dimanche , 21 octobre 2018
Accueil / Afrique / Retour de Katumbi : Les Oppositions se serrent le coude pour faire pression à « Kabila »
Fatshi, Kamerhe et Bemba
Fatshi, Kamerhe et Bemba

Retour de Katumbi : Les Oppositions se serrent le coude pour faire pression à « Kabila »

Dernière mise à jour, le 8 août 2018 à 06:11

Au moment où les autorités congolaises multiplient des barricades pour empêcher à Moïse Katumbi de retourner au pays pour déposer sa candidature, ses proches de l’Opposition, Jean-Pierre Bemba, Félix Tshisekedi et Vital Kamerhe se serrent le coude pour faire pression au pouvoir de Kinshasa. Au terme du Congrès de son parti, l’Union pour la Nation Congolaise (UNC), Vital Kamerhe a demandé aux autorités congolaises de laisser Moïse Katumbi retourner au pays pour garantir des élections réellement inclusives. Selon des sources au CNSA, cette situation est un coup à l’Accord de la Saint Sylvestre qui insiste la « décrispation politique » pour donner lieu à des élections apaisées. Dans un communiqué daté lundi 06 août : « la Cenco exhorte les autorités congolaises de revenir sur leur décision en laissant notre compatriote rentrer au pays et déposer sa candidature comme les autres candidats ». Les évêques se sont dits à ce propos peinés par « le sort inacceptable réservé au leader de Ensemble pour le changement ». Ils précisent qu’il est de leur devoir de pasteurs de prévenir à temps les autorités de la République du fait qu’elles ont refusé l’entrée en RDC de l’ancien gouverneur du Katanga, l’obligeant à rester à l’étranger. « Un tel refus ressemble à plusieurs égards, a un déni identitaire, qu’aucune société humaine ne peut aujourd’hui tolérer », protestent-ils.

En République démocratique du Congo, Le compte à rebours pour le dépôt des candidatures à la présidentielle du 23 décembre 2018 a commencé. Fixée au 8 août prochain, l’échéance du dépôt des candidatures pousse les différents postulants à hâter le pas. Au moment où les autorités congolaises multiplient des barricades pour empêcher à Moïse Katumbi de retourner au pays pour déposer sa candidature, ses proches de l’Opposition, Jean-Pierre Bemba, Félix Tshisekedi et Vital Kamerhe se serrent le coude pour faire pression au pouvoir de Kinshasa.

Au terme du Congrès de son parti, l’Union pour la Nation Congolaise (UNC), Vital Kamerhea demandé aux autorités congolaises de laisser Moïse Katumbi retourner au pays pour garantir des élections réellement inclusives. Tenues à Kinshasa du 2 au 4 août dernier, ces assises ont permis aux cadres et membres du parti de désigner leur président comme candidat de l’UNC à la magistrature suprême. Fort donc de cette marque de confiance de la part de sa base, ’’Mupepe ya sika’’a voulu joindre sa voix à celle de ses collègues, leaders de l’Opposition et candidats comme lui à la présidentielle.

Dans son discours de clôture du Congrès, retransmis en intégralité hier dimanche sur Canal Futur, sa chaïne de télévision, Vital Kamerhe a réitéré le message lancé le vendredi 2 août dernier par Jean-Pierre Bemba lors de sa toute première conférence de presse à Kinshasa, depuis sa libération de la Cour pénale internationale (CPI). Comme ses pairs, le leader de l’UNC s’est montrésolidaireà l’ex-Gouverneur du Katanga.

D’après Vital Kamerhe, c’est ce mot d’ordre que lui, Jean-Pierre Bemba et Félix Tshisekedi se sont passé lorsqu’ils se sont retrouvés à huis clos dans la soirée du vendredi dernier à Kinshasa. Juste à la veille du départ pour Gemena du président national du Mouvement de Libération du Congo (MLC), qui tenait à aller honorer la mémoire de son père, Bemba Saolona.

SOLIDAIRES A MOÏSE KATUMBI

Déterminés à faire front commun pour l’emporter sur le candidat qui sera désigné cette semaine par la Majorité au pouvoir, les trois porte-étendards de l’Opposition ont décidé de faire pression sur le chef de l’Etat pour qu’il puisse autoriser Moïse Katumbi de rentrer en toute quiétude au bercail, et faciliter ainsi la tenue des élections apaisées. Dixit le président de l’UNC.

