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RDC : Ramazani SHADARY dans le viseur de l’UE pour violations des droits de l’Homme

Dernière mise à jour, le 22 août 2018 à 02:11

Emmanuel Ramazani Shadary, dauphin à la succession du président congolais Joseph Kabila à l’élection présidentielle, figure parmi les personnalités congolaises sanctionnées par l’Union européenne (UE) en 2017 pour violations des droits de l’homme. L’UE le considérait alors responsable d’un « recours disproportionné à la force et à la répression ».

Le président congolais Joseph Kabila a désigné mercredi un candidat à sa succession à l’élection présidentielle prévue en décembre en République démocratique du Congo, une première dans ce pays qui n’a jamais connu de transition pacifique.

Le choix de M. Kabila s’est porté sur un fidèle, le patron du parti présidentiel PPRD et ex-ministre de l’Intérieur, Emmanuel Ramazani Shadary, originaire comme lui de l’est du pays swahilophone.

M. Ramazani Shadary, 57 ans, figure parmi les personnalités congolaises sanctionnées par l’Union européenne (UE) en 2017 pour violations des droits de l’homme. L’UE le considérait alors responsable d’un « recours disproportionné à la force et à la répression ».

« Le peuple a besoin de la paix, le peuple a besoin de la reconstruction, il a besoin du social, c’est ce que nous allons faire », a-t-il déclaré dans ses premières déclarations de candidat.

Kabila président…de son parti

M. Ramazani avait été nommé en février « secrétaire permanent » du PPRD au terme d’une réforme des statuts qui prévoit la création d’un poste de président devant revenir à M. Kabila.

« Ramazani Shadary a très peu, voire aucun soutien au niveau national. Sa base politique se trouve dans la province du Maniema (…) qui représente moins de 5% de l’électorat congolais », analyse la société d’études des risques pour investisseurs Verisk Maplecroft.

Les adversaires de M. Kabila ont qualifié de « victoire » le fait que M. Kabila s’engage finalement « à quitter le pouvoir ».

« Pour la première fois, un peuple d’Afrique centrale est parvenu à empêcher un chef d’Etat puissamment soutenu par les forces armées de modifier la Constitution et l’a forcé à quitter le pouvoir », avance Christophe Lutundula, porte-parole d’Ensemble, la coalition de l’opposant Moïse Katumbi.

« Nous avons gagné une bataille importante mais la lutte continue: celle pour une vraie alternance », a réagi le mouvement citoyen pro-démocratie Lutte pour le changement (Lucha).

La décision de Kabila « doit être suivie par des avancées concrètes en matière des droits de l’homme », a réagi Amnesty International, qui cite l’autorisation des « manifestations pacifiques » et la libération de militants des droits de l’homme.

« Nous sommes encore très loin d’un processus électoral crédible, et beaucoup de choses peuvent se passe d’ici décembre, y compris des délais supplémentaires », a commenté l’ONG Human ritgh watch, en invitant au maintien des pressions sur Kinshasa.

L’organisation rappelle que l’opposant Moïse Katumbi n’a pas pu rentrer pour déposer sa propre candidature.

L’opposition dénonce aussi la volonté de la commission électorale d’utiliser des « machines à voter » pour l’élection du 23 décembre – des « machines à tricher » pour ses détracteurs.

Des polémiques portent également sur la validité du fichier électoral et ses quelque 40 millions d’inscrits.

Les « partenaires » étrangers suivent de près la situation dans l’immense RDC, que les diplomates perçoivent comme un risque de déstabilisation régionale avec ses 2,3 millions de km2, ses neuf frontières, ses ressources minérales très convoitées et ses multiples zones de tensions.

Les Etats-Unis ont salué la décision de M. Kabila de respecter la Constitution. « Ce développement est une autre avancée mais il y a bien davantage à faire », a déclaré l’ambassadrice aux Nations unies Nikki Haley.

La commission électorale « doit prendre toutes les mesures nécessaires pour garantir au peuple congolais le droit d’exercer son (droit de) vote lors d’élections libres, justes et crédibles le 23 décembre 2018 », a-t-elle ajouté.

Washington avait envisagé de nouvelles sanctions ciblées pour obliger M. Kabila à quitter le pouvoir, a affirmé lundi le Financial Times. Au moins un membre de sa famille aurait été privé de visa pour les Etats-Unis en juin, selon la même source.

Une source diplomatique française a salué « une décision historique en Afrique centrale, même si elle ne règle pas tout ».

Le président Emmanuel Macron a évoqué la RDC avec son homologue sud-africain Cyril Ramaphosa, a indiqué Paris. M. Ramaphosa est attendu vendredi à Kinshasa.

Le ministre belge des Affaires étrangères Didier Reynders a déclaré qu’il « prend acte » tout en souhaitant un climat « apaisé » pour les prochaines élections afin que les résultats soient « crédibles ».

