dimanche , 21 octobre 2018
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Échec de la CIA contre une tentative d’assassinat contre Maduro

Six « terroristes » accusés d’avoir tenté d’assassiner samedi le président vénézuélien Nicolas Maduro, ont été arrêtés, a annoncé dimanche le ministre de l’Intérieur, qui fait état de « preuves accablantes » dans cet « attentat » téléguidé selon Caracas par le président colombien Juan Manuel Santos. Au cours d’une longue allocution radio-télévisée, M. Maduro a présenté ce qu’il considère comme des « preuves » de la réalité d’une tentative d’assassinat contre lui. Il a accusé l’ancien président du Parlement, l’opposant Julio Borges, actuellement en exil, d’être lié à l’attaque aux drones survenue samedi à Caracas pendant une cérémonie militaire. Le président Maduro a dit s’appuyer sur des déclarations qui auraient été faites par des personnes, au nombre de six, arrêtées à la suite de l’incident. « Toutes les déclarations pointent vers Julio Borges, qui vit dans une propriété à Bogota protégé par le gouvernement sortant de Colombie. Nous savons qu’il est assez lâche pour participer à ce genre d’événements », a affirmé M. Maduro. La Colombie et les États-Unis doivent s’expliquer, selon les observateurs.

« Nous avons jusqu’à présent six terroristes et tueurs à gages arrêtés, plusieurs véhicules saisis; des perquisitions ont eu lieu dans divers hôtels de la capitale, où des preuves accablantes ont été découvertes », a déclaré le ministre de l’Intérieur Nestor Reverol.

Le ministre a ajouté que « les exécutants et les planificateurs (de l’attaque) à l’intérieur et à l’extérieur du pays ont été entièrement identifiés » et que « d’autres arrestations ne sont pas exclues dans les prochaines heures ».

Selon les autorités vénézuéliennes, l’attaque a été menée à l’aide de deux drones chargés d’explosif, samedi à Caracas durant une parade militaire.

Dans les heures qui ont suivi, le président vénézuélien, qui a déclaré lors d’une intervention télévisée « Aujourd’hui on a essayé de m’assassiner », a mis en cause son homologue colombien, qui doit passer les rênes du pouvoir mardi à son successeur, Ivan Duque.

« Je n’ai pas de doute que le nom de Juan Manuel Santos est derrière cet attentat », a-t-il assuré, évoquant des « financiers » non identifiés aux Etats-Unis. « Il n’y aura pas de pardon » à l’encontre des auteurs, a assuré ce président très impopulaire d’un pays dont l’économie est à bout de souffle.

A Bogota, le gouvernement colombien a qualifié cette accusation d' »absurde ».

« Je peux dire catégoriquement qu’il n’y a eu absolument aucune participation du gouvernement américain là-dedans », a de son côté réfuté le Conseiller à la sécurité nationale du président américain Donald Trump, John Bolton.

Mouvement des soldats en chemise

L’attaque a été menée à l’aide de deux drones, chacun chargé d’un kilo de C4, un puissant explosif militaire, capable, selon le ministre de l’Intérieur, de « faire des dégâts dans un rayon d’environ 50 mètres ».

L’un des drones a survolé la tribune présidentielle mais a été brouillé et est allé exploser « hors du périmètre prévu », a ajouté Nestor Reverol. Le contrôle du second drone a été perdu et il a explosé contre un bâtiment situé non loin du lieu où se déroulait la parade.

Un mystérieux groupe rebelle qui serait composé de civils et de militaires a revendiqué l’action, dans un communiqué diffusé sur les réseaux sociaux.

« Nous ne pouvons pas tolérer que la population soit affamée, que les malades n’aient pas de médicaments, que la monnaie n’ait plus de valeur, que le système éducatif n’enseigne plus rien et ne fasse qu’endoctriner avec le communisme », assure ce texte. Celui-ci est signé du « Mouvement national des soldats en chemise », jusque-là inconnu.

Selon le ministre de l’Intérieur, l’un des interpellés était visé par un mandat d’arrêt pour une attaque « terroriste » contre une base militaire à Valencia, à l’ouest de Caracas, le 6 août 2017.

