mardi , 18 décembre 2018
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Encore un navire des migrants en Espagne

L’Espagne a de nouveau ouvert jeudi un de ses ports à un navire d’ONG chargé de migrants secourus au large de la Libye. Le Open Arms, affrété par l’ONG espagnole Proactiva, a accosté à 9H20 (7H20 GMT) sur un quai de San Roque, dans la baie d’Algésiras, à l’extrême sud de l’Espagne. Puis 87 migrants secourus le 2 août en Méditerranée centrale ont débarqué. Les 75 hommes adultes et les 12 mineurs sont presque tous originaires du Soudan et du Sud-Soudan, à l’exception d’un Gambien, d’un Egyptien et d’un Syrien, a indiqué l’ONG Proactiva Open Arms.

Près de deux mois après avoir reçu en fanfare l’Aquarius, l’Espagne a de nouveau ouvert jeudi un de ses ports à un navire d’ONG chargé de migrants secourus au large de la Libye, mais beaucoup plus discrètement.

Le Open Arms, affrété par l’ONG espagnole Proactiva, a accosté à 9H20 (7H20 GMT) sur un quai de San Roque, dans la baie d’Algésiras, à l’extrême sud de l’Espagne. Puis 87 migrants secourus le 2 août en Méditerranée centrale ont débarqué, a constaté l’AFP.

Les 75 hommes adultes et les 12 mineurs sont presque tous originaires du Soudan et du Sud-Soudan, à l’exception d’un Gambien, d’un Egyptien et d’un Syrien, a indiqué l’ONG Proactiva Open Arms.

Au moment de leur sauvetage, ils dérivaient depuis deux jours au large de la Libye, assoiffés sous une chaleur intense, et « n’auraient probablement pas pu survivre un jour de plus », a affirmé à la presse le coordinateur des opérations de l’ONG, Gérard Canals.

L’ONG assure qu’après avoir échappé pour beaucoup à « l’enfer du Darfour », région du Soudan en proie à une guerre civile, ils ont subi « des atrocités en Libye ».

« Nous espérons que l’Europe ne va pas continuer à abandonner les pays d’arrivée (de migrants) parce que cet abandon conduit à faire progresser l’extrême droite comme cela s’est produit en Italie », a lancé M. Canals.

L’Italie a demandé en vain pendant des années la solidarité de l’Union européenne pour gérer les arrivées de migrants. Gouvernée depuis deux mois par une coalition d’extrême droite et de populistes, elle refuse désormais d’accueillir les navires des ONG qui sillonnent la Méditerranée pour porter secours aux migrants en péril.

S’il prend le contrepied de Rome, le gouvernement du socialiste Pedro Sanchez a voulu, cette fois, que ces rescapés soient traités par l’administration de la même façon que les autres immigrés clandestins arrivant en Espagne.

« Comme ils ont été secourus dans les eaux internationales et ne prétendaient pas venir en Espagne, il leur a été donné une autorisation de résidence exceptionnelle de 72 heures », a indiqué une source policière, « mais ensuite le traitement est le même que s’ils étaient arrivés en +pateras+ », nom des frêles embarcations que l’Espagne est habituée à voir arriver sur ses côtes.

La France a annoncé qu’elle allait, « dans un esprit de solidarité européenne », accueillir une vingtaine de ces 87 migrants.

Devançant l’Italie et la Grèce, l’Espagne est devenue cette année la première porte d’entrée en Europe de migrants risquant leur vie en mer. Près de 24.000 sont arrivés depuis janvier, soit plus que toute l’année dernière, selon l’Organisation internationale pour les migrations.

Sur le quai de San Roque, un centre d’accueil de migrants a récemment été ouvert en toute hâte, car des centaines affluent chaque semaine vers les côtes andalouses à bord des fragiles canots.

Un dispositif « débordé »

Les structures locales étaient saturées, au point que des migrants devaient dormir à bord d’un navire des gardes-côtes ou dans des gymnases.

