jeudi , 18 octobre 2018
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Quelle est la différence entre « journaliste », « chroniqueur » et « éditorialiste » ?

Le journaliste va rendre de faits précis, dans un but strictement informatif. Il est censé rester neutre et ne pas exposer son point de vue. Le chroniqueur va dépeindre un courant général, une tendance globale, un point de vue sociologique… Il peut-être satyrique, philosophique, ou historique, et n’est pas tenu à la neutralité… C’est un peu comme un historien de sa propre époque. Un chroniqueur parle toujours du même sujet (cinéma, santé, musique…). Un journaliste parle de l’actualité en général.

Le métier de chroniqueur existe depuis très longtemps dans le milieu journalistique et connait ses heures de gloire. Dans un magazine, à la télévision, à la radio et même désormais sur le web, les chroniqueurs sont partout. Souvent spécialisés dans un domaine bien précis (beauté, culture, politique, économie…), ils rédigent leurs chroniques avant de les transmettre au public ou aux lecteurs. A la différence d’un journaliste, le chroniqueur se doit d’user d’un ton particulier afin d’attiser la curiosité et l’intérêt du public : partage de ses coups de cœur, billets d’humeur ou encore utilisation de l’humour sont ses principales armes.

On pense parfois qu’il est simplement là pour amuser la galerie, pourtant le chroniqueur passe énormément de temps en amont à rédiger et à peaufiner ses chroniques. Dans la presse écrite, par exemple, le chroniqueur est un journaliste à qui la rédaction confie une rubrique car il aura su se démarquer grâce à son style et à sa plume unique.

Plusieurs ignorent en effet la différence entre journaliste, chroniqueur et éditorialiste.

Il existe plusieurs catégories de journalistes dans la presse quotidienne. Si on se concentre sur ceux qui signent les textes, on en retrouve quatre : le reporter, le critique, le chroniqueur (ou columnist) et l’éditorialiste.

Le reporter est celui qui va sur le terrain, qui recueille les informations et qui rédige un texte objectif sur une nouvelle ou un sujet donné. Il ne peut pas employer le « je », il ne peut pas donner son opinion. Son texte est neutre et rapporte les faits. Dans le métier, on a longtemps répété que la règle d’or du journaliste était de répondre aux cinq W (who, what, where, when et why).

Le critique travaille essentiellement dans les pages culturelles (à l’exception du critique restaurant) et se prononce sur les mérites d’une œuvre artistique (disque, film, livre, exposition, etc.).

Le chroniqueur, ou columnist, jouit d’une grande liberté. Il signe des chroniques où il peut exprimer son opinion personnelle, mais il peut aussi réaliser des entrevues ou des reportages qu’il pourra écrire à la première personne. Il ne faut pas confondre le chroniqueur et l’éditorialiste, qui n’écrit jamais ses textes à la première personne du singulier.

Par définition, l’éditorialiste prend position.

Traditionnellement, l’éditorial représente la position du propriétaire du journal sur des questions données. Il existe toutefois deux approches : les éditoriaux qui ne sont pas signés et ceux qui le sont.

On retrouve des éditoriaux non signés dans la presse anglo-saxonne. The Gazette, le New York Times ou le Globe and Mail publient des éditoriaux qui ne portent aucune signature. L’équipe éditoriale se réunit quotidiennement, cerne les sujets d’actualité sur lesquels le journal se prononcera, puis discute de la position à adopter. Il doit y avoir consensus au sein de l’équipe. À la fin, un éditorialiste rédigera le texte qui devra être approuvé par les autres.

Du côté francophone, l’approche est différente. Les éditoriaux sont signés (un Journal/Media peut ou ne pas avoir d’équipe éditoriale). Traditionnellement, l’éditorial représente la position du propriétaire sur un sujet donné. Dans les faits, c’est plus complexe. En effet, les propriétaires de journaux n’ont pas nécessairement une « position » sur tous les sujets d’actualité. En revanche, lorsque l’éditorialiste en chef prend position sur de grandes questions de société ou en campagne électorale, par exemple, il le fait au nom du propriétaire du journal. Sa position ne représente pas toujours celle de l’équipe éditoriale et elle ne représente jamais celle des journalistes de la salle de rédaction.

Physiquement, la page ou la section éditoriale occupe une place à part. Les éditoriaux ne sont pas disséminés un peu partout dans les pages du journal. Ils sont confinés dans un espace qui leur est propre. Enfin, la prise de position de l’éditorial n’empêche pas la publication d’opinions (chroniques, lettres de lecteurs, témoignages, etc.) qui vont à l’encontre des positions des éditorialistes.

[avec Nathalie COLLARD / LaPresse]

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