mardi , 23 juillet 2019
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President de la CENI RDC, Corneil NAANGA.
President de la CENI RDC, Corneil NAANGA.

RDC : Le doute persiste quant à un processus électoral inclusif, démocratique et apaisé

Les élections de décembre 2018, pour être crédibles, doivent impérativement être inclusives, transparentes et démocratiques. Et, pourquoi pas, apaisées. Il en va de l’intérêt supérieur de la nation que ces élections puissent générer des dirigeants véritablement légitimes, gage de stabilité politique et par ricochet de l’émergence de la RDC. Tirant les leçons des élections de novembre 2011, les parties prenantes à ce processus, y compris la majorité au pouvoir, ont signé l’accord du 31 décembre 2016. C’est la seule feuille de route consensuelle qui détermine les modalités d’organisation de ces élections dans un climat apaisé. L’accord de la Saint-Sylvestre met notamment un point d’honneur sur l’inclusivité du processus mais aussi le consensus comme seul mode de prise de décision dans l’organisation des élections. Il se fait justement que l’inclusivité n’est pas de mise à ce stade. Il est des acteurs politiques, particulièrement de l’Opposition, qui sont tenus à l’écart de ce processus. Dans une déclaration faite le 13 août, les acteurs majeurs de l’Opposition ont exigé la levée des mesures qui interdisent le candidat à la présidentielle, Moïse Katumbi, de rentrer en homme libre dans son pays. Ces leaders de l’Opposition ont aussi appelé à la libération des acteurs politiques maintenus injustement en prison notamment Diomi Ndongala, Franck Diongo, Jean Claude Muyambo et bien d’autres jeunes des mouvements citoyens, au nom d’un processus électoral apaisé.

Le président de la Céni tente de rassurer que le processus électoral a résolument mis le cap sur la date du 23 décembre 2018. Le gouvernement est en train de doter la Centrale électorale de toute la logistique nécessaire pour le déploiement des kits électoraux conformément au calendrier fixé. La Céni promet donc de se passer de la Monusco pour ces élections. Pourtant, ces assurances du patron de la Céni contrastent avec les inquiétudes exprimées tant par l’Opposition que par la communauté internationale. La machine à voter n’a jamais recueilli le consensus de tous. De même, le fichier électoral reste pollué de 6 millions d’électeurs sans empreinte digitale. Nangaa peut être confiant mais le doute persiste quant à un processus électoral inclusif, démocratique et apaisé.

Le président de la Commission électorale nationale indépendante (Céni), Corneille Nangaa, a rencontré les patrons des médias congolais, hier mardi 14 août, à Kinshasa. Le patron de la Céni a mis à profit cette rencontre informelle pour éclairer la lanterne des professionnels des médias sur les avancées du processus en cours. C’est un Corneille Nangaa confiant qui s’est présenté à la presse quant à la tenue effective des scrutins au 23 décembre 2018.

D’entrée de jeu, le président de la Centrale électorale s’est félicité du consensus qui est en train de se construire entre son institution et les parties prenantes au processus. A l’en croire, tous les acteurs politiques sont d’accord, à ce jour, avec le calendrier électoral du 5 novembre 2017. Il s’en suit que tous sont d’accord que les élections auront effectivement lieu le 23 décembre 2018. Et il l’a redit avec conviction : la Céni travaille pour que les scrutins aient lieu en cette date.

Tout aussi, le président de la Céni dit ne pas avoir d’inquiétudes sur le décaissement des fonds par le gouvernement de la République. Selon des informations concordantes, le gouvernement a déjà décaissé jusqu’au 31 juillet 50% du budget approuvé de la Céni. De même, Corneille Nangaa a réaffirmé la position du gouvernement de financer totalement ces élections, rappelant ainsi le souverainisme dont la majorité au pouvoir ne cessait de se prévaloir.

Dans la foulée, le président de la Céni a livré des assurances quant à la logistique. Selon ses dires, le gouvernement a pris toutes les dispositions pour doter la Centrale électorale de toute la logistique nécessaire pour le déploiement des kits électoraux sur l’ensemble du territoire national et dans le délai. « La CENI disposera de 7 hélicoptères neufs achetés qui seront pilotés par des jeunes congolais dont l’âge varie entre 21 et 27 ans encore en formation au Soudan du Sud », a dit Corneille Nangaa.

