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Nikki HALEY, ambassadrice des Etats-Unis auprès de l'ONU.
Nikki HALEY, ambassadrice des Etats-Unis auprès de l'ONU.

Élections libres, équitables et crédibles : « Kabila » sous pression des États-Unis

Dernière mise à jour, le 3 septembre 2018 à 11:19

Pour le moment, Joseph Kabila est bien aux commandes de la mise en œuvre de toutes les stratégies en place au sein du FCC, en vue de faire gagner en décembre prochain son dauphin désigné, Ramazani Shadary. De fil en aiguille, l’on soupçonne la main noire de la majorité au pouvoir dans les décisions d’invalidation de six candidats à la présidentielle rendue le 24 août 2018 par la CÉNI. Ce qui bien évidemment soulève le problème de l’équité dans la tenue de scrutins du 23 décembre 2018. À New-York, les membres du Conseil de sécurité ont passé au peigne fin l’avancement du processus, se félicitant des « progrès tangibles » réalisés dans la marche vers la première alternance démocratique de l’histoire politique de la RDC. « Malgré les progrès observés, la période à venir sera marquée par des contestations », a toutefois prévenu la patronne de la Monusco. La crédibilité du processus demeure une source de préoccupation, a indiqué la représentante spéciale, ajoutant qu’un manque de confiance envers la CENI ou les décisions prises par la Cour constitutionnelle ne pourra qu’aviver les tensions. Les États-Unis invitent une fois de plus le président Kabila à se montrer coopératif en vue des élections libres, équitables et crédibles. « L’histoire jugera favorablement la décision du Président Kabila si elle conduit à des élections libres, équitables et crédibles qui se traduiront par une démocratie durable pour le peuple congolais, ce qui sera, nous l’espérons, l’héritage qu’il fera sien dans les mois à venir », a martelé la représentante des États-Unis à l’ONU. À moins de quatre mois du scrutin, comment la CENI transportera-t-elle le matériel électoral dans plus de 90 000 bureaux de vote ? À Washington, on est convaincu que la majorité au pouvoir a mis en place, en complicité avec la CÉNI, un système pour compliquer en sa faveur le jeu électoral. Ce qui est une belle manière de garantir le succès de Shadary, son candidat à la présidentielle. Les États-Unis y voient déjà un piège bien tendu pour torpiller tout le processus électoral.

La RDC était au cœur des discussions, lundi dernier, au Conseil de sécurité des Nations-Unies. Généralement associé à ce genre de rencontres, le président de la CÉNI, Corneille Nangaa, a plutôt joué à l’abonné absent, retenu pour d’autres « impératifs » dans le pays. Si à l’unanimité, le Conseil de sécurité a noté les « progrès tangibles » dans la préparation des élections, il revient, à l’instar des États-Unis, sur la nécessité de garantir des élections apaisées. Washington n’a d’yeux que sur le président Kabila. « L’histoire jugera favorablement la décision du Président Kabila si elle conduit à des élections libres, équitables et crédibles qui se traduiront par une démocratie durable pour le peuple congolais », a prévenu l’ambassadeur américain à l’ONU, Nikki Haley.

Malgré son retrait de la course présidentielle du 23 décembre 2018, l’ombre du président Joseph Kabila continue de planer sur le processus électoral. Jusqu’au bout, le chef de l’État sera présent jusqu’à l’installation en janvier 2019 du nouveau président élu.

Pour le moment, le président de la République est bien aux commandes de la mise en œuvre de toutes les stratégies en place au sein de sa nouvelle famille, le Front commun pour le Congo (FCC) en vue de faire gagner en décembre prochain son dauphin désigné, Emmanuel Ramazani Shadary.

De fil en aiguille, l’on soupçonne la main noire de la majorité au pouvoir dans les décisions d’invalidation de six candidats à la présidentielle rendue le 24 août 2018 par la CÉNI. Ce qui bien évidemment soulève le problème de l’équité dans la tenue de scrutins du 23 décembre 2018.

