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Cercueil dans une Église : Funérailles du sénateur John McCain.
Cercueil dans une Église : Funérailles du sénateur John McCain.

USA : Mépris de Trump à l’égard des funérailles du Sénateur McCain

Dernière mise à jour, le 10 septembre 2018 à 10:13

George W. Bush et Barack Obama ont rendu samedi un vibrant hommage au « héros américain » John McCain, saluant une personnalité politique porteuse d’unité. Le président Donald Trump a affiché son détachement, voire son mépris à l’égard de ces funérailles, en se rendant au même moment dans un club de golf à Washington. M. McCain avait fait savoir avant sa mort qu’il ne souhaitait pas que M. Trump assiste à ses obsèques.

George W. Bush et Barack Obama ont rendu samedi un vibrant hommage au « héros américain » John McCain, saluant une personnalité politique porteuse d’unité dans une Amérique de Donald Trump profondément divisée.

L’actuel président a affiché son détachement, voire son mépris à l’égard de ces funérailles, en se rendant au même moment dans l’un de ses clubs de golf près de la capitale.

M. McCain, connu pour son anticonformisme et pour sa capacité à transgresser les clivages politiques, avait fait savoir avant sa mort qu’il ne souhaitait pas que M. Trump assiste à ses obsèques, les deux hommes se vouant un mépris mutuel.

De nombreuses personnalités politiques de tous bords ont assisté avec la famille de M. McCain, sa veuve Cindy, ses sept enfants ainsi que sa mère Roberta, 106 ans, à cette cérémonie organisée dans la cathédrale nationale de Washington et retransmise en direct sur les grandes chaînes de télévision.

Barack Obama et George W. Bush, aussi visiblement émus, ont affirmé que l’ancien sénateur républicain et ancien prisonnier de guerre au Vietnam avait fait d’eux de « meilleurs » présidents, dans des discours teintés de critiques à peine voilées à l’encontre de M. Trump.

Cindy McCain, qui était apparue très stoïque en public depuis le début de la semaine, n’a pu retenir ses larmes quand a retenti la chanson préférée de son époux, « Danny Boy ».

« Nous valons mieux »

« Notre vie publique peut paraître petite, méchante et mesquine, porteuse d’insultes et de suffisance », a affirmé M. Obama, ajoutant: « C’est une politique qui se prétend courageuse et ferme mais qui est basée sur la peur ».

« John était avant tout un homme avec un code », a pour sa part assuré M. Bush. « Il respectait la dignité de chaque vie, une dignité qui ne s’arrête pas aux frontières et qui ne peut être effacée par les dictateurs ».

Il « a combattu des politiques et des pratiques qu’il estimait indignes de notre pays, John McCain insistait: +nous valons mieux que ça, l’Amérique vaut mieux que ça+ », a souligné l’ex-président républicain, alors que pendant son mandat, le sénateur s’était fermement opposé aux méthodes d’interrogatoire de la CIA après le 11-Septembre.

Auparavant, la fille de John McCain, Meghan, s’en était ouvertement prise au président Trump, dans une oraison souvent interrompue par les sanglots.

« L’Amérique de John McCain n’a pas besoin qu’on lui rende sa grandeur parce qu’elle a toujours été grande », a-t-elle lancé, longuement applaudie après avoir moqué le slogan de campagne – « Rendre à l’Amérique sa grandeur » – de M. Trump.

C’est d’ailleurs coiffé d’une casquette portant ce slogan que le magnat de l’immobilier a quitté samedi matin la Maison Blanche pour jouer au golf, son sport favori.

Ses seuls messages postés sur Twitter pendant la matinée étaient des menaces adressées au Canada dans la renégociation de l’Aléna.

Il avait délégué à la cathédrale son plus proche collaborateur, le général John Kelly ainsi que son ministre de la Défense Jim Mattis et son conseiller à la sécurité nationale John Bolton.

La fille et conseillère du président, Ivanka Trump, était aussi dans l’assistance avec son époux Jared Kushner, nouveau signe des différences qu’elle affiche régulièrement avec son père.