Pays riche, habitants pauvres

Première productrice mondiale de cobalt, exportatrice de cuivre, la RDC figure malgré ses richesses minérales parmi les pays les plus pauvres d’Afrique.

La majorité de ses quelque 80 millions d’habitants vivent dans le secteur informel avec quelques dollars par jour.

Fin 2016, l’agence Bloomberg avait au terme d’une enquête indiqué que le président Joseph Kabila et sa famille possédaient des participations dans « au moins 70 entreprises » ( banque, l’agriculture, distribution de carburant, transport aérien, construction de routes, hôtellerie…). Un réseau d’affaire qui leur rapporterait « des centaines de millions de dollars ».

Les ONG enquêtent régulièrement sur des affaires de corruption en RDC.

ALAIN LUBAMBA ÉCLAIRE L’OPINION

Les sanctions de l’Union européenne prises en leur temps contre Emmanuel Ramazani Shadary alors vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur et sécurité, poussent le député MP, Alain Lubamba, à apporter une éclaircie dans l’opinion. Ces sanctions qui courent jusqu’au 12 décembre 2018 consistent en un gel des avoirs et une interdiction de visa pour les pays de l’Union Européenne.

D’ores et déjà, d’aucuns pourraient croire que ces mesures ébranleraient le candidat du FCC au scrutin prsidentiel du 23 décembre. Rien de tel, tranche tout de suite, Alain Lubamba wa Lubamba qui souligne que la désignation d’Emmanuel Ramazani Shadary comme Candidat à la présidentielle n’est pas un défi lancé à l’Union Européenne. En plus, le choix du Raïs n’énerve en rien, ni la Constitution ni les lois de la République Démocratique du Congo. Alain Lubamba n’a pas manqué d’égrener les différentes raisons qui ont conduit à la désignation d’Emmaniuel Ramazani Shadary comme dauphin du Raïs. Dans son argumentaire, Alain Lubamba rappelle que la RDC est, dans le cadre de ses relations diplomatiques, en présence, d’une part, de chacun des 28 Etats membres de l’Union Européenne qui sont souverains et, d’autre part, de l’Union Européenne, en tant qu’une organisation régionale autonome dont les positions n’engagent nécessairement pas les Etats membres.

Par ailleurs, dit-il, le droit des gens ou les Principes de la loi naturelle appliqués à la conduite et aux affaires des Nations et des Souverains qui désigne, soit les droits minimums accordés aux peuples étrangers pris individuellement, soit le droit des Nations étrangères prises collectivement, ont beaucoup influencé le droit diplomatique et consulaire, au point où Monsieur Emmanuel Razani Shadary, sujet de droit international, candidat à la présidentielle du 23 décembre 2018, sera apprécié par rapport à sa conscience individuelle et sa pensée politique, non pas en tant qu’ancien membre de l’équipe gouvernementale (Vice-Premier Ministre et Ministre Honoraire en charge de l’Intérieur et Sécurité). En conséquence, le candidat indépendant plébiscité par le Front Commun pour le Congo, , sera désormais évalué avec exactitude et impartialité par l’opinion tant nationale qu’internationale sur base de ses facteurs épistémologiques : son savoir-être, son savoir-faire, son faire-savoir, son faire-faire-savoir ainsi que ses variables classiques qui sont son portrait et son expérience avérée qui renseignent qu’il n’est pas un arriviste, un parachuté et qu’il est un universitaire de pure espèce avec un parcours bien connu et appréciable ».

Louant les qualités de cet homme d’Etat, Alain Lubamba estime qu’ Emmanuel Ramazani Shadary, qu’il qualifie, non sans raison, d’Homme au contact facile et connaisseur du Congo profond et de ses vrais problèmes, de par son expérience dans la territoriale, va donc convaincre les électeurs potentiels avec sa vision concrète sur les questions de politique nationale et le rôle que la RDC est appelée à jouer dans le monde face aux enjeux de la sécurité internationale menacée à ce jour, une fois élu.

« En toute logique, son attitude et son discours politique vont donc concourir à ce que les sanctions de l’Union Européenne qui courent jusqu’au 12 décembre 2018 soit levées surtout qu’il n’a jamais versé dans les crimes imprescriptibles : crimes contre l’humanité, crimes de guerre ou d’agression, crimes de génocide, a-t-il fait remarquer.

Tout bien, considéré, l’élu de Kabinda conclut qu’il est important de noter que ces sanctions sont essentiellement politiques et ne relèvent nullement du principe ERGA OMNES. Outre, celles qui peuvent être guidées par les intérêts de ceux qui les initient, ces sanctions ciblées sont généralement prises pour contribuer à faire changer le comportement des responsables politiques à travers des actes qu’ils posent au quotidien en rapport avec les matières intéressant la démocratie, la bonne gouvernance, les droits de l’Homme, la liberté de la presse…, a conclu le vice-président de la commission relations extérieures à la chambre basse du Parlement.

[avec Afp et Mathy MUSAU]

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