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Thabo MBEKI, ancien president Sud Africain.
Thabo MBEKI, ancien president Sud Africain.

Nomination de Mbeki : La RDC n’admet plus les envoyés spéciaux

Dernière mise à jour, le 27 août 2018 à 12:29

Désignation de Thabo Mvuyelwa Mbeki en qualité d’envoyé spécial de la République Sud-Africaine dans les Grands lacs en charge notamment du processus électoral en en République démocratique du Congo. Pour Kikaya Bin Karubi, à cet effet, par plusieurs sources, cette question a déjà été évoquée et rejetée entre les deux pays à savoir l’Afrique du Sud et la RDC. Et de préciser : « Je viens de lire l’échange d’hier (Ndlr dimanche 19 août 2018) sur la prétendue nomination de l’ancien Président Sud africain Thabo Mbeki comme envoyé spécial de l’Afrique du Sud en RDC et en Afrique Centrale. Cette question a été discutée à la veille de la visite de travail du Président Ramaphosa à Kinshasa. Nous avons rejeté cette idée et cela a été signifié de manière claire à la délégation Sud africaine ». Ce, avant de renchérir que la RDC n’admet plus les envoyés spéciaux car ’ils ne servent à rien’. « Nous avons connu plusieurs envoyés spéciaux qui ne nous ont servi à rien si ce n’est que d’envenimer la situation au pays. A cause de ça, le Président de la République a décidé de mettre fin à l’accréditation des envoyés spéciaux en RDC…. »

Faut-il un Envoyé spécial de quelque organisation sous-régionale africaine en RDC ? La question fait grand polémique. Au Palais de la Nation, le ton est plutôt dur. Le chef du collège diplomatique au Cabinet du président de la République Bernabé Kikaya est monté sur ses quatre chevaux pour recadrer les informations autour de la désignation de Thabo Mvuyelwa Mbeki en qualité d’envoyé spécial de la République Sud-Africaine dans les Grands lacs en charge notamment du processus électoral en en République démocratique du Congo.

Pour Kikaya Bin Karubi, à cet effet, par plusieurs sources, cette question a déjà été évoquée et rejetée entre les deux pays à savoir l’Afrique du Sud et la RDC. Et de préciser :  » Je viens de lire l’échange d’hier (Ndlr dimanche 19 août 2018) sur la prétendue nomination de l’ancien Président Sud africain Thabo Mbeki comme envoyé spécial de l’Afrique du Sud en RDC et en Afrique Centrale. Cette question a été discutée à la veille de la visite de travail du Président Ramaphosa à Kinshasa. Nous avons rejeté cette idée et cela a été signifié de manière claire à la délégation Sud africaine « . Ce, avant de renchérir que la RDC n’admet plus les envoyés spéciaux car ’ils ne servent à rien’.

« Nous avons connu plusieurs envoyés spéciaux qui ne nous ont servi à rien si ce n’est que d’envenimer la situation au pays. A cause de ça, le Président de la République a décidé de mettre fin à l’accréditation des envoyés spéciaux en RDC. Le Président Ramaphosa a pensé que l’Afrique du Sud étant une puissance dans la région devrait dépêcher un envoyé spécial en RDC. Nous avons examiné la situation et nous avons fait comprendre que cela n’était pas nécessaire. Et cela, avant le voyage de Ramaphosa à Kinshasa. Lorsqu’il est venu, le Chef de l’Etat le lui a signifié. Nous avons beaucoup de respect pour le Président Thabo Mbeki, mais le dépêcher comme envoyé spécial en RDC n’est pas nécessaire », a dit Barnabé Kikaya .

A propos de l’article du Sunday Times, le conseiller du Président Joseph Kabila en matière de diplomatie, a indiqué qu’il s’agit là, tout simplement, d’un individu qui a voulu créer un scoop pour se faire remarquer.  » A mon avis, il s’agit d’un  » article réchauffé  » comme on dit en journalisme, par un éditorialiste en mal de scoop. Ce qui m’étonne c’est de voir comment la toile RD congolaise s’est emballée », s’est-il indigné.

Néanmoins, le chef du collège diplomatique du cabinet du Président congolais précise que la RDC est prête à collaborer dans le cadre de différentes structures régionales en place à Kinshasa.

Selon plusieurs médias sud-Africains, aucune communication officielle sur cette désignation de Thabo Mbeki n’a encore été faite à ce sujet. Les sources de la présidence sud-africaine citées par ces médias, évoquent les discussions en cours avec Kinshasa et rapportent que Cyril Ramaphosa pourrait prendre publiquement la parole à ce sujet dans les jours à venir.

