jeudi , 1 octobre 2020
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Effondrement de la livre turque : Inquiétude d’un effet contagieux en Europe et Asie

Le président turc a annoncé mardi que la Turquie boycotterait les appareils électroniques américains. « Nous allons appliquer un boycott contre les produits électroniques américains », a lancé M. Erdogan au cours d’un discours virulent à Ankara. « S’ils ont des iPhone, il y a des Samsung de l’autre côté », a-t-il ajouté. Ces déclarations surviennent alors que Washington et Ankara traversent une crise diplomatique ayant conduit ces deux alliés au sein de l’Otan à s’imposer des sanctions réciproques en août. Ces tensions, ainsi que la mainmise croissante de M. Erdogan sur l’économie turque, ont provoqué ces derniers jours un effondrement de la livre qui a suscité l’inquiétude sur les places boursières européennes et asiatiques redoutant un effet contagieux. M. Erdogan a prévenu Washington qu’il pourrait être poussé à trouver « de nouveaux amis et de nouveaux alliés ».

Le président Recep Tayyip Erdogan a annoncé mardi que la Turquie boycotterait les appareils électroniques américains, poursuivant une escalade des tensions avec les Etats-Unis et mettant au supplice la livre turque qui semblait toutefois se stabiliser.

« Nous allons appliquer un boycott contre les produits électroniques américains », a lancé M. Erdogan au cours d’un discours virulent à Ankara. « S’ils ont des iPhone, il y a des Samsung de l’autre côté », a-t-il ajouté.

Ces déclarations surviennent alors que Washington et Ankara traversent une crise diplomatique ayant conduit ces deux alliés au sein de l’Otan à s’imposer des sanctions réciproques en août.

Ces tensions, ainsi que la mainmise croissante de M. Erdogan sur l’économie turque, ont provoqué ces derniers jours un effondrement de la livre qui a suscité l’inquiétude sur les places boursières européennes et asiatiques redoutant un effet contagieux.

Mais la devise turque, qui a perdu 16% de sa valeur face au dollar vendredi et quelque 8% lundi, reprenait des couleurs mardi. A 14H00 GMT, 6,54 livres s’échangeaient contre un dollar, soit un gain de 5% sur la journée.

Le chef de l’Etat turc, connu pour son style pugnace, a mis cette crise monétaire sur le compte d’un « complot » ourdi à Washington.

La Turquie « est la cible d’une agression économique », a assuré mardi M. Erdogan, appelant ses concitoyens à délaisser l’iPhone, appareil téléphonique phare de la marque américaine Apple, pour la marque turque Vestel.

Les produits Apple sont très utilisés en Turquie, y compris par M. Erdogan lui-même: lors de la tentative de coup d’Etat de juillet 2016, il avait lancé un appel à ses partisans via FaceTime, une fonction développée par Apple.

« Chaos »

L’appel au boycott de M. Erdogan a provoqué des réactions mitigées sur les réseaux sociaux, où de nombreux internautes soulignaient qu’avec la chute de la livre, la plupart des Turcs n’auront de toute façon plus les moyens de se procurer un iPhone.

La Maison Blanche n’a pas répondu directement aux menaces du président turc, ni aux possibles représailles.

« Le président ressent beaucoup de frustration du fait que le pasteur ne soit pas libéré », a simplement déclaré Sarah Sanders, porte-parole de la Maison Blanche.

Car les turbulences entre la Turquie et les Etats-Unis se sont renforcées au cours des derniers mois avant de virer à l’orage en juillet à cause de la détention en Turquie du pasteur américain Andrew Brunson.

Ce dernier est accusé par Ankara d’espionnage et d’activités « terroristes », ce qu’il nie en bloc. Après plus d’un an et demi d’incarcération, il a été placé en juillet en résidence surveillée.

Le chargé d’affaires américain en Turquie Jeffrey Hovenier a rendu visite mardi au pasteur Brunson et a appelé à sa libération « sans délai ».

Et l’avocat turc du pasteur a indiqué mardi à l’AFP qu’il avait à nouveau fait appel de l’assignation à résidence de son client.

En dépit des tensions, la Turquie et les Etats-Unis maintiennent leurs contacts. Lundi, l’ambassadeur de Turquie à Washington a rencontré le conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump, John Bolton.

« Il lui a transmis le message suivant: les pressions, les menaces, ne causeront que du chaos dans les relations avec la Turquie », a déclaré le chef de la diplomatie turque Mevlüt Cavusoglu.

« Raser la barbe »

Cette montée des tensions est l’un des principaux facteurs ayant provoqué l’effondrement de la livre ces derniers jours. La devise turque a perdu plus de 40% de sa valeur depuis le début de l’année.

Face à cette débâcle et pendant que M. Erdogan croise le fer avec Washington, les autorités turques s’efforcent d’apaiser les marchés.