À New-York, au siège des Nations-unies, le processus électoral en RDC a été au centre des discussions du Conseil de sécurité. À côté de la cheffe de la Monusco, les membres du Conseil de sécurité ont passé au peigne fin l’avancement du processus, se félicitant des « progrès tangibles » réalisés dans la marche vers la première alternance démocratique de l’histoire politique de la RDC. Ils se sont particulièrement appesantis sur le retrait de la course présidentielle de Joseph Kabila. Ce qui marque, selon le Conseil de sécurité, un pas important dans la bonne tenue des élections.

Le doute persiste

« Malgré les progrès observés, la période à venir sera marquée par des contestations », a toutefois prévenu Leila Zerrougui, patronne de la Monusco. La crédibilité du processus demeure une source de préoccupation, a indiqué la représentante spéciale, ajoutant qu’un manque de confiance envers la CENI ou les décisions prises par la Cour constitutionnelle ne pourra qu’aviver les tensions.

Si à l’unanimité, le Conseil de sécurité a émis le souhait de voir le gouvernement de la RDC permettre particulièrement à la Monusco d’apporter son soutien logistique à la CÉNI, les États-Unis n’ont pas dérogé à la règle, en invitant une fois de plus le président Kabila à se montrer coopératif en vue des élections libres, équitables et crédibles. « L’histoire jugera favorablement la décision du Président Kabila si elle conduit à des élections libres, équitables et crédibles qui se traduiront par une démocratie durable pour le peuple congolais, ce qui sera, nous l’espérons, l’héritage qu’il fera sien dans les mois à venir », a martelé la représentante des États-Unis à l’ONU.

Si les États-Unis saluent à leur manière aussi le chemin déjà parcouru dans l’organisation des élections de décembre 2018, ils soulignent cependant « les signaux rouges et les questions restées sans réponse » qui pourraient éventuellement plomber le processus électoral. Washington pense notamment à l’immense défi logistique à relever par la CÉNI pour couvrir les 90 000 bureaux de vote ouverts sur l’ensemble du pays et à la grande inconnue qu’est la machine à voter, ce système de vote électronique que la CÉNI entend expérimenter à la fin de cette année.

Les « signaux rouges »

Devant le Conseil de sécurité, Nikki Haley interpelle : « À moins de quatre mois du scrutin, comment la CENI transportera-t-elle le matériel électoral dans plus de 90 000 bureaux de vote ? Y aura-t-il suffisamment de machines à voter ou les autorités vont-elles prolonger le vote de plusieurs jours, voire plusieurs semaines ? Les autorités peuvent-elles recharger des machines à voter avec seulement une autonomie de 12 heures ? Les organisateurs des élections ont-ils largement testé les machines ? Les électeurs, dont beaucoup n’ont jamais utilisé un écran tactile, sauront-ils comment les utiliser ? Les organisateurs préparent-ils des bulletins de vote en papier en guise d’un plan alternatif si les machines à voter électroniques échouent ? »

Autrement dit, à Washington, on est convaincu que la majorité au pouvoir a mis en place, en complicité avec la CÉNI, un système pour compliquer en sa faveur le jeu électoral. Ce qui est une belle manière de garantir le succès d’Emmanuel Ramazani, son candidat à la présidentielle. Les États-Unis y voient déjà un piège bien tendu pour torpiller tout le processus électoral. Aussi se tournent-ils vers le président Kabila qu’ils considèrent comme le seul maître à jouer dans la conduite du processus électoral jusqu’à son terme dans l’apaisement. Washington est d’avis que le retrait de ce dernier de la présidentielle ne l’a pas déconnecté de la logistique électorale qui se met en place à la CÉNI.

C’est que, vu de Washington et de New-York, le président Joseph Kabila passe à la fois pour le problème et la solution dans la bonne tenue de scrutins de décembre 2018.

De toutes les façons, les États-Unis ont prévenu : « L’histoire jugera favorablement la décision du Président Kabila si elle conduit à des élections libres, équitables et crédibles qui se traduiront par une démocratie durable pour le peuple congolais ».

