mardi , 17 septembre 2019
Accueil / International / Amérique / Rassemblement de néonazis : Washington sous très haute sécurité

Rassemblement de néonazis : Washington sous très haute sécurité

Dernière mise à jour, le 15 août 2018 à 09:56

La police américaine a placé dimanche sous très haute sécurité les environs de la Maison Blanche, où ont commencé à se rassembler un petit groupe de sympathisants néonazis et des centaines de contre-manifestants un an après les incidents meurtriers de Charlottesville, symbole d’une extrême droite décomplexée sous Donald Trump.

Une vingtaine de suprémacistes blancs sont arrivés dans l’après-midi dans une station de métro du centre de Washington.

Parmi eux figuraient Jason Kessler, organisateur de l’événement et déjà à l’origine du rassemblement de l’an dernier à Charlottesville.

Les manifestants ont été accueillis par au moins 300 militants antiracistes qui leur ont crié « Honte à vous » et « Partez de ma ville ».

Escortés par de nombreux policiers, les sympathisants néonazis ont ensuite fait route vers le lieu prévu du rassemblement.

L’organisation informelle « Unite the Right », qui était à l’origine du rassemblement de Charlottesville (Virginie), a reçu l’autorisation de réunir 400 personnes dans le square Lafayette, devant la résidence présidentielle, à partir de 17H30 et durant deux heures seulement.

Il n’était pas encore clair si davantage de sympathisants néonazis devaient se joindre au petit groupe déjà arrivé.

Pour empêcher tout contact entre manifestants et contre-manifestants, un important dispositif policier a été mis en place, avec plusieurs artères interdites à la circulation.

« Non aux nazis »

Des centaines de contre-manifestants, dont des antifas, avaient commencé à se rassembler dès le début d’après-midi, brandissant notamment des pancartes disant « Non aux nazis, non au Ku Klux Klan, non à une Amérique fasciste ».

Certains « disent que la meilleure stratégie, c’est d’ignorer les suprémacistes blancs, que nous leur accordons trop d’attention. Mais nous pensons vraiment que ce serait une énorme erreur de laisser des fascistes battre le pavé dans la capitale du pays, sans opposition », a dit à l’AFP Kei Pritsker, 22 ans, une volontaire de Answer Coalition, un groupe antiraciste.

Un autre contre-manifestant, un Américain noir qui a seulement donné son prénom –Jim– a dit avoir le sentiment que les Etats-Unis étaient plus racistes sous Donald Trump.

« Ça a enhardi les mecs blancs. Quand ils marchent sur le trottoir, leur position c’est +tu as intérêt à bouger de mon chemin+ », a-t-il dit à l’AFP. « C’était subtil, ça ne l’est plus, tu le prends en pleine face. C’est comme l’Allemagne nazie ».

Unite the Right a dit à ses partisans de ne ramener que des drapeaux américains ou confédérés, et de ne pas répondre « avec colère » aux « provocations ».

Les armes à feu ont été interdites sur les lieux de la manifestation, même pour les personnes ayant des permis.

Blancs s’estimant « sous-représentés »

Initiateur de la manifestation de l’an dernier, Jason Kessler avait demandé à défiler de nouveau à Charlottesville, mais la municipalité a refusé.

La petite cité de Virginie, située à moins de 200 km au sud de Washington, ne voulait pas revivre les évènements du 12 août 2017.

Après une manifestation pour protester contre le projet de la municipalité de déboulonner une statue du général confédéré Robert E. Lee, des heurts avaient éclaté entre suprémacistes blancs et contre-manifestants.

Un sympathisant néonazi avait alors foncé en voiture dans une foule de manifestants antiracistes, tuant une jeune femme de 32 ans, Heather Heyer, et faisant 19 blessés.

Dans un entretien à la radio publique NPR diffusé vendredi, Jason Kessler a exprimé le souhait que l’événement de dimanche soit « apaisé » et pris publiquement ses distances avec la mouvance néonazie.

« Je ne veux pas de néonazis à mon rassemblement », a-t-il assuré, « ils ne sont pas les bienvenus ».

Il a néanmoins expliqué vouloir défendre les droits de la population blanche, qu’il estime « sous-représentée ».

L’activiste a également repris à son compte la théorie générale de l’auteur américain Charles Murray, pour qui les capacités intellectuelles sont fonction de l’origine ethnique.

La fille du président, Ivanka Trump, a de son côté écrit sur Twitter qu’il n’y avait « pas de place pour le suprémacisme blanc, le racisme et le néonazisme dans notre grand pays ».

Elle est ainsi allée plus loin que son père, qui avait dit samedi « condamner tous les types de racisme et actes de violence », mais sans désigner l’extrême droite ou les néonazis.

De nombreux observateurs reprochent à Donald Trump d’avoir favorisé, durant sa campagne et depuis sa victoire électorale, l’émergence d’un discours extrémiste pro-blanc décomplexé.

A Charlottesville, même si aucune manifestation n’a été autorisée, les autorités ont pris d’importantes mesures de sécurité, après avoir été débordées lors des heurts du 12 août 2017.

