mardi , 16 octobre 2018
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RDC : « Kabila » n’a apporté aucune réponse aux attentes du peuple congolais

Dans une conférence de presse qu’il a donnée au Palais du peuple, le sénateur Florentin Mokonda Bonza, candidat malheureux à la présidentielle de 2006, a soutenu que Joseph Kabila n’a apporté aucune réponse aux attentes du peuple congolais. Selon lui, le Chef de l’Etat devait impérativement se prononcer clairement sur son avenir politique. En d’autres termes, Florentin Mokonda Bonza, comme plusieurs autres acteurs politiques de l’Opposition, pense que le Raïs devait donc déclarer, soit qu’il sera candidat à sa propre succession, soit qu’il ne postulera pas. Et le fait de ne l’avoir pas dit, a « amplifié la confusion autour de son avenir politique et l’issue du processus électoral », renchérit-il, avant d’ajouter que le « bilan dressé par le Président Joseph Kabila est une autosatisfaction en total déphasage avec les réalités du pays, qui contredisent sa passion pour le Congo ».

Après le message annuel du président Joseph Kabila sur l’état de la Nation, le jeudi 19 juillet devant les deux chambres du Parlement réunies en congrès, une polémique s’empare des Kinois. D’un côté, ceux qui pensent que le Chef de l’Etat congolais a tenu un discours d’autosatisfaction, au terme de ses 17 ans de pouvoir au sommet de l’Etat. Dans le même registre, certains autres Kinois estiment que Joseph Kabila est passé à côté de l’essentiel des attentes de ses concitoyens. Le cas de Florentin Mokonda Bonza qui s’est dit « profondément déçu » par le message de Joseph Kabila.

Dans une conférence de presse qu’il a donnée au Palais du peuple, ce sénateur, candidat malheureux à la présidentielle de 2006, a soutenu que Joseph Kabila n’a apporté aucune réponse aux attentes du peuple congolais. Selon lui, le Chef de l’Etat devait impérativement se prononcer clairement sur son avenir politique. En d’autres termes, Florentin Mokonda Bonza, comme plusieurs autres acteurs politiques de l’Opposition, pense que le Raïs devait donc déclarer, soit qu’il sera candidat à sa propre succession, soit qu’il ne postulera pas. Et le fait de ne l’avoir pas dit, a « amplifié la confusion autour de son avenir politique et l’issue du processus électoral », renchérit-il, avant d’ajouter que le « bilan dressé par le Président Joseph Kabila est une autosatisfaction en total déphasage avec les réalités du pays, qui contredisent sa passion pour le Congo ».

« Si le Président a effectivement la passion pour le Congo, son bilan devrait être plus élogieux. Est-ce que c’est normal qu’on continue à importer des denrées alimentaires alors qu’on peut les produire localement ? Est-il normal qu’on ait des centaines de jeunes qui n’arrivent pas à trouver un emploi ? Est-il aussi acceptable qu’on ait des immondices partout dans ville de Kinshasa, les routes délabrées, des groupes armés partout ? », gronde ce même sénateur, élu de Buta, dans l’ex-Province Orientale.

Une autre réaction, allant dans le même sens que la précédente, est celle de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS). Par la bouche de son SG adjoint, Rubins Mikindo, le parti politique de la très symbolique avenue Pétunias à Limete, tranche que le message de Joseph Kabila a été « creux ».

L’adjoint de Marc Kabund l’a déclaré vendredi 20 juillet à notre consœur radio Okapi. « Le chef de l’Etat a manqué le rendez-vous avec l’histoire à cinq mois des élections générales en RD Congo. Au lieu d’apaiser les esprits des Congolais, il les a énervés par un discours déjà entendu plusieurs fois avant. Au lieu de parler de son avenir politique, il a laissé les gens dans un flou artistique. Au lieu de se rapprocher du peuple congolais, Joseph Kabila a préféré parler de lui-même », dit ce Tshisekediste, avant de conclure : « Dans moins d’une semaine, nous allons déposer nos candidatures pour la députation nationale et la présidentielle. Nous verrons s’il (ndlr : le Président Joseph Kabila) va respecter la Constitution comme il l’a promis. Ce dont je doute parce qu’à suivre son discours, il est loin d’expliquer aux Congolais qu’il est prêt à lâcher le pouvoir ».

