jeudi , 17 septembre 2020
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Pédophilie : L’église catholique doit disparaitre !

Une enquête des services du procureur de Pennsylvanie publiée mardi a mis au jour des abus sexuels perpétrés par plus de 300 « prêtres prédateurs » et couverts par l’église catholique de cet Etat, dont ont été victimes au moins mille enfants. Le rapport final, rédigé par un jury populaire auquel avaient été soumises les conclusions de l’enquête, indique que « quasiment tous les cas » allégués sont aujourd’hui frappés par la prescription et ne peuvent être poursuivis pénalement. En procédure pénale américaine, le ministère public peut soumettre des faits à un jury populaire, qui décidera s’il y a ou non matière à poursuites.

Deux prêtres ont néanmoins été inculpés, l’un pour des agressions sexuelles répétées sur plusieurs enfants, dont les plus récentes remontent à 2010.

L’autre prêtre, accusé d’agression sur un enfant de 7 ans, a plaidé coupable fin juillet mais le chef d’accusation retenu est un délit et non un crime et n’est passible que de cinq ans d’emprisonnement au maximum.

Même s’ils ne sont plus passibles de poursuites, les jurés ont également choisi de rendre publics les noms de dizaines d’hommes d’église accusés de pédophilie par des éléments de l’enquête.

Le rapport évoque des agressions sexuelles dont certaines victimes présumées avaient moins de dix ans.

Il cite le cas d’un prêtre ayant abusé de cinq soeurs, dont la plus jeune n’avait que 18 mois au début des faits présumés.

Ce n’est pas la première fois qu’un jury populaire publie un rapport dévoilant des cas de pédophilie au sein de l’église catholique américaine, mais jamais une enquête n’avait révélé autant de cas.

« Des prêtres violaient des petits garçons et des petites filles et les hommes d’église qui étaient leurs responsables n’ont rien fait. Durant des décennies », ont écrit les membres du jury dans le rapport publié mardi.

De nombreuses anecdotes, figurant dans le rapport, dépeignent une hiérarchie ayant souvent eu une démarche active pour ne pas ébruiter les cas d’abus sexuels et pour protéger les auteurs de ces agressions.

Lors d’une conférence de presse mardi, le procureur de Pennsylvanie Josh Shapiro a également souligné que l’enquête avait mis en cause l’attitude de plusieurs policiers, refusant d’enquêter sur des accusations visant des prêtres.

« Faibles lois »

Les jurés disent « reconnaître que beaucoup de choses ont changé (au sein de l’église catholique) ces quinze dernières années » mais soulignent que les deux inculpations montrent que « les abus d’enfants au sein de l’église n’ont pas disparu ».

Malgré des réformes institutionnelles, « les hauts responsables de l’église ont le plus souvent échappé à leurs responsabilités », poursuit le rapport.

Des évêques et des cardinaux « ont, pour l’essentiel, été protégés. Beaucoup, dont certains sont nommés dans ce rapport, ont été promus. Tant que cela ne change pas, nous pensons qu’il est trop tôt pour refermer le chapitre des scandales sexuels de l’église catholique. »

« Nous aimerions tous que d’autres inculpations soient possibles, mais la manipulation de nos faibles lois par l’église a mis trop de prédateurs hors de portée », a commenté M. Shapiro.

« La dissimulation a rendu impossible que justice soit rendue pour ces victimes », a-t-il ajouté.

Dans son rapport, le jury formule plusieurs propositions de réforme, notamment une modification de la législation de la Pennsylvanie pour allonger le délai de prescription, au pénal et au civil, et restreindre le champ des accords de confidentialité, auxquels l’église catholique a eu fréquemment recours, d’après l’enquête.

Selon l’organisation Bishop Accountability, 6.721 prêtres ont été accusés d’abus sexuels aux Etats-Unis pour des faits présumés inclus dans la période allant de 1950 à 2016.

La même association estime à 18.565 le nombre d’enfants victimes de ces agissements.

Fin juillet, le pape François a accepté la démission du célèbre cardinal Theodore McCarrick, accusé d’abus sexuels sur un adolescent.

Plusieurs autres hauts prélats ont été contraints de démissionner pour avoir fermé les yeux, dont les cardinaux Roger Mahony (Los Angeles) et Bernard Law (Boston), décédé fin 2017.

Les agissements de l’archevêque Bernard Law ont été au coeur d’une vaste enquête du Boston Globe, qui a reçu le prix Pulitzer avant de faire l’objet d’un film, « Spotlight », couronné des Oscars du meilleur film et du meilleur scénario en 2016.

PÉDOPHILIE : PAPE FRANÇOIS SOUS PRESSION

Déstabilisé par une enquête sur des sévices sexuels qu’ont fait subir des membres du clergé à un millier d’enfants aux Etats-Unis, le pape François a reconnu que l’Eglise avait « abandonné les petits » dans une lettre inédite aux catholiques, mais reste sous pression pour changer radicalement la donne dans les diocèses.

« L’horloge tourne pour nous tous dirigeants de l’Eglise, les catholiques ont perdu patience avec nous et la société civile a perdu confiance en nous », a reconnu dans une déclaration écrite le cardinal Sean O’Malley, l’archevêque de Boston, qui dirige justement une commission de lutte contre la pédophilie conseillant le pape sur le dossier le plus explosif de l’Eglise catholique-romaine.

