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RDC : Gaston MUSEMENA a sacrifié l’avenir du système éducatif congolais au profit du régime d’Erdoğan

Dernière mise à jour, le 14 août 2018 à 10:33

Dans son édition du 20 juillet 2018, l’Agence congolaise de presse (ACP) a rapporté que la République démocratique du Congo (RDC), à travers le ministre de l’Enseignement primaire, secondaire et professionnel (EPSP), Gaston Musemena a signé, lors de son récent voyage à Istanbul, un protocole d’accord de partenariat scolaire avec la Fondation turque «Maarif». Selon l’ACP qui cite une « bonne source » du ministère de l’EPSP, ce partenariat s’inscrirait dans le cadre de la « coopération intégrale de l’éducation » qui va permettre à la Fondation « Maarif » de « reprendre ses activités scolaires internationales à travers l’école Safak» en RDC. La même source précise que « la reprise de gestion de cet établissement scolaire en RDC la rendra plus fréquentabl dès la rentrée scolaire prochaine ». Dans un twitte publié le 20 juillet en langue turque, le vice-président de la Fondation Maarif, le Dr Hhasan Yavuz a déclaré que « Nous avons entamé une nouvelle phase avec la RDC. Nous avons accueilli le ministre Gaston Musemena et on s’est mis d’accord pour récupérer toutes les écoles du Mouvement +Fetö+ (Safak) ». Pire, sur la page Facebook de cette fondation turque, on peut lire : « La RDC est entrain de céder les écoles Safak  à la Fondation Maarif ». Si tel est le cas, on est bien en face d’un scandale qui ne dit pas son nom. Qu’est-ce qui s’est donc passé ? Quelle est finalement la nature du partenariat qui lie la RDC à la Fondation pro-gouvernementale turque, Maarif ? Dans les milieux de l’EPSP, on se pose bien des questions. Dans une déclaration faite le lundi 13 aout 2018 à Kinshasa, les parents d’élèves se sont dit « consternés » d’apprendre la signature des accords consistant à céder l’école SAFAK à une Fondation turque dénommée MAARIF. Ils fustigent également l’interdiction aux responsables de cette école de procéder aux inscriptions pour l’année scolaire 2018-2019.

Gaston Musemena, ministre de l’Enseignement primaire, secondaire et professionnel (EPSP) aurait-t-il sacrifié l’avenir du système éducatif congolais au profit des tiers ? Dans le secteur éducatif congolais, des interrogations fusent, après la signature d’un partenariat entre l’EPSP et la fondation turque Maarif.

Dans son édition du 20 juillet 2018, l’Agence congolaise de presse (ACP) a rapporté que la République démocratique du Congo, à travers le ministre de l’Enseignement primaire, secondaire et professionnel (EPSP), Gaston Musemena a signé, lors de son récent voyage à Istanbul (Turquie), un protocole d’accord de partenariat scolaire avec la Fondation turque «Maarif».

Selon l’ACP qui cite une « bonne source » du ministère de l’EPSP, ce partenariat s’inscrirait dans le cadre de la « coopération intégrale de l’éducation » qui va permettre à la Fondation « Maarif » de « reprendre ses activités scolaires internationales à travers l’école Safak» en RDC. La même source précise que « la reprise de gestion de cet établissement scolaire en RDC la rendra plus fréquentabl dès la rentrée scolaire prochaine ».

Dans un twitte publié le 20 juillet en langue turque, le vice-président de la Fondation Maarif, le Dr Hhasan Yavuz a déclaré que « Nous avons entamé une nouvelle phase avec la RDC. Nous avons accueilli le ministre Gaston Musemena et on s’est mis d’accord pour récupérer toutes les écoles du Mouvement +Fetö+ (Safak) ».

Pire, sur la page Facebook de cette fondation turque, on peut lire : « La RDC est entrain de céder les écoles Safak  à la Fondation Maarif ».

Si tel est le cas, on est bien en face d’un scandale qui ne dit pas son nom. Qu’est-ce qui s’est donc passé ? Quelle est finalement la nature du partenariat qui lie la RDC à la Fondation pro-gouvernementale turque, Maarif ? Dans les milieux de l’EPSP, on se pose bien des questions.

La réponse a toutes ces questions est négative, dans la mesure où, rapportent des milieux spécialisés, l’école Safak est une propriété privée de « AUBE » ; une Asbl à caractère éducationnel, culturel, scientifique et social, avec 17 associés. « AUBE » a pour principal objectif la promotion de l’éducation.

L’œuvre majeure de « AUBE » est la construction, il y a douze ans, d’une école internationale, dénommée « SAFAK », avec plus de 500 élèves et environ cent employés.

Alors de quel droit le gouvernement congolais peut-il se permettre d’usurper un bien privé appartenant aux particuliers pour l’accorder à une Ong ?

Il est clair que cette tentative de « confiscation » n’a d’autre motivation que de faire plaisir au président turc Recep Tayyip Erdoğan. Mais, la conséquence prévisible est la déstabilisation de cette école par excellence et la perte massive d’emplois pour les congolais qui y travaillent.

N’ayant pas fait preuve dans le domaine de l’éducation, l’opinion craint qu’à travers ce partenariat avec la Fondation Maarif, les problèmes politiques turcs s’importent en RDC.