Vu des analystes, ces propos sortis de la bouche d’un acteur de l’Opposition, ne peuvent surprendre personne. C’est plutôt le contraire qui serait l’info. Toujours dans le même registre des critiques, il y en a qui pensent que la RD Congo présentée par le Président Joseph Kabila comme une nation pleinement engagée dans la voie de son émergence économique, « est un pays imaginaire qui n’existe encore nulle part ». Pas tout. Quand le Chef de l’Etat déclare : « de 3 milliards de dollars américains en 1960 et 14 milliards USD en 1997, notre PIB nominal est ainsi monté, ce jour à 50 milliards de dollars à la suite de la croissance économique dont le rythme est passé, pendant la même période, de 1% en 1960, à -5% en 1997 pour atteindre 4,2% cette année après avoir frôlé les deux chiffres il y a seulement 4 ans, soit un taux supérieur à la moyenne de celui de toute l’Afrique subsaharienne situé à 2,7% », ceux qui le critiquent considèrent que le plus important devrait se traduire par l’amélioration des conditions de vie de la population, et non pas par des chiffres, pour le reste abstraits.

JOSEPH KABILA A ETE CLAIR….

Le message de Joseph Kabila fait diverse fortune, selon que l’on soit proche du Pouvoir ou de l’Opposition. Normal. Dans ce qui ressemble à la réplique aux critiques de leurs adversaires politiques, des membres de la Kabilie pensent plutôt que le message du Président de la République a été clair. « Tout dépend donc des dispositions psychologiques dans lesquelles se trouvait chaque Congolais pendant qu’il suivait le discours du Raïs. Tout le malheur, c’est qui se compte des Congolais qui avaient déjà critiqué ce discours, avant même de l’avoir entendu. Suivez mon regard », déclare à Forum des As, un membre de la Majorité présidentielle contacté le week-end dernier au siège national du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), sur l’avenue Pumbu à Gombe.

A la suite de ce dignitaire du PPRD, Mme Ernestine Nyoka Kayiba, Secrétaire générale en charge de la communication et médias du parti présidentiel, pense que le discours du Raïs continue à faire l’objet d’une mauvaise interprétation ou analyse, de la part des personnes malintentionnées. Pour cette vice-ministre honoraire du Budget, le Président de la République ne pouvait pas parler de lui-même dans un message à la nation, parce qu’il devrait dresser l’état général de la Nation. L’état général de la Nation, poursuit-elle, implique la situation sécuritaire, économique, social et politique du pays ».

« Pour ceux qui étaient en train de rêver que le Président allait désigner un dauphin (ndlr : devant le Congrès), ils doivent savoir que dans la terminologie de notre Constitution, le dauphinat n’existe pas. Dans le système juridique, le dauphinat se trouve dans les monarchies où un Roi, un Empereur fatigué prépare son fils à prendre la relève du trône. Mais en ce qui concerne les formations au niveau politiques, chez nous, le parti s’organise en congrès et à l’issue de ces travaux, celui qui pourra être candidat pour le compte du parti sera désigné »,ponctue Mme Ernestine Nyota Kayiba, à Radio Okapi.

NI LA CONSTITUTION NI LA LOI ELECTORALE NI…

Que le discours du Président Joseph Kabila contente un camp politique ou déçoive un autre, l’exercice ne consiste pas à savoir qui a tort ou qui raison. La vérité, c’est que quelqu’un d’autre à la place de Joseph Kabila ne ferait pas le contraire de ce qu’on semble lui reprocher en termes de bilan. Quel est donc ce responsable qui, en circonstance similaire, aurait déclaré que son bilan est nul ? Autant la critique excessive annihile la critique, autant un sentiment d’autosatisfaction pourrait aussi être contredit par la pratique sociale, seul critère de la vérité.

Par rapport à la problématique centrale, c’est-à-dire la déclaration claire de Joseph Kabila sur son avenir politique, des langues modérées s’en remettent aux textes. Et dire que l’arsenal juridique en vigueur est sans équivoque à ce sujet. A priori, ni la Constitution du 18 février 2006 ni la loi électorale n’enjoint Joseph Kabila à déclarer, devant les deux chambres du Parlement en congrès, qu’il n’allait pas se représenter à la prochaine présidentielle.

Quand le Président de la République déclare, devant témoins, qu’il respectera sans équivoque la Constitution, y a-t-il une autre interprétation de ce discours ? Et, quand il affirme à haute et intelligible voix que les élections auront bel et bien lieu, quel flou politique entretient cette promesse faite sur un ton ferme ?

Toujours est-il que ceux des acteurs de l’Opposition qui jouent au Saint Thomas de la Bible, préfèrent remettre les pendules à l’heure. Pour eux, l’échéance fatidique est donc la période allant du 25 juillet au 8 aout, marquant le dépôt de candidature pour les législatives nationales et la présidentielle. Logiquement, on devrait attendre cette période pour voir si Joseph Kabila a tenu ses promesses ou pas. Sinon, plus d’un analyste pense que le procès actuel contre le discours du Chef de l’Etat du 19 juillet au Palais du peuple, a tout l’air d’une polémique stérile, reposant sur des préjugés.

[Laurel KANKOLE]

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