samedi , 25 mai 2019
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Thérèse Pakasa Tulula, décédée le 30 Aout 2018.
Thérèse Pakasa Tulula, décédée le 30 Aout 2018.

Thérèse PAKASA : La dame qui a défiée le dictateur Mobutu

Thérèse Pakasa a tiré sa révérence jeudi à l’âge de 81 ans des suites d’une longue maladie. Mme Pakasa a tenu le PALU durant les années de plomb alors que son mentor, Antoine Gizenga, était en exil. Au crépuscule des années 90, elle a même défié le dictateur Mobutu en organisant une marche sur le très symbolique Boulevard du 30 juin. Maman Pakasa sera arrêtée, torturée et reléguée dans son village. Elle accueillera Antoine Gizenga de retour d’exil et lui passera le flambeau de la lutte interne du PALU. Comme il est écrit quelque part que la Révolution bouffe ses enfants, Maman Thérèse Pakasa ne résistera pas à cette tradition des mouvements révolutionnaires.

Elle avait certes, disparu des radars depuis plus d’une décennie. Mais elle n’en avait pas moins marqué l’histoire politique du Congo-Zaïre. Elle, c’est Thérèse Pakasa qui a tiré sa révérence hier à l’âge de 81 ans des suites d’une longue maladie. Bras droit d’Antoine Gizenga, le même, Thérèse Pakasa a tenu le PALU durant les années de plomb alors que son mentor était en exil.

Au crépuscule des années 90, elle a même défié le dictateur Mobutu en organisant une marche sur le très symbolique Boulevard du 30 juin. Ce geste de bravoure a même eu pour effet de faire sortir Mobutu de ses gongs au point que celui-ci a réuni des jeunes du MPR pour leur dire en lingala « soki bo moni lisusu mama wana na balabala, bo beta ye coup de tête kamon ». ce n’est pas tout. Maman Pakasa sera arrêtée, torturée et reléguée dans son village. C’était la recette de l’époque. Les dirigeants de l’UDPS en savaient quelque chose. C’est donc cette femme d’exception qui accueillera Antoine Gizenga de retour d’exil et lui passera le flambeau de la lutte interne du PALU. Comme il est écrit quelque part que la Révolution bouffe ses enfants, Maman Thérèse Pakasa ne résistera pas à cette tradition des mouvements révolutionnaires.

Après son excommunication du parti Gizengiste, cette dame qui vivait dans la commune de Matete, créera son PALU estampillé Pakasa avant de s’effacer peu à peu de la scène politique. Isolée, sevrée de tout soutien, elle n’a pu survivre à la longue maladie qui l’a clouée au lit depuis plusieurs années.

Avec la disparition de Pakasa, les femmes congolaises qui n’ont de cesse de revendiquer leur place au soleil, viennent de perdre une véritable icône.

CI-APRÈS, L’INTERVIEW-CONFESSION DE MAMAN THÉRÈSE PAKASA TULULA PARUE DANS «LE SOFT INTERNATIONAL» (N°1000, DATÉ 3 AOÛT 2009)

Aucun doute possible: la crise qui sévit au PALU, partenaire clé de la Majorité Présidentielle AMP, n’ira pas sans laisser des traces sur la configuration politique du pays. Elle a fait irruption avec la fronde des jeunes qui réclamaient plus de considération et voulaient décider du sort de certains de leurs aînés disqualifiés à leurs yeux. Gizenga a fait mine de lâcher du lest avant de se rebiffer. Mais voilà que les Vétérans entrent en lice en annonçant l’incroyable: l’éviction du Patriarche accusé de tous les péchés suivie d’une campagne médiatique surréaliste pour un parti jusque là sans histoires. Et de deux: la rentrée arrive à pas de géant avec ses promesses et ses incertitudes. Alors que «le Soft» passe la barre du millième, en attendant ses vingt ans, notre journal est choisi par Mme Pakasa, l’icône Palu des années de plomb. Une interview exclusive et historique qui fait comprendre les jeux qui se jouent et les alliances qui se nouent. La dure Dame du PALU des années Mobutu fait un procès à charge. Signe que le changement a la peau dure au sein du PALU. Dans une interview exclusivement réservée au «Soft International» – «refusée à d’autres», nous révèle-t-elle – elle évoque avec peine ses années tristesse, les peines qu’elle a endurées, l’ingratitude. Elle est très sévère avec la gestion du PALU d’Antoine Gizenga Fundji. Signe que la guerre au sein du mouvement lumumbiste est déclenchée, les divergences réelles et profondes. Thérèse Pakasa nous reçoit chez elle, à Matete. Elle parle français – qu’elle maîtrise parfaitement. Elle a quelques questions «personnelles, sensibles», mais dénude l’essentiel.

Comment vous présenter?

