mercredi , 23 octobre 2019
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Mort de John McCain : Incapacité de Trump à rassembler les Américains

Le silence de Donald Trump après la mort de John McCain, figure emblématique de la politique américaine, isole le président des Etats-Unis et illustre selon ses détracteurs son incapacité à rassembler le pays, même dans un moment de deuil.

Symbole fort qui n’a échappé à personne: à la Maison Blanche, les drapeaux mis en berne au cours du week-end étaient de nouveau déployés à pleine hauteur lundi matin, contrairement à ceux du Capitole.

Le contraste est saisissant: depuis le décès samedi à 81 ans du sénateur républicain au verbe haut, les hommages s’accumulent, des deux côtés de l’échiquier politique, mais aussi à travers le monde. Lundi matin, un moment de silence a été observé à la Bourse de New York en son honneur.

Le locataire de la Maison Blanche, lui, s’en est tenu à un tweet laconique, dans lequel il a adressé ses condoléances à la famille. Contrairement à son vice-président, Mike Pence, ou à sa femme, Melania, il n’a pas dit un mot sur la vie, le parcours ou les combats de cet homme qui a siégé pendant plus de 35 ans au Congrès et fut deux fois candidat à la Maison Blanche.

Selon le Washington Post, M. Trump a refusé la publication d’un communiqué préparé par ses services, dans lequel l’ancien prisonnier de la guerre du Vietnam y était qualifié de « héros ».

La rupture avec les codes et les usages de la politique américaine fut la marque de fabrique du candidat Trump. Elle est aussi, dans une large mesure, celle du président Trump. Mais le fait qu’il pousse cette logique aussi loin, dans un pays friand de moments – même éphémères – d’unité nationale, a surpris, choqué.

Funérailles nationales

Or, le malaise devrait perdurer, car les hommages à l’élu octogénaire dont Barack Obama a loué le « courage » hors-du-commun, vont s’étaler sur toute la semaine.

Après avoir été présenté mercredi au capitole de l’Arizona, son cercueil sera transporté à Washington, où il sera présenté vendredi au public dans la rotonde du Capitole, un honneur réservé aux grands personnages de l’histoire des Etats-Unis, comme John F. Kennedy, Ronald Reagan ou encore Rosa Parks.

Les funérailles nationales auront lieu samedi dans l’imposante cathédrale de la capitale fédérale, en présence de nombreux élus et dignitaires américains et étrangers.

Les anciens présidents Barack Obama et George W. Bush, un démocrate et un républicain, devraient prononcer des éloges funèbres, à sa demande. L’absence probable de l’actuel locataire de la Maison Blanche ne devrait en être que plus criante.

Selon les médias américains, John McCain avait expressément demandé à ce que le président ne soit pas présent à ses funérailles.

Candidat malheureux à la présidentielle de 2008 face à Barack Obama, M. McCain avait dit en 2016 qu’il ne voterait pas pour Donald Trump, désigné par son parti pour affronter Hillary Clinton.

Consterné par le discours de repli nationaliste et protectionniste du milliardaire, il dénonçait aussi ouvertement –et avec une liberté de ton sans équivalent dans le camp républicain– le style et les provocations de l’ancien homme d’affaires de New York.

Donald Trump, lui, ne ratait pas une occasion, lors des meetings électoraux, de rappeler que John McCain avait fait capoter l’abrogation partielle de l’Obamacare, tant souhaité par le président.

La Maison Blanche a pour l’instant opté pour le silence sur cette nouvelle polémique, politiquement très difficile à gérer tant l’ombre de l’ancien sénateur républicain est imposante.

Sur CNN, son ancien conseiller Marc Short s’est en pris… aux journalistes.

« Les médias essayent de mettre en cause le président, mais je pense que c’est en réalité respectueux de sa part de garder une certaine distance et de permettre à la famille de célébrer la vie de John McCain », a-t-il affirmé.

SOUS PRESSION, DONALD TRUMP REND FINALEMENT HOMMAGE À JOHN MCCAIN

Critiqué de toutes parts pour son lourd silence après le décès de John McCain, Donald Trump a finalement rendu hommage lundi à cette figure singulière de la politique américaine en ordonnant la mise en berne des drapeaux à travers le pays.

