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Moise KATUBI, Lubumbashi, RDC.
Moise KATUBI, Lubumbashi, RDC.

Présidentielle : Moïse KATUMBI ne baisse les bras

Dernière mise à jour, le 8 septembre 2018 à 04:16

Le bras de fer entre Moïse Katumbi et les autorités de Kinshasa n’est pas encore à sa fin. Déclaré persona non grata en République démocratique du Congo, son pays, Moise Katumbi ne baisse les bras. La détermination du président d’Ensemble pour le changement à rentrer en RDC reste inébranlable. Quinze mois après sa première lettre, le Haut-commissariat des Nations unies aux droits de l’homme a donc une nouvelle fois demandé à l’État congolais de permettre le retour, en homme libre, de l’opposant en exil Moïse Katumbi. Le Haut-commissariat de l’ONU aux droits de l’homme demande aux autorités congolaises de prendre toutes les mesures nécessaires afin d’assurer le retour de Moïse Katumbi en RDC. Dans sa lettre du 29 août, adressée à l’avocat de Moïse Katumbi, le Haut-commissariat appelle aussi Kinshasa à protéger l’ancien gouverneur du Katanga contre toute forme d’arrestation. « Conformément à la règle 92 de son règlement intérieur, il a été réitéré à l’Etat partie sa sollicitude du 13 juin 2018 de prendre toutes les mesures nécessaires de manière à prévenir tout risque de préjudice irréparable en lien avec l’exercice par l’auteur des droits garantis par le pacte. L’Etat partie est notamment tenu de prendre toutes les mesures nécessaires en vue d’assurer que l’auteur puisse rentrer en République démocratique du Congo. A cette fin, l’Etat est également tenu de prendre toutes les mesures pour garantir à l’auteur son droit à la liberté et à la sécurité en le protégeant contre toute forme d’arrestation ou de détention arbitraire pendant toute la durée de l’examen de sa communication par le comité », rappelle le Conseil de l’Onu aux droits de l’homme, dont la RDC reste curieusement membre.

Malgré toutes les tentatives déployées par Kinshasa pour empêcher le retour en RDC de Moïse Katumbi, leader d’Ensemble pour le changement, les Nations-Unies restent confiantes sur la suite de cet épilogue. Le Haut-commissariat des Nations unies pour les droits de l’homme vient d’ordonner à Kinshasa de « prendre toutes les mesures nécessaires en vue d’assurer que l’auteur (Ndlr : Moise Katumbi) puisse rentrer en République démocratique du Congo », avec le droit de bénéficier de sa liberté et de sa sécurité.

Le bras de fer entre Moïse Katumbi et les autorités de Kinshasa n’est pas encore à sa fin. Déclaré persona non grata en République démocratique du Congo, son pays, Moise Katumbi ne baisse les bras.

La détermination du président d’Ensemble pour le changement à rentrer en RDC reste inébranlable.

Tout récemment, alors qu’un impressionnant dispositif militaire et sécuritaire était déployé à Kasumbalesa pour l’empêcher de franchir la frontière congolaise, Moïse Katumbi avait annoncé par la voix de son porte-parole, Olivier Kamitatu, qu’il entendait saisir les instances régionales et internationales, « jusqu’à l’Onu ».

Il est finalement passé à l’action. Son avocat, Me Eric Dupond-Moretti, a réintroduit d’autres « commentaires » le 25 juillet et le 3 août auprès du Haut-commissariat des Nations unies aux droits de l’homme.

Quinze mois après sa première lettre, le Haut-commissariat des Nations unies aux droits de l’homme a donc une nouvelle fois demandé à l’État congolais de permettre le retour, en homme libre, de l’opposant en exil Moïse Katumbi.

Le Haut-commissariat de l’ONU aux droits de l’homme demande aux autorités congolaises de prendre toutes les mesures nécessaires afin d’assurer le retour de Moïse Katumbi en RDC. Dans sa lettre du 29 août, adressée à l’avocat de Moïse Katumbi, le Haut-commissariat appelle aussi Kinshasa à protéger l’ancien gouverneur du Katanga contre toute forme d’arrestation.

Kinshasa dos au mur

« Conformément à la règle 92 de son règlement intérieur, il a été réitéré à l’Etat partie sa sollicitude du 13 juin 2018 de prendre toutes les mesures nécessaires de manière à prévenir tout risque de préjudice irréparable en lien avec l’exercice par l’auteur des droits garantis par le pacte. L’Etat partie est notamment tenu de prendre toutes les mesures nécessaires en vue d’assurer que l’auteur puisse rentrer en République démocratique du Congo. A cette fin, l’Etat est également tenu de prendre toutes les mesures pour garantir à l’auteur son droit à la liberté et à la sécurité en le protégeant contre toute forme d’arrestation ou de détention arbitraire pendant toute la durée de l’examen de sa communication par le comité », rappelle le Conseil de l’Onu aux droits de l’homme, dont la RDC reste curieusement membre.

