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Moïse Katumbi en Afrique du Sud.
Moïse Katumbi en Afrique du Sud.

Sur instruction de « Kabila » : Moïse KATUMBI interdit de rentrer en RDC

Dernière mise à jour, le 4 août 2018 à 10:54

Allié puis adversaire du président Kabila, Moïse Katumbi annonce son retour pour vendredi matin dans son ex-fief de Lubumbashi en jet privé en provenance de Johannesburg. Jeudi après-midi, les autorités ont fait savoir aux partisans de M. Katumbi qu’elles s’opposaient à ce retour, via le maire de la ville, une autorité nommée par le chef de l’Etat en RDC. « Je suis au regret de porter à votre connaissance que je ne saurais accéder à votre demande », a répondu le maire Ghislain Robert Lubara dans une lettre. Il invoque deux raisons: « non-autorisation de survol de l’espace aérien et d’atterrissage » à l’aéroport de Lubumbashi et « dossier judiciaire en cours » qui concerne M. Katumbi. « Lubumbashi est une ville de paix et aimerait consolider cet acquis », ajoute le maire. Avant cette lettre officielle, M. Katumbi a répété à l’AFP son intention de prendre l’avion vendredi matin – quitte à se replier sur la Zambie s’il ne pouvait pas atterrir. Selon l’Association Congolaise pour l’Accès à la Justice (ACAJ), un mandat « de prise de corps » est déjà établi et remis à la police pour arrêter l’opposant Moïse KATUMBI le vendredi 03 août 2018 à sa descente de l’avion à Lubumbashi.

L’ex-chef de guerre congolais Jean-Pierre Bemba a déposé jeudi sa candidature à la présidentielle en République démocratique du Congo, au lendemain de son retour triomphal à Kinshasa après dix ans derrière les barreaux d’une prison de la Cour pénale internationale (CPI).

Un autre adversaire en exil du président Joseph Kabila, Moïse Katumbi, qui avait annoncer son intention de rentrer au pays vendredi matin pour déposer sa candidature avant la date-butoir du 8 août, s’est vu interdire l’entrée du territoire congolais.

Quant au président Kabila, qui selon la Constitution ne peut pas se représenter mais n’a toujours pas choisi de « dauphin », il s’est rendu en Angola, pays voisin qui suit de très près les élections prévues le 23 décembre en RDC.

« Maintenant il appartient à la commission électorale de traiter toutes les candidatures. A mon niveau, j’ai déposé tout le dossier, il est en règle », a déclaré M. Bemba à l’issue d’une longue audience au siège de cette commission électorale nationale indépendante (Céni).

D’après le calendrier électoral, la Céni doit publier la liste définitive des candidats le 19 septembre, le temps de faire face à d’éventuels recours en justice.

M. Bemba avait été condamné pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre pour les exactions de sa milice en Centrafrique en 2002-2003M, avant d’être finalement acquitté en juin par la CPI.

M. Bemba, 55 ans, a pu mesurer sa popularité à son retour mercredi à Kinshasa où des dizaines de milliers de personnes ont salué son retour, avec souvent des slogans hostiles à l’actuel chef de l’Etat Joseph Kabila.

M. Kabila, 47 ans, ne peut pas se représenter après ses deux mandats qui ont pris fin le 20 décembre 2016. Il n’a toujours pas désigner de dauphin, et ses adversaires le soupçonnent de chercher des stratagèmes pour rester au pouvoir.

A l’invitation de son homologue Joao Lourenço, M. Kabila s’est rendu jeudi en Angola, pays qui suit de près la situation en RDC en se gardant de toute ingérence.

« Nous avons abordé trois points : les relations commerciales, politiques et sociales », a déclaré M. Kabila sans plus de détails.

Kabila en visite en Angola

Le président angolais Joao Lourenço s’est dit « satisfait des mesures déjà données pour les élections prévues pour décembre ».

En mai, Kinshasa avait convoqué les chargés d’affaires angolais, rwandais et français après des propos du président français Emmanuel Macron sur le processus électoral congolais et une « initiative » qu’aurait prise Luanda et Kigali.

Allié puis adversaire du président Kabila, Moïse Katumbi annonce son retour pour vendredi matin dans son ex-fief de Lubumbashi en jet privé en provenance de Johannesburg.

Jeudi après-midi, les autorités ont fait savoir aux partisans de M. Katumbi qu’elles s’opposaient à ce retour, via le maire de la ville, une autorité nommée par le chef de l’Etat en RDC.