La main invisible d’Ankara

Dans un article publié le 10 octobre 2017 sous le titre : « En Afrique, Erdogan veut la peau des écoles Gülen », Le monde.fr renseignait qu’« en Afrique, des dizaines d’écoles prestigieuses affiliées au mouvement Gülen ferment ou sont reprises en main ». Le journal en ligne citait, entre autres écoles, « El Fatih au Maroc, Horizon au Mali, Yavuz Selim au Sénégal… », relevant que c’est depuis le putsch raté de juillet 2016 en Turquie que « les écoles africaines affiliées au mouvement de l’imam Fethullah Gülen subissent le courroux d’Ankara ».

Pour rappel, l’Hizmet (services, en turc), est un mouvement très puissant créé dans les années 1970 par Fethullah Gülen. Il est présent dans près de 120 pays dans le monde. Il est puissant dans une quarantaine de pays africains, particulièrement sur le plan éducatif, avec une centaine d’écoles qui partagent la philosophie de Gülen, souvent considérées comme des établissements de prestige.

À tout prendre, le gouvernement congolais devrait bien mûrir ce partenariat aux motivations politiques avérées, avant de s’engager sur cette voie dangereuse qui pourrait avoir des répercussions graves sur le système éducatif congolais. Car, les écoles de la trempe de SAFAK, on n’en trouve pas 10 en RDC. Cette école s’est distinguée dans le domaine éducatif, depuis sa création, par une éducation de qualité.

LES PARENTS D’ÉLÈVES S’INSURGENT CONTRE L’EXPROPRIATION DE L’ÉCOLE SAFAK

Dans une déclaration faite le lundi 13 aout 2018 à Kinshasa, les parents d’élèves de l’école internationale SAFAK se sont dit « consternés » d’apprendre la signature des accords consistant à céder l’école SAFAK à une Fondation turque dénommée MAARIF. Ils fustigent également l’interdiction aux responsables de cette école de procéder aux inscriptions pour l’année scolaire 2018-2019.

« Nous tenons à informer l’opinion tant nationale qu’internationale que l’école SAFAK est un bien privé appartenant à une ONG de droit congolais dénommée AUBE construite avec l’effort financier des parents que nous sommes et qu’à ce titre aucune voie de droit ne permet de procéder à une cession de bien privée à une organisation tierce sans accord du propriétaire », note-t-on dans la déclaration conjointe lue par Mme Ekutshu Masia Huguette.

D’après la déclaration des parents d’élèves de SAFAK, le ministre de l’Enseignement primaire, secondaire et professionnel (EPSP), Gaston Musemena, aurait signé des accords avec la Fondation turque Maarif consistant à céder cette école à la fondation précitée.

Ils dénoncent aussi le fait d’interdire aux responsables de cette école de procéder aux nouvelles inscriptions pour l’année scolaire 2018-2019. Les parents d’élèves considèrent qu’à deux semaines de la rentrée scolaire 2018-2019, cette manœuvre d’expropriation de l’école internationale SAFAK est de nature à « perturber et d’hypothéquer le cursus de nos enfants pour qui nous avons tant investi dans cette école ».

« Nous n’acceptons pas cela », ont-ils insisté, avant de poursuivre que « nous refusons fermement cette tentative de confiscation de l’école dont le changement brusque de gestion et de propriétaire a un impact négatif immédiat sur la formation de nos enfants et de leur cursus ».

En outre, les parents demandent au ministre de l’EPSP d’inviter la Fondation Maarif à créer d’autres écoles à travers le pays, étant donné que la République démocratique du Congo (RDC) est vaste et a besoin d’écoles.

Ceci, disent-ils, « pour rester conforme au respect de droit des enfants et au projet du Gouvernement sur l’assainissement du climat des affaires dans le cadre de la sécurisation des investisseurs ».

Ils pensent, par ailleurs, que le problème politique turc ne devrait pas s’inviter en RDC, au nom de la souveraineté reconnue à chaque État.

Ainsi, invitent-ils le président de la République, le Premier ministre, les présidents de deux chambres du Parlement, l’ANAPECO, les ONG de droit de l’homme, les ONG de droit de l’enfant ainsi que le parlement d’enfants « d’accompagner les parents d’élèves de l’école SAFAK en vue de sauver la formation de ses cinq cent cinquante élèves dont le cursus est en péril ».

Une main noire turque

Depuis l’annonce dans les médias de la signature de l’accord entre le ministère de l’EPSP et la fondation Maarif, le sujet a suscité bien d’interrogations dans le secteur éducatif congolais. Dans la mesure où plusieurs pays africains ont déjà accédé à la demande du gouvernement turc, par la signature des accords économiques au sacrifice des biens privés des particuliers.

Mais, la conséquence de cette démarche en RDC est la déstabilisation de cette école par excellence et la perte massive d’emplois pour les Congolais qui y travaillent.

La prestigieuse école internationale SAFAK compte plus de 500 élèves et environ cent employés. Par leur déclaration, les parents d’élèves sont préoccupés de l’éducation de leurs enfants qui serait confiée à des tiers dont ils ignorent encore la crédibilité. Ils sollicitent la résiliation du contrat entre l’EPSP et Maarif.

Par ailleurs, s’il s’avère que la main d’Ankara se trouverait derrière cet accord. Il y a lieu de croire que la Turquie conditionne ses investissements et financements d’un projet en RDC par la reprise de l’école SAFAK comme elle l’a fait dans certains pays d’Afrique.

[avec Stanislas Ntambwe]

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