« S’ils en ont besoin, c’est bien de les accueillir, mais il faudrait adopter d’autres mesures parce que le dispositif est débordé, il y a trop de personnes à assister ici », commentait jeudi un voisin, Juan Jose Garcia Vega, professeur retraité de 75 ans, venu observer l’arrivée du bateau.

La polémique commence à enfler sur ce thème, en Espagne, à moins d’un an d’élections locales.

Le maire conservateur d’Algésiras, José Ignacio Landaluce, du Parti populaire, s’est déclaré « préoccupé » jeudi à l’idée que sa ville de 125.000 habitants puisse devenir « l’unique port d’accueil des bateaux de sauvetage en mer et des embarcations des ONG ».

« Nous avons tous bon coeur mais sur cette question, il faut être raisonnable, nous n’avons pas assez de moyens », a-t-il dit à la radio Onda Cero, assurant que la priorité était la situation des « chômeurs dans le besoin ».

L’opposition accuse le gouvernement socialiste d’avoir créé un « d’appel d’air » en accueillant l’Aquarius. Celui-ci réplique que les migrants arrivaient par vagues depuis bien plus longtemps et reproche à son prédécesseur conservateur de ne pas s’y être préparé.

FRANCE ACCUEILLERA 20 MIGRANTS

La France va accueillir environ 20 des 87 migrants du bateau Open Arms arrivé jeudi en Espagne, après examen de leur situation, acceptant pour la quatrième fois de prendre une partie de ceux qui débarquent en Espagne ou en Italie.

« Dans un esprit de solidarité européenne » et « compte tenu de la situation que connaît l’Espagne, confrontée à une arrivée importante de migrants », la France a décidé d’accueillir une partie des passagers, comme pour ceux débarqués récemment à Valence (Aquarius), Malte (Lifeline) et Pozzallo en Sicile, explique l’Elysée.

L’Open Arms, un navire d’une ONG humanitaire espagnole, a recueilli ces migrants au large de la Libye le 2 août, pour la plupart des Soudanais de la région du Darfour qui avaient passé une cinquantaine d’heures sans eau sur un canot pneumatique.

Interdit d’accoster par l’Italie, le bâtiment est arrivé à Algeciras en Espagne, pays devenu la première destination des migrants en Europe depuis les refus de l’Italie.

La décision française « correspond à l’esprit des conclusions du Conseil européen de juin, préconisant des solutions concertées et coopératives » entre les États membres », explique la présidence.

Une équipe de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA), qui décide du statut de réfugié, permettant aux personnes de rester en France, se rendra très rapidement sur place pour examiner les situations individuelles et identifier celles « en besoin de protection », ajoute le communiqué – c’est-à-dire celles pouvant obtenir le droit d’asile.

C’est la quatrième fois que des pays européens décident de se répartir des migrants qui débarquent sur la côte méditerranéenne depuis que le gouvernement italien a bloqué ses ports aux navires humanitaires, comme l’Aquarius et le Lifeline en juin.

Mi-juillet, Rome a accepté de laisser débarquer à Pozzallo quelque 450 migrants recueillis par des navires militaires, mais à condition qu’ils soient répartis dans d’autres pays d’Europe. Cinq pays – la France, l’Espagne, le Portugal, Malte et l’Allemagne – ont accepté d’en accueillir 50 chacun.

Paris avait aussi accepté d’accueillir 52 réfugiés sur les 233 migrants du navire Lifeline, débarqués à Malte fin juin, répartis entre six pays. La France a également accueilli 78 des 630 migrants de l’Aquarius, dont 42 Soudanais ont obtenu début août le statut de réfugiés dans un délai particulièrement court.

Lors d’un sommet européen fin juin, les pays de l’UE se sont difficilement entendus sur la possibilité de créer en Europe des centres d’accueils fermés, sur la base volontaire des pays concernés, avec aussi d’éventuelles « plateformes de débarquement » en dehors de l’UE.

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