Un homme se présentant comme le capitaine Juan Caguaripan se disait alors « en rébellion légitime » contre « la tyrannie assassine de Nicolas Maduro » dans une vidéo.

Face à cette « attentat », l’armée a serré les rangs. Nous soutenons « de manière inconditionnelle et avec la plus grande loyauté notre commandant en chef », a souligné dimanche le ministre de la Défense Vladimir Padrino Lopez, lors d’un discours télévisé, qualifiant l’incident de la veille de « tentative scandaleuse de magnicide ».

Sept militaires ont été blessés et hospitalisés à la suite de l’attaque, selon le ministre de la Communication Jorge Rodriguez.

« Abrite-toi »

Samedi, lors d’une parade militaire retransmise à la télévision, les Vénézuéliens ont pu voir M. Maduro, en direct à la télévision gouvernementale, interrompre son discours.

En pleine allocution, après une détonation, M. Maduro, son épouse Cilia Flores et les hauts gradés qui les entouraient sur une estrade ont regardé vers le ciel, l’air surpris et inquiet.

« Abrite-toi, abrite-toi! », lance alors un membre de l’escorte présidentielle à M. Maduro, qui répond: « Allons à droite ! ».

Après quoi la caméra a montré plusieurs centaines de soldats en train de rompre soudainement les rangs et de se mettre à courir sur l’avenue où se déroulait l’événement, dans la confusion. La télévision d’Etat a ensuite coupé la retransmission.

Le gouvernement a aussi accusé « l’extrême droite », expression par laquelle il désigne l’opposition vénézuélienne, d’être impliquée dans cet « attentat ».

« Nous alertons sur le fait que tout ce qu’a déjà annoncé le gouvernement ouvre la porte à un persécution et à une vague de répression qui peut tout justifier », a déclaré Nicmer Evans, dissident du chavisme, le mouvement au pouvoir, et dirigeant de la plateforme d’opposition Frente Amplio.

L’incident est survenu dans un contexte social et politique particulièrement tendu. Au Venezuela, tous les voyants économiques sont au rouge vif depuis des années. L’inflation pourrait atteindre 1.000.000% fin 2018, selon le Fonds monétaire international (FMI), alors que le PIB devrait s’effondrer de 18%.

Cet « attentat » intervient en outre le jour du premier anniversaire de la très contestée Assemblée constituante vénézuélienne qui a permis au gouvernement d’asseoir son pouvoir et de neutraliser l’opposition.

Allié de M. Maduro, Cuba a été un des premiers pays à réagir, exprimant son « entière solidarité » au président vénézuélien face à cette « tentative d’attentat ». La Russie, l’Iran et la Turquie, également proches de Caracas, ont fermement condamné cette « tentative d’assassinat », selon Moscou. Les Européens sont restés silencieux ou prudents, comme Madrid, qui parle de « faits violents », et a réprouvé « tout type de violence à des fins politiques ».

IMPLICATION DE L’OPPOSITION DANS L’ATTENTAT

Le pouvoir vénézuélien a lancé mardi une offensive contre l’opposition en annonçant la prochaine traduction en justice de députés accusés d’implication dans l' »attentat » dont le président Nicolas Maduro dit avoir été la cible.

Au cours d’une longue allocution radio-télévisée, M. Maduro a présenté ce qu’il considère comme des « preuves » de la réalité d’une tentative d’assassinat contre lui.

Il a accusé l’ancien président du Parlement, l’opposant Julio Borges, actuellement en exil, d’être lié à l’attaque aux drones survenue samedi à Caracas pendant une cérémonie militaire.

Le président Maduro a dit s’appuyer sur des déclarations qui auraient été faites par des personnes, au nombre de six, arrêtées à la suite de l’incident.

« Toutes les déclarations pointent vers Julio Borges, qui vit dans une propriété à Bogota protégé par le gouvernement sortant de Colombie. Nous savons qu’il est assez lâche pour participer à ce genre d’événements », a affirmé M. Maduro.

Le président vénézuélien avait accusé dès samedi le président sortant colombien Juan Manuel Santos d’être derrière l' »attentat » contre lui. Une allégation rejetée catégoriquement par Bogota.

