusieurs élèves interrogés tant dans l’enclos qu’en dehors de l’école, ont corroboré la thèse du numéro 2 de l’école chère aux missionnaires franciscaines. Le directeur des études du Lycée Bolingani, Vincent de Paul Ndalubila, est formel : pas d’équivoque sur la reprise des cours. 

« C’est la prise de contact. Les enseignements sont dispensés comme il se doit. L’effectif d’aujourd’hui, c’est déjà plus de 300 élèves. 

Les parents qui doutent encore doivent envoyer leurs enfants à l’école, car les enseignements ont déjà commencé, de même que les travaux à domicile. Nous ne perdons pas le temps, toutes ces tâches ne seront pas récupérées », a déclaré Vincent de Paul Ndalubi.

« Le premier jour de la rentrée, les parents savent que nous ne dérangeons pas les enfants. D’ailleurs, ils connaissent la couleur de l’uniforme. Chaque élève doit rentrer avec l’uniforme bleu et blanc », a-t-il insisté.

« Il y aura d’autres exigences après sur l’uniforme scolaire. Quoi de plus normal. Ce sont les parents qui en font un problème inutile. Ils dramatisent tout. Mais, au grand marché, vous allez les voir nombreux en train d’acheter », a lâché le directeur des Etudes du Lycée Bolingani.

« Aujourd’hui, il n’y a pas moyen d’entrer en ville, d’aller au grand marché. Pour le moment, nous ne bousculons pas les enfants pour le minerval. Les absences ne sont pas justifiées », a-t-il conclu. 

PRÈS DE 500 ÉLÈVES ONT RÉPONDU PRÉSENT À L’ÉCOLE INTERNATIONALE MAARIF

Près de 500 élèves ont répondu présent, lundi 3 septembre, au premier jour de la rentrée des classes, à l’école internationale Maarif (ex. Safak) à Kinshasa. Ce, en dépit de folles rumeurs faisant état d’une éventuelle fermeture de cet établissement scolaire.

Il est 7 heures 30. La cour de l’école internationale Maarif (ex. Safak) est inondée d’élèves. L’heure est au rassemblement. Les écoliers et élèves rangés en file indienne suivent attentivement la brève cérémonie de bienvenue. Les parents qui accompagnent leurs enfants, se sont mis en retrait pour constater la rentrée. Plus d’inquiétudes donc sur un hypothétique avenir de leurs enfants.

Toutes les directions, maternelle, primaire et secondaire, ainsi que les éducateurs et enseignants sont présentés à l’assemblée. Les parents se réjouissent de constater que les mêmes équipes sont maintenues malgré le changement opéré à la tête de l’école.

Connue sous le nom de Safak (école internationale Turco congolaise), cet établissement est opérationnel depuis le 15 août dernier, bien que repris par le gouvernement Turc et confié à la gestion de la Fondation Maarif, une structure de l’Etat turc. Mais, à en croire le nouveau gestionnaire, ce changement ne va pas impacter négativement le niveau de l’enseignement.

Des élèves éveillés

Dans les salles de classe, les cours se donnent normalement. Les enseignants ne se contentent pas seulement d’une simple prise de contact avec les élèves. Mais abordent déjà des notions récapitulatives. Question de rafraîchir la mémoire des apprenants.

Une assurance pour les élèves

Selon Mustapha Dogan, représentant de la Fondation Maarif, le niveau de l’enseignement sera encore très élevé par les moyens technologiques et matériaux scolaires fournis par la Fondation. Il appelle les parents encore hésitants à ramener leurs enfants rapidement, parce que, dit-il, les cours ont déjà repris.

Le nouveau patron rassure les parents d’élèves sur de nouvelles bases jetées par la Fondation Maarif, en faveur non seulement de son personnel, mais aussi des parents. Seulement en 15 jours de travail, il y a eu réduction des frais scolaires et une légère augmentation de l’enveloppe salariale du personnel.

Même son de cloche du côté du chef d’établissement de cette école, le Directeur général Sumaïli Amzati. Ce dernier se réjouit d’abord de constater l’effectivité de la reprise des cours dans son institution, malgré les rumeurs ayant fait état d’une éventuelle fermeture de cette école  » par des parents qui n’étaient pas très bien informés sur le changement du gestionnaire ». 

« L’ancien, c’était une organisation tout à fait privée, maintenant c’est la fondation Maarif, qui est une organisation de la République de Turquie, explique-t-il. Alors compte tenu de ce changement, il y a des gens qui hésitaient un peu, mais à voir l’engouement d’aujourd’hui, nous pouvons dire que c’est un succès. « 

Des problèmes à régler

Il reconnait néanmoins que certains problèmes sont encore à régler.  » Jusque-là, les élèves ne sont pas encore en uniforme, tout simplement parce que l’école a été remise à la Fondation Maarif, un peu tard, le 15 août dernier. Il est tout à fait normal que nous puissions avoir un peu de temps pour organiser cela. D’ici à une semaine, les uniformes seront distribuées gratuitement à chaque élève « , a-t-il indiqué.

