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Emmanuel Ramazani Shadary, dauphin de Joseph Kabila, pour la présidentielle 2018 en RDC.
Emmanuel Ramazani Shadary, dauphin de Joseph Kabila, pour la présidentielle 2018 en RDC.

RDC : « Kabila » passe la main. Mais pour combien de temps ?

Dernière mise à jour, le 11 août 2018 à 09:11

Emmanuel Ramazani Shadary [dans le viseur de l’Union Européenne pour violations des droits de l’Homme] a été désigné dauphin du président sortant de la République Démocratique Congo (RDC), Joseph Kabila, pour représenter le Front Commun pour le Congo (FCC), à l’élection présidentielle du 23 décembre 2018. Une première dans l’histoire de la RDC, où les transitions ont été violentes en 1965, en 1997 et en 2001. Les adversaires de M. Kabila ont qualifié de « victoire » le fait que M. Kabila s’engage finalement « à quitter le pouvoir ». Les Etats-Unis ont salué la décision de M. Kabila de respecter la Constitution.

« C’est une joie pour le Congo parce que le prochain président de la république est connu…. Et il n’y a pas de doute à la victoire du FCC [plateforme électorale de la majorité au pouvoir] à la présidentielle du 23 décembre prochain », a réagi un membre de la Majorité Présidentielle (MP) sous couvert d’anonymat contacté par Kongotimes!. Et d’ajouter que « Joseph Kabila est et restera toujours notre autorité morale. Normalement, il devrait encore rester président de la république pour quelques années. Mais il a refusé tout polémique, en passant la main à Emmanuel Shadary qui est son soldat politique », depuis des lustres.

En choisissant M. Shadary, le président sortant congolais viens de prouver qu’il est réellement membre du Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie (PPRD). Contredisant ainsi les mauvaises langues qui disaient, depuis plusieurs années, qu’il ne l’est pas. Car n’ayant pas pris part aux différentes réunions politiques de ce parti. Le choix de M. Shadary à la présidentielle, est une candidature de rassemblement [pour le Front Commun pour le Congo (FCC)] pour que la RDC continue avec son chemin de la reconstruction et de développement, confirme un membre de la majorité au pouvoir. Mais d’autres sources crédibles au sein de la majorité contactées par kongotimes!, renseignent que ce choix ne fait pas l’unanimité au Front et risquerait de provoquer l’éclatement de cette plateforme électorale crée par M. Kabila.

Emmanuel Ramazani Shadary dauphin de Joseph Kabila, une première dans l’histoire de la République Démocratique Congo (RDC), où les transitions ont été violentes en 1965, en 1997 et en 2001. En Afrique centrale, l’ex-président angolais José Eduardo Dos Santos avait adoubé fin 2016 son successeur, Joao Lourenço – après 38 ans au pouvoir. Une exception dans la région, où l’absence d’alternance est la règle.

Au pouvoir depuis l’assassinat de son père en 2001, élu en 2006, réélu dans la contestation en 2011, M. Kabila aurait dû quitter le pouvoir dès le 20 décembre 2016 à la fin de son deuxième mandat. Un accord politique du 31 décembre 2016 lui a permis de rester au pouvoir moyennant des élections avant la fin 2017, finalement repoussées au 23 décembre 2018.

Kabila passe la main à Shadary. Mais pour combien de temps ? S’interrogent les observateurs. Car le « plan Poutine – Medvedev » est toujours sur la table à la MP. Et voir même la « solution Zuma » [de l’ANC en Afrique du Sud que M. Shadary pourrait être victime s’il arrivait être élu président de la république] est toujours en étude au PPRD.

Pour rappel, Emmanuel Ramazani Shadary, le candidat du Front à la présidentielle du 23 décembre en RDC, figure sur la liste des dirigeants congolais sanctionnés par l’Union Européenne (UE) pour violations des droits de l’Homme.

Les adversaires de M. Kabila ont qualifié de « victoire » le fait que M. Kabila s’engage finalement « à quitter le pouvoir ». « Pour la première fois, un peuple d’Afrique centrale est parvenu à empêcher un chef d’Etat puissamment soutenu par les forces armées de modifier la Constitution et l’a forcé à quitter le pouvoir », avance Christophe Lutundula, porte-parole d’Ensemble, la coalition de l’opposant Moïse Katumbi. « Nous avons gagné une bataille importante mais la lutte continue: celle pour une vraie alternance », a réagi le mouvement citoyen pro-démocratie Lutte pour le changement (Lucha).

Les Etats-Unis ont salué la décision de M. Kabila de respecter la Constitution. « Ce développement est une autre avancée mais il y a bien davantage à faire », a déclaré l’ambassadrice aux Nations unies Nikki Haley. La commission électorale « doit prendre toutes les mesures nécessaires pour garantir au peuple congolais le droit d’exercer son (droit de) vote lors d’élections libres, justes et crédibles le 23 décembre 2018 », a-t-elle ajouté.

Qui est Emmanuel Ramazani Shadary ?

Emmanuel Ramazani Shadary est député national, ancien vice-gouverneur et gouverneur de la Province de Maniema, président du groupe parlementaire PPRD et coordonnateur de la majorité présidentielle (MP) à l’Assemblée nationale de la République démocratique du Congo. Le Secrétaire Générale du PPRD est candidat de la majorité pour l’élection présidentielle de 2018.

Après une licence en sciences politiques et administrative à l’université de Lubumbashi, Emmanuel Ramazani Shadary effectue un troisième cycle en sciences politiques et administratives à l’université de Kinshasa, où il obtient un diplôme d’études approfondies DES.

Il est assistant à l’ISDR et à l’ISC Kindu de 1992 à 1994 et directeur général et cofondateur de l’ISTCA-Secteur privé à Kalemie dans la province du Katanga.

En 1995, il a été élu secrétaire général de la Société civile du Maniema et en 1997, vice-gouverneur sous le régime de Laurent-Désiré Kabila. En 1998, il est nommé gouverneur de la dite province par le même Mzée Kabila. Il sera reconduit en 2001 par le président de la République, Joseph Kabila.

En 2002, il participe à la fondation du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), au sein duquel il exerce à partir de 2005 la fonction de secrétaire national chargé du processus électoral et de président de la Commission de discipline.

Durant la première législature, de 2006 à 2011, il est 1er vice-président de la Commission politique administrative et juridique de l’assemblée nationale. Réélu député national en 2011, il est, depuis 2012, président du groupe parlementaire PPRD. Il coordonne la majorité présidentielle à la même assemblée.

En tant que Vice-Premier Ministre et Ministre de l’Intérieur et de la Sécurité, il est responsable de la police et des services de sécurité et de la coordination du travail des gouverneurs de province depuis son entrée en fonction le 20 décembre 2016. A ce titre, l’Union européenne, qui l’a inscrit sur une liste de sanctions le 29 mai 2017, le considère comme responsable des récentes arrestations de militants et de membres de l’opposition et de l’usage disproportionné de la force depuis sa nomination, comme l’action violente contre les membres du Nouveau Mouvement religieux Bundu dia Kongo (BDK) fondé en 1969 dans le centre du Congo, la répression à Kinshasa en janvier et février 2017 et l’usage disproportionné de la force et la répression violente dans la province du Kasaï. Dans cette fonction, il est donc impliqué dans la planification, le contrôle ou la commission d’actions qui constituent des violations graves des droits de l’homme.

Le 8 août 2018, Emmanuel Ramazani Shadary est choisi comme candidat de la majorité pour l’élection présidentielle qui doit décider du successeur de Joseph Kabila.

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