Après avoir obstinément refusé tout au long de la journée de répondre aux questions sur l’ancien sénateur républicain, qui fut l’un des rares dans son camp à le critiquer ouvertement, M. Trump a diffusé un communiqué saluant, a minima, son engagement pour son pays.

A cette occasion, il a annoncé que le drapeau américain flottant sur la Maison Blanche, qui avait été abaissé ce week-end puis relevé lundi matin dans un étrange ballet, serait de nouveau placé à mi-mât pour le reste de la semaine, jusqu’à l’enterrement de celui qui a siégé plus de 35 ans au Congrès et fut candidat à la présidence.

« En dépit de nos différences politiques, je respecte l’engagement du sénateur John McCain pour notre pays », a-t-il souligné dans ce court texte publié deux jours après le décès de l’ancien pilote, torturé durant la guerre du Vietnam.

Plusieurs associations d’anciens combattants étaient montées au créneau peu avant pour demander au président de changer de posture et d’adopter un comportement plus rassembleur.

« Nous apprécions vraiment tout ce que le sénateur McCain a fait pour notre pays », a-t-il encore dit lundi soir, lors d’un dîner à la Maison Blanche en l’honneur de dirigeants évangélistes.

Mise en garde posthume

Consterné par le discours de repli nationaliste et protectionniste du 45e président des Etats-Unis, John McCain dénonçait régulièrement –et avec une liberté de ton sans équivalent au sein du parti républicain– le style et les provocations de l’ancien homme d’affaires de New York.

Dans un message posthume lu par son porte-parole, celui qui fut surnommé « le dernier lion du Sénat » a mis en garde les Etats-Unis contre la tentation du repli et les risques de la division, une dénonciation à peine voilée de l’actuel locataire de la Maison Blanche.

« Nous affaiblissons notre grandeur lorsque nous confondons notre patriotisme avec des rivalités tribales qui ont engendré le ressentiment, la haine et la violence aux quatre coins de la planète. Nous l’affaiblissons quand nous nous cachons derrière des murs, plutôt que de les faire tomber », a écrit John McCain peu avant sa mort à l’issue d’une longue bataille contre le cancer.

Son porte-parole a par ailleurs confirmé que M. Trump n’assisterait pas aux funérailles nationales prévues samedi à Washington, où ses prédécesseurs Barack Obama et George W. Bush vont prononcer un éloge funèbre.

La rupture avec les codes et les usages de la politique américaine fut la marque de fabrique du candidat Trump. Elle est aussi, dans une large mesure, celle du président Trump.

Mais le fait qu’il pousse cette logique aussi loin, dans un pays friand de moments –même éphémères– d’unité nationale, a surpris et choqué nombre d’élus.

Jusqu’à lundi soir, le contraste était saisissant: depuis le décès samedi à 81 ans du sénateur républicain au verbe haut, les hommages s’accumulent des deux côtés de l’échiquier politique, mais aussi à travers le monde.

M. Trump, lui, s’en était tenu à un tweet laconique dans lequel il adressait ses condoléances à la famille. Contrairement à son vice-président Mike Pence ou à sa femme, Melania, il n’avait pas dit un mot sur la vie, le parcours ou les combats de John McCain.

Selon le Washington Post, il a même refusé la publication d’un communiqué préparé par ses services, dans lequel l’ancien prisonnier de la guerre du Vietnam était qualifié de « héros ».

Hommages

Les hommages à l’élu octogénaire, dont Barack Obama a loué le « courage » hors du commun, vont s’étaler sur toute la semaine.

Dans l’hémicycle du Sénat, le pupitre de John McCain était couvert lundi d’une étoffe noire et décoré de roses blanches.

Après avoir été présenté mercredi au capitole de l’Arizona, son cercueil sera transporté à Washington, où il sera présenté vendredi au public dans la rotonde du Capitole, un honneur réservé aux grands personnages de l’histoire des Etats-Unis comme John F. Kennedy ou Rosa Parks. Le vice-président Mike Pence sera présent.

Les funérailles nationales auront elles lieu samedi dans l’imposante cathédrale de la capitale fédérale. M. Trump a annoncé que le chef du Pentagone Jim Mattis et son conseiller à la sécurité nationale John Bolton y représenteraient son administration.

Parmi les personnes qui porteront le cercueil figurent l’acteur Warren Beatty, l’ancien vice-président Joe Biden et l’ex-maire de New York Michael Bloomberg.

(Afp)

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