dimanche , 21 octobre 2018
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Journée dédiée aux morts : 1er Août, aucune activité majeure dans les cimetières en RDC

La commémoration ce mercredi 1er août 2018 de la Journée dédiée aux morts, a connu une ambiance toute particulière à Kinshasa. Dans les cimetières populaires de la commune péri-urbaine de la N’sélé à savoir celui de Kinkole et Mikonga, aucune activité majeure relative à cette journée dédiée aux parents et aux morts n’a été observée. Alors que le 1er Août de chaque année des milliers de Congolais se recueillent devant les tombes des leurs proches disparus. C’est soit en effectuant des travaux de réfection des tombes soit pour une autre raison, question de marquer l’attachement à l’illustre disparu.

Mais pour ce mercredi, les champs de repos de N’sélé sont demeurés déserts. L’arrivée par l’aéroport international de Nd’jili, du sénateur Jean Bemba Gombo ayant drainé des foules hier, pourrait expliquer cette situation surtout que l’aéroport se situe sur l’unique route qui mène vers les deux ossuaires précités.

Les quelques personnes retrouvées dans la matinée dans les deux cimetières étaient arrivées soit très tôt le matin (avant que l’avion du patron de MLC n’atterrisse à N’djili :ndlr), soit habitent les environs et n’avaient pas besoin de passer par l’aéroport pour atteindre Mikonga ou Kinkole plus loin.

Des vendeurs ambulants déçus

Cette journée offre également des opportunités aux vendeurs ambulants. Pendant que des personnes, viennent pour la plupart en familles, se souvenir des  » leurs  » devant leurs dernières demeures, ils sont généralement accueillis par des marchands ambulants. Ces derniers leur proposent des bouquets de fleurs et vin de palme par-ci, boissons sucrées et alcoolisées par là. A quelques mètres de là, un orchestre folklorique agrémentant à sa manière cet événement. Bref, des marchés occasionnels naissent dans les cimetières chaque 1er août.

A l’intérieur, certaines personnes offrent les services d’assainissement des tombes. Les services offerts sont, entre autres, le défrichage, le lavage à l’eau, chaulage ou la peinture, ou tout simplement un coup de balai. Tout se marchande et la concurrence est généralement rude.

Devant les tombes, c’est le recueillement. L’ambiance est la même dans presque tous les cimetières de la capitale. Entre autres Kimbanseke, Bumbu, Mbetseke, Kinsuka, Kimwenza mission, Benseke, frontière MateteKinsenso, etc. Des choses auxquelles on n’a pas assisté hier mercredi.

CIMETIÈRE DE LA GOMBE NON ENTRETENU

Le traditionnel engouement du 1er août n’a pas été au rendez-vous hier au cimetière de la Gombe. Le boulevard du 30 juin quasi désert en ces premières heures de la matinée, n’a pas drainé du monde comme par le passé pour rendre hommages aux parents, frères et amis enterrés dans ce prestigieux cimetière aujourd’hui en état d’abandon.

Il fallait attendre10 heures pour voir les premiers visiteurs occuper le parking qui donne sur le boulevard. De loin à l’entrée de la cimentière était visible le nouveau bureau repeint attenant au poste de police qui dépend du sous-commissariat du Golf. Le long de la voie d’accès au cimetière, les fleuristes rivalisent d’ardeurs avec les vendeurs de vin de palme.

Dans ce quartier huppé du centre-ville, c’est un public select qui s’y rend. Il n’a que faire de ce vin de palme embouteillé dans des plastiques de fortune au mépris, certes, des conditions d’’hygiène. Seuls les vendeurs de fleurs tentaient d’attirer ces rares visiteurs. Un d’entre eux a même insinué que ce sont les  » shégués  » qui passent la nuit dans ce cimetière qui se sont convertis en revendeurs de fleurs et de vin pour la circonstance.

Un peu vers l’entrée principale avant les bureaux du cimetière et de la police, un ballet traditionnel qui n’avait de traditionnel que quelques brins de raphia autour des reins exhibaient quelques pas de danse dans le but de collecter quelques francs, Mais là aussi, ça ne semblait intéresser personne.

Du caractère affairiste

Au cimetière de la Gombe, tout est vénal. Il n’y a donc rien pour rien. Quand un service est monnayé, l’agent est motivé. Ce goût du lucre à outrance en cette unique journée dédiée aux morts est diversement exploité, par des agents de l’État et les  » shégués  » qui sillonnent les tombes.

Les visiteurs d’un air plutôt pressé, étaient préoccupés par les formalités à remplir au bureau. Cependant, s’il y en a ceux qui retrouvaient facilement les références des leurs, les autres en sortaient nerveux après s’être tiraillés avec les agents commis à cet effet. Et pour cause, l’absence de traces des leurs dans le registre.

Arrivés quand même sur le lieu, il fallait fouiller et s’efforcer à lire attentivement les épitaphes sur la croix. Dur labeur dans un cimetière en état d’abandon, officiellement fermés par le gouverneur de la ville. Les services d’entretien inexistants au regard des herbes sèches entre les différentes tombes.

Les différentes voies d’accès sont recouvertes de tombes. Aucun passage. Ainsi il fallait enjamber les tombeaux pour se frayer un chemin. Sinon, recourir aux services d’un guide qui se trouvent être ces  » habitants  » du cimetière qui ont remplacé les services de l’État. Ils ont en mains un petit seau d’eau sale dans laquelle ils ont imbibé un torchon.

Ils ont par cœur les références de toutes les personnalités enterrées dans ce cimetière contrairement aux agents de l’État au bureau. Ceux qui sont habitués finissent par fidéliser leur connaissance. Ils les chargent de veiller sur leurs tombes et des les entretenir régulièrement. Ils se passent des numéros d’appel pour contact. Ils veillent sur les tombes de leurs clients qui, en retour, leur rétribuent quelque chose.

Pas de clôture sur un flanc

Il sied, cependant, de préciser qu’une partie du cimetière du côté de  » Carré français « , n’est pas clôturé. De l’avis d’un témoin, c’est la porte d’entrée de ces « shégués  » qui y passent des nuits entières sur les tombeaux avec femmes et enfants. C’est par cette entrée clandestine que certains cadavres sont enterrés à la sauvette échappant ainsi la vigilance des agents de l’État et celle des policiers. Seul le  » Carré français  » qui est sécurisé par des grilles.

Interrogé à ce sujet, le commandant de la police en ce lieu affirme que rien de tout ce qui se raconte n’est vrai. Néanmoins, a-t-il ajouté, il existe de cas isolés qu’il n’hésite pas avec ses collègues à traquer. Il a, pour terminer, demandé à l’autorité à ériger une clôture pour sécuriser au mieux tout le cimetière.

[Bahati KASINDI, Emma MUNTU]

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