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Gabriel Kyungu wa Kumwanza, President de l'UNAFEC et membre d'Ensemble de Moise Katumbi.
Gabriel Kyungu wa Kumwanza, President de l'UNAFEC et membre d'Ensemble de Moise Katumbi.

Exclusion de Katumbi : Des marches pacifiques seront organisées en RDC

Dernière mise à jour, le 17 juillet 2019 à 09:37

Les principaux ténors de l’Opposition congolaise se sont retrouvés, Lundi, au siège du Mouvement de Libération du Congo (MLC), à Gombe, pour rendre publique leur déclaration commune sur la situation politique en cours. Essentiellement en ce qui concerne le processus électoral. En l’absence de Martin Fayulu, l’un de six rédacteurs de la déclaration, Félix Tshisekedi, Vital Kamerhe, Eve Bazaïba, Pierre Lumbi et Freddy Matungulu ont fait bloc pour exiger notamment le retour au pays de Moïse Katumbi Chapwe et rejeter le recours à la machine à voter. Le coordonnateur d' »Ensemble pour le changement » pour le Grand-Katanga, Gabriel Kyungu appelle à une marche pour le 18 août, pour exiger la participation de katumbi à la présidentielle.

L’opposition au régime Kabila ne ménage aucun effort pour que les élections de décembre 2018 soient inclusives. Qu’il n’y ait donc pas exclusion des candidats aux différents scrutins. Pour l’une des plates-formes électorales de cette opposition, ‘‘Ensemble pour le changement’’, elle fait de l’inclusivité le préalable à des élections crédibles et transparentes. Et dans les tout prochains jours, fait-elle savoir, une mobilisation de la population sera organisée sur l’ensemble du territoire national afin de mettre la pression sur les autorités.

Comme on peut le constater, cette partie de l’opposition croit encore que le pouvoir – le président de la République, la Céni et la justice – revienne sur sa décision d’écarter l’ex-gouverneur Moïse Katumbi de la course à la présidentielle. Elle croit que le ballet diplomatique de ces derniers jours aura raison du chef de l’État congolais. Cela en sus de pressions internes, notamment les marches pacifiques, comme celle programmée le samedi 18 août prochain afin d’exiger, entre autres, l’inclusivité du processus électoral qui implique la participation de Moïse Katumbi à la prochaine présidentielle.

Mais il faut noter le silence du pouvoir aux deux requêtes introduites par ‘‘Ensemble’’ auprès du Conseil d’État pour faire valoir le droit de son président, exclu du processus électoral, faute de n’avoir pas pu enregistrer sa candidature à la Céni. Ce qui n’augure rien de bon. En effet, c’est depuis le 10 août 2018 que les requêtes sur la liberté de l’ancien gouverneur d’entrer en RDC et d’y circuler librement ainsi que sur les mesures conservatoires qui permettraient à ce dernier de déposer sa candidature à la Céni.

Tout le monde est unanime à reconnaître que la tenue d’élections crédibles le 23 décembre pourra offrir un avenir plus stable au peuple congolais. Des scrutins qui continuent de susciter de grandes attentes tant au sein de la population congolaise qu’au niveau de la communauté internationale, car il y va de la consolidation de la stabilité de la RDC et de toute la sous-région de l’Afrique centrale. C’est ainsi que la crédibilité et le caractère inclusif de ces élections sont attendues. Aussi l’opposition maintient-elle la pression jusqu’au bout. Jusqu’à faire plier le pouvoir.

Solidaires à Moïse Katumbi, ils exigent du Gouvernement ’’la levée immédiate et sans condition de la mesure illégale’’ qui a contraint cet opposant à rester cantonner hors des frontières du pays, vu les troupes déployées du 2 au 3 août à Kasumbalesa, à lalisière du territoire zambien. Dépités de voir le leader d’Ensemble contraint à l’exil, après avoir été astreint de rentrer au pays pour déposer sa candidature, ils réclament son retour au bercail pour venir participer aux élections.

Dans leurs revendications, les porte-étendards de l’Opposition congolaise exigent, en outre, le rapatriement de la dépouille d’Etienne Tshisekedi et la libération des prisonniers politiques comme Diomi Ndongala, Muyambo, Franck Diongo… et des militants des mouvements citoyens comme Lucha et Filimbi.

GABRIEL KYUNGU APPELLE À UNE MARCHE POUR LE 18 AOÛT

On ne baisse pas la garde à « Ensemble », la plateforme électorale qui soutient la candidature et le programme de Moïse Katumbi à la présidentielle de décembre 2018. En dépit de la tentative manquée, début août, de son charismatique leader de rentrer au pays prendre part à la bataille électorale en cours, le regroupement politique cher à l’ancien gouverneur de l’ex-Katanga a annoncé, lundi 13 août, des manifestations publiques « synchronisées » sur toute l’étendue du pays pour obtenir le retour de Moïse Katumbi et sa participation aux élections.

Le Grand-Katanga, avec Gabriel Kyungu wa Kumwanza sonne déjà la mobilisation avec un appel à la marche prévue pour le 18 août courant. Cette campagne de sensibilisation intervient au lendemain d’une action en justice, il s’agit de la saisine du Conseil d’État par une requête en référé (procédure d’urgence) liberté pour que Katumbi recouvre la liberté d’aller et venir sur le territoire national. Et une autre requête pour la prise des mesures conservatoires par injonction du juge administratif pour que la CENI reçoive sa candidature pour l’élection présidentielle.