(lePotentiel)

L’AMBASSADEUR DE LA RDC AUPRÈS DE L’ONU INVITE LA COMMUNAUTÉ INTERNATIONALE À APPORTER UN LANGAGE MESURÉ ET POSÉ

S’exprimant le lundi 27 août devant le Conseil de sécurité des Nations Unies sur la situation actuelle en RDC, Ignace Gata a fait le point sur l’évolution du processus électoral en cours.

Pour les élections du 23 décembre prochain, l’ambassadeur de la RDC auprès de l’Onu est d’avis que le Gouvernement attend de tous les acteurs politiques du pays un accompagnement constructif de ce processus par des actions positives. Et d’ajouter : « le Gouvernement attend aussi le même comportement des partenaires internationaux ».

A en croire le diplomate congolais, le processus électoral en cours a beaucoup souffert de nombreuses ingérences et interférences de l’extérieur, comme c’est encore le cas aujourd’hui. « Cet état de choses n’a pas nécessairement fait avancer le processus qui a eu, entre autres conséquences le report des élections en 2016 », a-t-il expliqué.

Il a, par ailleurs, regretté que l’on fasse porter la responsabilité de ce report à une seule personne : le Président Kabila. A l’entendre, ce processus a aussi souffert de la  » crise de confiance entretenue par des suspicions qui ont été inoculées aux Congolais, si bien que ceux-ci se sont mis à douter d’eux-mêmes, au point de se comporter en sceptiques devant la promesse solennelle de respecter la Constitution faite par le chef de l’État ». La RDC estime que la communauté internationale qui a sa part de responsabilité dans cette situation doit apporter un langage mesuré et posé pour aider à dissiper cette crise au stade actuel du processus « . A ce sujet, a mentionné Ignace Gata, les contributions positives pour l’amélioration du processus sont les bienvenues, tout en précisant qu’elles doivent se faire dans  » le respect mutuel entre partenaires « . 

Réagissant à la question sur la machine à voter, le représentant du Président Joseph Kabila à New-York a indiqué que la CENI est consciente des appréhensions que soulèvent certains membres du Conseil et les Congolais. « C’est pour faire face à cette situation, et renforcer la confiance et dissiper le doute, que la CENI a entrepris depuis plusieurs mois une campagne de sensibilisation et de vulgarisation sur l’utilisation de cette imprimante », a-t-il rassuré. Ignace Gata n’a pas manqué de rappeler que la machine à voter ne votera pas en lieu et place de l’électeur. « Son rôle est plutôt d’imprimer le bulletin de vote que l’électeur sera appelé à glisser dans l’urne », a-t-il souligné.

Abordant la question relative aux six millions d’électeurs enregistrés sans empreintes digitales, il a fait savoir que l’OIF a formulé des recommandations pour l’amélioration dudit fichier. Selon lui, les conclusions de l’OIF, pour qui la présence d’électeurs sans empreintes à hauteur de 16,6%, repartis sur l’ensemble du territoire national, ne remet pas pour autant en cause, conformément à la loi, leur qualité d’électeur. 

Concernant le financement des élections et la logistique, le représentant de la RDC à l’ONU a exprimé la volonté du Gouvernement de poursuivre les efforts engagés pour conduire le processus jusqu’à son terme. Pour ce faire, il est convaincu que le pays reste ouvert aux apports d’autres partenaires, pourvu que ceux-ci soient sans conditionnalités et se fassent dans le respect de sa souveraineté. 

Evoquant le point lié à la décrispation du climat politique, Ignace Gata Mavita a fait remarquer que le Gouvernement a déjà pris une série de mesures pour répondre aux exigences formulées dans l’Accord politique du 31 décembre 2016, en rapport avec la libération des prisonniers dits politiques. Ceux qui faisaient partie de cette catégorie ont été effectivement mis en liberté, et les cas pendants, concernent des personnes qui se sont rendues coupables d’infractions de droit commun, a-t-il précisé. A ce niveau, il a expliqué que les pouvoirs publics ne peuvent interférer dans ce genre de situation sans violer la Constitution en créant dans le pays une justice à double vitesse. 

Pour terminer, le diplomate congolais à New-York a salué l’acte posé par le Président Joseph Kabila, celui de respecter la Constitution du pays en présentant son dauphin.

(Mathy MUSAU)

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