L’archevêque de Dublin, Mgr Diarmuid Martin, qui accueillera samedi le pape François en Irlande, un autre pays où les abus de pouvoir de l’Eglise ont laissé de profondes blessures, juge cette commission trop petite pour être efficace.

« Ca ne suffit pas de présenter ses excuses », lâche-t-il, « des structures qui permettent ou facilitent des abus doivent être démantelées pour toujours ».

Une enquête du procureur de Pennsylvanie a mis au jour la semaine dernière des abus sexuels perpétrés par plus de 300 « prêtres prédateurs » sur au moins mille enfants.

« Des prêtres violaient des petits garçons et des petites filles et les hommes d’Eglise qui étaient leurs responsables n’ont rien fait des décennies durant », ont écrit les membres d’un jury populaire dans un rapport fournissant des détails cauchemardesques.

Un nouveau coup porté au pape François, critiqué pour sa lenteur à agir et sa réticence à prendre ses distances vis-à-vis de certains cardinaux soupçonnés d’omerta.

« Avec honte et repentir, en tant que communauté ecclésiale, nous reconnaissons que nous n’avons pas su être là où nous le devions, que nous n’avons pas agi en temps voulu en reconnaissant l’ampleur et la gravité du dommage qui était infligé à tant de vies. Nous avons négligé et abandonné les petits », a écrit le pape dans une lettre ouverte adressée cette semaine au « Peuple de Dieu ».

En 2010, le pape Benoît XVI avait reconnu la responsabilité de l’Eglise dans les abus commis en Irlande, via une lettre aux fidèles.

Fin mai, François a écrit aux Chiliens, qui font face à un vaste scandale de pédophilie. Lundi, il a choisi de parler aux 1,3 milliard de catholiques de la planète des « atrocités » commises par l’Eglise, une démarche sans précédent.

Appels à légiférer

Certes, mais « François n’a proposé aucune mesure spécifique », relève le vaticaniste américain John Allen, notant qu’il ne prononce pas une seule fois le mot « évêque ».

« Dans cette grande mer de l’opinion publique, l’idée commence à avancer que les mea culpa, les déclarations et les rencontres avec les victimes ne suffisent plus », estime Marco Politi, un expert italien du Vatican.

« Il revient à François d’agir maintenant en législateur suprême », en modifiant le droit canon qui régit l’Eglise, suggère-t-il. Dans ce domaine, il y a déjà « des exemples vertueux », dans les épiscopats des Etats-Unis, de la Grande-Bretagne ou de l’Allemagne.

« Le pape pourrait obliger les conférences épiscopales à envoyer aux autorités judiciaires les signalements d’abus reçus », dit à l’AFP Emiliano Fittipaldi, auteur de plusieurs livres d’enquête critiques sur l’Eglise, considérant lui aussi que « les excuses ne suffisent plus ».

« Nous ne voulons pas de procès au sein du Vatican ! », confie pour sa part Francesco Zanardi, à la tête d’une association italienne de victimes.

D’après le blog vaticaniste « Il Sismografo », le pape pourrait très prochainement faire publier un document de procédures très spécifiques à l’intention des évêques. Le Vatican ne confirme cependant pas cette information.

A l’actif du pape François, l’introduction en 2016 dans le droit canon de la révocation d’évêques en cas de « négligence » dans des signalements d’actes de pédophilie.

Mais l’obligation de dénonciation à la justice civile par la hiérarchie n’est effectivement pas inscrite dans le droit de l’Eglise. En dehors des cas où la loi du pays l’impose, certains épiscopats ne veulent pas en entendre parler.

L’écrivaine franco-canadienne Nancy Huston a pour sa part demandé au souverain pontife de mettre fin au célibat des prêtres et de reconnaître l’importance de la sexualité dans l’équilibre des êtres humains, via une tribune parue cette semaine dans Le Monde. Le Vatican ne semble toutefois pas y être encore prêt, même si le pape François avait assuré en 2014 que le célibat des prêtres n’était « pas un dogme ».

LETTRE DU PAPE FRANÇOIS AU PEUPLE DE DIEU

« Si un membre souffre, tous les membres souffrent avec lui » (1 Cor 12,26).

Ces paroles de saint Paul résonnent avec force en mon cœur alors que je constate, une fois encore, la souffrance vécue par de nombreux mineurs à cause d’abus sexuels, d’abus de pouvoir et de conscience, commis par un nombre important de clercs et de personnes consacrées. Un crime qui génère de profondes blessures faites de douleur et d’impuissance, en premier lieu chez les victimes, mais aussi chez leurs proches et dans toute la communauté, qu’elle soit composée de croyants ou d’incroyants. Considérant le passé, ce que l’on peut faire pour demander pardon et réparation du dommage causé ne sera jamais suffisant. Considérant l’avenir, rien ne doit être négligé pour promouvoir une culture capable non seulement de faire en sorte que de telles situations ne se reproduisent pas mais encore que celles-ci ne puissent trouver de terrains propices pour être dissimulées et perpétuées. La douleur des victimes et de leurs familles est aussi notre douleur ; pour cette raison, il est urgent de réaffirmer une fois encore notre engagement pour garantir la protection des mineurs et des adultes vulnérables.

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