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Pédophilie : Les coups sont désormais publics à l’Église catholique ! – The Kongo Times – www.kongotimes.info – La Force d'Informer
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jeudi , 1 octobre 2020
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Pédophilie : Les coups sont désormais publics à l’Église catholique !

Le pape François a couvert un cardinal américain soupçonné d’abus sexuels, et recommandé de recourir à la psychiatrie pour aider des enfants aux penchants homosexuels. Le pape François a été mis en cause par un ex-ambassadeur du Vatican à Washington, l’archevêque Carlo Maria Vigano, qui l’accuse dans une lettre ouverte d’avoir annulé des sanctions contre le cardinal américain Theodore McCarrick, en faisant fi de signalements de son « comportement gravement immoral avec des séminaristes et des prêtres ». « La corruption a atteint le sommet de la hiérarchie de l’Eglise », affirme dans sa lettre Mgr Vigano, en allant jusqu’à demander la démission du pape.

Le pape François a refusé de commenter les accusations d’un prélat qui affirme qu’il a couvert un cardinal américain soupçonné d’abus sexuels, et recommandé de recourir à la psychiatrie pour aider des enfants aux penchants homosexuels, après une visite en Irlande dominée par les abus de pédophilie dans le clergé.

« Je ne dirai pas un mot là-dessus. Je pense que le communiqué parle de lui-même », a déclaré le souverain pontife aux journalistes dans l’avion qui le ramenait dimanche à Rome. « Lisez attentivement le communiqué et faites-vous votre propre jugement », leur a-t-il conseillé.

Le pape François a été mis en cause par un ex-ambassadeur du Vatican à Washington, l’archevêque Carlo Maria Vigano, qui l’accuse dans une lettre ouverte d’avoir annulé des sanctions contre le cardinal américain Theodore McCarrick, en faisant fi de signalements de son « comportement gravement immoral avec des séminaristes et des prêtres ».

« La corruption a atteint le sommet de la hiérarchie de l’Eglise », affirme dans sa lettre Mgr Vigano, en allant jusqu’à demander la démission du pape.

Cette lettre, confirmée par son auteur, a été publiée samedi dans plusieurs publications catholiques américaines de tendance traditionaliste ou ultra-conservatrice ainsi que dans un quotidien italien de droite.

L’ancien nonce apostolique aujourd’hui à la retraite y met aussi en cause nommément nombre de hauts prélats de la Curie romaine.

« Le Vatican n’a aucun commentaire immédiat », a déclaré une porte-parole du Saint-Siège interrogée sur les accusations de Mgr Vigano.

Le cardinal McCarrick, 88 ans, a été accusé fin juillet d’abus sexuels et interdit d’exercer son ministère, un scandale qui a ébranlé la hiérarchie de l’Eglise catholique américaine. Le pape a aussi accepté sa démission de son poste de cardinal, un fait quasi-inédit dans l’histoire de l’Eglise.

L’homme a été accusé d’abus par un adolescent, des faits remontant à des décennies mais qui n’étaient pas connus publiquement.

Psychiatrie

Interrogé par ailleurs dans l’avion sur ce qu’il dirait à des parents constatant des penchants homosexuels dès l’enfance chez leur progéniture, le pape a évoqué un recours à la psychiatrie.

« Quand cela se manifeste dès l’enfance, il y a beaucoup de choses à faire par la psychiatrie, pour voir comment sont les choses. C’est autre chose quand cela se manifeste après vingt ans », a-t-il déclaré.

« Je ne dirai jamais que le silence est un remède. Ignorer son fils ou sa fille qui a des tendances homosexuelles est un défaut de paternité ou de maternité », a-t-il ajouté.

La visite de deux jours du pape François en Irlande a été très focalisée sur les abus commis au sein de l’Eglise, que ce soit des abus sexuels ou les filles-mères auxquelles on a retiré les enfants pour les faire adopter.

L’Eglise catholique est dans la tourmente avec des accusations mettant en cause des actes pédophiles commis en toute impunité par des membres de son clergé pendant des décennies, de l’Irlande aux Etats-Unis en passant par le Chili, et des appels des victimes à agir pour que les responsables soient sanctionnés.

Lors d’une messe géante à Dublin dimanche, le pape a égrené une longue liste de « pardons » aux victimes d’abus commis par le clergé ou des institutions religieuses en Irlande, et notamment aux « enfants qui furent éloignés de leur mères » parce qu’elles avaient été enceintes hors mariage.

Le souverain pontife a aussi pointé du doigt « des membres de la hiérarchie de l’Eglise » qui ont « gardé le silence ».