POUR RAPPEL

La République démocratique du Congo a appris dimanche 19 août 2018, la désignation par la SADC d’un Envoyé spécial dans la crise congolaise en la personne de ThaboMbeki. L’ancien président sud-africain viendrait faire un état des lieux du processus électoral. Ce, en prévision des élections prévues le 23 décembre 2018 afin qu’elles ne reproduisent pas la violence post-électorale, comme ce fut le cas lors des deux cycles électoraux antérieurs de 2006 et 2011.

Parrain de l’accord historique de Sun City qui a permis de mettre fin à la deuxième guerre du Congo en avril 2002, l’ancien président sud-africain est un habitué du conflit congolais. Les négociations difficiles de Sun City soutenues par le Botswana, la Namibie, la Zambie et le Zimbabwe, ont permis, en deux rounds des pourparlers, d’aboutir à un accord global et inclusif signé à Pretoria, le 16 décembre 2002.

THABO MBEKI NOMMÉ ENVOYÉ SPÉCIAL DU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE SUD-AFRICAINE (RSA) POUR LES GRANDS LACS

La Présidence sud-africaine (RSA) a annoncé lundi la nomination de l’ancien Président de la République Thabo Mbeki Mvuyelwa comme Envoyé spécial du Président Cyril Ramaphosa dans les Grands lacs où il est spécifiquement chargé du suivi du processus électoral en RDC qui doit conduire aux élections du 23 décembre 2018. Il vient faire le travail de Thomas Perriello, le tout dernier Envoyé spécial de Barack Obama, le Président des USA.

Thabo Mbeki a un atout personnel pour conduire à bien sa mission de veiller strictement à la régularité du processus électoral pour le compte de la République Sud-Africaine et, par ricochet, dont la RSA est un des membres influents. C’est qu’il connait très bien le personnel politique de la RDC dans le menu détail. En effet, c’est lors de son mandat comme Président de la RSA que se sont tenues à Sun-City en terre sud-africaine (2002-2003) les négociations inter congolaises qui ont donné lieu en 2006 à l’avènement de la IIIème République par l’adoption par referendum de la Constitution du 18 février 2006 après une période de transition de 2003 à 2006.

Pour y arriver, les Sud-Africains n’ont pas lésiné sur les moyens. C’est bien le Président Thabo Mbeki qui était à la manœuvre. Les Congolais sont reconnaissants envers la RSA pour son rôle joué en faveur de la paix au pays. Sans le tact du Président sud-africain Thabo Mbeki, les Congolais ne seraient jamais parvenus à la signature de l’Accord global et inclusif.

D’où, on peut attester, sans crainte d’être contredit que Thabo Mbeki a le profil du boulot. On peut rappeler qu’autrefois il est après les anciens Présidents de la République y compris l’ancien secrétaire général de l’ONU, le Ghanéen Koffi Anan à avoir signé une tribune au vitriol qui dénonçant vertement la situation politique en RDC avec une crise politique aigue qui n’en finit pas.

76 ans, fis de Gorvan Mbeki, le compagnon d’infortune de Nelson Mandela au bagne sud-africain de l’apartheid de Robben Island avec Walter Sisulu il a passé quasiment passé l’essentiel de son existence en exil. De retour, il prend activement part aux négociations avec le gouvernement d’apartheid de la minorité blanche, dirigé par Frederik de Klerk en vue de mettre un terme au régime de ségrégation raciale et engager une transition pacifique vers un pouvoir à majorité noire. Ce qui est fait.

En 1994, à la suite de la victoire de l’ANC à l’Assemblée nationale d’Afrique du Sud lors des premières élections au suffrage universel, Thabo Mbeki devient Vice-Président d’Afrique du Sud, fonction qu’il partage avec Frederik de Klerk. Tandis que Nelson Mandela est porté à la Présidence de la République sud-africaine.

C’est alors qu’il devient progressivement le dauphin de Mandela, après avoir écarté successivement tous les autres prétendants à la succession notamment Cyril Ramphosa. Après la démission de Frederik de Klerk en 1996, Thabo Mbeki devient l’unique Vice-Président d’Afrique du Sud aux côtés de Nelson Mandela. Ce dernier lui lègue alors l’essentiel de ses pouvoirs exécutifs. Président d’Afrique du Sud de 1999 à 2008 avec comme Vice-Président de la République Jacob Zuma. Lors des élections juin 1999, Thabo Mbeki est naturellement élu, lors de son second mandat, il est congédié, mis en cause dans une affaire de corruption liée à un contrat d’armement de 3,7 milliards d’euros. Mais les charges sont abandonnées en avril 2009.

(avec Emma MUNTU, KANDOLO M.)

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