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Joseph KABILA (7e droite), 38th SADC Summit, Windhoek, Namibia, 17 August 2018 02
Joseph KABILA (7e droite), 38th SADC Summit, Windhoek, Namibia, 17 August 2018 02

Élections RDC : « Kabila » doit respecter les règles du jeu

Dernière mise à jour, le 4 septembre 2018 à 01:47

Ni la désignation d’un dauphin par l’actuel chef de l’État, ni la publication de listes des candidats à la présidentielle ne rassure quant à l’issue apaisée du processus électoral. Il faudra, en plus, parachever l’application de l’Accord de la Saint-Sylvestre, notamment par la libération des prisonniers politiques, le retour des exilés politiques, la liberté de manifestation, la levée de la censure qui frappe les médias d’opposition ou encore l’abandon du nouveau stratagème mis en œuvre par le régime de Kinshasa, consistant à écarter de la course électorale les adversaires redoutables. En un mot comme en mille, le régime Kabila est averti. Pour rétablir la confiance et apaiser les esprits, il faut que toutes les parties prenantes au processus s’apprivoisent et regardent dans la même direction. Kinshasa devra donc éviter de froisser ses partenaires traditionnels.

Le processus électoral doit être aussi transparent et crédible que possible. À cela, il y a un préalable : la mise en œuvre des mesures de décrispation politique. Ceci suppose une confiance entre toutes les parties prenantes au processus électoral.

Comment, dès lors, rétablir cette confiance si le gouvernement congolais brandit son discours souverainiste qui refuse l’aide extérieure ? Comment faire confiance à une Commission électorale nationale indépendante (CÉNI) qui se complait dans une arrogance béante ?

Pourtant, au siège des Nations unies à New York, toutes les déclarations reviennent sur la confiance. La communauté internationale en a d’autant plus conscience que les évêques de la CENCO, médiateurs dans le cadre de l’Accord de la Saint-Sylvestre, ont lourdement insisté sur ce point lors de leur intervention au Conseil de sécurité de l’Onu. Il faut respecter les règles du jeu. Et le principe, c’est d’abord le consensus autour des questions qui fâchent, notamment l’usage de la machine à voter. Vouloir évoluer en vase clos, c’est faire fausse route.

Pour les évêques catholiques, ni la désignation d’un dauphin par l’actuel chef de l’État, ni la publication de listes des candidats à la présidentielle ne rassure quant à l’issue apaisée du processus électoral. Il faudra, en plus, parachever l’application de l’Accord de la Saint-Sylvestre, notamment par la libération des prisonniers politiques, le retour des exilés politiques, la liberté de manifestation, la levée de la censure qui frappe les médias d’opposition ou encore l’abandon du nouveau stratagème mis en œuvre par le régime de Kinshasa, consistant à écarter de la course électorale les adversaires redoutables.

En un mot comme en mille, le régime Kabila est averti. Pour rétablir la confiance et apaiser les esprits, il faut que toutes les parties prenantes au processus s’apprivoisent et regardent dans la même direction. Kinshasa devra donc éviter de froisser ses partenaires traditionnels. Persister sur le chemin de l’arrogance éloignerait les chances d’un « transfert pacifique du pouvoir ».

(LePotentiel)

L’AMBASSADEUR DE LA RDC AUPRÈS DE L’ONU INVITE LA COMMUNAUTÉ INTERNATIONALE À APPORTER UN LANGAGE MESURÉ ET POSÉ

S’exprimant le lundi 27 août devant le Conseil de sécurité des Nations Unies sur la situation actuelle en RDC, Ignace Gata a fait le point sur l’évolution du processus électoral en cours.

Pour les élections du 23 décembre prochain, l’ambassadeur de la RDC auprès de l’Onu est d’avis que le Gouvernement attend de tous les acteurs politiques du pays un accompagnement constructif de ce processus par des actions positives. Et d’ajouter : « le Gouvernement attend aussi le même comportement des partenaires internationaux ».

A en croire le diplomate congolais, le processus électoral en cours a beaucoup souffert de nombreuses ingérences et interférences de l’extérieur, comme c’est encore le cas aujourd’hui. « Cet état de choses n’a pas nécessairement fait avancer le processus qui a eu, entre autres conséquences le report des élections en 2016 », a-t-il expliqué.

Il a, par ailleurs, regretté que l’on fasse porter la responsabilité de ce report à une seule personne : le Président Kabila. A l’entendre, ce processus a aussi souffert de la  » crise de confiance entretenue par des suspicions qui ont été inoculées aux Congolais, si bien que ceux-ci se sont mis à douter d’eux-mêmes, au point de se comporter en sceptiques devant la promesse solennelle de respecter la Constitution faite par le chef de l’État ». La RDC estime que la communauté internationale qui a sa part de responsabilité dans cette situation doit apporter un langage mesuré et posé pour aider à dissiper cette crise au stade actuel du processus « . A ce sujet, a mentionné Ignace Gata, les contributions positives pour l’amélioration du processus sont les bienvenues, tout en précisant qu’elles doivent se faire dans  » le respect mutuel entre partenaires « . 

Réagissant à la question sur la machine à voter, le représentant du Président Joseph Kabila à New-York a indiqué que la CENI est consciente des appréhensions que soulèvent certains membres du Conseil et les Congolais. « C’est pour faire face à cette situation, et renforcer la confiance et dissiper le doute, que la CENI a entrepris depuis plusieurs mois une campagne de sensibilisation et de vulgarisation sur l’utilisation de cette imprimante », a-t-il rassuré. Ignace Gata n’a pas manqué de rappeler que la machine à voter ne votera pas en lieu et place de l’électeur. « Son rôle est plutôt d’imprimer le bulletin de vote que l’électeur sera appelé à glisser dans l’urne », a-t-il souligné.

Abordant la question relative aux six millions d’électeurs enregistrés sans empreintes digitales, il a fait savoir que l’OIF a formulé des recommandations pour l’amélioration dudit fichier. Selon lui, les conclusions de l’OIF, pour qui la présence d’électeurs sans empreintes à hauteur de 16,6%, repartis sur l’ensemble du territoire national, ne remet pas pour autant en cause, conformément à la loi, leur qualité d’électeur. 

Concernant le financement des élections et la logistique, le représentant de la RDC à l’ONU a exprimé la volonté du Gouvernement de poursuivre les efforts engagés pour conduire le processus jusqu’à son terme. Pour ce faire, il est convaincu que le pays reste ouvert aux apports d’autres partenaires, pourvu que ceux-ci soient sans conditionnalités et se fassent dans le respect de sa souveraineté. 

Evoquant le point lié à la décrispation du climat politique, Ignace Gata Mavita a fait remarquer que le Gouvernement a déjà pris une série de mesures pour répondre aux exigences formulées dans l’Accord politique du 31 décembre 2016, en rapport avec la libération des prisonniers dits politiques. Ceux qui faisaient partie de cette catégorie ont été effectivement mis en liberté, et les cas pendants, concernent des personnes qui se sont rendues coupables d’infractions de droit commun, a-t-il précisé. A ce niveau, il a expliqué que les pouvoirs publics ne peuvent interférer dans ce genre de situation sans violer la Constitution en créant dans le pays une justice à double vitesse. 

Pour terminer, le diplomate congolais à New-York a salué l’acte posé par le Président Joseph Kabila, celui de respecter la Constitution du pays en présentant son dauphin. 

(Mathy MUSAU)

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