Je suis une Pende, du secteur de Lozo, territoire de Gungu, district du Kwilu, province du Bandundu. J’ai eu six enfants. Deux sont morts suite à tout ce que j’ai vécu. Dures épreuves. J’ai étudié jusqu’en deuxième Normale – comme on le disait en ce moment-là, à la mission catholique Leverville, aujourd’hui Sowa. Je suis une ménagère. Les capacités que j’ai viennent de Dieu. Chacun de nous naît avec. Ces qualités sont divines. Puis, un jour, elles se manifestent. C’est question de les utiliser à bon escient.

Êtes-vous du village de Gizenga?

Lui, il est Pende, de Kandale. Son village c’est Makala. Certes, dans le Gungu…

Quand vous parlez de qualités divines. à qui pensez-vous?

Lumumba n’a pas fait de grandes études. Voyez ce qu’il a pu représenter et ce qu’il représente. Il n’a fait que cinq ans de primaire. Sa pensée politique n’en fut pas moins sublime. Il valait plus qu’un universitaire. Moi, qui vous parle, je n’ai pas été à l’Université. J’ai pourtant eu à gérer le PALU, fort bien. Pour gérer, diriger, il faut avoir ces capacités divines…

Vous êtes une figure bien connue au sein du PALU. Avez-vous de la force physique pour continuer la lutte politique qui est dure?

Je suis restée en marge de tout, quinze ans durant. Et je pense que j’ai beaucoup de force, aujourd’hui. Beaucoup plus qu’avant. La force c’est moral, mental, spirituel. Le mental ne vieillit pas. C’est le physique qui vieillir.

Le mental reste intact, toujours plus fort. Quand on est dans la vérité, on exprime des qualités morales, spirituelles, et cela vous aide à être chaque jour plus fort. J’ai encore toutes les capacités de mener la lutte. Il ne s’agit pas seulement de lutter contre ces gens du PALU mais contre tous ceux qui nous empêchent de nous développer. Nous luttons contre le colonialisme qui s’est mué en néocolonialisme. Nous avons eu l’Indépendance mais nous n’avons pas un système de Gouvernement approprié ni un mode d’action approprié. Colonialisme et néocolonialisme, c’est du pareil au même. Donc, il faut maintenant lutter pour changer. Il nous faut désormais créer un état indépendant et souverain. Ceux qui pensent que j’ai vieilli se trompent.

Quinze ans, loin de la politique, cela ne vous a-t-il pas fait perdre des repères…

Ces années de silence ont été des années de travail. Quand Antoine Gizenga était en exil, c’est moi – et moi seule – qui avais organisé le parti. J’ai implanté le parti. J’ai organisé les manifestations aux risques et périls de ma vie. Quand il est revenu en 1992, il a pris ma place. Nous avons travaillé avec lui mais, plus tard, il y a eu des divergences. Et il m’a destituée de mes fonctions. Et je me suis retirée. Mais je regardais tout ce qui se passait dans ce parti, le mien, le nôtre.

On vous appelle la Dame de fer. Comment vous vous êtes laissé débarquer du PALU, parti que vous avez dirigé des années durant?

Gizenga avait le regard tourné ailleurs. Il trompait l’opinion. Il se faisait proclamer nationaliste. En réalité, il n’en est pas un. Moi, je l’ai découvert. Gizenga n’a que les intérêts en tête. Vous pouvez voir cela aujourd’hui.

Vous pensez à l’ingratitude…

Il n’y a pas un autre mot. C’est de ça qu’il s’agit. Je leur ai tout laissé: ma chambre à coucher, mon lit, mes draps, etc. Renseignez-vous auprès des voisins. J’avais transformé ma maison en permanence du PALU, puisqu’à l’époque, le parti ne disposait de rien. Même pas d’une chaise.

Le PALU est aujourd’hui aux affaires, vous souffrez d’en être éloignée…

Je suis abandonnée à moi-même. Je vis dans ces conditions que vous pouvez voir. Ils ont tous, tout oublié. Cela prouve qu’ils ont la mémoire courte. J’ai fait la prison pour le PALU, pour Gizenga. Toute ma famille a fait la prison avec moi: ma mère – une vieille dame -, un bébé de deux semaines. Gizenga connaît tout. Certes, l’important est de défendre le PALU. Gizenga et son groupe ont trahi le peuple, le parti et toutes les valeurs du PALU dont ils faisaient semblant de porter.

Alors!

Nous nous battons pour les valeurs du PALU. Les valeurs que Lumumba a prônées. Quand il était en exil à Brazzaville, j’étais en contact permanent avec lui. Il le sait. Mais je ne comprends pas pourquoi a-t-il agi ainsi. On l’appelle Patriarche. Chez les Bantous, cela signifie Sage. Malgré le poids de l’âge, il devait se souvenir de tout ça. C’est l’histoire du parti.

