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Alexandre Benalla : Les explications en costume et cravate

Dernière mise à jour, le 24 avril 2019 à 06:32

Dans une interview enregistrée et diffusée au 20H00 de TF1, l’ex-collaborateur d’Emmanuel Macron a déploré « la folie qui s’est emparée de cette histoire banale », cette « histoire de droit commun » dans laquelle « il ne se passe rien ». « Il n’y a pas d’affaire d’Etat là-dedans », a-t-il martelé, répétant quasiment mot pour mot une argumentation déroulée la veille dans un entretien fleuve au Monde. Mis en examen pour « violences en réunion » après avoir été filmé le 1er mai frappant et malmenant des manifestants à Paris, lui assume « des gestes vigoureux ». Mais il revendique surtout « une réaction de citoyen » contre des manifestants qu’il qualifie de « casseurs ». « Il n’y a aucun coup porté », a-t-il aussi lancé en s’élevant contre « les nombreux fantasmes » autour de ses supposés privilèges et sa relation de proximité avec Emmanuel Macron. « J’ai été sous l’orage médiatique, on a raconté un tas de bêtises à mon encontre et on a pu à travers moi atteindre le président de la République », a-t-il déploré.

Alexandre Benalla s’est cramponné vendredi à sa ligne de défense en évoquant sur TF1 une « histoire banale », loin d’une « affaire d’Etat », malgré les répercussions illustrées par le dépôt d’une deuxième motion de censure contre le gouvernement.

Dans une interview enregistrée et diffusée au 20H00 de TF1,l’ex-collaborateur d’Emmanuel Macron a déploré « la folie qui s’est emparée de cette histoire banale », cette « histoire de droit commun » dans laquelle « il ne se passe rien ».

« Il n’y a pas d’affaire d’Etat là-dedans », a-t-il martelé, répétant quasiment mot pour mot une argumentation déroulée la veille dans un entretien fleuve au Monde.

Mis en examen pour « violences en réunion » après avoir été filmé le 1er mai frappant et malmenant des manifestants à Paris, lui assume « des gestes vigoureux ». Mais il revendique surtout « une réaction de citoyen » contre des manifestants qu’il qualifie de « casseurs ». « Il n’y a aucun coup porté », a-t-il aussi lancé en s’élevant contre « les nombreux fantasmes » autour de ses supposés privilèges et sa relation de proximité avec Emmanuel Macron.

« J’ai été sous l’orage médiatique, on a raconté un tas de bêtises à mon encontre et on a pu à travers moi atteindre le président de la République », a-t-il déploré.

Cette sortie médiatique a déclenché l’ironie du député LR Marc Le Fur, parmi les premiers à réagir: « TF1 a le droit d’interviewer Benalla, pas la commission d’enquête parlementaire présidée par LREM », a-t-il cinglé dans un tweet.

Vendredi, désertée par l’opposition, cette commission a conclu ses auditions avec seulement quelques députés LREM.

Après l’audition toute cette semaine de nombreux protagonistes de l’affaire par des députés et sénateurs, l’exécutif et sa majorité s’efforcent de sortir de la crise. Le président de la République, d’abord silencieux pendant plusieurs jours, a dit assumer en bloc sa responsabilité, avant de considérer close cette « tempête dans un verre d’eau ».

A sa suite, sa garde rapprochée a martelé vendredi sa volonté de tourner la page.

« Le gouvernement est au travail », a assuré sur France 2 Benjamin Griveaux, le porte-parole du gouvernement. Message en miroir sur France Info de son collègue Julien Denormandie (Cohésion des territoires): « Je pense qu’il faut se remettre au travail ».

La gauche ponctuellement unie

Si la majorité fait bloc autour du président, les oppositions n’entendent surtout pas desserrer l’étau autour de l’exécutif, alors que se profile la fin de la session parlementaire mercredi puis, vendredi, le dernier conseil des ministres avant la pause estivale.

Deux motions de censure seront soumises aux députés mardi. L’une a été déposée par le groupe Les Républicains, l’autre par Nouvelle Gauche (PS), GDR (communistes) et France insoumise, les trois groupes de gauche de l’Assemblée unis pour une fois.

La discussion des motions de droite et de gauche sera commune, avant deux votes séparés.

Ces initiatives ont très peu de chance d’aboutir, étant donnée la solide majorité dont disposent le groupe En Marche (LREM) et ses alliés, mais le symbole demeure: ces motions de censure seront les premières discutées à l’Assemblée depuis l’accession d’Emmanuel Macron à l’Elysée.