Face à l’acharnement continu de Kinshasa qui est allé jusqu’à l’empêcher de rentrer en RDC pour déposer sa candidature à l’élection présidentielle, Moïse Katumbi avait déposé, depuis juin 2017, une plainte contre l’État congolais devant le Comité des droits de l’homme des Nations unies, à Genève. Ce dernier avait alors exhorté les autorités congolaises à permettre le retour de l’opposant en homme libre pour qu’il puisse se présenter à la présidentielle, en attendant la fin de l’instruction de sa plainte.

Quinze mois plus tard, Moïse Katumbi n’a toujours pas pu rentrer en RDC, où il est entre autres poursuivi pour atteinte à la sûreté nationale et condamné dans une affaire de spoliation immobilière.

Comme en juin 2017, l’instance spécialisée des Nations unies oblige l’Etat congolais à garantir le retour en tourte sécurité de Katumbi en RDC.

Son avocat s’en réjouit. « C’est la position du droit international. Rien à voir avec le mandat d’arrêt international bidon que le ministre congolais de la Justice dit avoir délivré contre mon client », a-t-il dit, cité par Jeune Afrique. Pendant ce temps, à Kinshasa, on continue à faire la sourde oreille.

L’épilogue de Kasumbalesa

Pour la seconde journée consécutive, Moïse Katumbi, ancien gouverneur du Katanga, avait été empêché de pénétrer sur le territoire de la République démocratique du Congo alors qu’il tentait de passer par le poste frontière de Kasumbalesa entre la RDC et la Zambie.

Comme la veille, M. Katumbi, qui veut rentrer en RDC pour déposer sa candidature à l’élection présidentielle avant la date butoir du 8 août, n’a pu franchir la frontière.

« Le gouvernement zambien vient de signifier officiellement (à Moïse Katumbi) le refus des autorités de Kinshasa de le laisser franchir la frontière pour rentrer dans son pays », avait expliqué dans un tweet Olivier Kamitatu, porte-parole et directeur de cabinet de Moïse Katumbi.

Une fois de plus, le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement congolais, Lambert Mende avait répondu à l’équipe de M. Katumbi en parlant de « mensonge et de manipulation ».

Souci pour Kinshasa, cette fois, le gouvernement zambien avait confirmé que les autorités de la RDC ne voulaient pas voir rentrer M. Katumbi. Un officiel zambien a confirmé à l’agence Reuters que « les autorités congolaises avaient demandé aux services zambiens d’immigration de ne pas traiter les documents de M. Katumbi car ce dernier ne serait pas autorisé à entrer au Congo ».

Outre le flagrant délit de mensonge de M. Mende, cette communication de la Zambie démontrait que Lusaka n’entendait plus se taire dans ce dossier et tant pis s’il devrait se brouiller avec son grand voisin.

Pour empêcher M. Katumbi de rentrer au pays, les autorités congolaises n’avaient pas hésité à perdre plusieurs millions de dollars par jour. En effet, le poste frontière de Kasumbalesa est la principale porte de sortie des minerais du Haut-Katanga.

Quotidiennement, en taxes diverses, c’est plus de 20 millions USD qui rentrent dans les caisses de la RDC. En deux jours, pour empêcher un seul homme de rentrer chez lui (ce qui est évidemment contraire à la Constitution congolaise et aux lois internationales), les caisses du pays ont donc enregistré un trou avoisinant les 40 millions de dollars.

Moïse Katumbi, ancien gouverneur du Katanga et opérateur économique, connaît parfaitement ces chiffres et a annoncé qu’il suspendait ses tentatives de rentrer par ce poste-frontière pour que « sa » région et sa population n’en paient pas les conséquences.

En expliquant que les autorités de la RDC ne veulent pas du retour de Moïse Katumbi, les autorités zambiennes avaient aussi fait sortir ce dossier du prisme congolo-congolais. La Zambie est un des neuf Etats qui a une frontière commune avec la RDC. Comme la plupart de ces Etats, il doit faire face depuis plusieurs mois à l’afflux de réfugiés congolais qui fuient les violences chez eux. Nul doute que la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) doit être particulièrement attentive à cette nouvelle crise qui mine la RDC et risque d’amener une fois de plus son lot de conséquences funestes pour toute la région.

A travers le cas de Moïse Katumbi, Kinshasa lance un vrai défi non seulement à toute la classe politique congolaise, mais aussi à toute la région et même à toute la communauté internationale.

Décidément, Moïse Katumbi est une écharde pour les autorités de Kinshasa. Pas évident qu’on ait en décembre 2018 des élections apaisées aussi longtemps que le leader d’Ensemble pour le changement sera maintenu délibérément hors course. Devant cette nouvelle exigence des Nations-Unies, Kinshasa se trouve véritablement dos au mur.

(avec lePotentiel)

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