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Sénateur John McCain décède samedi 25 Aout 2018.
Sénateur John McCain décède samedi 25 Aout 2018.

John McCain : La mort d’un homme de conviction et de parole

Dernière mise à jour, le 27 août 2018 à 07:33

Le sénateur John McCain, pilote torturé pendant la guerre du Vietnam, candidat à la Maison Blanche et figure non-conformiste de la politique américaine, est mort samedi à l’âge de 81 ans, des suites d’un cancer du cerveau. L’une des dernières volontés de John McCain était limpide: il avait fait savoir qu’il ne voulait pas de Donald Trump à son enterrement.

« Ç’a été une sacrée aventure », écrivait-il dans dans des mémoires publiés en mai 2018, « The Restless Wave »

Le sénateur John McCain, pilote torturé pendant la guerre du Vietnam, candidat à la Maison Blanche et figure non-conformiste de la politique américaine, est mort samedi à l’âge de 81 ans, des suites d’un cancer du cerveau.

Le bureau du sénateur républicain a annoncé samedi soir qu’il était décédé dans l’après-midi, entouré de son épouse, Cindy, et de sa famille, après avoir « servi fidèlement les Etats-Unis d’Amérique pendant soixante ans ».

« Ç’a été une sacrée aventure », écrivait-il dans dans des mémoires publiés en mai 2018, « The Restless Wave »

« J’ai connu des grandes passions, vu des choses merveilleuses, me suis battu dans une guerre et ai aidé à apporter la paix. Je me suis fait une petite place dans l’histoire de l’Amérique et l’Histoire de mon temps ».

John McCain était soigné depuis juillet 2017 pour un glioblastome, une forme de cancer très agressive avec un très faible taux de survie. Sa famille avait annoncé vendredi qu’il avait décidé de cesser tout traitement, face à l’avancée inexorable de la maladie. Il est mort le lendemain.

A Washington, les drapeaux flottant sur la Maison Blanche et le capitole ont été mis en berne.

Immédiatement, les réactions ont afflué pour saluer la mémoire de ce monument républicain, qui s’est fâché avec beaucoup de monde y compris au sein de sa famille politique, mais dont le dévouement patriotique était reconnu par tous.

« John et moi venions de générations différentes, avions des origines complètement différentes, et nous nous sommes affrontés au plus haut niveau de la politique », a déclaré l’ancien président démocrate Barack Obama, qui l’a battu à l’élection présidentielle de 2008.

« Mais nous partagions, malgré nos différences, une fidélité à quelque chose de plus élevé, les idéaux pour lesquels des générations entières d’Américains et d’immigrés se sont battus et se sont sacrifiés ».

Quant au président Donald Trump, qui était en conflit larvé avec le sénateur républicain, il a tweeté un court message de condoléances, sans un mot sur la carrière et la vie de l’homme:

« Mes condoléances et mon respect le plus sincère pour la famille du sénateur John McCain. Nos coeurs et nos prières sont avec vous ! », a écrit M. Trump.

A l’inverse, la plupart des élus et anciens élus américains ont publié un communiqué dans les minutes suivant l’annonce du décès, l’ancien président George W. Bush saluant par exemple un « homme de profonde conviction et un patriote au plus haut degré ».

Le chef de l’opposition démocrate du Sénat, Chuck Schumer, a proposé de renommer le bâtiment du Sénat où John McCain avait ses bureaux à son nom.

L’ancien président démocrate Bill Clinton a lui aussi salué la mémoire de John McCain, soulignant qu' »il avait souvent mis de côté l’appartenance partisane » pour servir la nation.

Et un autre démocrate, Al Gore, vice-président sous Bill Clinton, est allé dans le même sens. « J’ai toujours admiré et respecté John » parce qu’il oeuvrait toujours à « trouver un terrain d’entente, aussi difficile que ce soit », a-t-il dit.

Pour le sénateur républicain Lindsey Graham, « l’Amérique et la Liberté ont perdu l’un de leurs plus grands champions ».

