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Licenciement de Gustavo POYET : Bordeaux mise sur Thierry HENRY

Dernière mise à jour, le 22 août 2018 à 10:50

Gustavo Poyet, entraîneur de Bordeaux vainqueur de Mariupol (2-1) en Europa League, s’est montré furieux en conférence de presse contre ses dirigeants qui ont laissé partir l’attaquant Gaëtan Laborde à Montpellier sans l’en avertir, menaçant de quitter le club. « Je ne suis pas content aujourd’hui, c’est mon plus mauvais jour dans ce club », a déclaré Poyet. « Ce que le club a fait aujourd’hui avec Gaëtan Laborde, c’est une honte. J’ai demandé au club qu’il ne parte pas jusqu’à qu’on prenne un joueur, ils n’ont pas recruté et ils ont fait partir Laborde ». En quête d’un successeur à Gustavo Poyet dont la mise à pied devrait déboucher vendredi sur un licenciement, Bordeaux a misé sur Thierry Henry.

Le technicien uruguayen avait convoqué Laborde pour le match retour du 3e tour de qualification de l’Europa League jeudi soir contre Mariupol. Le joueur avait participé normalement au dernier entraînement à huis clos mercredi matin au Haillan mais « quand on est arrivé à l’hôtel aujourd’hui (jeudi) à 11h45, Laborde n’était pas là. On l’a appelé, il était à Montpellier. Personne ne m’a rien dit ».

Interrogé sur ses intentions à venir alors que des tensions sont de plus palpables et profondes entre lui et la direction des Girondins, Poyet a indiqué qu’il voulait « parler avec (son) agent demain (vendredi) et je vais prendre une décision. Je ne sais pas si ça ne va pas se finir (avec Bordeaux) ».

« C’est une honte d’avoir fait ça contre moi, les joueurs et les supporters, je ne peux pas accepter ça », a-t-il poursuivi quand la presse l’a relancé. » Je sais quels dirigeants vous disent que j’étais au courant, ils le disent par derrière. Mais moi j’ai les +cojones+ de le dire en face, personne ne m’a averti de son départ. Alors j’ai besoin d’une explication du club, des propriétaires et des présidents. S’ils m’expliquent ça demain, on verra si je continue ou pas mais j’ai besoin d’explication ».

Mis au courant de la sortie de son entraîneur, le président Stéphane Martin a expliqué que Poyet « avait été mis au courant du départ de Laborde dès mercredi après-midi ». « S’il a pris sa décision seul, on verra… », a-t-il conclu.

Bordeaux en barrages contre La Gantoise

Bordeaux, frustré par son entame manquée en L1 contre Strasbourg, a parfaitement réagi jeudi aux dépens des Ukrainiens de Mariupol (2-1) pour s’offrir une place en barrages de l’Europa League contre La Gantoise.

Les Girondins joueront le match aller en Belgique dans une semaine – le club de leur recrue nigériane Samuel Kalu, enfin qualifié et disponible cette saison.

Finir le travail bien débuté à l’aller (3-1) et montrer un autre visage que celui proposé contre le Racing (0-2), telles étaient les deux missions des hommes d’un Gustavo Poyet qui, en l’espace de 24 heures, a vu partir deux enfants du club, Paul Baysse en prêt à Caen, et surtout Gaëtan Laborde, son double buteur à Odessa, à Montpellier.

Ces contre-temps n’ont pas troublé outre mesure son équipe dans laquelle le vétéran Plasil avait cédé au coup d’envoi sa place de sentinelle au placardisé Otavio. Son entame le prouvait avec Pablo, malheureux dimanche après son exclusion express contre les Alsaciens, en détonateur sur deux corners de De Préville.

Il reprenait victorieusement le premier dans la confusion mais son but était refusé pour un hors-jeu de position de Kamano (2). Sur le suivant, il coupait la balle de la tête au premier poteau mais le cuir finissait sur le poteau de Galchuk (10).

Le portier ukrainien, suppléant de Khudzhamov coupable à l’aller, s’était aussi illustré en repoussant une tête piquée à bout portant de Sankharé, servi idéalement par Youssouf (4).

Après leur premier quart d’heure plein d’envie conclu par une tête de De Préville juste au dessus, les Girondins ont ronronné, sans être inquiétés par des Ukrainiens guère folichons, ayant un mal fou à s’approcher des buts de Costil.

Tout juste le gardien aquitain a été sollicité sur une demi-volée de Myshnov, le buteur du match aller (36), puis une tête de Tyshchenko à la reprise (52).

Cette dernière tentative avait le don de réveiller des locaux au rythme de sénateurs depuis un moment. Et quel réveil! Servi en retrait par Kamano, Poundjé fêtait ses 26 ans d’un missile dans la lucarne de Galchuk (1-0, 54).

A peine le temps de savourer le ralenti que Kamano s’en allait slalomer dans la surface ukrainienne et son centre léché du gauche en retrait trouvait la tête plongeante de Sankharé qui doublait la mise (2-0, 55). De bon augure avant le déplacement dans trois jours à Toulouse.

