mardi , 18 juin 2019
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Le guide suprême Ayatollah Ali Khamenei de l'Iran.
Le guide suprême Ayatollah Ali Khamenei de l'Iran.

Nucléaires : Vers le retrait iranien de l’accord de 2015 ?

Le guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, a réaffirmé mercredi que l’Iran n’hésiterait pas à se retirer de l’accord de 2015, par lequel il s’est engagé à brider ses activités nucléaires, si celui-ci ne « préserve plus (ses) intérêts nationaux ». « Naturellement, si nous arrivons à la conclusion qu’il ne préserve plus nos intérêts nationaux, nous y renoncerons », a dit M. Khamenei, selon des propos tenus lors d’une réunion avec le gouvernement et publiés sur son site.

Conclu à Vienne par l’Iran et cinq grandes puissances, l’accord de 2015 a été dénoncé unilatéralement en mai par l’administration américaine du président américain Donald Trump, qui a depuis rétabli des sanctions contre Téhéran.

Les Européens, qui disposent d’une marge de manoeuvre réduite, tentent de sauver ce texte, mais le gouvernement iranien « ne doit pas placer trop d’espoirs » en eux, a répété mercredi le guide suprême.

« Nous devons évaluer leurs promesses sous l’angle du scepticisme », a-t-il souligné.

L’ayatollah Khamenei a par ailleurs de nouveau exprimé le refus iranien d’entreprendre des négociations avec Washington, en dépit d’une récente offre en ce sens du président américain.

Les Américains « veulent faire croire qu’ils peuvent amener n’importe qui, y compris la République islamique, à la table des négociations. Mais comme cela a déjà été dit de manière détaillée, aucune négociation n’aura lieu », a clamé le dirigeant iranien.

Après avoir déchiré l’accord de 2015 et rétabli une première vague de sanctions, Washington prévoit de cibler le secteur énergétique en novembre.

Téhéran dénonce un « étranglement » de son économie, et vient de porter l’affaire devant la Cour internationale de justice (CIJ).

Par peur des sanctions américaines, un grand nombre de groupes internationaux ont déjà annoncé leur retrait du pays, à l’instar des compagnies françaises Total, Peugeot et Renault et allemandes Siemens et Daimler.

Grand artisan de l’accord de 2015, le président iranien Hassan Rohani, un modéré, est fragilisé par le retrait américain, qui s’ajoute à des critiques déjà vives dans son pays sur la politique économique et sociale de son gouvernement.

Deux de ses ministres viennent d’être congédiés par le Parlement, et deux autres doivent être à leur tour auditionnés dans les prochains jours.

Lui-même sommé de s’expliquer mardi devant les députés, M. Rohani, élu en 2013 puis réélu l’an dernier, n’a pas convaincu, mais il dispose encore à ce jour du soutien du guide suprême.

IRAN NE POURRA PAS ÉCHAPPER À DES NÉGOCIATIONS

La France, l’un des plus ardents défenseurs de l’accord sur le nucléaire iranien, a haussé le ton jeudi et prévenu l’Iran qu’il « ne pourra pas échapper à des négociations » élargies au-delà des seuls engagements contenus dans le texte de 2015 dénoncé par les Etats-Unis.

« L’Iran ne pourra pas échapper à des négociations sur trois autres grands sujets qui nous préoccupent » et qui concernent notamment le rôle du pays dans les questions de sécurité régionale, a estimé le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian, à son arrivée pour une réunion des ministres européens des Affaires étrangères à Vienne.

Le ministre français a dit vouloir adresser un « message » à Téhéran, alors que les Européens tentent de sauver l’accord conclu en 2015 visant à empêcher l’Iran de se doter de l’arme atomique. Les Etats-Unis se sont retirés unilatéralement en mai de ce texte qu’ils jugent trop laxiste.

« Il faudra bien parler, il faut que les Iraniens en soient conscients », a insisté M. Le Drian qui a cité trois sujets de discussion: « l’avenir des engagements nucléaires de l’Iran au-delà de 2025 ; la question balistique (…) et le rôle que l’Iran joue pour stabiliser l’ensemble de la région ».

La France, toujours partie à l’accord aux côtés de la Grande-Bretagne, la Russie, la Chine, l’Allemagne et l’Union européenne, en est l’un des fervents défenseurs mais les propos de M. Le Drian font écho aux préoccupations du président américain Donald Trump qui souhaite arracher de nouvelles concessions à l’Iran.

