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Entraînement contre le virus Ebola en RDC
Entraînement contre le virus Ebola près de la ville de Beni, Nord-Kivu, en RDC, 11 août 2018 - Samuel Mambo.

RDC : 43 millions USD pour la riposte à l’épidémie Ebola

Le 16ème Conseil extraordinaire des ministres mercredi 22 août dirigé par le président de la République s’est penché exclusivement sur la riposte à l’épidémie de la maladie à virus Ebola. Le Budget de cette riposte s’élève à 43 millions USD. Il couvert respectivement par un reliquat de 13 millions USD affectés préalablement à la stabilisation après la riposte à la précédente épidémie à l’Equateur et les fonds propres du Gouvernement. Ce, à travers le programme PDSS financé par la Banque mondiale et les autres partenaires (Chine, Japon, DIFID, USAID, Canada), qui a permis d’éviter le gap de financement.

En ce qui concerne les aspects sécuritaires, les FARDC, à travers son Unité Militaire de Réaction Rapide (UMIR) présente à Beni et la Police Nationale Congolaise ont été mises à contribution pour la sécurisation des zones où subsistent encore quelques forces négatives.

Entretemps, la situation épidémiologique renseigne que sur les 102 cas signalés, 75 ont été confirmés avec 27 probables ; sur un total de 59 décès, 27 probables et 32 confirmés ; 41 personnes ont été hospitalisées dont 33 confirmées surtout à Mangina. Cependant, sur 308 analyses effectuées, 91 se sont avérées positives.

S’agissant de la prise en charge, le comité éthique a approuvé l’utilisation de quatre molécules thérapeutiques expérimentales supplémentaires, à savoir ZMapp, Remdesivir, Favipiravir et Regn3450-3471-3479. Cependant, les équipes de prise en charge et de recherche des centres de traitement d’Ebola pourront ainsi utiliser ces molécules pour le traitement des patients contaminés par la maladie à virus Ebola, renseigne la source.

En effet, les protocoles d’administration de ces molécules répondent à des conditions strictes liées notamment à la condition du patient, à la facilité d’utilisation du traitement et à la capacité de l’équipe médicale du CTE. Ainsi, fait remarquer la même source, le mardi 21 aout dernier, le Remdesivir, produit par Gilead sciences, a été administré à une patiente traitée au CTE de Béni, qui se porte bien.

Pendant ce temps, la vaccination qui demeure déterminante pour briser la chaîne de contamination, est en cours. A cet effet, le Ministre de la Santé publique a indiqué que 7.000 vaccins ont été acquis et acheminés sur place et que plus de 2.000 personnes ont, d’ores et déjà, été vaccinées. Aussi, 5 molécules thérapeutiques expérimentales approuvées par les comités éthique et scientifique, notamment le mab 114, développées par le professeur congolais Muyembe de l’INRB en collaboration avec le NAH aux Etats-Unis, ont-elles été utilisées depuis samedi 11 Aout 2018. 10 patients les ont déjà reçues et se portent bien.

Par ailleurs, les activités de vaccination se poursuivent sur les trois sites de Mabalako, Béni et Mandina. Depuis le début de la vaccination le 08 aout dernier, 1.693 personnes ont été vaccinés, dont 903 à Mabalako, 471 à Béni et 319 à Mandina, a conclu la direction générale de lutte contre la maladie.

Ci-dessous, le texte intégral du compte-rendu de ladite réunion.

COMPTE RENDU DE LA 16ème REUNION EXTRAORDINAIRE DU CONSEIL DES MINISTRES

Sous la présidence du Président de la République, Chef de l’Etat, S.E. Joseph Kabila Kabange, le Conseil des Ministres a tenu sa 16ème réunion extraordinaire ce 22 août 2018 à l’Immeuble du Gouvernement.
Un seul point était inscrit à l’ordre jour :

Examen et adoption d’un dossier

Il s’agit en l’espèce du dossier relatif à la riposte à l’épidémie de la maladie à virus Ebola présenté par le Ministre de la Santé Publique qui a signalé que c’est en date du 27 juillet 2018 que ses services ont été alertés par des décès groupés survenus dans l’aire de santé de Mangina, Zone de Santé de Mabalako avec un tableau clinique de fièvre, diarrhées, vomissement et autres signes hémorragiques. Une équipe d’investigation envoyée sur place le 30 juillet a prélevé et expédié vers Goma et Kinshasa 6 échantillons parmi lesquels 4 se sont révélés positifs à Ebola Zaïre (Likati). La déclaration de l’épidémie est intervenue le 1er août. Dès le lendemain 2 août, le Ministre de la Santé Publique est descendu à Mangina avec le Gouverneur du Nord-Kivu afin d’y déployer la première équipe composée de spécialistes en épidémiologie, laboratoire et prise en charge.