Gizenga s’était aussi rendu en Union Soviétique…

ça, je n’en sais rien. Moi, je l’ai connu à Brazzaville. Pas ailleurs. Il a passé son exil à Brazzaville. Il s’était rendu en URSS certes. Mais avant l’exil. Il est reparti en URSS pour un court moment avant son retour définitif au pays. Puis, il s’est rendu au Canada pour des soins médicaux.

Quels rapports avez-vous avec son nouvel entourage?

On l’appelle Patriarche. C’est-à-dire un vieux. Pensez-vous qu’un jeune puisse changer ses idées, à son âge? C’est lui qui, au contraire, dirige ces jeunes, qui leur montre la ligne à suivre. Mais les intérêts égoïstes se sont tout simplement croisés. Comme moi aujourd’hui, j’ai une vision de vie, l’idéal. Personne ne peut changer ma voie à cause des intérêts égoïstes. Non!

Quand avez-vous commencé votre lutte?

J’ai commencé ma lutte en 1987 au sein du PALU. J’avais alors cinquante ans.

Comment avez-vous connu Gizenga?

Je me trouvais à Brazza à la rencontre de mon frère. Alors commando et chauffeur de Mobutu, il allait faire un coup contre Mobutu. Malheureusement pour lui, les choses n’ont pas bien marché. On ignorait où il se trouvait. Un jour, nous avons reçu un message qu’il s’était exilé à Brazzaville. En 1985, je suis allé encore voir mon frère et, là, j’apprend que Gizenga s’y trouvait en détention. Il venait d’Angola. En 1986, on l’avait libéré. Le gouvernement du Congo Brazzaville lui avait donné une villa à Mikalu et il en avait profité pour organiser des rencontres avec des réfugiés de R-dC. Avant déjà, je le connaissais bien en 1960, parce qu’il était le président du PSA et mon défunt mari Christian Mafuta était secrétaire provincial alors que Cléophas Kamitatu était président provincial et Marc Katsunga vice-président provincial. à l’époque, comme président du PSA, il avait initié des tournées. Il s’était rendu à Feshi, Popokabaka… et, enfin, à Gungu où il fut logé chez nous. Puis, je l’ai revu en 1960 quand il est devenu Vice-Premier ministre. Aussitôt après, il est parti en exil.

J’avais perdu toute trace de lui jusqu’à cette rencontre de 1986 à Brazzaville lorsqu’il tentait de mettre en place une machine avec ces réfugiés de R-dC. Au fond, je ne leur ai pas trouvé de grandes idées. Tout ce qu’ils faisaient c’était de s’accuser mutuellement. Tel a fait ceci, tel cela… J’ai suivi et j’ai compris que Gizenga n’irait pas loin. Je me suis mise à poser des questions du type: sont-ce ces gens-là qui allaient réellement libérer le Congo? Et j’ai dit: «non, je ne pense pas». Après, je suis retournée chez mon frère. Deux semaines plus tard, Gizenga a envoyé sa femme Anne Bumba à ma recherche. Sa femme m’a dit: «le vieux a dit «même Thérèse aussi m’a fui», parce que tous ces réfugiés l’avaient aussi quitté. Moi, j’ai dit non. J’étais dégoûtée. Puis, j’ai préparé un repas et leur ai amené. Je lui ai dit à lui et à sa femme tout le mal que je pensais de leurs discussions de ce jour-là et que je ne pensais pas qu’avec ces gens-là, il pouvait libérer le Congo.

Alors?

Je ne voyais pas en eux de grandes philosophies politiques. J’ai senti qu’ils n’étaient pas prêts à mener des actions et j’ai clairement dit à Gizenga qu’il devait compter sur une relève, une nouvelle génération. Dans le pays, tout avait changé. Il fallait qu’il évacue la mentalité de Léopoldville qu’il avait connue. Une nouvelle mentalité s’était mise en place au pays. Il nous fallait des gens très courageux qui connaissent les nouvelles réalités du pays pour faire du travail. Et, il me demande: «C’est ça les nouvelles réalités du pays?» Je lui ai dit oui.

Voulez-vous dire qu’il avait perdu toute réalité du pays?

Il ne maîtrisait plus rien. Il était hors de tout. Je lui ai dit: est-ce que nous ne pouvons pas organiser des manifestations de rejet de ce régime Mobutu? Il me dit: «Est-ce vraiment c’est ce qu’il faut? C’est donc ce qu’il faut entreprendre?» J’ai répondu par l’affirmative. Puis, j’ai passé un long moment à Brazzaville sans penser le revoir un jour.