La fille du vétéran, Meghan McCain, a publié sur son compte Twitter un texte racontant qu’elle était restée aux côtés de son père jusqu’à la fin, « tout comme il était avec moi à mes débuts ».

Mépris pour Trump

John McCain était soigné dans son Etat de l’Arizona, où ses amis et collègues défilaient depuis des mois pour faire leurs adieux, conscients que la fin était proche.

Malgré son traitement puis son absence de Washington depuis décembre dernier, il était resté relativement actif politiquement. L’été 2017, il avait défié le président Donald Trump, pour les manières et les idées duquel il n’a jamais caché son mépris, en votant contre sa réforme du système de santé. Il le critiquait ouvertement, le qualifiant de « mal informé » et d' »impulsif » et avait affirmé qu’il ne voulait de lui à ses funérailles.

Et dans ses mémoires, il dénonçait une nouvelle fois la sympathie apparente du président américain pour Vladimir Poutine, le président russe qu’a pourfendu John McCain depuis le Sénat.

Lui-même a d’ailleurs été sanctionné par la Russie en représailles à des sanctions de Washington, un motif de fierté pour le vieux sénateur, qui en plaisantait souvent.

John McCain, fils et petit-fils d’amiraux, a d’abord été pilote de chasse, engagé dans la guerre du Vietnam où il fut blessé et emprisonné pendant plus de cinq ans.

Après son retour aux Etats-Unis à la fin de la guerre du Vietnam, il se fait élire à la Chambre des représentants, puis est élu sénateur en 1986, un siège qu’il a conservé depuis, sa dernière réélection, en novembre 2016, ayant été la plus difficile, une partie de l’électorat conservateur ne lui ayant pas pardonné d’avoir critiqué Donald Trump.

John McCain, fils et petit-fils d’amiraux, a d’abord été pilote de chasse, engagé dans la guerre du Vietnam où il fut blessé et emprisonné pendant plus de cinq ans.

Il fut torturé par ses geôliers, et deviendra au cours de sa carrière politique un farouche opposant à la torture, dénonçant la CIA pour ses pratiques d’interrogatoires « musclés » sous la présidence de George W. Bush.

Après son retour aux Etats-Unis à la fin de la guerre du Vietnam, il se fait élire à la Chambre des représentants, puis est élu sénateur en 1986, un siège qu’il a conservé depuis, sa dernière réélection, en novembre 2016, ayant été la plus difficile, une partie de l’électorat conservateur ne lui ayant pas pardonné d’avoir critiqué Donald Trump.

Il a longtemps cultivé l’image d’un républicain indépendant au franc parler, mais il échoue aux primaires républicaines en 2000 face à George W. Bush. En 2008, il emporte cette fois l’investiture de son parti, mais perd face à Barack Obama.

Il était ensuite resté au Sénat, sa deuxième maison depuis plus de trente ans.

Considéré comme un interventionniste en politique étrangère, persuadé que l’Amérique devait défendre ses valeurs dans le monde entier, il avait été un des partisans les plus farouches de la guerre d’Irak, et continuait à promouvoir un rôle militaire américain fort à l’étranger, se marginalisant au fil des années dans un parti républicain désireux de se recentrer sur les priorités domestiques.

Dans les années 2010, il a assisté consterné à l’ascension de la mouvance du Tea Party au sein de son parti, qu’il n’a pu contenir. Il défendait inlassablement une hausse du budget militaire, et dirigeait jusqu’à sa mort la commission des Forces armées du Sénat.

D’autres causes ont animé sa carrière, notamment la réforme du système d’immigration, ou encore celle du financement électoral.

« UN PATRIOTE TÊTU »

Des décennies après, le geôlier vietnamien de John McCain se souvient des longues discussions sur la guerre avec le sénateur, décédé samedi à 81 ans des suites d’un cancer, mais pas des tortures évoquées par son prisonnier le plus célèbre.

« Il aimait discuter avec moi de la guerre. Bombarder le Vietnam était un crime de la part des Américains, soutenir le régime de Saïgon était une erreur, mais il ne voulait pas l’admettre », a raconté Tran Trong Duyet, 85 ans, ancien directeur de la prison de Hoa Lo à Hanoï, dans un entretien en janvier à l’AFP.