Les yeux braqués sur le sablier de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), Vital Kamerhe compte déposer dans le délai sa candidature avant le 8 août. Félix Tshisekedi, lui, a annoncé qu’il va s’enregistrer demain mardi 7 août, Jean-Pierre Bemba venant déjà de transmettre son dossier à la Centrale électorale le jeudi 2 août, au lendemain de son retour dans la capitale congolaise.

UN CHRONOGRAMME EN DEFAVEUR DE KATUMBI

Pour le porte-étendard de la plateforme ’’Ensemble pour l’alternance’’, lechronogramme semble jouer en sa défaveur. Ayantprévu d’aller déposer sa candidature à Kinshasa le samedi 4 août, Moïse Katumbi a souhaité regagner le pays par route, à partir de la Zambie où s’est posé son aéronef. Depuis le vendredi dernier en effet, l’ex-Gouverneur du Katangatente en vain de rentrer en RDC. Les autorités congolaises ont, en effet, intimé l’ordre aux forces de l’ordre de verrouiller les barrières de Kasumbalesa, cité frontalière de la Zambie, située au Sud-est du pays.

Depuis lors, les frontières sont restées fermées aux trafics. Les activités ont ainsi été paralysées au niveau de la douane où la Direction générale des migrations n’a pas fonctionné, côté congolais. Ainsi, des colonnes de camions des marchandises sontrestées stationnées le long de la route.Toutefois, de part et d’autre de la frontière, les nombreux partisans et sympathisants sont venus, par milliers, accueillir leur leader. De blanc vêtu, en signe de paix, Moïse Katumbi a reçu un bain de foule dès l’arrivée de son cortège au poste frontalier de Kasumbalesa.

DANS LE COLLIMATEUR DE LA JUSTICE

Contraint de passer la nuit en Zambie, Moïse Katumbi a tenté en vain de rentrer une fois de plus au pays par le poste frontalier le samedi dernier. Finalement, en fin d’après-midi, les autorités zambiennes lui ont signifié que les dirigeants congolais sont opposés à son retour. Une version confirmée par son porte-parole, Olivier Kamitatu.

Ex-collaborateur du président Joseph Kabila, passé à l’opposition en 2015 avant d’aller en exil en mai 2016, l’ex-Gouverneur du Katanga a été condamné à trois ans de prison dans une affaire de spoliation immobilière, pour laquelle il a fait appel. Il est, en outre, poursuivi pour recrutement de mercenaires, le procès étant renvoyé au 10 octobre prochain. Les autorités congolaises menacent de l’arrêter dès son retour au pays. Une menace qu’il n’est pas loin d’ignorer.

« NOUS NE NOUS LAISSERONS PAS FAIRE »

Résolu à regagner son fief par Lubumbashi, la ville où il a été condamné et où sa popularité est incontestable, Moïse Katumbi reste encore optimiste, bien qu’il n’ait pas encore obtenu un passeport en court de validité, et qu’il ne se soit pas encore enrôlé pour pouvoir déposer sa candidature à la magistrature suprême.

Stimulés par l’appui de ses compagnons de l’Opposition, candidats comme lui à l’élection présidentielle de décembre, et comptant sur l’appui de ses millions d’électeurs, partisans, sympathisants, voire fanatiques de son équipe, le Tout-puissant Mazembe, le président de la plateforme ’’Ensemble pour l’alternance’’ s’attend à une évolution positive de la situation politique.

A tous ceux qui s’attendent à le voir postuler à la magistrature suprême, Moïse Katumbi montre qu’il est déterminé à aller jusqu’au bout. Sur son compte twitter en effet, il lance à ses nombreux partisans un message de réconfort qui résonne comme un véritable défi : « Mes chers compatriotes, ils usent de leur pouvoir finissant pour tenter de bloquer mon retour parmi vous et choisir leurs candidats. Pas de parodie d’élection ! Nous ne nous laisserons pas faire ».