Depuis 2002, plus de 14.500 personnes se sont déclarées victimes d’abus sexuels commis par des prêtres en Irlande, et la hiérarchie de l’Église irlandaise est accusée d’avoir couvert les agissements de centaines de prêtres.

L’ampleur de ces scandales explique en partie la perte d’influence de l’Eglise sur la société irlandaise ces dernières années.

CHOC DANS LA COMMUNAUTÉ LGBT APRÈS LES PROPOS DU PAPE SUR LES ENFANTS HOMOSEXUELS

En recommandant le recours à la psychiatrie pour les enfants homosexuels, le pape a choqué la communauté LGBT en France, qui dénonce un « très mauvais signal » envoyé à la jeunesse et un « double discours » du souverain pontife.

« Ces déclarations sont un très mauvais signal envoyé à la jeunesse », s’inquiète Joël Deumier, président de SOS Homophobie. « La religion et la médecine, en particulier la psychiatrie, sont les deux grandes ennemies historiques » des droits des personnes homosexuelles, rappelle-t-il.

De retour d’Irlande après une visite dominée par les abus de pédophilie dans le clergé, le pape François a semé le trouble en répondant dimanche à un journaliste qui lui demandait ce qu’il dirait à des parents constatant les orientations homosexuelles de leur enfant: « Quand cela se manifeste dès l’enfance, il y a beaucoup de choses à faire par la psychiatrie, pour voir comment sont les choses », a-t-il dit.

Une sortie qui a suscité l’indignation de la communauté LGBT (lesbiennes, gays, bi, trans).

« L’homosexualité n’est pas une maladie, l’homophobie oui », souligne Clémence Zamora-Cruz, porte-parole de l’Inter-LGBT, qui rappelle les anciennes pratiques médicales de « guérison » de l’homosexualité comme « les lobotomies ou les électrochocs ».

Si ces méthodes n’ont plus cours, des « thérapies de conversion » sont encore proposées, notamment aux États-Unis, où elles sont souvent délivrées par des groupes chrétiens conservateurs. Des théories « pseudo-scientifiques et dangereuses », dénonce Clémence Zamora-Cruz.

La France a retiré l’homosexualité de la liste des maladies mentales en 1981 mais il a fallu attendre 1990 pour que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) fasse de même.

Diversion

Les déclarations du pape François, qui s’est bâti une image progressiste auprès des médias, peuvent interpeller alors qu’il a envoyé à plusieurs reprises, depuis le début de son pontificat, des signes d’ouverture à l’égard des homosexuels.

« Si une personne est gay et cherche le Seigneur avec bonne volonté, qui suis-je pour la juger ? », avait-il ainsi déclaré en 2013, des propos jugés inédits dans l’histoire du catholicisme.

« On voit là le double discours insidieux d’une institution qui a pour but de persécuter les homosexuels », a dénoncé sur Europe 1 Romain Burrel, le directeur de la rédaction du magazine gay Têtu.

Le pape François « souffle le chaud et le froid », écartelé entre sa « stratégie pastorale de l’accueil, du dialogue et de la bienveillance » et « une stratégie doctrinale dans laquelle il reste attaché au principe que l’homosexualité est un acte désordonné », analyse le sociologue Philippe Portier.

Une réflexion « très complexe » qui génère de « l’incompréhension », observe le chercheur, alors que les catholiques pratiquants sont « beaucoup plus tolérants vis-à-vis des homosexuels que l’institution », assure Joël Deumier de SOS Homophobie.

La plupart des militants LGBT interrogés par l’AFP voient dans ces propos un contre-feu alors que l’Église est actuellement secouée par de nouveaux scandales de pédophilie.

« J’aimerais que le pape François n’utilise pas les homosexuels pour qu’on cesse de parler des prêtres pédophiles », a ainsi commenté Catherine Michaud, présidente de GayLib, mouvement LGBT de centre droit.

Joël Deumier dénonce lui aussi « une stratégie de diversion » tandis que l’Association des familles homoparentales manie l’ironie, estimant que les prêtres reconnus coupables d’actes pédophiles « devraient être les premiers à bénéficier de soins psychiatriques ».

Surtout, selon Clémence Zamora-Cruz, « les mots choquent car ils ciblent les enfants », alors que « le risque de suicide est plus élevé que la moyenne chez les jeunes LGBT ».

« Les personnes homosexuelles ou bisexuelles apparaissent plus concernées que les autres par le risque de suicide », affirmait ainsi une enquête réalisée en 2014 par l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (Inpes).

Selon les études, les personnes homosexuelles présentent deux à sept fois plus de risque de commettre une tentative de suicide que les hétérosexuels.

(Afp)

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