A la suite de sa dénonciation de l’accord, Washington a rétabli le 6 août une première série de sanctions contre Téhéran, et une deuxième salve suivra en novembre qui ciblera le secteur pétrolier.

M. Trump a dit vouloir exercer, à travers ces sanctions, une « pression maximale » pour parvenir à un nouvel « accord global » qui comprend notamment les points évoqués par M. Le Drian.

« Tentation hégémonique »

L’administration Trump a rendu publique une longue liste d’activités auxquelles elle demande à Téhéran de renoncer, notamment son soutien au régime syrien et au Hezbollah libanais, son programme de développement de missiles, son programme nucléaire et les détentions de ressortissants américains.

« Il y a une sorte de prolifération balistique de la part de l’Iran qui d’ailleurs sert aussi des milices qui lui sont proches », a observé le ministre français à Vienne qui souhaite aussi prévenir « la tentation hégémonique » manifestée par l’Iran au Moyen-Orient où Téhéran fournit notamment un soutien politique, financier et militaire de premier plan au régime syrien.

L’Iran a exclu à plusieurs reprises toute rencontre avec les Etats-Unis et toute réouverture des négociations, mettant notamment en avant son respect des termes de l’accord de 2015 qui soumet ses activités nucléaires à une surveillance draconienne.

Téhéran respecte toujours les fondamentaux de cet accord, a de nouveau attesté jeudi l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), chargée de cette surveillance, dans un rapport trimestriel.

L’AIEA a eu accès « à tous les sites et emplacements en Iran qu’elle souhaitait » inspecter, précise le rapport.

Le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a réaffirmé mercredi que Téhéran n’hésiterait pas à se retirer de l’accord de 2015 si celui-ci ne « préserve plus (ses) intérêts nationaux ».

Reconnaissant « de profondes divergences avec l’Iran dans son approche du soutien au régime syrien », la cheffe de la diplomatie européenne, Federica Mogherini a estimé jeudi à Vienne que « le règlement des différends régionaux avec l’Iran peut se faire de manière plus efficace si nous maintenons l’accord sur le nucléaire ».

Les Européens tentent, avec une marge de manoeuvre réduite, de trouver des solutions pour limiter l’impact des sanctions américaines sur l’économie iranienne en plein marasme.

La Commission européenne a annoncé fin août l’adoption « d’une première série de projets pour un montant de 18 millions d’euros, dont 8 millions d’euros en faveur du secteur privé » en Iran. Mais par peur des pénalités américaines, un grand nombre de groupes ont déjà annoncé leur retrait d’Iran.

Le ministre français des Affaires étrangères a insisté jeudi sur l’engagement des Européens à « trouver des mécanismes financiers permettant à l’Iran de continuer à commercer » sur le scène internationale.

IRAN RESPECTE SES ENGAGEMENTS

Accord nucléaire L’Iran continue de respecter ses engagements dans le cadre de l’accord sur le nucléaire conclu en 2015 et dont l’avenir est incertain en raison du retrait des Etats-Unis, selon l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).

Téhéran respecte toujours les fondamentaux de cet accord et l’AIEA a eu accès « à tous les sites et emplacements en Iran qu’elle souhaitait » inspecter, souligne l’agence jeudi dans un rapport, publié au moment où l’avenir de cet accord est incertain en raison de la décision en mai des Etats-Unis de s’en retirer et d’imposer de nouveau des sanctions au régime iranien.

L’agence des Nations unies souligne de nouveau toutefois l’importance d' »une coopération proactive et en temps opportun » de la part de l’Iran « pour assurer un tel accès ».

L’AIEA indique que les stocks iraniens d’uranium faiblement enrichi et d’eau lourde ont augmenté légèrement depuis le dernier rapport en mai, tout en restant dans les limites convenues dans l’accord de 2015.

L’économie iranienne est frappée de plein fouet par les nouvelles sanctions américaines à la suite de la décision du président Donald Trump et qui sape le soutien des partisans de l’accord en Iran.Le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a réaffirmé mercredi que Téhéran n’hésiterait pas à se retirer de l’accord de 2015, par lequel il s’est engagé à brider ses activités nucléaires, si celui-ci ne « préserve plus (ses) intérêts nationaux ».: l’Iran respecte ses engagements.

(avec Afp)

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