Turbulent et indiscipliné

Décédé le 25 août à 81 ans après une année de combat contre un cancer du cerveau, McCain avait minutieusement préparé cette semaine d’hommages. D’abord à Phoenix, dans son Etat d’Arizona, puis au Capitole à Washington, et enfin à l’Académie navale d’Annapolis (Maryland, nord-est) où un office religieux est prévu dimanche après-midi avant qu’il soit inhumé dans l’intimité.

L’ancien pilote de chasse fut dans les années 50 un élève turbulent et indiscipliné de l’Académie, se signalant déjà par son anticonformisme et son franc-parler.

Aux yeux de ses amis, républicains comme démocrates, John McCain incarnait une tradition politique radicalement opposée à celle de Donald Trump. « Héros américain », fils et petit-fils d’amiraux, il avait été prisonnier et torturé pendant la guerre du Vietnam, avant d’entamer une carrière de 35 ans au Congrès.

« Malgré toutes nos différences et le temps passé à nous combattre, je n’ai jamais tenté de cacher, et je pense que John l’a finalement compris, l’admiration profonde que j’avais pour lui », a déclaré Barack Obama.

« Une nation reconnaissante »

John McCain avait été son adversaire lors de sa première élection victorieuse en 2008. Il avait aussi sauvé l’été dernier la loi sur l’assurance-santé, baptisée Obamacare, en votant contre un projet de réforme voulu par Donald Trump.

En juillet, il avait décoché ses flèches les plus acérées contre l’actuel président, en qualifiant sa rencontre controversée avec Vladimir Poutine à Helsinki d' »un des pires moments de l’histoire de la présidence américaine ».Vendredi déjà, Donald Trump s’était fait représenter par le vice-président Mike Pence pour une cérémonie d’hommages au Capitole.

DERNIER VOYAGE POUR LA DÉPOUILLE DU SÉNATEUR MCCAIN

La dépouille du sénateur John McCain a été transportée dimanche à l’Académie navale d’Annapolis dans le Maryland, un dernier voyage qui conclut une semaine d’hommage national pour le vétéran de la politique américaine.

M. McCain est décédé le 25 août à l’âge de 81 ans, dans son fief de l’Arizona où il luttait depuis un an contre un cancer du cerveau. Il a souhaité être enterré dans le cimetière de l’Académie, près de Washington, d’où le pilote de la marine était sorti officier en 1958.

« Héros américain », fils et petit-fils d’amiraux, il avait été prisonnier et torturé pendant la guerre du Vietnam, avant d’entamer une carrière de 35 ans au Congrès où il avait défendu une tradition politique de civilité et marqué la politique américaine au-delà des barrières idéologiques.

Plusieurs centaines de personnes, certains portant des drapeaux américains, ont assisté au passage du convoi funéraire entre Washington et Annapolis, la capitale du Maryland.

« C’est simplement quelqu’un que nous admirons », a déclaré au quotidien local Capital Gazette Sam Smith, un employé fédéral à la retraite de 71 ans. « Il a toujours été un champion du peuple », a-t-il expliqué.

Une cérémonie religieuse était prévue dans la chapelle de l’Académie où le général en retraite David Petraeus, un ami personnel, devait prononcer un discours. Il devait être ensuite inhumé dans l’intimité,aux côtés d’un ami de longue date, l’ancien amiral Chuck Larson.

L’enterrement conclut une semaine de cérémonies et d’hommages à la mémoire de M. McCain, candidat républicain à la présidentielle de 2008 remportée par Barack Obama.

D’abord en Arizona, l’Etat où il avait débuté sa carrière politique après sa retraite de la Navy, puis au Capitole, siège du Congrès à Washington, et enfin à la cathédrale de la capitale fédérale samedi pour des funérailles nationales.

Les anciens présidents George W. Bush et Barack Obama lui ont rendu un hommage appuyé, saluant sa capacité à transgresser les clivages politiques, au contraire de Donald Trump, le grand absent de ces cérémonies.

John M. McCain avait fait savoir avant sa mort qu’il ne souhaitait pas que l’actuel locataire de la Maison Blanche assiste à ses obsèques, les deux hommes se vouant un mépris mutuel.

Signe de cette inimitié, Donald Trump a quitté samedi la Maison Blanche pour jouer une partie de golf en Virginie, au moment où se déroulaient les funérailles.

(avec Afp)

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