Mais voilà qu’il m’envoie à nouveau sa femme, la même, Anne Bumba. Il voulait me rencontrer. J’ai dit ne trouver aucun inconvénient. Arrivée chez lui, il me demande si je n’étais pas prête à prendre mon adhésion au parti. Je lui ai demandé de quel parti il parlait? Il me répond: le PALU. Je lui demande de me donner les documents du parti – statuts, règlement intérieur, projet de société, etc. – afin que je puisse prendre connaissance de ce que ce parti envisage. Il me remet les statuts du parti et autres documents. Ce qui me touche en prenant connaissance de ces textes, c’est le discours de Lumumba et sa dernière lettre écrite à Pauline, sa femme. J’ai aussitôt pris mon adhésion. à l’époque, Gizenga était tout seul. Il était à la recherche des gens puisqu’il avait été abandonné par tous ses anciens camarades.

Pourquoi l’ont-ils quitté?

Je n’en sais rien. Peut-être n’y avaient-ils pas vu d’avenir au PALU. Mais il faut aussi savoir que dans la vie, il y a des gens qui lisent les événements à venir. Peut-être avaient-ils cerné son comportement. Moi, en tout cas, j’ai pris ma carte de membre. Elle porte le n°8. Comme j’étais déjà dans l’organisation, il m’a confié des responsabilités. Il a adhéré à mon projet de marches contre le régime et m’a demandé de repartir au pays en vue de lancer ces mouvements de protestation. Le 8 mars 1987, j’ai traversé le fleuve dans le sens contraire. à l’époque, les gens avaient peur de Mobutu. Je n’ai trouvé que trois femmes plus moi-même. Nous étions quatre. La première manifestation a eu lieu le 23 juillet 1987. Nous avons commencé notre action à l’ambassade de Belgique et nous avons progressé jusqu’au niveau de la SONAS. La police nous a arrêtées, on nous a jetées dans les cachots de Mobutu, à l’AND, l’Agence nationale de documentation, l’actuelle ANR. Nous y avons passé un mois et demi avant d’être libérées. Quand on est sorti de ces cachots, nous avons repris avec le recrutement des femmes, décidées de braver la dictature. Mais, nous n’étions plus que deux à mener ces actions. Les deux autres femmes ont été découragées par leurs maris. à nouveau, nous avons été arrêtées, puis torturées.

Chez moi, le mécontentement montait. Ma mère avait trop peur. Elle craignait d’être abattue par le régime. Je me suis alors mise à leur expliquer les droits fondamentaux, la Déclaration Universelle des Droits de l’homme, etc.

J’ai fini par convaincre ma mère qui a marché avec moi. C’était le 19 avril 1988. Battues, torturées, nous avons à nouveau été enfermées et, cette fois, nous avons passé trois mois en prison avant d’être reléguées dans nos villages.

J’ai fait cinq mois au village. Puis, je suis revenue dans la Capitale en vue de nouvelles manifestations. Malheureusement, une femme m’a dénoncée. On m’a encore arrêtée le 4 janvier 1989 à quatre heures du matin avec une femme du Kasaï, Christine Kasanji, qui vit désormais aux états-Unis. Nous avons fait trois mois de cachot. Puis, nouvelle arrestation – un certain 15 du mois. Toute la maison avec un bébé de deux semaines a été raflée avant de libérer les enfants. Moi, cette femme Kasanji, ainsi que son mari, avons encore fait trois mois de prison. La prison était devenue ma maison. Malgré tout, je n’avais pas lâché prise. J’ai recruté d’autres femmes. Le discours de Mobutu à la N’Sele a ouvert des opportunités. Gizenga a envoyé le modèle des cartes qu’on a imprimé. Quand il est revenu en 1992 au pays, nous leur avons tout laissé. Lui et sa femme. Même mon lit. On mangeait tous ensemble. Il aimait occuper cette place (qu’ellle désigne du doigt, ndlr), regardant les passants. Plus tard, il a aménagé dans la commune de Limeté. On a continué de travailler ensemble – et je ne sais d’où lui est venu la crainte qu’il a eu de moi. Il a commencé à me créer des problèmes. Je ne sais pas, peut-être qu’il a vu que j’étais plus active que lui. Et il a voulu peut-être m’éloigner…

Quel type de relations avez-vous avec sa femme, Anne Mbuba?

Maman Anne ne m’a jamais reçue. Mon fils est allé la voir et lui a proposé de lui passer mon numéro de téléphone, elle a refusé. Antoine Gizenga a aussi refusé, expliquant à mon fils que j’étais trop orgueilleuse. Que j’avais laissé tomber le parti, que je n’avais plus de place au PALU et qu’il ne savait pas quelles responsabilités il me confierait. Gizenga a oublié que c’est lui qui m’a écarté du parti.

Vous paraissez très amère?