Le candidat malheureux à la présidentielle face à Barack Obama en 2008 avait gardé des séquelles physiques de la guerre du Vietnam, conséquences de fractures mal soignées et de tortures infligées en prison.

Le 26 octobre 1967, son chasseur A-4 Skyhawk est abattu par un missile sol-air de fabrication soviétique au-dessus d’Hanoï. McCain s’éjecte et s’abîme dans un lac au milieu de la ville. Lynché par la foule, ses deux bras et son genou droit sont cassés.

Il passe ensuite plus de cinq ans dans la prison surnommée le Hilton d’Hanoï.

« Il était si têtu, si déterminé, c’est pour cela que j’aimais discuter et me disputer avec lui », poursuit Tran Trong Duyet dans sa petite chambre d’Haiphong (nord-ouest), où des photos de prisonniers américains sont accrochés sur les murs.

« Nous avions des conversations intenses. Petit à petit, il a fini par reconnaître en partie que la présence américaine au Vietnam était une erreur », affirme-t-il encore.

« Mettre de côté leur haine »

Ses geôliers l’appelaient « Cai » (contraction familière de son nom de famille). Et même s’ils savaient que c’était un « enfant d’une famille respectable », il n’a bénéficié d’aucun traitement de faveur.

McCain a souvent raconté de son côté avoir reçu des soins très sommaires pour ses blessures, souffert de l’isolement et surtout subi des tortures.

Il a notamment relaté les séances où il était accroché pendant des heures à des cordes, dans ses mémoires, « Faith of my Fathers ».

Duyet continue à nier les tortures: « les prisonniers étaient importants pour nous, ils pouvaient être utilisés dans les négociations avec les Etats-Unis ».

Il reconnaît toutefois qu’il était compliqué en tant que responsable de la prison de faire comprendre à ses hommes qu’il était interdit de s’en prendre physiquement aux prisonniers.

« La difficulté pour moi était de gérer le personnel, leurs familles avaient parfois été tuées par les bombes américaines. Je devais leur expliquer qu’il fallait qu’ils mettent de côté leur haine », reconnaît-il.

Comme pour McCain, le conflit marqua un tournant dans la vie de Duyet qui s’était engagé auprès des communistes vietcongs dès ses 17 ans, alors que deux de ses frères avaient été tués pendant la guerre d’indépendance contre la France.

« C’est vraiment dommage qu’il ne soit pas devenu président des Etats-Unis. Cela aurait été bénéfique pour le Vietnam puisque le Vietnam lui a sauvé la vie », assure-t-il.

Joint samedi par l’AFP, Duyet s’est dit « attristé » par le décès de son ancien prisonnier. « Si vous le pouvez, adressez mes condoléances à sa famille », a-t-il ajouté.

Pendant les primaires républicaines, le président américain Donald Trump avait choqué en affirmant que McCain n’était pas un soldat héroïque puisqu’il avait été capturé.

Pourtant, pour Alvin Townley, auteur de « Defiant », livre sur les prisonniers de guerre américains détenus à Hoa Lo, « John McCain sera toujours le symbole du prisonnier de guerre américain, cette expérience est désormais inséparable du nom de John McCain et de sa personne ».

Ce dernier est aussi célébré pour son rôle dans la réconciliation entre les deux pays, qui sont aujourd’hui des alliés.

McCain s’est rendu à plusieurs reprises au Vietnam depuis le rétablissement des liens diplomatiques en 1995, revenant même dans la prison – devenue une attraction touristique populaire – pour une rencontre avec un autre ancien geôlier.

« Son ouverture vers le Vietnam et la volonté de revisiter non seulement le pays mais son vécu ont certainement aidé à guérir beaucoup de blessures », ajoute Townley, interrogé par l’AFP.

ENTRE MCCAIN ET TRUMP, UN MÉPRIS MUTUEL

L’une des dernières volontés de John McCain était limpide: il avait fait savoir qu’il ne voulait pas de Donald Trump à son enterrement.