« Je suis au regret de porter à votre connaissance que je ne saurais accéder à votre demande », a répondu le maire Ghislain Robert Lubara dans une lettre.

Il invoque deux raisons: « non-autorisation de survol de l’espace aérien et d’atterrissage » à l’aéroport de Lubumbashi et « dossier judiciaire en cours » qui concerne M. Katumbi.

« Lubumbashi est une ville de paix et aimerait consolider cet acquis », ajoute le maire.

Avant cette lettre officielle, M. Katumbi a répété à l’AFP son intention de prendre l’avion vendredi matin – quitte à se replier sur la Zambie s’il ne pouvait pas atterrir.

Ses proches ont rencontré à Kinshasa la cheffe de la Mission des Nations unies au Congo (Monusco) pour la « sensibiliser » sur « les risques sécuritaires qui entourent le processus des élections dans la perspective du retour de Moïse Katumbi ».

« Cette rencontre entre dans le cadre des bons offices de la Monusco (…) la Monusco n’a pas pour mission d’assurer la protection des personnalités », s’est contentée de commenter la Monusco, dont l’actuel mandat a fait de la réussite des élections prévues le 23 décembre 2018 une priorité absolue.

Ex-proche du président Kabila passé à l’opposition en 2015, M. Katumbi a quitté la RDC en mai 2016 pour raisons médicales et n’est pas rentré depuis.

En son absence, il a été condamné à trois ans de prison dans une affaire de spoliation immobilière pour laquelle il a fait appel.

Il est également poursuivi pour recrutement de mercenaires (procès renvoyé au 10 octobre).

« Des farces judiciaires », a déclaré récemment son avocat parisien Éric Dupond-Moretti, qui balaie aussi une troisième accusation (liée à la possession de la nationalité italienne), concluant que « rien n’interdit qu’il rentre en RDC » et mettant en garde contre une arrestation arbitraire.

Mandat de prise de corps illégal déjà établi contre Moïse KATUMBI

L’Association congolaise pour l’accès à la justice (ACAJ) est informée de sources fiables qu’un mandat « de prise de corps » est déjà établi et remis à la police pour arrêter l’opposant Moïse KATUMBI le vendredi 03 août 2018 à sa descente de l’avion à Lubumbashi.

L’ACAJ constate qu’aucune de deux procédures judiciaires engagées contre lui ne peut pourtant justifier pareil mandat.

En effet :

Le dossier « recrutement des mercenaires » est déjà fixé devant la Cour de cassation par le Parquet général de la république suivant sa requête n° 1662/RMP.V/041/PGR/MIM/2018 du 16 mars 2018 dans laquelle Moïse KATUMBI est identifié comme prévenu en liberté au paragraphe 2. Dès lors, le Parquet ne peut plus décerner un quelconque mandat contre lui étant entendu qu’il est déjà dessaisi dudit dossier et que Moïse KATUMBI a droit de se présenter à la prochaine audience d’octobre en homme libre.

Dans le dossier de « condamnation à trois ans de prison avec arrestation immédiate » portant sur l’immeuble de Lubumbashi, Moïse KATUMBI a fait opposition et appel. Ainsi, le Parquet ne peut pas l’arrêter car la circulaire n° 003/08/LM/PGR/2005 du 5 décembre 2005 relative à l’exécution abusive de la mesure d’arrestation immédiate du Procureur Général de la République enjoint aux responsables des parquets à ne pas arrêter une personne condamnée par un jugement par défaut, mais qui a fait opposition.

Eu regard à ce qui précède, l’ACAJ demande au Procureur Général près la Cour de Cassation à s’assurer que l’opposant Moise KATUMBI ne fera pas l’objet d’arrestation demain à Lubumbashi, car le mandat de prise de corps est sans fondement légal.

L’ACAJ demande au Ministre de la Justice de cesser les pressions politiques qu’il est en train d’exercer sur le Parquet pour qu’il arrête arbitrairement l’opposant Moïse KATUMBI.

L’ACAJ rappelle que le Gouvernement à l’obligation d’appliquer les mesures de décrispation politique prévues par l’accord politique global et inclusif du 31 décembre 2016 en vue de favoriser la réconciliation des congolais avant la tenue des élections de décembre 2018.

L’ACAJ demande à la MONUSCO de veiller à ce que l’opposant Moïse KATUMBI ne fasse l’objet d’arrestation ni de mauvais traitements à son arrivée à Lubumbashi.

Pour tout contact presse :
Me Georges Kapiamba, Président de l’ACAJ
Téléphone : +243814043641
Email : kapiambag2@gmail.com

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