J’ai en tout cas de nombreux reproches à lui faire. Le parti tel que je le faisais fonctionner a complètement changé. C’est devenu un parti des gens qui suivent les intérêts égoïstes. Avant, on disait aux membres que nous cherchons à vous libérer, un pays où chacun pourra être libre et bénéficier de ce que nous avons comme richesse. Les discours ont changé. On entend des discours où les dirigeants cherchent à s’enrichir et les militants sont de plus en plus poussés à la pauvreté. Aujourd’hui, le discours – la voie de Lumumba que l’on pensait suivre – n’est plus le même. Les décisions qui émanent du peuple ne sont plus prises en compte. Référez-vous à l’affaire Mayobo. Gizenga a boycotté toutes les décisions du CENAL, le Conseil de discipline… C’est de la dictature, c’est du despotisme. Il réhabilite celui qu’il veut et chasse ceux qu’il n’aime pas. Le PALU n’est plus un parti du peuple.

A-t-on désormais deux PALU?

Non, il n’y a qu’un seul PALU. La lutte a lieu au sein du parti. Le PALU avec un seul dirigeant. Gizenga, nous le mettons de côté. Il a bien dit qu’il est fatigué. Bientôt, nous allons occuper le secrétariat général. La nature a dit non à Gizenga.

Vous avez créé un PALU Progressiste…

Quand Gizenga m’a chassée, j’ai créé un mouvement. Puisque je ne voulais pas m’écarter de la logique de Lumumba. Mais ce parti n’existe plus. Les services du ministère de l’Intérieur ont écrit à Gizenga pour l’en notifier.

On m’avait donné un délai de six mois pour changer la dénomination, j’ai refusé. Tous savent cela. Ils disent désormais n’importe quoi.

À quoi ressemble le PALU d’aujourd’hui?

Pas au nôtre en tout cas. Sans mâcher mes mots, le dynamisme n’existe plus dans ce mouvement. Ceux qui suivent ne suivent que pour les intérêts. Chacun cherche à tirer un dividende de ce qu’il fait. La démotivation des membres est due au fait que les dirigeants suivent deux voies à la fois. Ils cherchent des intérêts égoïstes et font semblant d’être des nationalistes. Ça ne peut pas marcher. Ces gens-là fragilisent le parti.

Pour les militants du PALU, Gizenga est un demi Dieu…

C’est un demi Dieu pour les ignorants. Ceux qui ne comprennent rien. Sur base de quoi serait il un demi Dieu? Le mythe est tombé. C’est l’origine de la faiblesse du PALU actuellement. Du fait que Gizenga, chef de file, n’incarne plus le parti. Tout mouvement dispose des compagnons de lutte et quand ceux-ci ne jouent pas leur rôle ou sont négligés c’est le déclin. Vous ramassez des opportunistes, d’emblée vous tombez puisque ceux là ne recherchent que leurs intérêts égoïstes. Moi, je n’ai pas connu Mayobo, qui est arrivé bien plus tard. Tout comme Sylvain Ngabu et consorts. J’ai commencé avec mes quatre femmes. Après le discours de Mobutu, il y a Fidèle Kianza, Ramazani décédé, docteur Minzia. Puis, d’autres personnes nous ont rejoint. Je pense que toutes ces personnes ne sont pas avec lui. Sur le plan idéologique, politique, de la lutte, des combats, nous ne sommes plus ensemble.

S’il s’amende et redevient le nationaliste auquel j’ai toujours rêvé, nous pouvons nous retrouver autour d’une table. Mais ce que les gens doivent savoir, même si vous êtes issus de la même tribu, cela n’empêche pas les divergences. Dans nos villages, les tribunaux ne jugent que les frères et sœurs. La justice est la justice. On ne peut laisser l’erreur progresser. L’erreur, nous devons la bannir.

Finalement, c’est quoi votre combat politique?

Réaliser l’idéal de Lumumba. Sarkozy l’avait si bien dit que Lumumba a voulu faire du Congo, au cœur de l’Afrique, une nation heureuse. C’est ça mon rêve. Gizenga est tombé de l’autre côté mais moi, je continue la lutte. Et ce que nous devons savoir, dans un pays, nous devons avoir une pépinière politique. Et c’est dans un parti qu’on peut trouver ça. Nous devons prêcher la bonne gouvernance.

N’êtes-vous pas coupée de Gizenga en vous annonçant à sa succession?

Gizenga doit être sincère. Il a dit que son état physique est défaillant. Il doit donc pourvoir à son remplacement. Et il n’y a pas une autre personne pour le remplacer en dehors de moi. Parce que j’ai combattu avec lui. 

Il a peur que j’organise mieux les choses! Si je prends sa place, il ne doit pas avoir peur. Il restera pour nous une autorité morale. On ne change pas l’histoire. Par contre, je ne suis pas sûre si je peux travailler avec les gens qui l’entourent. Sauf s’ils s’amendent. Notre parti c’est le parti de l’unification. Le pouvoir vient du peuple. C’est un va-et-vient.

Que pensez-vous d’Adolphe Muzitu?

Il est Premier ministre, c’est tout. Je l’ai connu comme militant quand je coordonnais le PALU.