Cette épidémie dont l’épicentre a été localisé à la lisière de deux provinces à forte densité de population, le Nord-Kivu et l’Ituri de même que la grande mobilité de la population présente un grand défi de santé publique. En effet, des décès probables y relatifs ont été signalés dans les zones de santé de Beni, Oicha, Mabalako, Butembo, Musienene et Mandima alors que celles de Beni, Oicha, Mabalako et Mangina ont fait état de cas confirmés.

Le Ministre de la Santé Publique a présenté 9 mesures constituant les composantes de la riposte à savoir :

1) La surveillance épidémiologique ;
2) La surveillance des points d’entrée et de sortie vers les autres provinces et vers les pays voisins ;
3) La prévention des infections dans les lieux publics comme les marchés, les parkings, les lieux de culte et les écoles surtout à Mangina ;
4) La vaccination ;
5) La prise en charge psychologique et sociale des victimes et leurs proches ;
6) La sensibilisation psychosociale ;
7) L’installation de centres de traitement Ebola à Mangina, Goma et Beni ;
8) La gratuité des soins dans toutes les zones de santé affectées ;
9) Le remplacement de tout le matériel de l’Hôpital de Mangina.

Il convient de noter que la coordination de cette riposte a été faite sous le leadership du Gouvernement dont le Ministère de la Santé publique a mis en œuvre une stratégie mixte avec des cercles concentriques autour de l’épicentre pour ne pas disperser les forces et des équipes d’avance pour les investigations.

Le Budget de la riposte s’élève à 43 millions USD couvert respectivement par un reliquat de 13 millions USD affectés préalablement à la stabilisation après la riposte à la précédente épidémie à l’Equateur et les fonds propres du Gouvernementà travers le programme PDSS financé par la Banque mondiale et les partenaires (Chine, Japon, DIFID, USAID, Canada), ce qui a permis à ce qu’il n’y ait pas de gap de financement.

La riposte a bénéficié de l’expertise de la Center of Deseases Control (CDC) d’Atlanta (USA) dont quelques experts ont collaboré avec leurs homologues congolais. Elle a reçu l’appui technique et logistique de la Monusco, du système des Nations-Unies, de l’OMS, de l’UNICEF, de OCHA et Alima. Les FARDC à travers son Unité Militaire de Réaction Rapide (UMIR) présente à Beni et la Police Nationale Congolaise ont contribué à sécuriser toutes ces opérations dans ces zones où subsistent encore quelques forces négatives.

Quant à la situation épidémiologique, sur 102 cas signalés, 75 cas ont été confirmés avec 27 probables.Sur un total de 59 décès, 27 probables et 32 confirmés.

41 personnes ont été hospitalisées dont 33 confirmés surtout à Mangina.

Sur 308 analyses effectuées, 91 se sont avérées positives.

La vaccination, élément déterminant pour briser la chaîne de contamination, est en cours.

Le Ministre de la Santé Publique a indiqué que 7.000 vaccins ont été acquis et acheminés sur place et que plus de 2.000 personnes ont d’ores et déjà été vaccinées.

5 molécules thérapeutiques expérimentales approuvées par les comités éthique et scientifique, notamment le mAb 114 développées par le professeur congolais Muyembe de l’INRB en collaboration avec le NAH aux Etats-Unis, ont été utilisées. 10 patients l’ont déjà reçu et se portent bien.

Après débats et délibérations, le Gouvernement a approuvé ces mesures. Il a en outre, sur proposition du Ministère des Transports et Voies de Communications décidé d’initier une campagne de sensibilisation et de prévention contre l’épidémie à virus Ebola dans tous les corridors de transports de la Sous Régiond’Afrique dont la RD Congo fait partie ainsi que la mise en place des mécanismes de surveillance, protection, suivi et évaluation avec les services connexes à travers la CEPCOR, une structure spécialisée du Gouvernement pour la mise en œuvre des programmes et de la gestion des Corridors de transport au niveau africain.

Commencée à 10 Heures, la réunion du Conseil des Ministres s’est terminée vers 12 Heures.

Lambert MENDE OMALANGA
Ministre de la Communication et Médias
Porte-parole du Gouvernement

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