Une « farce »

Mis en cause par M. Maduro, Julio Borges lui a répondu directement sur Twitter. « Ni le pays ni le monde ne croient à ta farce de l’attentat », a-t-il écrit. « Nous savons tous que c’est un montage pour nous poursuivre et pour nous condamner, nous qui nous opposons à ta dictature ».

Selon la version des autorités vénézuéliennes, une tentative d’assassinat a été menée contre M. Maduro avec deux drones chargés d’explosif. Sept militaires ont été blessés.

Outre M. Borges, M. Maduro a aussi accusé d’implication dans l' »attentat » un député de l’opposition vénézuélienne, Juan Requesens.

Dans un témoignage filmé sur une vidéo que M. Maduro a diffusée, les noms de MM. Borges et Requesens ont été mentionnés par un militaire en retraite qui est l’une des personnes arrêtées après l’incident de samedi.

La formation d’opposition à laquelle M. Requesens appartient, Primero Justicia, a annoncé que ce député et sa soeur avaient été arrêtés mardi par le service vénézuélien du renseignement, le Sebin.

« Le député Juan Requesens et sa soeur Rafaela ont été capturés et frappés par 14 hommes du Sebin », a déclaré Primero Justicia sur son compte Twitter.

Rafaela Requesens a été libérée par la suite, selon sa famille.

Sur Twitter, M. Borges a condamné l’arrestation du député. « Nous dénonçons devant le monde l’abus injustifiable » commis contre Juan Requesens, « dont on a violé l’immunité parlementaire et qui a été emprisonné », a-t-il écrit.

Parallèlement à l’allocution de M. Maduro, le président de l’Assemblée constituante, Diosdado Cabello, numéro deux du régime chaviste, a annoncé que cette assemblée discuterait dès mercredi de « la suppression de l’immunité parlementaire de ceux qui sont impliqués » dans l' »attentat » contre M. Maduro.

L’Assemblée constituante est composée uniquement de partisans du pouvoir et dispose de pouvoirs quasiment illimités. Le retrait de l’immunité parlementaire est le premier pas vers la traduction en justice de députés.

Peu après l’incident de samedi, M. Maduro, outre sa mise en cause du président sortant colombien, avait accusé des « financiers » non identifiés qui résideraient aux Etats-Unis et aussi « l’ultra-droite », se référant ainsi à l’opposition vénézuélienne.

Quelques heures avant les annonces faites mardi par le pouvoir, le Parlement vénézuélien, seule institution tenue par l’opposition, a réclamé l’ouverture d’une enquête impartiale sur l’affaire des drones.

« Aucune crédibilité »

Dans une déclaration lue dans l’hémicycle, les parlementaires ont appelé à une « enquête sérieuse, objective, impartiale et concluante qui fournirait des informations précises » sur ces faits.

« Malheureusement, un régime qui utilise la propagande et la désinformation comme méthodes systématiques n’a aucune crédibilité », a estimé le Parlement.

Les députés ont également dénoncé l’intention du gouvernement d’utiliser l’incident pour « renforcer la persécution politique » de l’opposition.

« Nous réaffirmons que la lutte politique des Vénézuéliens doit être orientée (…) vers l’obtention d’élections libres, réunissant toutes les conditions démocratiques sous observation internationale », a souligné le Parlement.

Commentant les faits survenus samedi, le Parlement a déclaré « rejeter les voies, violentes ou non, qui s’écartent des lignes directrices établies dans la Constitution ».

Les députés ont confirmé « leur engagement en faveur de solutions politiques, institutionnelles et pacifiques à la crise actuelle ». Ils tiennent le gouvernement et l’Assemblée constituante pour responsables de la violence au Venezuela.

L’Assemblée constituante avait avancé au 20 mai l’élection présidentielle normalement prévue pour décembre, qui a vu la réélection de Nicolas Maduro jusqu’en 2025. Le résultat du scrutin a été rejeté par l’opposition et par une grande partie de la communauté internationale qui le considère comme illégitime.

La crise politique se déroule alors que tous les voyants économiques au Venezuela sont au rouge vif. L’inflation pourrait atteindre 1.000.000% fin 2018, selon le Fonds monétaire international (FMI), et le PIB devrait s’effondrer de 18%. Les pénuries touchent les produits de première nécessité, notamment les médicaments et les produits alimentaires.

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