Je ne cherche pas à savoir la façon dont il gère le Gouvernement. Je sais aussi qu’il est de Gungu, secteur de Kobo. Mais, personne de ces gens ne cherche à me rencontrer. Même pas un Député du PALU. J’ignore pourquoi. Je pense que pour eux, je suis une personne à abattre.

Comment jugez-vous les accords AMP PAU?

Ils auraient dû au préalable se mettre ensemble sur le programme, constituer une commission en vue d’examiner les points communs entre leurs programmes et dégagent un programme commun de gouvernement. Si la question avait porté sur la nomination du PALU à la deuxième position de l’état sans tenir compte du programme, ce fut une erreur.

(Patience KIMVULA | Le Soft International, n°1000 | 3 août 2009. Numéro Spécial d’anniversaire 20 ans)

BIOGRAPHIE THÉRÈSE PAKASA TULULA

0.1. Le milieu et famille

Née de Mr. Eloi PAKASA et Madame MIKUMBI Louise, une famille chrétienne de la mission Catholique KILEMBE dans le secteur de KILEMBE, territoire de GUNGU, district du KWILU dans l’actuelle province du BANDUNDU, Madame PAKASA Therese fait des études brillantes l’école normale de LEVERVILLE-SOWA en 1955.

Deja a l’époque coloniale, ses idées révolutionnaires son qualifié de subversives par le religieuses chargé de l’enseignement dans son école.

Ce n’est que plus tard quelle comprendra le sens et la portée d’une question qui lui était posé par une de ses enseignante sur ses connaissances sur un certain KWAME N’KRUMAH.

0.2. Une Mère. Une femme politique

Marié Mr. MAFUTA Christian alors secrétaire provinciale permanent du partie solidaire africaine du Congo, Madame PAKASA donne la vie a 6 enfants dont 2 ont été rappelés par le Tout-Puissant .

Très amoureuse de son mari qu’elle ne quitte presque jamais a domicile, elle assiste à toute les réunions tenues à leur domicile. Et comme l’appétit viens en mangeant, elle manifestera par la suite un intérêt particulier pour la politique.

C’est ainsi qu’elle prendra indirectement part aux activités politique du PSA en qualité de conseillère politique privé de son mari qui meurt le 09 Juin 1988.

0.3. Une autre dimension : Une femme – Un combat

C’est en 1985 que madame Therese PAKASA débarque Brazzaville pour une visité son frère réfugié dans la capitale de la République Populaire du Congo depuis 1961 à la suite d’une implication dans un complot visant l’assassinat du générale MOBUTU dont il était chauffeur.

C’est alors de ce séjours à Brazzaville qu’elle est informée de la détention d’Antoine GIZENGA par le service de sécurité de la République Sœur du Congo.

Une deuxième traversée à Brazzaville lui offre l’opportunité de rencontrer Mr. GIZENGA libérer qui lui fait part de ses projets politiques.

0.4. La Lutte sur me terrain de l’adversaire

Au terme de ses entretiens avec Mr. GIZENGA, Madame Therese estime que la lutte projetée par son interlocuteur dans son exil de Brazzaville avec un entourage politique trop idéaliste n’était que rêverie en dépit du partie Lumumbiste unifié (PALU) qui portait.

C’est alors à la grande surprise de tous que Therese PAKASA souscrit aux idéaux et adhère au PALU et elle est inscrite au registre d’adhésion du partie sous le numéro 8 en 1987.

Liant son adhésion à l’acte, elle offre ses services au PALU / Brazzaville pour porté la lutte contre la dictature de la 2ème République sur son propre terrain à Kinshasa

0.5. La guerre aux symboles

En RDC, Zaïre à l’époque les partis politiques sont dissous, la démocratie enterrée la machine répressive en marche, le MPR-Parti-Etat, Parti-Unique en effervescence et la dictature de la deuxième république au sommet de sa gloire.

De retour à Kinshasa, le 08 Mars 1987, elle entreprend une action clandestine mais d’envergure de sensibilisation et de mobilisation aidée au départ par trois femmes et se sert de son domicile comme siège de parti et point départ clandestin de l’implantation du parti en RDC.

La résistance va d’abord s’en prendre au symbole de la dictature : Les services de sécurité et MPR Parti-Unique, Parti-Etat pris au dépourvu et humiliés par une manifestation surprise des femmes. C’était l’objectif de taille par Madame Thérèse PAKASA.

En bravant le symbole de la dictature, Thérèse PAKASA venait de marquer les points les plus décisifs contre les incarnations les plus illustres du régime de la 2ème République.

0.6. Frapper les imaginations

Le 2ème type d’objectif que la résistance c’était fixée visera en premier lieu de frapper les imaginations, en particulier celles des grandes puissances occidentales a travers leurs représentations diplomatiques à Kinshasa ainsi que la presse internationale.