TRUMP DIT CONDAMNER LE RACISME ET A APPELÉ À L’UNITÉ NATIONALE

Le président américain Donald Trump a dit samedi condamner « tous les types de racisme » et a appelé à l’unité nationale, un an après le rassemblement néonazi meurtrier de Charlottesville et avant une nouvelle manifestation de suprémacistes blancs dimanche à Washington.

« Le rassemblement de Charlottesville, il y a un an, a entraîné la mort et des divisions insensées », a tweeté Donald Trump, qui avait été vivement critiqué l’an dernier pour n’avoir jamais clairement condamné les manifestants néonazis après les événements d’août 2017.

« Nous devons nous rassembler en tant que Nation », a-t-il ajouté. « Paix à tous les Américains ! », a-t-il encore écrit.

Il y a un an, le réseau « Unite the Right » avait obtenu de pouvoir organiser un rassemblement à Charlottesville (Virginie) pour protester contre le projet de la municipalité de déboulonner une statue du général confédéré Robert E. Lee.

Au terme de ce rassemblement, des heurts avaient éclaté entre suprémacistes blancs et contre-manifestants.

Un sympathisant néonazi avait alors foncé en voiture dans une foule de manifestants antiracistes, tuant une jeune femme de 32 ans, Heather Heyer, et faisant 19 blessés.

Le sénateur démocrate de la Virginie, Mark Warner, a accusé samedi le président Trump d’avoir laissé les nationalistes blancs « propager la haine ».

« Ces pourvoyeurs de haine et de sectarisme ont été encouragés à faire passer leur message par un président qui avait refusé de les condamner catégoriquement et sans équivoque », a-t-il tweeté.

Pour le premier anniversaire de ces événements, « Unite the Right » a prévu un nouveau rassemblement, dimanche, mais à Washington cette fois, aux abords de la Maison Blanche.

Des contre-manifestations sont prévues dans le même square Lafayette, devant la résidence présidentielle.

« Déverser leur haine »

Un important dispositif policier sera mis en place, principalement pour empêcher les deux groupes d’entrer en contact.

« Nous savons que dimanche, des gens vont venir dans notre ville dans le seul but de déverser leur haine », a déclaré la maire de Washington, Muriel Bowser, tout en indiquant qu’il ne s’agissait pas d’empêcher l’événement car le premier amendement de la Constitution américaine protège la liberté d’expression.

Le permis qui a été accordé à « Unite the Right » prévoit 400 manifestants.

Initiateur de la manifestation de l’an dernier, Jason Kessler avait demandé à défiler de nouveau à Charlottesville, mais la municipalité a refusé.

Dans un entretien avec la radio publique NPR diffusé vendredi, il a exprimé le souhait que l’événement de dimanche soit « apaisé » et pris publiquement ses distances avec la mouvance néonazie.

« Je ne veux pas de néonazis à mon rassemblement », a-t-il assuré, « ils ne sont pas les bienvenus. »

« J’espère qu’il sera apaisé », a-t-il ajouté au sujet de l’événement, « et qu’après, je pourrai discuter ou débattre avec des représentants de Black Lives Matter (mouvement contre les violences visant les Noirs) ou les antifa (mouvements antifascistes), parce que je crois que nous devons avoir ce dialogue. »

A Charlottesville, même si aucun rassemblement de quelque nature que ce soit n’est autorisé ce week-end, les autorités ont pris d’importantes mesures de sécurité, après avoir été débordées pendant les heurts du 12 août 2017.

Le gouverneur de Virginie Ralph Nortam a décrété l’état d’urgence et le quartier piéton du centre-ville de Charlottesville, où avaient eu lieu les incidents de l’an dernier, a été cerné de barricades en béton et voitures officielles, avec seulement deux points d’entrée pour les piétons.

Sur le réseau social Gab, connu pour être un refuge pour de nombreux internautes de la droite dure, de nombreux messages critiquaient le rassemblement prévu pour dimanche et appelaient à ne pas s’y rendre, estimant qu’il s’agissait d’un piège tendu par les organisations de gauche.

Quelques heures avant la deuxième démonstration de force de « Unite the Right », Twitter a suspendu le compte du groupuscule d’extrême droite Proud Boys, dont Jason Kessler fut membre, ainsi que celui de son fondateur Gavin McInnes, accusés de violation du règlement du réseau social.

En début de semaine, Apple, YouTube, Spotify et Facebook avaient suspendu les comptes du conspirationniste Alex Jones, proche de l’extrême droite, accusé d’avoir tenu un discours « haineux » et enfreint les règlements de ces plateformes.

De nombreux observateurs reprochent à Donald Trump d’avoir favorisé, pendant sa campagne et depuis sa victoire électorale, l’émergence d’un discours suprémaciste blanc décomplexé.

Dans un livre à paraître, l’ancienne conseillère à la Maison Blanche Omarosa Manigault Newman assure que l’ancien promoteur immobilier a utilisé à plusieurs reprises le mot « nigger » (nègre) au cours de l’enregistrement de son ancienne émission « The Apprentice ».

Des allégations démenties avec vigueur vendredi par la Maison Blanche.

A lire aussi

Boeing : Perte trimestrielle historique

Boeing n’a pas fini de souffrir des déboires de son 737 MAX : l’avionneur américain …

Laisser un commentaire