Lundi, la banque centrale turque a annoncé une facilitation des liquidités pour les banques et promis de prendre les « mesures nécessaires » pour assurer la stabilité.

Le ministre des Finances Berat Albayrak, qui est le gendre de M. Erdogan, a affirmé mardi qu’Ankara continuerait de « protéger la livre ».

Dénonçant lui aussi une « attaque » contre la devise turque, il a déclaré: « En essayant de nous raser la barbe, ils ne feront que perdre leurs bras ».

Albayrak doit s’entretenir avec plusieurs centaines d’investisseurs étrangers jeudi par téléconférence, selon la chaîne d’information NTV.

FERMER LA BASE D’INCIRLIK POURRAIT COÛTER CHER À ANKARA

Une fermeture aux appareils américains d’Incirlik, principale base aérienne de l’Otan en Turquie et important soutien des opérations de la coalition antijihadistes en Syrie, pourrait s’avérer coûteuse pour Ankara, selon plusieurs analystes.

Alors que les relations entre les Etats-Unis et la Turquie, alliés au sein de l’Alliance atlantique, ont atteint leur plus bas depuis des décennies ces dernières semaines, le président turc Recep Tayyip Erdogan a prévenu Washington qu’il pourrait être poussé à trouver « de nouveaux amis et de nouveaux alliés ».

Erdogan a notamment eu une conversation téléphonique avec le président russe Vladimir Poutine, avec lequel il a discuté de questions économiques et commerciales ainsi que de la crise en Syrie.

Et selon des documents publiés la semaine dernière par des médias américains, un groupe d’avocats proches du gouvernement turc a déposé une motion devant le tribunal d’Adana, ville la plus proche de la base d’Incirlik, pour demander l’arrestation d’officiers américains accusés d’avoir participé au coup d’Etat manqué de juillet 2016 contre M. Erdogan.

Les avocats citent notamment le général Joseph Votel, commandant des forces américaines au Moyen-Orient, parmi les responsables américains dont ils veulent l’arrestation.

« Nous n’avons constaté aucun changement dans nos relations avec nos alliés turcs », a pourtant assuré mardi le général britannique Felix Gedney, commandant adjoint des forces de la coalition en Syrie et Irak.

Mais pour l’ancien commandant des forces de l’Otan James Stavridis, la situation est inquiétante. « Perdre la Turquie serait une erreur géopolitique monumentale », a-t-il estimé lundi sur la chaîne MSNBC. « On devrait pouvoir l’empêcher, mais c’est à la Turquie de faire le premier pas à ce stade ».

Un avis partagé par Joshua Landis, directeur du Center for Middle East Studies, pour qui « c’est la Turquie qui souffrira le plus » des tensions avec Washington.

« Je soupçonne fort qu’Incirlik va rester », précise-t-il à l’AFP. « Pour la Turquie, chasser les Etats-Unis serait un revers majeur et je ne pense pas qu’Erdogan le veuille ».

Têtes nucléaires

La base d’Incirlik, dans le sud de la Turquie, a été construite par les Etats-Unis en 1951, au plus fort de la Guerre froide. Elle a servi de base arrière pour les opérations américaines dans toute la région et elle abrite 50 têtes nucléaires de la force de dissuasion de l’Otan, qui assurent depuis des décennies la sécurité de la Turquie.

Depuis le 11-Septembre, elle fournit le plus gros de l’assistance logistique aux opérations de l’Otan en Afghanistan et elle est largement utilisée depuis 2015 pour les opérations de la coalition internationale en Irak et en Syrie.

Mais aujourd’hui, avec une Turquie qui apparaît de plus en plus instable, certains experts suggèrent de réduire la dépendance de l’US Air Force à la base d’Incirlik.

« Je ne veux pas dire que nous devrions rompre nos relations avec la Turquie, mais (…) la chose que les Turcs ont tendance à brandir le plus facilement –l’accès à la base d’Incirlik– devient de moins en moins importante », déclarait récemment Steven Cook, du Council on Foreign Relations.

Et le centre de recherche Bipartisan Policy Center, qui encourage les compromis entre républicains et démocrates, a publié sur son site une carte de la région avec toutes les alternatives possibles à Incirlik pour les opérations américaines au Proche-Orient, notamment des bases aériennes en Jordanie ou au Koweït.

De plus, les tensions avec les Etats-Unis risquent de coûter cher à la Turquie en termes de programmes militaires.

Le Congrès américain a interdit au Pentagone de livrer à la Turquie le moindre avion de combat F-35 tant qu’Ankara ne se serait pas engagée à ne pas finaliser ses négociations avec la Russie pour l’achat de systèmes de défense antiaérienne russes S-400, auxquels cet avion furtif est censé pouvoir échapper.

