samedi , 25 mai 2019
Accueil / International / Amérique / La crise migratoire prend de l’ampleur en Amérique latine

La crise migratoire prend de l’ampleur en Amérique latine

« Arrêtez de laver les toilettes à l’étranger et rentrez »: le président vénézuélien Nicolas Maduro a lancé un appel à ses compatriotes pour endiguer un exode qu’il impute à « une campagne de la droite », mais qui vire à la crise régionale avec la mobilisation de l’armée brésilienne à sa frontière.

« Je dis aux Vénézuéliens (…) qui souhaitent échapper à l’esclavage économique: arrêtez de laver les toilettes à l’étranger et rentrez vivre dans votre patrie! », a lancé mardi soir Nicolas Maduro, alors qu’il signait des accords pétroliers, lors d’un événement retransmis à la radio et à la télévision.

Fuyant la pauvreté, l’hyperinflation, la faillite des services publics et les pénuries dans leur pays, des centaines de milliers de Vénézuéliens émigrent dans les pays voisins comme le Brésil, la Colombie, l’Equateur, le Pérou et le Chili, mettant cette région sous pression.

Selon les Nations unies, sur les 2,3 millions de Vénézuéliens vivant à l’étranger pour une population totale de 30,6 millions de personnes, plus de 1,6 million sont partis depuis 2015. Quelque 90% d’entre eux se sont réfugiés dans les pays de la région.

Le gouvernement socialiste assure que cet exode massif est dû à une « campagne de la droite » et que les migrants reviendront, puisqu’un plan de mesures économiques, entré en vigueur la semaine passé, sortira le pays de la débâcle.

« Des milliers de demandes »

Il en veut pour preuve la centaine de Vénézuéliens rentrés lundi du Pérou par un avion affrété par le gouvernement. Et « nous sommes en train de recevoir des milliers de demandes » de migrants souhaitant être rapatriés, a assuré mercredi le ministre la Communication Jorge Rodriguez.

Mais dans les rue du Venezuela, les mesures censées redresser le pays inquiètent plus qu’elles ne rassurent.

« C’est un désastre, il n’y pas d’aliments de base. Les mesures, ce n’est que de la poudre aux yeux, elles vont renforcer les pénuries et le chômage », déclare à l’AFP Marielsi Ochoa, médecin de 34 ans, au milieu des présentoirs vides d’un supermarché

Hors du Venezuela, les signes de tension se multiplient face à l’ampleur de cette crise.

« Je décrète l’envoi des forces armées pour garantir la loi et l’ordre dans l’Etat de Roraima (…) du 29 août au 12 septembre », a annoncé mardi dans la soirée le président brésilien Michel Temer, « afin de garantir la sécurité des citoyens brésiliens mais aussi des immigrants vénézuéliens qui fuient leur pays ».

M. Temer a ajouté que la situation migratoire était « tragique » et « menaçait l’harmonie de quasiment tout le continent ». « Ce n’est pas seulement le Brésil qui endure ses conséquences, mais le Pérou, l’Equateur, la Colombie et d’autres pays d’Amérique latine », a-t-il dit lors d’une allocution télévisée.

Le chef de l’Etat brésilien n’a pas précisé combien d’hommes étaient concernés par ce décret pris une dizaine de jours après une explosion de colère contre les migrants dans la localité frontalière de Pacaraima, où une foule d’habitants a chassé des centaines de Vénézuéliens et brûlé leurs biens.

« Pays en guerre »

La situation humanitaire à la frontière est « comparable à celle de pays en guerre », commente à l’AFP Mauricio Santoro, professeur de relations internationales à l’Université de l’Etat de Rio de Janeiro.

Le Brésil a accueilli quelque 60.000 réfugiés à ce jour et le Pérou, qui s’attend à en recevoir un nombre total d’un demi-million, vient de restreindre leur accès à son territoire.

D’ores et déjà, la Colombie et le Pérou ont indiqué qu’ils allaient se coordonner sur l’aide à apporter aux centaines de milliers de migrants déjà présents sur leur sol et encore à venir, premier pas d’une politique régionale face à l’exode généré par la crise vénézuélienne.

Sur son territoire, le Pérou a décrété mardi l’état d’urgence sanitaire pour 60 jours dans trois districts de la région de Tumbes, à la frontière avec l’Equateur, en raison de l’arrivée massive de migrants vénézuéliens, mais sans préciser la teneur des mesures.

L’Equateur a lui avancé au 3 et 4 septembre une réunion régionale sur la vague migratoire vénézuélienne à laquelle sont invités treize pays.

De son côté, l’Organisation des Etats américains (OEA) a convoqué une réunion extraordinaire sur la crise, le 5 septembre à Washington.