Dès jeudi soir, la commission d’enquête de l’Assemblée sur l’affaire Benalla a implosé. A l’issue d’une nouvelle audition du préfet de police de Paris Michel Delpuech, le co-rapporteur LR Guillaume Larrivé s’est dit « contraint de suspendre sa participation à ce qui n’est devenu hélas qu’une parodie ». Le reste de l’opposition a claqué la porte après lui.

Côté judiciaire, l’enquête sur l’affaire Benalla va être étendue à la diffusion sur Twitter d’extraits de la vidéosurveillance montrant la scène de la place de la Contrescarpe où Alexandre Benalla se trouvait le 1er mai.

Cette décision intervient au lendemain d’un article de Mediapart montrant notamment « une copie d’écran d’un compte Twitter publiant une image extraite » de la vidéoprotection de la ville de Paris, a indiqué le parquet. Sur le compte en question, @FrenchPolitic, la photo de profil reprend le logo du parti présidentiel En Marche!

Enfin, le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb va donner des instructions aux préfets pour que les futurs observateurs immergés dans les services de police et gendarmerie -le statut qu’avait M. Benalla le 1er mai- portent un « signe distinctif » et que leurs conditions d’accueil fassent l’objet d’une charte. Il suit en cela les préconisations d’un rapport rendu vendredi par l’IGPN, la « police des polices ».

UN HAUT GRADÉ N’AVAIT « PAS ÉVOQUÉ » LA PRÉSENCE DE BENALLA AVEC SA HIÉRARCHIE

L’un des hauts gradés de la préfecture de police n’avait « pas évoqué » avec sa hiérarchie la présence d’Alexandre Benalla, alors collaborateur de l’Elysée, comme observateur aux côtés des policiers le 1er mai à Paris, selon un rapport de la « police des polices » rendu public vendredi.

« Il apparaît certain » que le chef d’état major adjoint de la direction de l’ordre public et de la circulation (DOPC), Laurent Simonin, « n’a pas évoqué avec son directeur la présence de M. Benalla sur le dispositif », estime l’Inspection générale de la police nationale (IGPN). M. Benalla avait été filmé en train de frapper et malmener des manifestants, des vidéos à l’origine d’une tempête politique.

Prudente, l’IGPN rappelle que « des évolutions sont possibles dans le cadre de l’enquête » judiciaire en cours.

Le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb avait saisi le 19 juillet la « police des polices » pour se pencher sur les règles encadrant la présence d' »observateurs » aux côtés des forces de l’ordre et éclaircir les conditions de la présence d’Alexandre Benalla et de son comparse Vincent Crase, employé de LREM, sur le dispositif de maintien de l’ordre, le 1er mai place de la Contrescarpe.

« Sans solliciter d’autres garanties, convaincu de la véracité des dires de son interlocuteur (M. Benalla) et sans évoquer plus avant sa présence en tant qu’observateur sur le service d’ordre avec ses supérieurs hiérarchiques », M. Simonin « lui a donné rendez-vous le 1er mai, en début d’après-midi, à la préfecture de police », a relevé le rapport de la « police des polices », qui évoque la proximité entre M. Benalla et des policiers en charge de l’ordre public dans la capitale.

Laurent Simonin et deux autres hauts gradés de la préfecture de police de Paris ont été mis en examen, soupçonnés d’avoir transmis à M. Benalla des images de vidéosurveillance de l’incident du 1er mai.

L’IGPN met également en avant l’embarras du major Philippe Mizerski, policier « référent » chargé d’encadrer M. Benalla ce jour-là, face à l’attitude de celui qui, comme collaborateur de l’Elysée, était considéré comme un « personnage de première importance » lors de la manifestation.

« Le positionnement hiérarchique insuffisant du fonctionnaire référent illustre la nécessité de formaliser dans une note cadre les grands principes qui doivent présider à l’accueil d’observateurs dans les services et leur présence lors d’interventions », estime l’IGPN.

Dans la foulée de la publication du rapport, Gérard Collomb a annoncé « la signature systématique d’une convention accompagnée d’une charte rappelant les obligations de l’observateur ainsi que le port d’un signe distinctif permettant de l’identifier sans ambigüité », selon un communiqué.

Le 1er mai, M. Benalla portait notamment un brassard « police ».

Outre les enquêtes judiciaire et administrative, deux enquêtes parlementaires ont été ouvertes pour faire la lumière sur l’affaire Benalla.

[Afp]

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