Dans cette esprit, la première manifestation est organisée en plein centre-ville devant l’ambassade de Belgique ; l’ancienne puissance coloniale, en midi heure de la pause et un vendredi jour du culte musulman.

L’ampleur de la manifestation, la date, les jours de la semaine et en fin le lieu choisis préoccupaient la classe politique et l’opinion publiques de grandes puissances permit à la résistance de secouer la communauté internationale en générale et celle européenne en particulier et les pousse à s’interroger sur les régimes de la deuxième République.

C’était à coup sûr un grand séisme que Madame Thérèse venait d’administrer au parti-Etat.

Madame PAKASA est arrêté le 23 Juillet 1987 avec quelques unes de ses camarades et maintenues en détention dans les geôles de la police politique secrète de la 2ème République.

0.7. Droits de l’homme et galvanisation de la résistance ou quotidien

C’est la découverte de ses droits à la révolte contre toute forme des dictatures dans une brochure de la déclaration universelle de droits de l’homme obtenu auprès d’une amie qui va galvaniser sa résistance au quotidien.

Mais le labeur au quotidien des réseaux du « PALU » à Kinshasa quelque soit leur commune d’implantation qui consistera ce 19 avril 1988 jour de la 2ème grande manifestation à converger vers le centre-ville à prouvé une fois de plus l’inefficacité des structures chargés de gérer les répressions quotidien dans les rues, les quartiers, les communes et la ville.

Les structures spécialement conçues pour endiguer toute velléité démocratique.

Les manifestants qui dans un cortège monstre réussissent à franchir la garde centrale sans dispersés. Et Madame Thérèse est une fois de plus arrêté avec nombres de ses camarades et détenues dans le cachot des services secrets pendant trois mois.

0.8. Relégation au village et réactivation de la résistance

Libérée et forcée en exil intérieur dans son village qu’elle atteint le 17 juillet 1988 où elle prend connaissance de la lutte glorieux de ses ancêtres contre toutes les formes d’oppression, elle retourne clandestinement à Kinshasa le 18 décembre 1988 où elle est arrêté le 04 Janvier 1989 quatre jours seulement à la suite d’une dénonciation au près des services secrets. Le 15 janvier de la même année, toute la famille avec un enfant de deux semaines se trouve au cachot.

0.9. Objectifs Politiques atteints : Une dame comblée

Le fossé

La progression de la résistance pacifique à travers tout le pays et son incontestable efficacité va finir par conduire à l’installation définitive d’un fossé entre le pouvoir de la deuxième, le peuple et les occidentaux.

Par se fossé, à la résistance venait d’atteindre son objectif stratégique le plus important : isolement du pouvoir de la deuxième république. En plus, le développement de cette situation apportera la résistance un surplus de légitimité aux yeux de l’opinion national et international. Ce le deuxième objectif important.

Les dérives de la terreur que va semer ce groupe au sein de la population vont mener tout droit à l’aggravation du fossé et c’est le troisième objectif atteint en peu de temps.

L’implantation du parti dans l’ensemble du pays est le quatrième objectif atteint par la résistance.

La prise de conscience de la population pour la liberté par la lutte contre la dictature et le 5ème objectif majeur. La capitulation de la dictature le 24 avril 1990 lorsqu’elle a annonce la démocratisation du pays et la proclamation du multipartisme et le 6ème objectif et le couronnement d’une longue résistance héroïque de Madame PAKASA et d’autres patriotes qui avaient décidé de mener le combats sur le terrain de l’adversaire à Kinshasa capitale de la République Démocratique du Congo.

L’ouverture officielle du siège du PALU et sa reconnaissance officielle comme parti politique est une septième victoire.

0.10. Une dame comblée – les vœux du peuple exaucés.

Thérèse PAKASA est une dame comblée eu égard à l’actif élogieux du bilan de 5 années de lutte contre un adversaire redoutable, un monstre politique implacable, impénitent et nanti.

Les vœux du peuple sont exaucés lorsque Antoine GYZENGA quitte son exil de Brazzaville, foule le sol congolais le 07 Février 1992 et prend la tête du PALU tout en confiant le secrétariat exécutif permanent à Thérèse PAKASA.

0.11. Non aux critiques et au nationalisme de façade

Dans ce pays où les intrigants et des arrivistes habiles comptent le plus grand nombre de descendants dans le champ politique national, Thérèse PAKASA, une dame d’une forte personnalité doublée d’une grande moralité est vite tombée en disgrâce.

Et comme nos jeunes parti politique ne sont ni impersonnels, ni des directions démocratiques, l’autorité nommant ou destituant à sa guise , Madame PAKASA c’est opposée à une mise en place tendancieuse et intempestive opérée au sein de la direction politique du Parti. Ce qui lui a valu naturellement les foudres de l’hiérarchie.

