samedi , 18 août 2018
Accueil / Business / Grève : Pilotes de Ryanair réclament une meilleure protection des droits des salariés

Grève : Pilotes de Ryanair réclament une meilleure protection des droits des salariés

La grève européenne des pilotes de la compagnie irlandaise à bas coût Ryanair s’est encore amplifiée jeudi, un tribunal des Pays-Bas ayant autorisé les pilotes néerlandais à participer au mouvement prévu vendredi, qui devrait affecter des milliers de passagers en pleine saison estivale.

« La grève peut avoir lieu », a annoncé le juge Theo Röell devant le tribunal d’Haarlem, près d’Amsterdam, où Ryanair avait introduit une procédure en référé afin d’empêcher les pilotes néerlandais de se joindre au mouvement.

Le juge a estimé en substance que Ryanair n’avait pas de raison de s’en prendre singulièrement aux pilotes néerlandais.

Une grève de 24 heures aux Pays-Bas « coïncide avec les autres grèves en Europe qui auront un impact beaucoup plus important et contre lesquelles aucune action judiciaire n’a été prise », a-t-il expliqué.

Le syndicat des pilotes de ligne néerlandais (VNV) avait annoncé mercredi son intention de rejoindre la grève des pilotes basés en Irlande, en Allemagne, en Suède et en Belgique, tous réclamant « une meilleure protection des droits des salariés ».

Au total, plus de 55.000 passagers seront concernés, dont 42.000 pour l’Allemagne, selon la compagnie qui a promis aux voyageurs lésés un changement gratuit de réservation.

Ryanair a précisé jeudi soir que 85% de leurs vols seront assurés. « Plus de 2.000 vols opéreront normalement, transportant près de 400.000 passagers à travers l’Europe », a indiqué la compagnie irlandaise sur Twitter.

« La majorité des clients affectés ont déjà été assignés à un autre vol Ryanair », a-t-elle ajouté.

Aucun vol annulé aux Pays-Bas

La grève devrait voir l’annulation d’environ 400 vols, en pleine période de congés.

Cependant, aucun vol au départ ou à destination des Pays-Bas ne sera affecté, a annoncé Ryanair en marge de la décision du tribunal.

« Il n’y aura aucune annulation à la suite de la grève inutile du syndicat des pilotes de ligne néerlandais aux Pays-Bas », a déclaré la compagnie dans un communiqué.

« Ryanair respecte totalement le droit des pilotes néerlandais de faire grève mais demande que le VNV nous notifie sept jours à l’avance afin que nous puissions minimiser les perturbations pour nos clients. »

D’après la compagnie, « le VNV cherche délibérément à nuire aux intérêts des passagers » en annonçant leur intention de participer à la grève deux jours avant son commencement.

Un argument réfuté par le syndicat, bien qu’il sera désormais tenu de prévenir Ryanair 72 heures à l’avance en cas de grève.

La décision du tribunal offre néanmoins « toutes les possiblités pour faire grève de manière efficace à l’avenir », a indiqué le VNV dans un communiqué.

« Une interdiction n’est pas raisonnable », avait argumenté le syndicat, qui s’est dit « très heureux » de la décision prise par le juge.

Jochem Croon, l’avocat de Ryanair, a quant à lui insisté sur l’intérêt des passagers impactés par la grève.

« Il ne s’agit pas ici de réfuter le droit de grève des pilotes. C’est un droit fondamental et Ryanair le reconnaît. Il s’agit de protéger les intérêts des vacanciers », a-t-il affirmé.

Selon la télévision publique néerlandaise NOS, les avocats de Ryanair ont choisi d’introduire une procédure judiciaire aux Pays-Bas car « il y avait plus de chance de succès » que dans les autres pays concernés.

En août 2016, le tribunal d’Haarlem, qui a juridiction sur l’aéroport d’Amsterdam-Schiphol, avait interdit les grèves d’une partie du personnel au sol de la compagnie aérienne néerlandaise KLM, compte tenu de l’affluence en cette période de vacances.

Les actions syndicales ne sont pas aussi courantes aux Pays-Bas que dans des pays voisins européens, « les juges n’hésitant parfois pas à interdire les grèves », selon NOS.

