dimanche , 25 août 2019
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Lula : Inéligibilité d’un prisonnier à la présidentielle brésilienne

Grand favori des sondages pour la présidentielle d’octobre au Brésil, Lula, incarcéré depuis avril pour corruption, a été déclaré inéligible dans la nuit de vendredi à samedi mais son parti veut lutter « par tous les moyens » pour qu’il se présente et continue à le considérer comme son candidat.

À l’issue d’un jugement fleuve dont la lecture s’est prolongée tard dans la nuit, le Tribunal Supérieur Électoral (TSE) a invalidé la candidature de Luiz Inacio Lula da Silva, par six voix contre une.

L’ex-président (2003-2010), âgé de 72 ans, ne pourra pas briguer un troisième mandat, mais le Parti des Travailleurs (PT) a promis de « déposer tous les recours possibles ».

« Nous allons le défendre dans les rues, avec le peuple, parce qu’il est le candidat de l’espérance », a affirmé le parti fondé par Lula dans un communiqué.

La décision du TSE a également interdit le PT de présenter Lula comme candidat dans les spots campagne télévisée qui a commencé à être diffusés samedi, mais l’icône de la gauche était pourtant la figure centrale de la vidéo du parti.

Avant le début du programme, un texte sur écran bleu indiquait que « la volonté du peuple avait souffert un rude coup avec l’invalidation de la candidature de Lula » en dépit d’une recommandation de l’ONU préconisant qu’il pouvait se présenter le temps que tous les recours soient épuisés.

De nombreuses images montraient l’ex-président, mais aussi son colistier, Fernando Haddad, pressenti pour le remplacer en tête du ticket.

Ancien maire de Sao Paulo, Haddad, 55 ans, dit « jurer loyauté » à son mentor, en ajoutant « nous sommes avec Lula jusqu’au bout ».

« Boulet »

Le TSE a donné au PT dix jours pour choisir un successeur à son leader historique.

Hasard du calendrier ou non, M. Haddad a fait campagne samedi dans l’Etat pauvre de Pernambouc (nord-est), plus particulièrement dans la petite ville de Caetés, terre natale de Lula.

« Notre cause est bien plus importante que nos difficultés. J’arrive sur les terres de Lula, plus disposé que jamais à serrer les rangs derrière notre président », a-t-il publié en fin de matinée sur Twitter.

Lundi, ce fils de commerçants libanais sera à Curitiba (sud), pour rendre visite à son mentor dans la prison où il purge une peine de 12 ans et un mois de réclusion.

« Le PT doit redéfinir sa stratégie et rien ne sera décidé avant la rencontre d’Haddad et d’autres membres du parti avec Lula lundi », a affirmé l’éditorialiste Tereza Cruvinel dans l’édition de samedi du Jornal do Brasil.

D’après le dernier sondage de l’institut Datafolha, Lula caracole en tête, avec 39%, 20 points de plus que le deuxième, le député d’extrême droite Jair Bolsonaro. Mais M. Haddad, peu connu du grand public, peine à dépasser les 4%.

« Le PT a beau pleurnicher, la décision du TSE est un soulagement pour le parti dans sa tentative de rendre viable la candidature d’Haddad », a affirmé samedi Igor Gielow, dans son éditorial sur le site du quotidien Folha de S. Paulo. Pour lui, le PT traînait la candidature de Lula « comme un boulet ».

« Le match commence »

« Le match commence maintenant. Le PT ne peut plus reporter cette décision douloureuse d’admettre que Lula n’est plus candidat », a expliqué à l’AFP Eduardo Grin, analyste politique de la Fondation Getulio Vargas, qui ajoute néanmoins que « l’ombre de Lula va continuer à planer sur les élections ».

Les autres candidats, eux, se félicitent d’y voir enfin plus clair et tentent de s’engouffrer dans la brèche.

« La décision (de déclarer Lula inéligible) rendra la campagne plus claire pour les électeurs, évitant le traumatisme d’un remplacement à la veille de l’élection », a affirmé sur Twitter le candidat de centre-gauche Ciro Gomes.

Pour la candidate écologiste Marina Silva, « à partir de cette décision du TSE, le processus électoral pourra suivre son cours dans la légalité ».

L’invalidation de la candidature de Lula a également suscité des réactions internationales, notamment de la part de ses alliés traditionnels, comme le président bolivien Evo Morales.

« Nous rejetons cette décision parce qu’elle porte atteinte à la démocratie et à la volonté du peuple brésilien », a-t-il publié sur Twitter.

(avec Afp)

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