Et Ankara, partenaire depuis 2002 du consortium international ayant financé le F-35, risque de perdre un juteux contrat de 1,5 milliard de dollars avec le Pakistan pour la vente de 30 hélicoptères d’attaque de fabrication turque T-129 ATAK.

Selon la publication spécialisée Defense News, qui cite des responsables militaires turcs, l’appareil comporte des pièces fabriquées aux Etats-Unis. Washington pourrait décider d’en bloquer l’exportation si les relations s’envenimaient encore.

Signe que malgré l’escalade verbale, les dirigeants turcs semblent soucieux de ne pas aggraver la situation, la Maison Blanche a annoncé lundi que l’ambassadeur de Turquie à Washington, Serdar Kilic, avait rencontré le conseiller à la sécurité nationale de la présidence, John Bolton.

UNE AUBAINE POUR LES TOURISTES

Nassir Elnabir, un adolescent saoudien venu passer quelques jours à Istanbul avec sa famille, arbore un large sourire en sortant d’une boutique de luxe. « Tout devient de moins en moins cher », s’esclaffe-t-il. « Ce qui valait 1.000 dollars hier me coûte 600 dollars aujourd’hui ».

Si elle est synonyme de chute de pouvoir d’achat pour les Turcs, la débâcle ces derniers jours de la livre turque, qui a perdu plus de 40% de sa valeur depuis le début de l’année, s’est transformée en aubaine pour les touristes aux poches remplies de devises étrangères.

Depuis vendredi, jour où la monnaie turque s’est effondrée de 16%, des touristes principalement venus d’Asie et des pays du Golfe forment de longues files d’attente devant les boutiques de luxe comme Louis Vuitton ou Chanel dans les quartiers huppés d’Istanbul.

Leur objectif : faire de bonnes affaires avant l’ajustement des prix en fonction de la chute de la livre.

« C’est comme s’il y avait eu des soldes de 30% », se réjouit Nassir. « Personnellement, j’ai été affecté de manière très positive ».

Xenos Lemis, un touriste venu de Chypre, suit la débâcle de la livre turque en temps réel depuis plusieurs jours.

« On regarde le taux de la livre toutes les deux heures. A chaque fois, ça change beaucoup. Pour un touriste qui fait des achats, c’est du pain bénit », dit-il.

D’autres visiteurs se lamentent d’avoir changé leurs devises étrangères trop tôt, avant l’écroulement de la livre en fin de semaine dernière.

« Je suis très surpris parce que j’ai retiré une somme importante en livre turque à la banque et quand je me suis réveillé, le lendemain matin, j’ai découvert que j’avais perdu (au change) », soupire Kobe Wu Kejia, un touriste chinois. « C’est vraiment effrayant », dit-il.

« Une semaine de plus »

Durement frappée par l’instabilité sécuritaire après une vague d’attentats et un putsch manqué en 2016, l’industrie du tourisme en Turquie semble avoir repris du poil de la bête cette année, en dépit des tourments économiques que connaît le pays.

Le secteur a réussi à diversifier son offre pour attirer des touristes venus d’Arabie saoudite ou d’Iran, tandis que les européens reviennent en Turquie après avoir boudé le pays. Et la chute de la livre a de quoi séduire un peu plus des visiteurs munis d’euros.

Selon Firuz Baglikaya, le patron de la puissante Association des agences de voyage turques (Türsab), le nombre de touristes se rendant en Turquie est en augmentation de 30% cette année.

« Nous tablons sur l’entrée de 32 milliards de dollars en devises étrangères », déclare-t-il à l’agence de presse étatique Anadolu. « Depuis 2017, notre objectif était d’attirer 40 millions de touristes (par an). Sauf développement négatif, cet objectif sera atteint » cette année, ajoute-t-il.

Dans les quartiers historiques d’Istanbul, comme à Eminönü, sur la rive européenne de l’ancienne capitale ottomane, les touristes reconnaissent volontiers que la chute de la livre a joué dans le choix de leur destination.

« En premier lieu, bien sûr, c’est un avantage pour nous », confie Barbara, une Allemande qui se promène avec son époux dans la Corne d’Or, le coeur historique et touristique de la partie européenne d’Istanbul.

« Mais d’un autre côté, nous avons un peu de peine pour tous ces commerçants dans les boutiques qui ne gagnent plus autant. Donc il y a deux facettes » à la chute de la livre, relève-t-elle.

Martin Bifrare, venue en famille de Suisse, envisage lui de profiter de l’aubaine en prolongeant son séjour à Istanbul, ville devenue plus abordable en raison des tourments de la livre turque.

« Avec cette situation économique, cela pourrait faire que l’on décide par exemple de rester une semaine de plus », dit-il, « ou qu’on se permette quelques excursions que l’on n’aurait pas forcément faites autrement ».

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