PRÉSIDENT DU CNSA PRÉOCCUPÉ PAR LE BRAS DE FER POUVOIR – KATUMBI

Sans présager de la suite de ce feuilleton, c’est davantage l’absence de décrispation du climat politique à quelque 4 mois des élections qui préoccupe le président du CNSA, soucieux de mettre du sien pour détendre l’atmosphère…

Le leader de « Ensemble pour le changement », Moïse Katumbi Chapwe, a été empêché vendredi et samedi de rentrer au pays pour déposer sa candidature à l’élection présidentielle prévue le 23 décembre. Selon des sources au CNSA, cette situation est un coup à l’Accord de la Saint Sylvestre qui insiste la « décrispation politique  » pour donner lieu à des élections apaisées.

Au Conseil national de suivi de l’Accord de la Saint sylvestre et du processus électoral (CNSA), l’institution d’appui à la démocratie dirigée par Joseph Olenghankoy, on cherche à tout mettre en œuvre pour arriver à l’organisation des élections inclusives, démocratiques et transparentes au 23 décembre prochain.

Ainsi à la suite à ce refus de voir un des candidats à la présidentielle rentrer au pays, le CNSA entend déployer des énergies pour un soft landing du processus électoral. Histoire de ne pas ouvrir une brèche à une quelconque crise qui se révélerait fatale pour la suite du processus électoral mené jusqu’ici.

Selon des sources, le CNSA et son président Joseph Olenghankoy travailleraient déjà dans le sens de détendre l’atmosphère. La stratégie serait de maintenir un dialogue permanent entre les acteurs politiques pour aboutir effectivement à cette décrispation politique tant souhaitée. Reste à savoir comment ferait Joseph Olenghankoy pour garantir l’inclusivité électorale à tous les prétendants quand on sait que la Centrale électorale, par la bouche de son président, a dit et redit le week-end qu’il n’y aura pas un jour de plus pour le dépôt des candidatures aux législatives et à la présidentielle ! Mais on sait que le président du CNSA n’est pas un défaitiste. Et avec lui, ce ne sont pas les idées qui manquent. Croisons le doigt qu’il soit entendu. Pour le bien de tous.

LA CENCO EXHORTE LE GOUVERNEMENT À LAISSER KATUMBI RENTRER AU PAYS ET DEPOSER SA CANDIDATURE

Les prélats catholiques sont préoccupés par la situation de Moïse Katumbi au moment où le compte à rebours pour la fermeture du bureau de réception et de traitement des candidatures à la présidentielle et aux législatives, a commencé. A un peu moins de 48 heures, interviendra en effet la clôture du dépôt des candidatures pour cette phase des élections.

Dans un communiqué daté lundi 06 août : « la Cenco exhorte les autorités congolaises de revenir sur leur décision en laissant notre compatriote rentrer au pays et déposer sa candidature comme les autres candidats ».

Les évêques se sont dits à ce propos peinés par « le sort inacceptable réservé au leader de Ensemble pour le changement ». Ils précisent qu’il est de leur devoir de pasteurs de prévenir à temps les autorités de la République du fait qu’elles ont refusé l’entrée en RDC de l’ancien gouverneur du Katanga, l’obligeant à rester à l’étranger.

« Un tel refus ressemble à plusieurs égards, a un déni identitaire, qu’aucune société humaine ne peut aujourd’hui tolérer », protestent-ils.

« Dans la perspective de l’application de l’Accord politique global et inclusif du Centre interdiocesain, un tel traitement ségrégationniste ne se justifie point et peut inutilement entraîner des conséquences fâcheuses qu’il faut absolument éviter », martèle l’episcopat congolais.

Les évêques catholiques ont, par ailleurs, indiqué que la bataille pour l’instant doit être électorale dans le respect de tous et de chaque individu, dans la paix et l’égalité des chances. A leurs dires, « la crédibilité du scrutin est à ce prix. En vraie démocratie, on se choisit pas les adversaires politiques ».

C’est donc à la Ceni qu’il revient de statuer sur la validité ou non d’une candidature. « Maintenir une telle décision est un grand recul pour la démocratie », a conclu la Cenco.