Ces deux-là n’ont jamais fait semblant de s’apprécier. Ce n’était pas seulement un problème d’affinités personnelles. Leurs différends étaient fondamentaux, sur leurs valeurs, et se sont exposés publiquement.

Quand Donald Trump se présente aux primaires républicaines, en juin 2015, John McCain déclare que l’homme d’affaires excite « les tarés » avec son discours anti-immigrés. La réponse de Donald Trump: John McCain est un « idiot ».

Jamais homme à abandonner, le candidat attaque l’ancien pilote sur une partie sacrée de sa vie: sa carrière militaire.

« Ce n’est pas un héros de guerre. C’est un héros de guerre juste parce qu’il a été capturé », lâche un jour Donald Trump, agacé par cet élu qui le prend de haut. « J’aime les gens qui n’ont pas été capturés », ajoute-t-il, déclenchant une indignation générale.

La réponse de John McCain illustre en elle-même leur différence de caractère; il ne demande pas d’excuse mais déclare: « Il doit s’excuser auprès des familles de ceux qui se sont battus ».

Mais l’ascension du candidat populiste, en 2016, s’assimile à un désaveu du républicanisme tendance McCain, le type de courant dont il porta les couleurs à la présidentielle de 2008.

Huit ans plus tard, voici venu un homme qui professe sa passion de l’argent, qui n’a pas fait son service militaire et qui s’est vanté d’avoir arrosé les hommes politiques de droite et de gauche pour parvenir à ses fins… et qui bafoue toutes les traditions présidentielles.

Pris dans sa propre campagne pour un nouveau mandat en 2016, McCain rompt avec la discipline de parti après la diffusion d’une vidéo où le milliardaire se vante d’attraper les femmes par « la chatte ». Il annonce qu’il votera pour « un bon républicain conservateur qui est qualifié pour être président ».

Poutine et Trump

Un jour de novembre 2016, peu après la victoire de Donald Trump, le sénateur de l’Arizona explose devant des journalistes qui, au Capitole, ne cessent de l’interroger sur telle ou telle déclaration du président élu: « Je ne veux plus qu’on me pose de questions sur Donald Trump. C’est mon droit de sénateur », dit-il d’un ton sans appel.

Son voeu fera long feu, tant le trumpisme monopolise les débats et bouleverse la tradition de politique étrangère américaine.

Mais c’est le refus persistant du nouveau dirigeant de reconnaître les ingérences russes dans la campagne qui scandalise le plus vieux sénateur.

Au fil des mois, McCain s’assombrit. Président de la commission des Forces armées, il ouvre sa propre enquête parlementaire sur la Russie. Et s’étrangle quand il entend les mots accommodants du président à l’égard de Vladimir Poutine.

« Ce n’est en rien +faire passer l’Amérique d’abord+ que de faire confiance à un colonel du KGB plutôt qu’à l’ensemble des services de renseignement américains », lance-t-il.

Dans les derniers mois de sa vie, chaque dossier semblait l’occasion de défier le locataire de la Maison Blanche.

Il est l’un des trois sénateurs de la majorité à torpiller, en juillet 2017, l’abrogation de la loi sur la santé de Barack Obama, provoquant la fureur de Donald Trump.

Le dirigeant est « mal informé » et « impulsif », accuse-t-il. Il dénonce, dans un discours préparé, le « nationalisme bancal et fallacieux conçu par des gens qui préfèrent trouver des boucs émissaires que de résoudre les problèmes ».

Et tacle même le milliardaire, en octobre 2017, au détour d’une interview sur le Vietnam, sur l’un des sujets lui tenant le plus à coeur.

« Un aspect du conflit dont je ne me remettrai jamais est que les Américains les plus modestes ont été appelés par conscription, mais que les plus riches trouvaient un médecin pour déclarer qu’ils avaient une excroissance osseuse », lâche-t-il. Allusion à l’excuse trouvée par le jeune Donald Trump pour échapper à la guerre du Vietnam.