En plus des permutations intempestives, non démocratiques et injustifiées, Madame PAKASA dénonce le nationalisme de façade affiché par l’hiérarchie du Palu suite à certains comportements qui frisent le scandale.

Ce nationalisme de façade, une véritable profanation des figures de l’indépendance Africaine, dure, intransigeante et prête aux sacrifices suprêmes.

Thérèse PAKASA la noblesse de l’éthique sociale nous léguée par nos traditions, la noblesse des idéaux nationalistes, le don de soi, l’esprit martyr et le souci pour l’intérêt général des pères de l’indépendance contrastent avec l’esprit de compromission, la lutte pour le privilège, l’élasticité infinie de la plupart des « nationalistes » d’aujourd’hui.

0.12. Création du PALU Progressiste

Au terme de sa destitution du PALA « aile GYZENGA », elle crée le parti lumumbiste unifié progressiste qui sombre quelques mois plus tard suite aux intrigues de tous genres.

0.13. Soutien à l’AFDL

En 1997, elle est contactée par un membre de l’AFDL pour soutenir la lutte de libération menée par Laurent Désiré KABILA, encore dans le maquis de l’est du Zaïre. Elle répond favorablement à cet appel en organisant la lutte politique contre la dictature de la 2ème République en faveur de l’AFDL au tour du front de libération de Kinshasa, FLK en sigle.

0.14. Réception par le Président Laurent D. KABILA

Suite à sa forte personnalité et aux actions concrétés menées dans le cadre FLK pour la liquidation de la dictature et la prise du pouvoir par l’AFDL à Kinshasa, Madame Thérèse PAKASA est honorée par l’audience qui lui accorde le président de la République le 05 Janvier 1998. Au terme de l’audience Madame PAKASA émise à la disposition de l’AFDL Kinshasa pour présider la cellule de mobilisation de la Capitale.

Comme toujours la pratique n’a pas été conforme à la volonté Présidentielle et rien de concret ne s’est réalisé dans ce cadre précis et Thérèse PAKASA ne rencontrera plus jamais le Président de la République jusqu’à sa mort, malgré des multiples demandes d’audience.

0.15. Un credo : La conscience historique africaine

Au Nationalisme qui devenu un terme creux, emprunt d’hypocrisie, Thérèse PAKASA oppose la notion de la conscience historique africaine qui plonge ses racines dans l’éthique sociale de nos traditions et ses ramifications profondes dans la vie individuelle et la vie collective.

Le recours à l’éthique sociale de nos traditions ; dit Madame PAKASA est une autre manière naturelle de réaliser l’union Africaine par une intégration harmonieuse des entités apparemment hétérogènes : « Nos pays actuels » et l’énergie de la capacité créatrice des femmes et le rôle déterminant des institutions dans la nouvelle dynamique de la foi en la conscience historique africaine.

La conscience historique africaine c’est aussi celle qui ajoute à la compétition imposée par l’efficacité dans la gestion dans l’économie du marché la notion de coopération qui exclut toute forme de jungle.

En fin, elle fustige l’irresponsabilité des africains qui passent leur temps à accuser les étrangers pour les différentes crises que connait le continent car les vrais responsables ce sont les Africains eux-mêmes.
Pour ce faire elle porte les preuves suivantes :

  • Elle demande avec habilité et une conviction étonnante comment les africains ont conçu l’Afrique pour le colonialiste. Elle ironise, parlant du vaste Congo, comment Stanley seul avec une poigné des congolais conçu ce vaste territoire.
  • Elle montre aussi comment nos jeunes Etats dépourvus des moyens ont été les artisans du Néo-colonialisme en se mettant sous la coupe financière de certaines puissances.
  • Elle finit par prouver comment l’Afrique a généré sa propre déstabilisation par des conflits de tout genre.
  • Elle conclut en disant que ce que l’on mettait hier sur le compte du colonialisme et aujourd’hui sur celui néo-colonialisme et d’impérialisme ou encore de la mondialisation est en réalité un cancer généralisé dont nous sommes tous atteints et à touts les niveaux.

0.16. Victoire et Souci

La victoire de Madame PAKASA ; c’est la défaite de la dictature que l’histoire réserve à tout régime qu’elle condamne par la détermination agissante d’un peuple en lutte pour sa liberté et sa dignité.

D’autre part, sa quête de la conscience historique traditionnelle africaine est démarche qui vise à dresser entre la dégradation continue de l’Afrique en fortifiant les filiations culturelles traditionnelles débouchant sur les valeurs morales et éthiques indispensable à la protection de l’intérêt général et à la bonne gouvernance pour atteindre l’objectif du développement du continent et de la prospérité pour tous.

Ce rempart c’est la famille, lieu d’encrage culturel historique de l’éthique sociale (culturelle) traditionnelle africaine par excellence.

(Tiré du Blog de pakasatherese)

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