APPEL AUX ELECTIONS INCLUSIVES ET APAISEES : COMMUNIQUÉ DE LA CENCO À L’OCCASION DU DÉPÔT DES CANDIDATURES AUX ÉLECTIONS PRÉSIDENTIELLES ET LÉGISLATIVES DU 23 DÉCEMBRE 2018 EN RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO (RDC)

  1. Convaincus que seules les élections crédibles, transparentes et inclusives sont la solution à la crise actuelle en RDC, les Evêques membres de la Conférence Episcopale Nationale du Congo (CENCO), en leur qualité de garants de l’Accord de la Saint-Sylvestre, veilleurs et éveilleurs des consciences, en vertu de leur mission prophétique, encouragent et suivent de très près le processus électoral en cours.

  2. A cette étape décisive du déroulement du calendrier électoral, à savoir le dépôt des candidatures à l’élection présidentielle et aux élections législatives, la CENCO félicite la CENI, les autorités du pays et les acteurs politiques pour les efforts fournis jusqu’à ce niveau. Elle souhaite que le processus électoral se poursuive en conformité avec la constitution et l’Accord de la Saint Sylvestre et soit ouvert à tous les candidats qui en remplissent les conditions et se clôture dans la paix.

  3. Cependant, la CENCO est vivement préoccupée par la volonté affichée par’ ceux qui sont au pouvoir d’exclure certains candidats à la Présidence de la République. A ce propos, la CENCO est très peinée par le sort inacceptable réservé à Monsieur Moïse Katumbi, sujet congolais, à qui les autorités refusent l’entrée dans notre pays, en l’obligeant de rester à l’étranger.

  4. Dans la perspective de l’application de l’Accord Politique Global et Inclusif du Centre Interdiocésain, un tel traitement ségrégationniste ne se justifie point et peut inutilement entraîner des conséquences fâcheuses qu’il faut absolument éviter. A cet effet, il est de notre devoir de pasteurs de prévenir à temps les responsables de notre pays.

  5. Il sied de rappeler que l’appartenance à une nation dont on se reconnaît est un droit naturel reconnu les êtres humains partout au monde et particulièrement dans notre Constitution qui stipule: «Aucun congolais ne peut être ni expulsé du territoire de la République, ni être contraint à l’exil, ni être forcé à habiter hors de sa résidence habituelle» (Article 30, Alinéa 2). Elle ne saurait, de ce fait, être violée, aliénée arbitrairement, refusée à un individu sous aucun prétexte. Un tel refus ressemble, à plusieurs égards, à un déni identitaire, qu’aucune société humaine ne peut aujourd’hui tolérer.

  6. La CENCO exhorte vivement les autorités congolaises à revenir sur leur décision en laissant notre compatriote Moise Katumbi entrer au pays et déposer sa candidature comme tous les autres candidats. Nous estimons que la vraie bataille, pour l’instant, doit être électorale, dans le respect des droits de tous et de chaque individu, dans la paix et l’égalité des chances. La crédibilité des scrutins est à ce prix. En vraie Démocratie on ne se choisit pas les adversaires politiques. C’est à la CENI qu’il revient de statuer sur la validité ou non d’une candidature. Maintenir une telle décision est un grand recul pour la démocratie.

  7. Aussi la CENCO déplore et condamne-t-elle la violence, avec mort d’hommes et d’énormes dégâts matériels, ayant prévalu ces jours-ci au poste, frontalier de Kasumbalesa. Elle exhorte vivement les autorités congolaises à faire preuve de retenue et de haut sens de responsabilité, en veillant à la sécurité et à la protection de tous, sans discrimination aucune. Les élections que le Peuple congolais attend doivent être crédibles, transparentes et inclusives.

  8. Que Dieu, qui nous a donné un pays merveilleux, veille sur notre Peuple et lui accorde la paix par l’intercession de nos Bienheureux Marie-Clémentine Nengapeta et Isidore Bakanja.

Fait à Kinshasa,

le 06 août 2018

Marcel Utembi Tapa
Président de la CENCO

Fridolon Ambongo Besungu
Vice-Président de la CENCO

[avec Yves KALIKAT, Didier KEBONGO, Emma MUNTU]

A lire aussi

CNSA offre ses bons offices : Échec des discussions CENI et 21 candidats

Au lendemain de l’échec des discussions entre la CENI et les candidats président de la …

Laisser un commentaire