GROGNE SOCIALE CHEZ RYANAIR

Le numéro 2 du transport aérien en Europe Ryanair fait face vendredi à un nouveau conflit social d’ampleur, avec une première grève de pilotes simultanée dans cinq pays pour dénoncer la politique d’emploi de la compagnie. Le débrayage, en pleine période de congés estivaux, concerne l’Allemagne, la Belgique, la Suède, l’Irlande et les Pays-Bas.

A l’aéroport de Charleroi, la plus grosse plate-forme de Ryanair en Belgique, une vingtaine de pilotes de la compagnie ont pris part à un rassemblement de protestation, banderoles à la main proclamant « Ryanair en grève » ou encore « Respectez nous ». Une manifestation similaire est aussi prévue à l’aéroport de Francfort en Allemagne.

Dumping social

La compagnie, qui revendique 130 millions de clients annuels et dénonce une grève « inutile », a vu ces derniers mois le malaise social s’étendre à ses principales catégories de personnel en Europe.

D’une manière générale, les syndicats reprochent à la compagnie sa politique d’emploi, le recours à des contrats précaires et au dumping social. L’entreprise rejette ces accusations, affirmant mieux payer ses pilotes que ses concurrents.

« Nous ne voulons pas porter dommage à la compagnie mais nous avons besoin d’un changement d’approche à Dublin » le siège de Ryanair, a souligné à la chaîne N-tv Ingolf Schumacher, un dirigeant du syndicat allemand Vereinigung Cockpit (VC).

Car Ryanair impose quand il le peut, selon les syndicalistes, des contrats de travail irlandais plus flexibles aux personnels naviguant, même s’ils vivent ailleurs en Europe. Pour se justifier, la compagnie relève que la majeure partie du travail se fait à bord d’avions immatriculés en Irlande.

Le transporteur, qui a connu une croissance considérable avec un bénéfice en 2018 prévu à plus de 1,25 milliard d’euros, se vante d’ailleurs d’avoir des « coûts bien moins élevés par passager que ses concurrents ».

« Ryanair vend des billets à 39 euros et fait en même temps un bénéfice (…) c’est clairement les employés qui en payent le prix », juge un autre représentant de VC, Janis Schmitt.

Les syndicats demandent donc des hausses de salaire, l’intégration des intérimaires ou encore des contrats de travail du pays de résidence des pilotes. Mais selon eux, Ryanair a exclu toute augmentation des dépenses.

La compagnie assure qu’en Allemagne en tout cas, elle a fait des concessions, promettant qu’à Noël tous les pilotes seront intégrés et que tous ont déjà été augmentés de 20% en début d’année.

Autre front qui pourrait s’ouvrir pour le transporteur aérien, la question du dédommagement. Une association belge de consommateurs, Test Achats, a prévu fin août une action en justice face au refus de l’entreprise d’indemniser les voyageurs.

« La compagnie invoque des circonstances exceptionnelles alors que la Cour de justice de l’UE a clairement jugé qu’une grève interne à la compagnie ne constituait pas un motif pour ne pas indemniser les passagers », a indiqué Test Achats dans un communiqué.

La grogne chez Ryanair avaient déjà conduit à un premier mouvement européen, fin juillet, lorsque les personnels de cabine en Espagne, Italie, Portugal et Belgique avaient fait grève. Quelque 600 vols furent annulés touchant 100.000 passagers.

Standards sociaux européens

Toutes ces tensions sociales ont éclaté au grand jour en septembre 2017 lorsqu’un grave problème de planning des pilotes a conduit à des annulations portant sur 20.000 vols. Cette crise a forcé Ryanair à reconnaître des syndicats, ce que la compagnie avait toujours refusé.

Les grévistes ont reçu le soutien de la Confédération européenne des syndicats (CES) qui regroupe 90 organisations nationales et dix fédérations européenne.

Peter Scherrer, son secrétaire général, a souhaité jeudi une multiplication des débrayages transnationaux pour aboutir « à ce que nous voulons au niveau européen: des négociations sur les conditions de travail, des standards minimums ».

A lire aussi

Le « sadisme esclavagiste » séculaire de l’occident ou le virus de la sadique et perpétuelle « bêtise criminelle » occidentale

Pour ce qui concerne le congo, dès le xvème siècle, le virus de la perpétuelle …

Laisser un commentaire