Jusqu’au bout, l’inimitié entre McCain et le président était palpable. Il y a quelques semaines, le dirigeant n’a pas daigné prononcer son nom lors d’une cérémonie de promulgation d’une loi sur la défense baptisée en l’honneur de John McCain.

Et quand la famille McCain a annoncé vendredi qu’il arrêtait tout traitement, le dirigeant n’avait pas non plus jugé utile de réagir, contrairement à l’ensemble de la classe politique américaine.

MORT D’UN « PATRIOTE » AMÉRICAIN

Les Américains rendaient hommage dimanche au sénateur républicain John McCain, décédé la veille, un pilote torturé pendant la guerre du Vietnam et candidat malheureux à la Maison Blanche qui incarnait aux yeux de beaucoup une politique moins brutale qu’à l’ère de Donald Trump.

Le sénateur de l’Arizona est mort à quelques jours de son 82e anniversaire dans son ranch près de Sedona, après treize mois de lutte contre un cancer du cerveau. Il avait sept enfants. Sa famille et sa seconde épouse, Cindy, étaient à ses côtés à la fin.

Comme pour John F. Kennedy, Ronald Reagan, Rosa Parks et quelques illustres sénateurs, son cercueil sera présenté dans la rotonde du Capitole à Washington, un rare honneur.

Il sera d’abord présenté mercredi au capitole de l’Arizona, cet Etat du sud-ouest qu’il a représenté plus de 35 ans au Congrès, a annoncé le gouverneur de l’Etat.

Des anonymes apportaient dimanche des fleurs devant sa permanence parlementaire à Phoenix, ainsi que devant la maison funéraire où sa dépouille repose pour l’instant.

« Nous voulions rendre hommage à un grand patriote américain, un grand héros américain », dit l’un d’eux, Michael Wilson, venu avec un drapeau.

« Quelle épopée », avait écrit le sénateur dans des mémoires publiés en mai. « J’ai vécu de grandes passions, vu des merveilles, j’ai fait la guerre et contribué à la paix. Je me suis fait une petite place dans l’histoire de l’Amérique et l’histoire de mon époque », écrivait-il.

Trump silencieux

Les obsèques devraient avoir lieu à la Cathédrale nationale de Washington, à une date qui n’a pas encore été annoncée.

Les anciens présidents Barack Obama et George W. Bush, un démocrate et un républicain, devraient prononcer des éloges funèbres, à sa demande, selon le New York Times. Plusieurs médias avaient rapporté il y a plusieurs mois que le sénateur avait expressément demandé à ce que Donald Trump ne participe pas.

Il a en revanche été confirmé qu’il serait enterré au cimetière de l’Académie navale d’Annapolis, sur la côte est, où il suivit sa formation de pilote de la marine.

L’épitaphe de sa tombe devrait être, selon son voeu exprimé dans une interview en 2015: « Il a servi son pays ».

Son départ réduit temporairement la majorité républicaine au Sénat à 50 sièges contre 49 pour l’opposition démocrate. Le gouverneur de l’Arizona nommera un successeur après les funérailles, a-t-il fait savoir dimanche, jusqu’à ce qu’un scrutin soit organisé, lors des élections de 2020.

« Patriote », « héros », « combattant », « non conformiste »: les mots des hommages rendus par l’ensemble de la classe politique du pays avaient pour point commun la carrière de l’homme au service de la nation.

Un hommage, pourtant, manque à l’appel: celui du président actuel des Etats-Unis.

Donald Trump –John McCain avait dit en 2016 qu’il ne voterait pas pour lui, ne cachant pas son mépris pour lui– a tweeté un bref message de condoléances, mais sans évoquer le parcours de l’homme.

« Mes condoléances et mon respect le plus sincère pour la famille du sénateur John McCain. Nos coeurs et nos prières sont avec vous! », a-t-il écrit.

Réactions internationales

John McCain était l’un des rares élus du Congrès célèbres hors des frontières des Etats-Unis, et un visiteur régulier de capitales étrangères, du Moyen-Orient à Kiev où il avait soutenu la « Révolution orange ». Il était un pourfendeur inlassable de Vladimir Poutine.