Et de renchérir que l’Etat congolais, à travers les Forces armées de la République démocratique du Congo, mettra à la disposition de la Céni 7 avions dont 3 Boeing, 1 DC8, 1 Antonov, 2 Antonov Iliouchine. A cela il faut ajouter 130 camions de gros tonnage et 195 pick up.

« La Chine fournira la quincaillerie électorale, l’Inde tout ce qui est énergie comme les panneaux solaires et la Corée du Sud, les machines à voter », a-t-il ajouté. A propos justement de la machine à voter, présentée dès le début comme une option, Corneille Nangaa a réaffirmé la nécessité d’utiliser cette technologie aux élections du 23 décembre. Il a profité de cette rencontre pour vanter les avantages de l’usage de cette technologie surtout si les élections doivent se tenir dans le délai. « Nous ferons en sorte que pas un seul jour ne soit perdu. Cap vers le 23 décembre 2018 et ces élections auront lieu », a-t-il martelé.

Pour le président de la Céni, le fait que le président de la République ait désigné un dauphin, en la personne d’Emmanuel Ramazani Shadary, rien ne devrait s’opposer désormais à la tenue d’élections le 23 décembre prochain. Au passage, Corneille Nangaa s’est félicité d’avoir toujours dit en son temps aux partenaires extérieurs de la RDC que Joseph Kabila ne se représenterait pas.

Le doute dans l’Opposition

Les élections de décembre 2018, pour être crédibles, doivent impérativement être inclusives, transparentes et démocratiques. Et, pourquoi pas, apaisées. Il en va de l’intérêt supérieur de la nation que ces élections puissent générer des dirigeants véritablement légitimes, gage de stabilité politique et par ricochet de l’émergence de la RDC.

Tirant les leçons des élections de novembre 2011, les parties prenantes à ce processus, y compris la majorité au pouvoir, ont signé l’accord du 31 décembre 2016. C’est la seule feuille de route consensuelle qui détermine les modalités d’organisation de ces élections dans un climat apaisé.

L’accord de la Saint-Sylvestre met notamment un point d’honneur sur l’inclusivité du processus mais aussi le consensus comme seul mode de prise de décision dans l’organisation des élections. Il se fait justement que l’inclusivité n’est pas de mise à ce stade. Il est des acteurs politiques, particulièrement de l’Opposition, qui sont tenus à l’écart de ce processus.

Dans une déclaration faite le 13 août, les acteurs majeurs de l’Opposition ont exigé la levée des mesures qui interdisent le candidat à la présidentielle, Moïse Katumbi, de rentrer en homme libre dans son pays. Ces leaders de l’Opposition dont Jean Pierre Bemba, Félix Tshisekedi, Vital Kamerhe, Freddy Matungulu, tous des candidats à la présidentielle, ont aussi appelé à la libération des acteurs politiques maintenus injustement en prison notamment Diomi Ndongala, Franck Diongo, Jean Claude Muyambo et bien d’autres jeunes des mouvements citoyens, au nom d’un processus électoral apaisé.

L’imposition de la machine à voter, par la Céni, viole justement le principe de consensus couché dans l’accord du 31 décembre. Dans leur déclaration du 13 août, les leaders de l’Opposition ont exigé le retrait de cet outil électronique et le nettoyage du fichier électoral, pollué de plus de 6 millions d’électeurs sans empreintes digitales. Des doléances sur lesquelles la Céni fait la sourde oreille jusque-là.

Très justement, voilà qui pousse les 15 membres du Conseil de Sécurité de l’ONU, au cours de leur réunion du 13 août, à encourager toutes les parties prenantes congolaises « à créer toutes les conditions nécessaires pour assurer un environnement propice à la conduite pacifique et inclusive des activités politiques et faire en sorte que les élections se déroulent dans les conditions requises de transparence, de crédibilité et d’inclusion ».

[lePotentiel]

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