mercredi , 30 septembre 2020
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RDC : Candidature unique de l’Opposition, chacun cherche à tirer la couverture de son côté

Félix Tshisekedi, Vital Kamerhe, Jean-Pierre Bemba et Moïse Katumbi ont en commun un leitmotiv : l’unité de l’opposition pour faire face à la majorité au pouvoir à la présidentielle du 23 décembre 2018. Tous ne jurent que par le compromis autour d’une candidature unique de l’opposition, c’est-à-dire cet oiseau rare qui va porter les couleurs de l’opposition au sprint électoral de cette fin d’année. Si à l’officiel, les principaux leaders de l’opposition s’efforcent de surmonter chacun leur égo en multipliant des appels pour une candidature unique de l’opposition à la présidentielle, dans leurs états-majors respectifs, le discours est plutôt tout autre. En effet, chacun cherche à tirer la couverture de son côté, en faisant plus de bruit possible autour de son leader. Le MLC l’a superbement prouvé lors de son congrès en plébiscitant son candidat à la présidentielle, en l’occurrence Jean-Pierre Bemba. L’Udps en a fait autant, tout comme Ensemble pour le changement qui porte la candidature de Moïse Katumbi. Sans doute l’UNC agira-t-il dans le même sens en s’alliant derrière son président, Vital Kamerhe, lors de son congrès annoncé en août prochain. Pour l’instant, c’est dans la dispersion que l’opposition aborde ce virage du 25 juillet 2018 qui coïncide avec l’ouverture des Bureaux de traitement et réception des candidatures (BRTC) pour la présidentielle et les législatives nationales du 23 décembre 2018.

L’Opposition congolaise reste encore une énigme. Tantôt elle se rassemble autour d’une cause commune, tantôt elle se disperse pour des points de divergence assez discutables. L’expérience malheureuse de Genval en est une illustration. Le ‘’Rassemblement’’ a volé en éclat (bipolarité) alors que le deal consistait à regarder dans la même direction en mettant de côté les égos. A cinq mois du 23 décembre 2018, l’opposition sent à nouveau le besoin de se rassembler autour d’une candidature unique à la présidentielle. Peut-elle surmonter ses divergences et jouer franc jeu quand on sait que la vraie unité devrait porter sur la machine à voter, le fichier électoral vicié et la mise en œuvre de l’accord du 31 décembre 2016 ?  Sans cela, elle aura joué un double jeu contreproductif.

Félix Tshisekedi de l’Udps, Vital Kamerhe de l’UNC, Jean-Pierre Bemba du MLC et Moïse Katumbi d’Ensemble pour le changement ont en commun un leitmotiv : l’unité de l’opposition pour faire face à la majorité au pouvoir à la présidentielle du 23 décembre 2018. Tous ne jurent que par le compromis autour d’une candidature unique de l’opposition, c’est-à-dire cet oiseau rare qui va porter les couleurs de l’opposition au sprint électoral de cette fin d’année.

Si à l’officiel, les principaux leaders de l’opposition s’efforcent de surmonter chacun leur égo en multipliant des appels pour une candidature unique de l’opposition à la présidentielle, dans leurs états-majors respectifs, le discours est plutôt tout autre. En effet, chacun cherche à tirer la couverture de son côté, en faisant plus de bruit possible autour de son leader.

Le MLC l’a superbement prouvé lors de son congrès en plébiscitant son candidat à la présidentielle, en l’occurrence Jean-Pierre Bemba. L’Udps en a fait autant, tout comme Ensemble pour le changement qui porte la candidature de Moïse Katumbi. Sans doute l’UNC agira-t-il dans le même sens en s’alliant derrière son président, Vital Kamerhe, lors de son congrès annoncé en août prochain.

Pour l’instant, c’est dans la dispersion que l’opposition aborde ce virage du 25 juillet 2018 qui coïncide avec l’ouverture des Bureaux de traitement et réception des candidatures (BRTC) pour la présidentielle et les législatives nationales du 23 décembre 2018.

Mais, qu’est-il des préalables qu’a longtemps soulevés l’Opposition pour des élections apaisées et véritablement démocratiques ? Difficile à dire. Car, pour l’instant, l’opposition est partagée entre deux options, soit boycotter les scrutins de décembre prochain, soit se lancer dans la course électorale en se laissant guider par des choix de la Céni. Or, ces choix qui se déclinent en termes de machine à voter et d’un fichier électoral entaché d’irrégularités, ne rassurent pas du tout. Qui pis est, c’est dans un contexte de violation tacite de l’accord politique du 31 décembre 2016 que l’opposition doit se lancer dans la course électorale.

Sur ces trois préalables précis, à savoir le rejet de la machine à voter, la fiabilisation du fichier électoral et la mise en œuvre intégrale de l’accord du 31 décembre 2018, l’opposition est loin de dégager une unanimité dans ses rangs. Chacun y va au gré de ses intérêts et de ses motivations politiques.

Régarder dans la même direction

Si l’Udps de Félix Tshisekedi et Ensemble pour le changement de Moïse Katumbi ne jurent que par l’application intégrale de l’accord conclu sous l’égide de la Cénco (Conférence épiscopale nationale du Congo) pour baliser la voie qui mène aux élections, l’Unc de Vital Kamerhe et le MLC de Jean-Pierre Bemba semblent réservés sur la question.

Comment dès lors prétendre à une candidature commune de l’Opposition si tous ne partagent pas les mêmes préoccupations ? C’est tout le problème.

Si l’opposition veut se positionner en une alternative crédible pour la prochaine présidentielle, elle doit conjurer le vieux démon de l’hypocrisie qui mine encore ses rangs. L’idéal est que l’opposition parvienne à parler un seul langage, en ayant le regard fixé sur le souhait le plus ardent de tout un peuple, à savoir l’alternance démocratique à l’issue des scrutins prochains.

En face, la majorité au pouvoir(MP) – muée depuis peu en Front commun pour le Congo(FCC) – est à bout de souffle, ne sachant positionner son autorité morale, le président Joseph Kabila, à la course présidentielle de décembre 2018. Celle-ci n’attend donc qu’une seule occasion. Elle se tient en embuscade, convaincue que l’opposition, dans sa diversité, ne saurait se mettre d’accord sur une candidature commune. Dans l’entourage du président Kabila, on y travaille à fond. Tout est mis en place pour éloigner davantage l’opposition de l’objectif de l’unité qui pourrait être fatal autant pour la majorité au pouvoir que pour celui qui devra porter ses couleurs à la présidentielle du 23 décembre 2018.

De ce point de vue, il est temps pour l’opposition de se ressaisir, en recentrant sa stratégie sur les préalables en vue de scrutins véritablement démocratiques. On attend donc voir les leaders de l’opposition marquer unanimement leur accord autour d’un rejet sans condition de la machine à voter, la fiabilisation du fichier électoral et la mise en œuvre intégrale de l’accord politique du 31 décembre 2016.

Ne pas emprunter cette voie, c’est jouer, sans le savoir, le jeu de la majorité au pouvoir qui travaille ardemment pour disperser davantage l’opposition.

Si le double jeu gagne l’opposition, c’est le président Kabila qui en sera le grand gagnant. Ce qui serait un cauchemar pour tout un peuple.

[lePotentiel]

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