Niveau suspense, c’en était définitivement fini mais Mariupol sauvait son honneur avec un coup-franc direct admirable de Fomin dans la lucarne de Costil (66).

La fin de match était plus décousue avec pas mal de contre-attaques à se mettre sous la dent pour les Bordelais mais De Préville confirmait qu’il a perdu toute confiance en vendangeant deux face à face avec le dernier rempart visiteur (71, 84).

BORDEAUX MISE SUR THIERRY HENRY

Coup de foudre au Haillan ? En quête d’un successeur à Gustavo Poyet dont la mise à pied devrait déboucher vendredi sur un licenciement, Bordeaux a misé sur Thierry Henry, champion du monde 1998 prêt à son tour à franchir le pas.

On en oublierait presque que les Girondins sont actuellement en Belgique pour préparer leur barrage aller de Ligue Europa contre La Gantoise, dernière étape pour s’offrir un automne européen, sous la férule de l’intérimaire Éric Bedouet.

Depuis jeudi dernier et la sortie virulente de Poyet à l’égard de sa direction, c’est la recherche d’un nouveau coach qui accapare le quotidien de la direction bordelaise. Et elle n’a pas été vaine.

Le nom de l’ancien crack des Gunners, cité au Haillan dès vendredi au même titre que ceux de Laurent Blanc, Jürgen Klinsmann, Claudio Ranieri, Jocelyn Gourvennec ou encore Rémi Garde, revient avec insistance ces dernières heures et les chances de le voir débarquer à la tête des Girondins sont montées en flèche.

Selon RMC Sport, le recordman des buts en équipe de France aurait même dit oui aux Girondins. Selon 20 Minutes, il doit se rendre jeudi aux États-Unis pour rencontrer les Américains de GACP, qui deviendront officiellement propriétaires des Girondins le 28 septembre prochain à l’issue d’un vote à Bordeaux-Métropole.

Pour l’heure, aucun dirigeant ne veut ou ne peut confirmer ce mariage en raison: la procédure de licenciement enclenchée contre Poyet, dans les faits toujours en poste, prendra fin vendredi.

L’aval de Wenger

A 41 ans, celui qui vient de faire ses premières armes en Belgique comme adjoint en charge des attaquants des Diables Rouges – la Fédération belge ne désespérait pas récemment encore de le convaincre de passer premier adjoint du sélectionneur Roberto Martinez – deviendrait le septième champion du monde 1998 à épouser la carrière de coach principal, après Didier Deschamps, Laurent Blanc, Lionel Charbonnier, Bernard Diomède, Zinédine Zidane et Patrick Vieira.

Dernièrement, l’entourage de l’idole d’Highbury s’est renseigné sur les us et coutumes des Girondins, le contexte bordelais mais aussi sur les arguments sportifs et financiers que doit apporter GACP, appelé à valider in fine sa candidature.

En coulisses, son profil, ses connaissances du football, ont fait l’unanimité et il a même reçu l’aval d’Arsène Wenger, son ancien manager à Arsenal, via le quotidien Corse-Matin: « Oui, il a envie de le faire. Il est intelligent et il en a les qualités. La question existentielle que l’on se pose toujours, c’est de savoir si on est prêt à sacrifier sa vie pour le métier d’entraîneur ».

Par le passé, les Girondins ont donné deux fois leur chance à des novices. En 2007 d’abord avec Laurent Blanc pour une réussite insolente (champion de France et Coupe de la Ligue en 2009) synonyme de tremplin vers les Bleus et le Paris SG; puis en 2014 à Willy Sagnol, en le débauchant des Espoirs français, mais l’idylle s’est conclue par un divorce en mars 2016.

Risque assumé ?

En terme d’image, l’arrivée d’Henry permettrait à Bordeaux de redevenir un peu plus glamour que ces dernières saisons où il vivotait derrière le Top 4, au grand désespoir de ses supporteurs inquiets par ailleurs de la tournure de la passation des pouvoirs à venir.

En rejoignant ce Bordeaux-là, instable avec ses entraîneurs depuis la fin de l’ère Laurent Blanc en 2010, qui s’est affaibli durant l’intersaison avec la perte du Brésilien Malcom parti à Barcelone et pointe à une décevante 18e place en L1 cette saison après deux journées, Henry prendrait de son côté un risque pour la suite de sa carrière d’entraîneur en cas d’échec.

Une donnée que +Titi+ a assurément mesurée, de même que les moyens qui seront mis à sa disposition pour les neuf derniers jours du mercato.

Sur ce point, le temps presse vraiment. Pour son barrage aller, Bordeaux rêvait de se présenter à Gand avec un nouvel avant-centre fraichement débarqué.

Mais à force de tâtonner, le dossier du Brésilien Pedro (21 ans, 1,85 m), l’actuel meilleur buteur de son championnat avec Fluminense et convoqué pour la première fois par son sélectionneur Tite pour les matches amicaux de septembre, n’a toujours pas abouti. Et les plans B qui circulent ne suscitent guère d’enthousiasme chez les décideurs girondins.

A voir désormais si l’aura ou le carnet d’adresse d’Henry ne vont pas changer cette donne.

[avec Afp]

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