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Joseph Kabila (1er gauche). Photo de famille, 38th SADC Summit, Windhoek, Namibia, 17 August 2018.
Joseph Kabila (1er gauche). Photo de famille, 38th SADC Summit, Windhoek, Namibia, 17 August 2018.

Élections RDC : Rien ne se fera sans « Joseph KABILA »

Dernière mise à jour, le 11 septembre 2018 à 02:02

C’est en Angola que la communauté internationale se donne rendez-vous la semaine prochaine pour replacer la RDC au cœur de ses préoccupations. Certes, le président Kabila ne sera pas de la course le 23 décembre 2018, mais son ombre restera permanente dans la marche vers les élections. Autant dire que rien ne se fera sans Kabila. Et Razamani Shadary, son dauphin à la présidentielle, lui est redevable en tout et pour tout. Pour l’instant, la majorité au pouvoir travaille pour faciliter la victoire du dauphin désigné. La série d’invalidations des candidats sérieux à la présidentielle, essentiellement Jean-Pierre Bemba et Adolphe Muzito, rentre dans ce schéma. Dans la communauté internationale, on est d’avis que les conditions sont loin d’être réunies pour des élections libres, équitables et crédibles. La semaine dernière, la question a été débattue au Conseil de sécurité des Nations-Unies, en présence notamment du chef de la Monusco. Corneille Nangaa, président de la Céni, a préféré boycotter la rencontre. Le plus évident est que l’organe de décision des Nations-Unies n’a pas caché ses inquiétudes. Une fois, le Conseil de sécurité a soulevé l’urgence de requalifier le processus électoral pour donner enfin la chance à la RDC de vivre la première alternance démocratique de son histoire. Mais, en face de la communauté internationale se dresse une majorité au pouvoir qui ne jure que par sa victoire, convainque d’avoir sous sa coupe la Céni et l’ensemble de l’appareil de l’Etat.

Quoi que disqualifié, le président Joseph Kabila garde intacte toute son influence sur la marche du pays ; autrement dit, il a le contrôle du processus électoral. Entretemps, la communauté internationale se montre de plus en plus sceptique, voire, elle craint que la RDC ne bascule dans un cycle d’horreur après les élections de cette fin d’année. Raison pour laquelle, la Belgique en tête, une initiative internationale se prépare pour lever tous les obstacles qui obstruent la voie vers les élections. Il s’agit d’une rencontre cruciale prévue la semaine prochaine à Luanda en vue de sauver le processus électoral en RDC.

Kinshasa et Bruxelles se détestent. C’est le moins que l’on puisse dire.

Qu’importe ! La Belgique refuse de rester en dehors des discussions mondiales se rapportant à la République démocratique du Congo. Depuis la table ronde de janvier 1960 qui a consacré l’indépendance de la RDC et tout ce qui s’en est suivi, l’ancienne métropole Belgique reste un interlocuteur indispensable, au niveau international, dans tout ce qui touche à l’ex-colonie.

Après avoir accueilli en 2016 le conclave de l’Opposition à Genval, dans la banlieue bruxelloise, la Belgique entend offrir une nouvelle fois son hospitalité à la prochaine rencontre de l’Opposition congolaise, dont le noyau est formé par Moïse Katumbi, Jean-Pierre Bemba et Adolphe Muzito.

Mais, loin de la Belgique, c’est en Angola que la communauté internationale se donne rendez-vous la semaine prochaine pour replacer la RDC au cœur de ses préoccupations. La dernière fois, Luanda avait accueilli un sommet de la Sadc, sur le même sujet ; sommet auquel avait d’ailleurs pris part le président Joseph Kabila mais qui avait brillé par l’absence des présidents Paul Kagame du Rwanda et Yoweri Museveni de l’Ouganda. A l’occasion, Joseph Kabila avait rassuré ses pairs de la sous-région de sa nette volonté de faciliter le jeu électoral, promettant par la même occasion de renoncer à un 3ème mandat présidentiel.

Promesse réalisée soit le 8 août 2018 par la désignation d’un dauphin en la personne d’Emmanuel Ramazani Shadary, actuel secrétaire permanent du PPRD.

Certes, le président Kabila ne sera pas de la course le 23 décembre 2018, mais son ombre restera permanente dans la marche vers les élections. Autant dire que rien ne se fera sans Kabila. Et Razamani Shadary, son dauphin à la présidentielle, lui est redevable en tout et pour tout.

Pour l’instant, la majorité au pouvoir travaille pour faciliter la victoire du dauphin désigné. La série d’invalidations des candidats sérieux à la présidentielle, essentiellement Jean-Pierre Bemba et Adolphe Muzito, rentre dans ce schéma.

Tout comme les nombreux obstacles aussi artificiels montés de toutes pièces pour éloigner le plus possible Moïse Katumbi de la RDC s’inscrivent dans cette logique. Dans ces conditions, prétendre à un processus électoral apaisé passe presque pour une gageure.

Sans compter l’intransigeance de la Céni sur l’utilisation de la machine à voter ; elle ne voudrait pas non plus procéder à une fiabilisation du fichier électoral, malgré la valse de critiques.

Luanda revient à la manette

Dans la communauté internationale, on est d’avis que les conditions sont loin d’être réunies pour des élections libres, équitables et crédibles. La semaine dernière, la question a été débattue au Conseil de sécurité des Nations-Unies, en présence notamment du chef de la Monusco. Corneille Nangaa, président de la Céni, a préféré boycotter la rencontre.

Le plus évident est que l’organe de décision des Nations-Unies n’a pas caché ses inquiétudes. Une fois, le Conseil de sécurité a soulevé l’urgence de requalifier le processus électoral pour donner enfin la chance à la RDC de vivre la première alternance démocratique de son histoire. Mais, en face de la communauté internationale se dresse une majorité au pouvoir qui ne jure que par sa victoire, convainque d’avoir sous sa coupe la Céni et l’ensemble de l’appareil de l’Etat.

Ce n’est pas pour autant la communauté internationale se laisse aller à la résignation. De sources diplomatiques, l’on apprend qu’une réunion se tient la semaine prochaine à Luanda autour du processus électoral en RDC. Le choix de la capitale angolaise n’est pas anodin. En effet, depuis un temps, Luanda suit de très près ce qui se passe chez son voisin du nord. L’enlisement de la crise politique congolaise soulève bien des inquiétudes en Angola, au regard de plus de 2.000 km de frontières qu’il partage avec la RDC.

En réalité, la communauté internationale voudrait redynamiser le plan de sortie de crise en RDC, en impliquant davantage les pays de la sous-région. Tout est mis en place pour mettre fin à la situation de précarité qui ronge non seulement l’avenir de la RDC mais également met en mal la stabilité de toute la région de l’Afrique centrale.

D’ores et déjà, la Belgique a déjà confirmé sa présence dans la capitale angolaise. Le Royaume sera représenté par le chef de la diplomatie, Didier Reynders, annoncé à Luanda les 10 et 11 septembre 2018.

La prochaine rencontre de Luanda est cruciale. Elle est censée marquer une rupture après la série de réunions organisées ça et là pour convaincre Kinshasa à lever tous les verrous qui obstruent la voie vers la tenue d’élections apaisées et inclusives.

Qu’est-ce qui va se décider prochainement à Luanda ? Difficile à dire. Toujours est-il qu’avec cette ultime rencontre, la communauté internationale pense afficher sa détermination pour faire bouger réellement les lignes et faire avancer le processus électoral en RDC.

(avec lePotentiel)

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