Côté parents, la satisfaction était lisible sur tous les visages.  » Nous sommes contents parce que les premiers signaux sont positifs « , déclare à Forum des As, M. Jean-Bedel, l’un des parents rencontrés à l’enceinte de l’école turque. « Tout simplement parce que Maarif qui vient d’arriver, nous rassure par la laïcité de l’enseignement. Nous sommes avant tout un Etat laïc et les appréhensions que nous avions de voir l’enseignement de la religion s’imposer ont été balayées par la nouvelle autorité, qui s’est également engagée à améliorer les conditions des enseignants. Nous sommes également contents de constater le maintien du même corps enseignant par le nouveau gestionnaire » , a conclu Jean Bedel.

L’école internationale Maarif organise la formation en trois cycles maternel, primaire et secondaire. On y retrouve les sections Littéraire, Commerciale, Math-Physique et Biologie-Chimie.

L’YMAE SALUE L’EFFECTIVITÉ DE LA RENTRÉE SCOLAIRE

La rentrée scolaire 2018-2019, la campagne de lutte contre le monnayage de l’Enseignement en RDC et la mise en place du cadre organique du ministère de la Formation professionnelle métiers et artisanat ont été au menu d’une conférence de presse organisée lundi 03 septembre organisée par l’association des jeunes pour l’éducation (The Young Men association for éducation YMAE). 

D’emblée, cette ong salue l’effectivité de la rentrée scolaire 2018 – 2019 lundi 03 septembre à Kinshasa. Contrairement aux rentrées scolires des années antérieures, marquées par des reports des appels au boycott, l’YMAE note que la reprise des cours en ce début d’année scolaire 2018-2019 aura été une note positive.

Selon YMAE, ce bon départ est le fruit d’un consensus trouvé par les différents partenaires lors de la commission paritaire. « Nous disons chapeau bas aux acteurs concernés qui ont relevé le débat. Nous saluons ce geste que nous considérons positif », a déclaré le secrétaire général de YMAE. Aussi, invite-t-il le banc syndical à ne pas baisser le bras. « Le banc syndical doit continuer à faire pression sur le gouvernement pour que tous les engagements pris lors de la commission paritaire, soient respectés », renchérit le Sg de cette Ong. 

S’adressant aux parents, il leur a demandé de continuer à endurer les sacrifices pour les études de leurs enfants. Car, dit-il, « l’éducation constitue un pont entre le présent et l’avenir ». 

Par ailleurs, Serge Bondebi n’a pas manqué de féliciter les enseignants qui exercent un métier noble mais très peu valorisé en RDC. Pour ce faire, YMAE compte mener une action de plaidoyer pour que le projet de loi sur la profession enseignante soit remis sur la table. 

A en croire, le SG de l’association des jeunes pour l’éducation, il n’y aura jamais un enseignement de qualité si l’enseignant n’est pas bien payé. Et d’ajouter, « cette vie aisée passera par la valorisation du métier d’enseignant pour lui permettre de bénéficier de tous les avantages et droits en tant que fonctionnaire de l’Etat ». 

Ainsi, l’YMAE sollicite l’implication de ces derniers dans la campagne de lutte contre le monnayage de l’enseignement en RDC.

Pas de « Frais kimbuta » dans les écoles

Toujours dans le cadre de la rentrée scolaire, YMAE dénonce l’instauration dans les écoles de Kinshasa, des frais de confirmation d’inscription allant parfois jusqu’à 30 USD dans certains établissements scolaires conventionnés. 

Aussi, cette Asbl dénonce-t-elle la vente et l’achat obligatoire d’uniforme et de tenue de gymnastique dans certaines écoles conventionnées. « Ces mauvaises pratiques constituent un obstacle à une rentrée scolaire effective », a laissé entendre Serge Bondobi. Dans cette logique, il a précisé que les frais urbains communément appelés « frais Kimbuta » ne doivent plus exister dans les écoles. « Aucune école ne peut demander aux parents ces frais », a-t-Il martelé. Cependant, il a rappelé qu’il existe seulement les frais de scolarité urbains que les écoles versent à l’Hôtel de ville.

On ne peut pas parler des enfants sans parler de leur protection. Leurs parcours de l’aller comme au retour comportent beaucoup de risques tels que les cas d’accident et de maladies. Ainsi, la loi prévoit l’assurance scolaire afin que les parents puissent bénéficier de couverture sinistre. 

Nécessité d’un cadre organique au ministère de la FPMA

Au cours de ce face-à-face avec la presse, le président de l’YMAE a demandé au ministère de la Formation professionnelle, métiers et artisanat de mettre en place un cadre organique pour éviter la confusion qui règne entre ce ministère et celui de l’EPSP.

Pour Serge Bondebi, les défis ne consistent pas à prendre la gestion de l’ETP donc des Ecoles Techniques et Professionnelles qui, conformément à la loi cadre et à l’ordonnance Loi de 2017 relèvent naturellement de la compétence de l’EPSP. 

L’YMAE se dit prêt à accompagner ce ministère, avec bien sûr, l’appui des ministères de l’EPSP et de l’ESU, pour mettre en place des Ecoles et/ou des Centres de Formation Professionnelle, des Métiers et Artisanat. Ainsi, il propose comme normes nationales à instituer par le ministère de la FPMA, entre autres, à préparer les jeunes à obtenir le certificat d’aptitude professionnelles (CAP) en 9 mois et le brevet d’études professionnels (BEP). Enfin, pour combler ce vide, il suggère la création et la mise en place des Centres de Formation spécialisés.

(avec Gloire BATOMENE, Molina et Mathy MUSAU)

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