Le Secrétaire général de « Ensemble pour le changement », Delly Sesanga, l’a réaffirmé au cours de la matinée politique que la plateforme a organisée hier lundi 13 août à Kinshasa. « Nous vous avons appelé et réuni en ce jour pour vous démontrer l’importance et la nécessité d’avoir des élections inclusives. Nous allons répercuter ce message dans nos différentes bases, pour amener le peuple congolais dans sa globalité, à s’approprier cette lutte relative à la participation de tout le monde aux élections », a déclaré Delly Sesanga.

Pour le président de l’Envol, le retrait de la course à la présidentielle du président Joseph Kabila est certes « une victoire pour le peuple congolais, mais le combat n’est pas fini. » Sesanga précise que la campagne de sensibilisation va précéder les marches proprement dites.

« Nous prévoyons des marches dans toutes les provinces avec les nôtres pour obtenir que les élections soient véritablement démocratiques, libres, transparentes et surtout inclusives, ça veut dire obtenir, entre autres, le retour de Moïse Katumbi. La première phase c’est la sensibilisation, la deuxième phase c’est le passage à l’action et nous allons passer de manière synchronisée à l’action sur toute l’étendue du territoire national », a indiqué Delly Sesanga.

Quand on fait observer au SG de « Ensemble » que la Centrale électorale a clôturé le 8 août courant la réception des candidatures à la présidentielle et aux législatives nationales, il réplique : « Ça fait 3 ans qu’on attendait que les BRTC soient ouverts. On va les rouvrir, c’est le sens de la justice et du droit. Et cela doit être respecté par la CENI », fait valoir Sesanga qui insiste sur le caractère inclusif des élections.

Sesanga explique justement que « élection inclusive veut dire la non-exclusion abusive d’un candidat, pas seulement Moïse Katumbi. Nous serions dans le même état d’esprit avec la même position si un autre candidat de l’opposition même ou celui de la majorité était exclu de manière abusive. La liberté de Moïse pour laquelle nous nous battons, c’est la liberté de tous les Congolais. Si on fait ça avec lui, on le fera avec d’autres », a-t-il souligné.

Pour les ténors de « Ensemble », l’inclusion est le préalable à la candidature commune de l’opposition. Ils estiment que parler de ladite candidature à l’heure actuelle correspondrait à mettre la charrue avant le boeuf. « Accepter que le pouvoir en place exclut des candidats, c’est méconnaitre le droit de libre-choix de nos concitoyens, parce que l’offre politique qui serait mise sur le marché serait une offre politique tronquée boutiquée par la Majorité.

Nous pensons que la candidature commune doit être la résultante d’un processus politique qui conduit aux élections libres, démocratiques, transparentes, apaisées et inclusives. C’est quand tous ces cinq critères seront remplis qu’il y aura lieu d’aller vers une candidature commune. En dehors de l’inclusion, parler de la candidature commune serait mettre la charrue avant le bœuf », disent-ils.

« ENSEMBLE POUR LE CHANGEMENT » DÉPOSE DEUX REQUÊTES EN RÉFÉRÉ AU CONSEIL D’ETAT !

C’est le vendredi dernier que la plateforme « Ensemble pour le changement » qui soutient la candidature de Moïse Katumbi Chapwe a déposé au greffe du Conseil d’Etat deux requêtes en référé. La première consiste à annuler, toutes affaires cessantes, la décision de la DGM instruisant tous les postes-frontières de la RDC à ne pas laisser entrer Moïse Katumbi Chapwe sur le territoire congolais.

Une autre note de la DGM qu’ « Ensemble » a mise à la disposition du Conseil d’Etat est celle adressée au poste frontière de la Zambie, à Kasumbalesa de ne pas laisser entrer Moïse Katumbi pour des raisons d’ordre public. C’est là justement l’illégalité quand on sait qu’aucun service public ne peut empêcher, sous aucun prétexte, un compatriote de revenir au pays.

Tout le monde a la liberté d’aller et de revenir au pays comme garanti par la Constitution du 18 février 2006. Pour les porte-étendards de « Ensemble », les deux lettres de la DGM annexées à la requête violent ces dispositions de la Constitution. D’où la saisine du Conseil d’Etat qui est le Juge administratif. Sa compétence est de connaitre des plaintes des justiciables contre les actes administratifs dans le chef des services publics.

C’est le cas en l’espèce des deux décisions de la DGM brandies par  » Ensemble pour le changement « . C’est la première requête dans laquelle le requérant demande purement et simplement l’annulation de ces décisions et permettre à Moïse Katumbi d’avoir la liberté des mouvements d’aller et de revenir au pays.

Dans le moyen développé au Juge des céans dans cette requête,  » Ensemble  » montre que la DGM, en empêchant Katumbi, candidat Président de la République de rentrer au pays avant le 8 aout dernier, date de la clôture du dépôt des candidatures à la présidentielle, ipso facto empêché de présenter sa candidature comme Président de la République. Ce qui justifie la deuxième requête d’ »Ensemble pour le changement » déposée au Conseil d’Etat.

Celle-ci consiste à demander au Juge administratif d’enjoindre la CENI de rouvrir, à titre exceptionnel et pour raison de force majeure le rôle d’ouverture des candidatures à la présidentielle au bénéfice de Moïse Katumbi Chapwe, préjudicié par les faits présentés dans la première requête à charge d’un service public à savoir la DGM. Les deux requêtes d’ » Ensemble  » sont faites sous référé, ce qui veut dire par la procédure d’urgence.
Le Juge dispose donc de 48 heures pour statuer sur ces deux requêtes en référé de Moïse Katumbi Chapwe.

[avec Didier KEBONGO, Kandolo M.]

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