BRÉSIL MOBILISE SON ARMÉE À LA FRONTIÈRE DU VENEZUELA

Le président du Brésil Michel Temer a ordonné l’utilisation des forces armées pour « garantir la sécurité » à sa frontière avec le Venezuela, d’où affluent depuis des mois des réfugiés, et déplore une crise qui « affecte toute l’Amérique latine ».

Devant l’ampleur de cette crise et son extension, les initiatives nationales et régionales se multiplient.

« Je décrète l’envoi des forces armées pour garantir la loi et l’ordre dans l’Etat de Roraima (…) du 29 août au 12 septembre », a annoncé mardi dans la soirée le chef de l’Etat, « afin de garantir la sécurité des citoyens brésiliens mais aussi des immigrants vénézuéliens qui fuient leur pays ».

M. Temer a ajouté que la situation migratoire était « tragique » et « menaçait l’harmonie de quasiment tout le continent ». « Ce n’est pas seulement le Brésil qui endure ses conséquences, mais le Pérou, l’Equateur, la Colombie et d’autres pays d’Amérique latine », a-t-il dit lors d’une allocution télévisée.

Situation « tragique »

« Pour cette raison, nous devons trouver de toute urgence un chemin pour changer cette situation », a insisté M. Temer, appelant « la communauté internationale à adopter des mesures diplomatiques » contre l’exode de Vénézuéliens fuyant la crise politique et économique avec de nombreuses pénuries de produits de première nécessité.

« Le Brésil respecte la souveraineté des Etats, mais nous devons nous souvenir que seul est souverain un pays qui respecte son peuple et en prend soin », a lancé M. Temer, visant l’administration du président vénézuélien Nicolas Maduro.

Le Brésil a accueilli quelque 60.000 réfugiés du Venezuela à ce jour et le Pérou, qui s’attend à en recevoir un nombre total d’un demi-million, vient de restreindre leur accès à son territoire.

Le chef de l’Etat brésilien n’a pas précisé combien d’hommes étaient concernés par ce décret pris une dizaine de jours après une explosion de colère contre les migrants dans la localité frontalière de Pacaraima, où une foule d’habitants a chassé des centaines de Vénézuéliens et brûlé leurs biens.

Le ministre de la Défense, Joaquim Silva e Luna, a affirmé ensuite que « les troupes étaient déjà positionnées » à la frontière, tandis que celui de la Sécurité institutionnelle Sergio Etchegoyen indiquait: « Nous avons besoin de discipliner » les flux de migrants.

Un gouvernement vénézuélien très isolé sur la scène internationale a assuré que les migrants allaient « revenir » grâce aux réformes économiques du président Maduro.

Selon les Nations unies, sur les 2,3 millions de Vénézuéliens vivant à l’étranger, plus de 1,6 million sont partis depuis 2015. Quelque 90% d’entre eux se sont réfugiés dans les pays de la région.

Cellule de crise

Face à l’ampleur du phénomène, l’ONU a annoncé qu’elle allait mettre en place une cellule de crise régionale.

D’ores et déjà, la Colombie et le Pérou ont indiqué qu’ils allaient échanger leurs informations sur les centaines de milliers de migrants du Venezuela qu’ils reçoivent, première étape vers une politique régionale face à l’exode généré par la crise vénézuélienne.

Sur son territoire, le Pérou a décrété l’état d’urgence sanitaire pour 60 jours dans trois districts de la région de Tumbes, à la frontière avec l’Equateur, en raison de l’arrivée massive de migrants vénézuéliens.

La mesure a été adoptée pour cause de « danger imminent d’impact sur la santé » dû à « l’augmentation du flux migratoire international en provenance du nord », indique le décret paru mardi au journal officiel et signé par le président Martin Vizcarra et le cabinet ministériel.

Urgence

L’Equateur a avancé au 3 et 4 septembre une réunion régionale sur la vague migratoire vénézuélienne à laquelle sont invités treize pays. La réunion devait initialement se tenir les 17 et 18 septembre, mais il a été décidé de l’avancer en raison de l’urgence de la situation, a déclaré mardi le ministre équatorien des Affaires étrangères, José Valencia.

Pour sa part, le secrétaire général de l’Organisation des Etats américains (OEA), l’Uruguayen Luis Almagro, a appelé les pays de la région à adopter des sanctions contre le gouvernement vénézuélien, qu’il a qualifié de « dictature ». »La priorité pour le Venezuela est que les pays latino-américains appliquent des sanctions, et encore davantage de sanctions de la part de l’Union européenne et des Etats-Unis », a déclaré M. Almagro à la presse lors d’un forum à Saint-Domingue.

(Afp)

A lire aussi

RDC : 100 franc congolais pour un bidon de 20 lettres d’eau au Kasaï !

C’est au cours d’une réunion de prise de contact entre le chef du centre de …

Laisser un commentaire