De l’Europe au Pakistan, nombre de dirigeants étrangers ont salué sa mémoire. « Un défenseur infatigable d’une alliance transatlantique forte », a dit la chancelière allemande Angela Merkel.

De son vivant, John McCain n’a pas toujours été une figure consensuelle.

Aux primaires présidentielles de 2000, il cultiva une image de républicain centriste au fort franc parler, mais il échoua face à George W. Bush, plus en phase avec l’orthodoxie conservatrice.

Au Sénat, il fut partisan farouche de la guerre d’Irak et regretta le départ des troupes américaines, sous Barack Obama. Sa défense d’une hausse continue des dépenses militaires était critiquée à droite comme à gauche comme irresponsable budgétairement.

Il est aussi accusé d’avoir mis le pied à l’étrier aux précurseurs de la mouvance conservatrice populiste du Tea Party en choisissant comme colistière Sarah Palin, lorsqu’il fut candidat républicain à la Maison Blanche en 2008 –une décision qu’il finira par regretter.

Mais son engagement contre la torture, pour une réforme de l’immigration favorable aux sans-papiers et pour défendre une tradition politique de civilité l’ont au contraire vu transcender les divisions partisanes.

L’autre sénateur de l’Arizona Jeff Flake a raconté dimanche que, certes, son ancien collègue avait un caractère volcanique. « Mais il pardonnait facilement, passait à autre chose et préférait voir ce que ses adversaires avaient de bon. C’est une leçon bien utile dans la période actuelle », a-t-il dit sur ABC.

DONALD TRUMP RETOQUE UN COMMUNIQUÉ FAISANT L’ÉLOGE DE JOHN MCCAIN

Le président américain Donald Trump a refusé la publication d’un communiqué par la Maison Blanche rendant hommage au sénateur John McCain décédé samedi, selon le Washington Post, soulignant ainsi l’inimitié qui existait entre les deux hommes.

Selon le quotidien, un communiqué officiel destiné à saluer la vie de John McCain avait été préparé par l’entourage du locataire de la Maison Blanche. L’ancien prisonnier de la guerre du Vietnam y était qualifié de « héros ».

Le milliardaire a répondu à ses conseillers qu’il préférait publier un court message sur Twitter, selon le Washington Post.

« Mes condoléances et mon respect le plus sincère pour la famille du sénateur John McCain. Nos coeurs et nos prières sont avec vous! », avait écrit M. Trump peu après l’annonce du décès de M. McCain.

Un message assez neutre, sans remerciement, ni éloge, ni référence au parcours de cette figure de la politique américaine.

Le contraste est d’autant plus frappant que de nombreux autres responsables de l’exécutif américain ont publié communiqués ou messages sur Twitter pour saluer le parcours de l’homme.

« Nous rendons hommage à sa vie dédiée à cette nation dans notre armée et dans la vie publique », a écrit sur Twitter le vice-président américain Mike Pence.

« Que Dieu bénisse John McCain », a-t-il conclu.

« Merci sénateur McCain pour votre service rendu à la nation », avait également tweeté la Première dame, Melania Trump.

Le silence du président après le décès de John McCain et cette information du quotidien de Washington soulignent la profonde inimitié, voire le mépris, qui opposait les deux hommes.

M. McCain, candidat malheureux à la présidentielle de 2008 avait dit en 2016 qu’il ne voterait pas pour Donald Trump. Le sénateur de l’Arizona critiquait régulièrement les actions du président, allant jusqu’à ne pas voter l’abrogation partielle de l’Obamacare, tant souhaité par le président.

Selon les médias américains, John McCain avait expressément demandé à ce que le président ne soit pas présent à ses funérailles.

Le drapeau américain flottant au-dessus de la Maison Blanche a été mis en berne ce weekend, après le décès de John McCain. Il flottait à nouveau en haut du mât lundi matin, un temps jugé très court par certains.

(avec Afp)

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